Beaffle #28 : Yannick Noah

Pas plus tard que le mois dernier, Yannick Noah criait son dégoût du Front National au lendemain de élections municipales dans ce qu’on appelle trivialement une chanson. Histoire de bien passer pour un con il avait inviter dans clip Cali, le chanteur aussi perdu que ses causes. Et forcément, après le résultats des Européennes, et vu qu’il est en pleine promo de son album, Noah pouvait pas la fermer et explique sur BFM qu’il est déchiré et que ses amis l’appellent de l’étranger pour lui demander ce qu’il se passe en France. Tu sais ce genre d’ “amis” qui te disent les trucs qui justement t’as envie de raconter en société. Ce genre d’amis qui a répondu “CA” au bac philo à la question “Qu’est ce que l’audace ?” et qui a eu 20. Et puis il connaît bien l’étranger Yannick Noah puisqu’avec avoir traverser le monte avec sa raquette, il a posé pendant une dizaine d’années ses dreads en Suisse histoire de payer… moins cher les transports pour aller au ski. Bien sur. C’est d’ailleurs pour ces histoires de ski impayés que l’Etat français lui réclame un million d’euros depuis 15 ans. Mais bon si ça se trouve, il est juste pas organisé, genre comme moi, et il a perdu la facture. Tous comme les fiches de paye la nourrice de son fils…

Et c’est bien le problème de Yannick Noah et de ces artistes dit engagés qui soignent leur image plus que leurs idées. A force de frapper sur le Front National en ayant casseroles et hauts revenus, c’est confirmer leurs idées démagogiques qui consistes à faire croire que les nantis protègent les partis traditionnels. Que les chanteurs de variétoches continuent à faire des concerts pour les pauvres et les malades, même quand il n’y a pas de caméra. Qu’ils fassent des pubs pour les yaourts et les déos. Qu’ils prennent des centaines de milliers d’euros pour brailler dans les festivals. Mais qu’ils arrêtent de croire que la ménagère de moins de cinquante ans qu’ils arrivent à convaincre de bouffer du Bifidus Actif va changer de bord politique parce que le mec de Saga Africa a dit qu’il était, je cite hein, “plein de tristesse”. Surtout quand c’est pour dire le lendemain que Dieudonné le fait marrer. Je cite toujours là hein, c’était sur RTL hier matin.

Tu vois moi, je crois que l’engagement c’est exactement l’inverse. C’est pas faire des chansons et parler après une élections quand t’es en promo de ton album. C’est être présent au quotidien. C’est travailler sur de vrais projets. C’est pas gueuler ton dégoût de je sais pas quelle idée devant un parterre de bœufs déjà acquis à la cause. Et comme dirait Orelsan : essaye d’écrire de bonnes paroles avant de la prêcher !

Chronique diffusée le 3 juin 2014 sur Radio Néo