Manifestation contre les grèves


« Sarko, tiens bon », « Privatisez la CGT », « Cheminot au boulot », tels étaient les slogans des quelques 15.000 manifestants (plus que pour la manifestation du 13 novembre dernier) qui ont défilés de République à Nation cet après midi. A l’initiative de Liberté Chérie, rejointe par l’UNI, ECB, Consommateurs Associés et bien d’autres- un grand nombre de parisiens ont donc décidé de défiler pour dénoncer les blocages de universités mais également les blocages de transports par la SNCF et la RATP.

La grève continue

Pendant les déclarations de Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF, qui indiquait qu’il avait rencontré trois syndicats (CDFT, CGE-CGC, et CFTC) et que « ça a bougé et ça va bouger dans les heures qui viennent », le service clientèle annonçait que le traffic resterait très pertubée aujourd’hui. C’est chose confirmée. Malgré les différentes annonces de reprises du travail comme celle de la CFDT RATP, six syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA et Sud) ont confirmé hier soir la reconduction du mouvement. Dans un communiqué, les syndicats réclament « des engagements se concrétisant par la pérennité de (leur) régime spécial et de ses droits ». Ils estiment n’avoir obtenir « aucune réponse concrète » de la part du gouvernement. Sud-Rail n’a pas signé le communiqué mais a confirmé la poursuite du mouvement.

Les gares seront une nouvelle fois vides ce jeudi.

Nouvelle journée noire dans les transports

Aujourd’hui encore, les principaux syndicats de la SNCF et de la RAPT ont appelés à la grève. Depuis hier soir, les deux sociétés de transport ont fait débuter leurs plans de substitutions faits principalement de mises en place de bus. De leurs côtés, les usagers font avec. Au programme : taxis et Velib’ pour les plus chanceux et pieds, voiture, scooter et co-voiturage pour les autres. Le responsable du site CarStops.org, Paul-Gérard Leclerc déclare à ce propos à 01net que les internautes ont été plus prévoyants qu’au mois d’octobre. « On a un pic d’affluence. C’est depuis jeudi [8 novembre, NDLR] que les gens ont commencé à poster leurs annonces. On en a eu 380 hier avec souvent la mention que c’est à l’occasion de la grève. » Le nombre de visiteurs a augmenté lui de 30 à 40 %. Les responsables de LaRouteVerte.com confirment ces données tout comme 123Voiture. A 14H30, les quelques 10.000 grévistes parisiens sont partis de Montparnasse pour se rendre à la gare d’Austerlitz en présence de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT (ci-dessous), Didier Le Reste, secrétaire générale de la CGT-Cheminots, Marie-Georges Buffet, Arlette Laguiller ou encore Olivier Besancenot. Sur le chemin, les syndiqués ont rencontré bon nombre d’usagers contraints à la marche à l’image de Nicolas, 33 ans, cadre commercial : « Ca m’ennerve vraiment de les voire gueuler ici alors que j’ai fait Rivoli-Porte de Choisy à pieds à cause de leurs revendications ». A ce propos, une association d’usagers a fait part de sa volonté d’organiser un rassemblement contre les grèves ce samedi après midi, place du Châtelet à Paris.

Bernard Thibault dans le cortège

Grève ou Sarkozy, il faut choisir !

