Pierre Bergé est il un con ?

Depuis que j’ai entendu ses déclarations teintées de jalousie sur le Téléthon, une question me trottine sur les neurones : Pierre Bergé est il un con ou un incompris ? Peut-être les deux…

La semaine dernière, Pierre Bergé, homme d’affaires pognoné grâce à ses business dans le luxe, ex de Yves Saint-Laurent mais également boss de Sidaction fait deux révélations fracassantes : il est atteint de myopathie et le Téléthon gagnerait trop argent. Pensait pouvoir se servir du fameux adage ‘on ne parle jamais mieux que quand on est concerné’, Bergé a cru pouvoir descendre le Téléthon en toute impunité, estimant que l’AFM ne savait plus quoi faire de son argent, qu’elle investissait dans l’immobilier, et que d’autres causes -comme le SIDA- devraient bénéficier de ce pognon.

Une bonne partie de la réflexion est très juste mais bien trop immorale pour être acceptée. En effet, chaque année, l’AFM sort de leurs pieux une floppée de miséreux au bord du coup de faux -si possible des gosses- pour les montrer à 60 Millions de Contributeurs. Et ça marche. Chaque année, l’émission de télé rapport environ 100 millions d’euros. En 2008, 58% des français ont fait un don selon une étude de l’ISSUU (dont plus d’un tiers en argent) pour un montant approchant les 2,5 milliards d’euros (1) soit environ 50 euros par personne ! Le Téléthon a lui seul représente chaque année entre 5 et 9% des dons contre moins de 4% pour le cancer. On pourrait même pousser les statistiques plus loin en disant qu’il y a 9 fois plus de décès par cancer que par myopathie. Mais bon, on ne peut pas dire ça. Ainsi, on peut pas dire que le Téléthon « parasite » la générosité des français, la part dans les doncs globaux restant la même. Ce qui est par contre tout à fait vrai et que Bergé n’a probablement pas osé dénoncé ouvertement c’est la forme de l’émission.

Pour autant, Pierre Bergé est-il un incompris ? A en croire ses déclarations du jour, où il propose de faire une caisse commune des dons pour les répartir de manière commune, je pencherais plutôt pour la seconde proposition. Pourquoi vouloir faire du communisme donataire alors que le libération est si bien accepté -et probablement voulu- par la population ? Pour les 5 euros que je donne chaque année pour la lutte contre la lèpre devrait guérir le cancer de la gorge de la voisine qui empeste le palier avec ses gauloises ? Hein, pourquoi ? Ne trouvant pas de réponse rationnel à cette question, il me semble alors évident d’affirmer qu’effectivement, Pierre Bergé est un con. Et en plus j’ai la majorité avec moi, je risque rien.

Liens :
Etude de l’ISSUU
(1) Baromètre image notoriété des associations et fondations faisant appel à la générosité du public réalisé en avril 2009 par l’IFOP auprès de 2000individus âgés de 15 et plus représentatifs de la population française

Ils ont bon dons les Français !

C’est finalement entre « miss thon » sur la première chaîne du téléviseur et « télé fric » sur celle d’après que les Français ont du choisir. Un dur choix. Mais savez combien ça coûte (Jean-Pierre dégage) bande d’internautes opiniâtres et niaiseux ? Mmmm ? Non. Alors laissez moi vous compter l’histoire du Téléthon ou « combien faut il dépenser pour recevoir ? »

Entre les coûts d’impression, les assurances, les mailings, et autres dépenses de communication, le Téléthon coûte plus de 10 millions d’euros à l’organisation, incluant le 22.000 animations locales eu surtout les 30 heures d’émission de la seconde chaîne du téléviseur (couleur en général).Parce que même si Yannick Noah, Laurent Baffie et les autres pseudos parrains tout juste sortis de La Ferme sont bénévoles (hors coût de voyage et de réception bien sûr) ce n’est pas le cas des coûts techniques et notamment des salaires de ces gens appelés techniciens, que y’en a même que c’est des zintermitanduspectacles. Beurk. En plus de tout cela, <i>Economie Matin</i> révèle que 3 millions d’euros sont également affectés au 3637, ze famous numéro ou l’on peut promettre des dons. L’Association Française contre les Myopathies met donc 8.9% de la générosité du public dans ses frais de fonctionnement. Parce que le Téléthon c’est quand même un joli business, 104.7 M€ reçu au lieu des 98.4 M€ promis en 2004 (le comptable de l’AFM devrait être engagé par l’Etat…) soit 7% de plus qu’en 2003. Quant aux moyens de récupération du flouze 1.3 millions de donateurs ont été accueillis sur le 3637, le minitel et sur internet (100.000 dons). Pour ceux qui préfèrent mettre leur propre pièce dans la petite boîte (40 millions d’euros en 2005) ils peuvent accéder aux nombreuses animations locales organisées par une multitude d’associations françaises. En plus de tout ça 80 entreprises et fédérations ont apportés 5 millions d’euros en qualité de partenaires. Par exemple, 370 hypermarchés, depuis 17 ans, participent à l’effort de 11 marques partenaires : elles proposent une cinquantaine de produits dont 15 à 20 % du prix de vente sont reversés à l’AFM. Enfin, certaines entreprises offrent des apports en nature pour une valeur approximative 11 millions d’euros. Tous ces dons sont employés à plus de 80 % aux missions sociales de l’association : vaincre les maladies neuromusculaires, mais aussi participer à la recherche sur les maladies génétiques et les maladies rares dans leur ensemble. Plus de 400 programmes de recherche sont ainsi financés chaque année. En 2004, que a engagé 47 millions d’euros pour sa mission « guérir », 30 millions pour sa mission « aider » (vie associative, établissement de soins, journées de familles…) et 2,4 millions d’euros pour la communication médico-scientifique.

En France, les dons représentent 2,5 milliards d’euros par an en 2005 soit une hausse de 20% dont 14 points uniquement pour le tsunami. Forcément les enfants morts à 20 heures ça donne pas envie de manger, donc on réduit le budget nourriture et hoplà on fait un don. Le total des dons le tsunami asiatique est d’environ 300 millions d’euros. Cependant qu’on ne s’y trompe pas, les français savent donner : priorité à l’action humanitaire (33 %), à la santé (22 %) et l’action sociale (12 %) selon le Cerphi (Centre d’étude et de recherche sur la philanthropie – rigolez pas c’est pas une connerie pour une fois). Alors attention. Tout le monde ne donne pas pareil. Une statistique assez drôle vient de paraître dans Libé, savez bien, le journal des profs. Jacques Malet, directeur scientifique du Cerphi, nous informe que ce sont les foyers modestes qui donnent le plus (facile de se croire les plus forts quand on sait qu’on est la majorité (vive Didier)). Et le Jacques continue : les pauvres donneraient 1,2% de  ce qu’ils gagnent alors que les riches ne donnent que 0,7%. Mais vu que les riches gagnent 10 fois plus que les pauvres, du coup les riches donnent quand même plus au finale en terme de somme. Alors, hein, pas la peine de la ramener avec cette fausse charité