Beaffle #30 : la bande à Renaud

Pas plus tard que y’a pas si longtemps sortait La Bande à Renaud. Rien à voir avec la bagnole qui roule au gazole, mais plutôt avec l’ambulance qui carbure au pastis. On avait eu vent, mauvais vent même du projet, avec le Mistral Gagnant de Coeur de Pirate suivi d’une autre chanson venteuse, Dès que le vent soufflera, chanté par une dizaine de chanteurs.

Tout droit sorti des tiroirs d’Universal, l’album fait donc parti de ces nouveaux projets qui sous couvert d’hommage saccagent allégrement le répertoire d’un artiste en galère de droit d’auteur, et qui renflouent au passage les caisses des labels en faisant pas grand chose.

Après Jean Jacques Goldman, après France Gall et bien d’autres c’est donc autour de Renaud du subir le viol musical collectif de ses coreligionnaires, avec, nous dit on, l’aval de l’interprète original qui avale tout et n’importe quoi depuis longtemps. Aux commandes du bukake auditif : le père de Sinclair et un ex-musicien de Renaud reconverti en juré d’X Factor.

Au premier abord, le casting des assassins n’apparaît pas comme un flagrant délire. Le trio Renan Luce, Alexis HK et Benoit Doremus reprend Bande de jeunes, Bénabar nous fait La pêche à la ligne, Disiz laisse béton et Carla Bruni se demande C’est quand qu’on va où ?

Et c’est vrai d’ailleurs. C’est quand qu’on va où ?
C’est quand on arrête ses braquages en bande désorganisée des labels sur leurs ex gloires pour presser ses vieilles peaux jusqu’à ce qu’elles soient totalement desséchées ?
Quand est ce qu’on va arrêter de prendre les clients des labels pour des connards en leur réservant des soupes réchauffées au micro onde qui fini entre la vinaigrette 0% et une paquet de piles au fond d’un caddie ?
C’est qu’on va arrêter de vomir tantôt du régionalisme de bas étage et tantôt du nationalisme conservateur à base de curés, de marins, de chansons bretonnes et autres conneries ?
C’est qu’on va arrêter de pourrir la carrière d’un mec, allant jusqu’à servir une chanson révolutionnaire chantée par Nicola Sirkis, le plus conformiste des chanteurs engagés, le Cali des bites en fleurs, la version émo homo de Mylène Farmer ?

J’ai jamais aimé Renaud. Je n’ai jamais été touché ni par contre flow, ni par ses textes. Question de génération sans doute. Mais marketé et pousser la bankabelité d’un artiste engagé qui n’est plus en mesure de prendre la moindre décision tellement il est délabré par la vie, est non seulement un paradoxe mais une honte.

La Bande à Renaud ne rend pas hommage à Renaud. Elle renie ses combats, assassine son hérité et tout ce qu’il a été pendant ses 40 ans de carrière. Et je ne parle pas que de Carla Bruni, qui est, et de loin, parmi les plus engagée politiquement de tous les artistes présents et que j’ai souvent vu auprès de Renaud dans divers concerts de soutiens.

Mais que vient faire Nolwenn Leroy, l’égérie de la beaufitude absolue avec un bande rouge révolutionnaire sur la pochette de cet album ?
Est il vraiment possible qu’une personne normalement constituée se soit dit que la gonzesse à qui on a imposé de chanter des reprises bretonnes sous peine d’avorter sa carrière, qui a fait de la reprise une religion, du régionalisme et donc du replis sur soi une tradition, est il vraiment possible que quelqu’un ai une seconde réfléchit avant de lui coller une chanson sur cet album ?
Et je ne parle même pas de son texte changé afin de ne choquer personne. “Tuez vos dieux” dans la Ballade nord irlandaise se transforme en un beaucoup plus conforme “Oubliez vos dieux”.

Une banale façon de javeliser les les textes pour qu’ils ressortent plus blancs que blancs sur les enceintes de la ménagère de moins de cinquante ans qu’Universal imagine beaucoup trop conne pour comprendre ce qu’elle entend.

Passés le casting et le marketing, le disque se déroule et la bande fait débander. Et c’est une absolue catastrophe. Coeur de Pirate miaule Mistral Gagnant en faisant un tsunami perdu au milieu de mièvreries que Métronews a qualifié de titre de l’été…

Le plus navrant dans l’histoire reste que les initiateurs du projet nous font croire que Renaud a entièrement validé le projet. Sauf qu’ils oublient de dire que Renaud était encore en contrat pour 2 albums avec EMI et qu’il est passé avec le rachat chez Universal. Sans soute incapable d’honorer son contrat, les deux albums ont été transformés en ce pot vraiment pourri de reprises qu’on annonce avec une suite en cas de succès.

Alors si vous avez envie de rendre hommage à Renaud, faites des brocantes, offrez un vinyle à vos ados pour qu’ils écoutent ça entre deux MP3 de Fauve chourrés sur internet. Parce que comme le disait Benabar au Parisien :

Personne ne peut chanter mieux les chansons de Renaud que Renaud. Elles sont intimes.

Et il a raison Bénabar, parce que quand t’as écouté le défilé sans aucune chaleur humaine d’une heure, c’est vraiment l’amer qui prend l’homme…

Chronique diffusée le 31 juin 2014 sur Radio Néo

Virgin Radio : Mikky Ekko

Je suis je suis venu avec Mikky Ekko que t’avais sans doute vu passer avec son fameux Kids, un titre que j’aurais pu passer ici d’ailleurs. Et il s’est fait mondialement connaître pour son titre Stay en duo avec Rihanna pour lequel il a eu un Grammy Awards.