Comment faire oublier l’énorme mouvement social qui emmerde la France entière aujourd’hui ? En annonçant officiellement la séparation du couple Sarkozy ! L’Elysée l’a compris et a annoncé officiellement en début d’après midi des jours de spéculations le divorce « par consentement mutuel » des époux dans un communiqué de 15 mots (sic).
Quant au métro parisien, il n’est pas dans un meilleur état :
Les lignes 3, 3bis 5, 7, 8, 9, 10, 12 et 13 sont enterrées. Les lignes 2 et 6 (20% assuré) préparent leurs obsèques. La ligne 11 est au bord du gouffre (25% assuré). La ligne 4 (33% assuré) sent le sapin. La ligne 1 (40% assuré) sent le service minimum). La ligne 7bis sent le lèche cul (66% assuré). Seule la ligne 14 reste un vrai modèle. Forcément, elle marche sans conducteur…
L’occasion pour la RATP d’afficher de message dans toutes les stations :
« Suite aux préavis des syndicats CFDT, CFE CGC, CFTC, CGT, FO, FSI, SUD, UNSA –en gros tout le monde- (BUS, GATC et SAT –bref, tout-) pour la journée du 18 octobre –aujourd’hui-), le trafic est très fortement perturbé –déjà perturbé c’est le bordel alors « très fortement »…- sur l’ensemble –donc partout- de ses réseaux de la RATP. –et de la SNCF mais ils balancent pas les copains c’est pas sympa- ».
Résultat des courses : des gens pleins les rues et pas que des touristes, plus de Velib’s, pas de taxi dispo ! Obligé d’aller à la manif’ à pieds !

Journée nationale du contrôle RATP

Depuis les quelques années que je prends le métro, je suis passé devant les contrôles 2 fois. Aujourd’hui fut une journée révolutionnaire dans ma vie de contrôlé.

10H20 – RER C – Station Champs de Mars / Tour Eiffel : Quatre contrôleurs vertement habillés se présentent : « Mesdames et Messieurs, contrôle des billets s’il vous plait ». Je fais agréablement remarqué à la dame que c’est bien rare de voir des contrôleurs dans les rames du RER intra muros. « Ah » me réponds gentiment et poliment la contrôleuse.

11H30 – Retour d’Issy les Moulineau, direction la Défense par le T2. Malheureusement le T2 passe en zone 3 et arrive à La Défense zone 3 (alors que la métro situé juste en dessous est zone 2, allez comprendre). Bref : Les Cotteaux, Saint Cloud. Deux contrôles arrivent d’un côté du wagon, le temps que je me lève, deux autres arrivent par l’autre côté : la technique de la tenaille ! Vicieux va ! Le plus arrive et me demande mon titre de transport que je lui présente.
Lui : « Ah, mais vous êtes en infraction là ».
Moi en mot étonné mais presque crédible : « Ah euh pourquoi ? »
Début d’une longue explication sur le fonctionnement des zones que je vous passe mais que vous retrouverez sur le site de la RATP.
Moi genre chépastrokoi : « Ah mais j’avais pas vu, vu que je vais à La Défense métro bah euh… » (je vous fais cadeau de la fin du barratin).
Bref, malgré la protestation du plus vieux des contrôleurs (qui part à la retraite demain), je repars sans amende.

12H45 – Ligne 1 – Arche de la Défense : Ligne 1 fermée pour cause d’avarie. C’est malin, obligé de prendre le RER A (en zone 3). Allez, deux fois c’est d’jà bon je passe avec mon Navigo zones 1-2…

13H00 – Ligne 13 – Saint-Lazare : Contrôle des billets avant l’arrivée sur le quai. « Mais c’est un mouvement national des contrôleurs ? ». Le miens rigole, c’est gagné, je passe.

17H00 – Ligne 13 – Place de Clichy : Sur le quai d’en face j’aperçois quatre blouses vertes guettant le premier délinquant voyageur venu.

Les contrôles contrôloient, les voyageurs voyagent.

13

« 13 », le fameux chiffre porte malheur, a été attribué dans les années 70 à une ligne de métro, Châtillon-Montrouge / Asnières-Gennevilliers-Gabriel Péri. Avec 550.000 voyegeurs chaque jour, la ligne 13 du métropolitain parisien connaît l’une des plus fortes hausses de fréquentations du réseau, qu devrait s’aggraver avec le prolongement à Asnières Le Luth en 2008 (23.000 voyageurs quotidiens en plus). Depuis plusieurs années la RATP pense à une ligne 13bis qui ferait Saint-Lazare / Gennevilliers ou Saint Denis afin de dédoubler la ligne, mais toujours rien n’est fait dans ce sens. Ainsi les usagers de la ligne 13 se sont regroupés afin de créer une pétition pour faire pression sur la RATP sous l’égide d’Annick Lepetit, députée socialiste et conseillère à la Mairie de Paris

http://ensemblepourlaligne13.fr/

La ligne 13 merdoit, le temps passe.

