Maya file le bourdon

Maya Barsony à La Boule Noire

Maya Barsony… Son nom est sur toutes les lèvres parisiennes depuis quelques mois. Et pour cause. Elle est le symbole égérique d’une génération boboïfiée et seizièmisée prêt à aduler n’importe quelle musique mi électro, mi chansonnette, mi theuse.

La Boule Noire s’éteint, j’arrive tout juste d’un autre concert (bien). A peine le temps de me placer devant la scène, une sorte d’elfe désaturée vêtue d’un imperméable blanc comme le Yin arrive lentement avec une démarche aussi élégante qu’une girafe dans la savane jaune. Quelques applaudissements de vestes/slims/chaussures de ville noires plus tard, l’étrange animale se met à bourdonner une chanson sur Maya l’Abeille. L’introduction est violente mais, finalement, présente plutôt bien l’interprète de La Beuglante. Voilà l’espèce de hobbit blanc en train de vrombir quelque horreur audiovisuelle époque post giscardienne, une peluche d’insecte volant à la main…
La suite n’est guère mieux. Maya Barsony enchaine les titres niaiseux et plats sur une chorégraphie digne de métronautes aux heures de pointes. Soudain –n’y voyez pas la moindre trace de soudaineté, il s’agit d’une méthode presque malhonnête afin de vous sortir de la soporifique situation que je tente pitoyablement de vous décrire-, une petite mélodie connue arrive : son « tube » « dis mois dis moi », une sorte d’hymne à la dépravation sexuelle aussi percutante qu’un titre de milieu d’album d’une Mylène Farmer de supermarché… Fureur dans les soixante personnes du public, on chante, on danse, on bouge ses fesses, on en profite pour caresser sa copine, c’est la fureur du jeudi soir à La Boule Noire. Le titre terminé, le concert retombe dans la monotone morosité des longs débats parlementaires de l’Assemblée Nationale. Maya est une députée, et son public les vieux de France 3 qui ne s’éveillent que quand Maxime Gremetz se met à insulter Frédéric Lefebvre. En mettant en valeur son postérieur à l’aide d’un shorty blanc moulant, elle met en exergue son seul atout, son physique. Je n’aime pas dire du mal des gens –enfin…-, mais effectivement, elle est jolie…