RAPT ou RATP ?

« Suite à un mouvement social »… Je ne lis même pas la suite. Nous les nouveaux venus, mouvement social ça veut dire grève mais en mieux. Arrivé en gare de Saint-Lazare je m’approche vers le comptoir affublé du panneau « renseignements » afin d’en obtenir. Il est 10H45, je commence à 11H30, j’ai seulement 10 minutes de trajet. Finalement je suis de bonne humeur, je me dit que ces bons hommes ont bien le droit de faire le grève puis je demande au Monsieur de la Gare, CF-4574 étant le nom inscrit sur ton képi, le motif de cette interruption volontaire mais non moins temporaire de travail. Il rétorque l’habituelle tirade des conditions de travail, des salaires et des histoires syndicalistes. Je finis donc ma conversation en lui demandant le prochain train en direction de Saint-Cloud, lieu de ma destination. Et vlà pas qu’il me dit : 11H26, soit, je fais le calcul pour vu 41 minutes d’attente et au minimum 10 minutes de retard à mon rendez-vous. Me lance donc je dans une conversation ultime ayant pour seul but de calmer mon énervement temporaire mais conséquent. J’explique donc au (gros) Monsieur de Gare qu’à défaut d’avoir un prénom il pourrait m’annoncer la chose poliment, et que secondement j’avais besoin d’une solution pour aller à mon dit rendez-vous. Celui me répond effrontement que lui n’y est pour rien et que de toute façon il a été réquisionné et qu’il est d’accord avec ses camarades. C’en est trop, je sort mon casque O.F. (l’opposé de F.O.) et déclame gentiment mais percutément (bref…) au (gros) Monsieur de la Gare que quand j’ai besoin de revendiquer mes conditions de travail ou négocier mon salaire, bah je fais pas chier les 200.000 personnes journalières qui passent dans cette putain de gare ! Et là, le gentil Monsieur toujours aussi gros, toujours dans la gare s’énerve et me réponds : y’a pas que nous, y’a la SNCF aussi. Effectivement…
12H, j’arrive à mon rendez-vous. 13H, j’en ressors et je reprends (après 32 minutes d’attends) un train dans l’autre sens, jusqu’au moment où une biquette bleue de la SNCF vient pour contrôler ma carte orange (qui ne couvrait pas cette zone au passage ce qui faisait de moi un délinquant infractionnaire dans un train qui arrive à destination dans 2 minutes). La biquette me regarde dans les yeux et me dit assez fort pour que sa voix couvre Nightwish qui me dégommait les tympans. Elle : « Contrôle de billet ». Moi : « Non ». Elle : « Comment ça ? ». Moi : « Je refuse de vous montrer mon titre de transport alors que j’ai passé presque 2H à attendre les transports aujourd’hui ». Le train continue à avancer. Elle : « Et alors ? C’est pas mon problème, je veux juste voir votre titre de transport ». Moi : « Et bien vous allez devoir attendre 2H qu’il arrive ». Le train ralentit. Elle : « Je vais devoir vous verbaliser. Vous avez une pièce d’identité ? ». Le train s’arrête. Moi : « Non ». Passage en mode [je gagne du temps]. Je me lève, elle me regarde bizarrement comme si elle ne comprenait pas la suite. Elle : « Bon alors, votre nom c’est quoi ? ». Moi : « Louis ». Elle : « Et votre prénom ? ». Moi (amusé) : « Bah Louis ». Les portes s’ouvrent, les gens sortent, moi presque). Elle :  » Pfff et votre nom ? « . Moi : « Gallois. Désolé faut que j’y aille ». Et là je n’ai pas compris : soit ma joli blague sur mon nom l’a tellement interloqué qu’elle n’a pas jugé opportun de donner suite à notre affaire, soit… soit elle ne savait pas écrire mon nom et le temps qu’elle relève le tête, j’étais parti. Décidément, faudrait faire grève pour avoir plus de personnel à la SNCF