Mikky Ekko en fait s’appelle John et il vient de Louisianne et vu que son père était pasteur il s’est promené un peu partout, il a joué dans plein de groupes différents et visiblement les voyages l’ont inspiré puisqu’il a écrit des centaines de textes, pour lui ou pour les autres. En 2009 il a sorti Strange Fruit, son premier EP avec un titre en hommage à Billie Holliday, avec des titres presque a capella. Depuis il a sorti 3 albums, dont un seul est sorti en physique. Du coup c’est assez facile de les trouver sur internet.

Alors forcément ses dernières créations sont un peu plus produite, MAIS, Mikky Ekko va sortir cette été une nouvelle version de Stay, sans Rihanna. Alors même si j’ai pas réussi à avoir la version qui va passer dans la radio, je te propose d’écouter ce soir Mikky Ekko chanter la démo qu’il avait envoyé à Rihanna. Lui, tout seul, avec son piano. Musicalement c’est très pauvre, juste quelques accords, vocalement, je te laisse apprécier.

Chronique diffusée le 8 juin 2014 sur Virgin Radio

Beaffle #28 : Yannick Noah

Pas plus tard que le mois dernier, Yannick Noah criait son dégoût du Front National au lendemain de élections municipales dans ce qu’on appelle trivialement une chanson. Histoire de bien passer pour un con il avait inviter dans clip Cali, le chanteur aussi perdu que ses causes. Et forcément, après le résultats des Européennes, et vu qu’il est en pleine promo de son album, Noah pouvait pas la fermer et explique sur BFM qu’il est déchiré et que ses amis l’appellent de l’étranger pour lui demander ce qu’il se passe en France. Tu sais ce genre d’ “amis” qui te disent les trucs qui justement t’as envie de raconter en société. Ce genre d’amis qui a répondu “CA” au bac philo à la question “Qu’est ce que l’audace ?” et qui a eu 20. Et puis il connaît bien l’étranger Yannick Noah puisqu’avec avoir traverser le monte avec sa raquette, il a posé pendant une dizaine d’années ses dreads en Suisse histoire de payer… moins cher les transports pour aller au ski. Bien sur. C’est d’ailleurs pour ces histoires de ski impayés que l’Etat français lui réclame un million d’euros depuis 15 ans. Mais bon si ça se trouve, il est juste pas organisé, genre comme moi, et il a perdu la facture. Tous comme les fiches de paye la nourrice de son fils…

Et c’est bien le problème de Yannick Noah et de ces artistes dit engagés qui soignent leur image plus que leurs idées. A force de frapper sur le Front National en ayant casseroles et hauts revenus, c’est confirmer leurs idées démagogiques qui consistes à faire croire que les nantis protègent les partis traditionnels. Que les chanteurs de variétoches continuent à faire des concerts pour les pauvres et les malades, même quand il n’y a pas de caméra. Qu’ils fassent des pubs pour les yaourts et les déos. Qu’ils prennent des centaines de milliers d’euros pour brailler dans les festivals. Mais qu’ils arrêtent de croire que la ménagère de moins de cinquante ans qu’ils arrivent à convaincre de bouffer du Bifidus Actif va changer de bord politique parce que le mec de Saga Africa a dit qu’il était, je cite hein, “plein de tristesse”. Surtout quand c’est pour dire le lendemain que Dieudonné le fait marrer. Je cite toujours là hein, c’était sur RTL hier matin.

Tu vois moi, je crois que l’engagement c’est exactement l’inverse. C’est pas faire des chansons et parler après une élections quand t’es en promo de ton album. C’est être présent au quotidien. C’est travailler sur de vrais projets. C’est pas gueuler ton dégoût de je sais pas quelle idée devant un parterre de bœufs déjà acquis à la cause. Et comme dirait Orelsan : essaye d’écrire de bonnes paroles avant de la prêcher !

Chronique diffusée le 3 juin 2014 sur Radio Néo

Beaffle #27 : Jenifer

Pas plus tard que le jour de mon retour en France, alors que j’étais péniblement en train de subir la température inférieure à celle du QI de Florent Pagny, je me connecte aux internets pour avoir des nouvelles aussi fraiches que le temps. Et que vois je ? Qu’ouie je ? Que subis je ?
Un album de reprises de NTM est en train d’être produit. Et je te le donne en un, parceque je te le donner en mille ça serait un peu ridicule : Jenifer va reprendre La Fièvre et sur l’album y’aura aussi Al.Hy, la refoulée de la Star Academy et de The Voice et Zaho. Roh je vois trop l’album, ça va être de la bombe bébé à base de STOPOPOPOPOP.

On arrête les conneries là. Sérieusement. Qu’on se branlotte l’esprit sur les Brigittes qui reprennent ma Benz pour lancer leur carrière passe encore. Mais l’apologie de la médiocrité atteint son point inception avec Jenifer. Une gonzesse déterrée d’une émission de télé réalité où on formerait des stars en leur faisant faire des reprises, qui juge dix ans après d’autres pecnos qui comme elles font des reprises à la téloche, qui sortent des albums dont les singles sont des reprises et qui sort elle même une compilation de massacres de France Gall qu’elle appelle hommage…

J’ai rien contre les reprises… Tous les tubes de Fugees sont des reprises, Cobain a sublimé The Man Who Sold The World au MTV Unplugged, Cindy Lauper n’était pas la première meuf à vouloir du fun, l’Hallelujah de Buckley était une la reprise d’une adaption et même le Mambo n°5 de Lou Bega n’était pas de lui.

Non, ce qui me gêne, presque autant de faire croire dans tous les chambres et tous les salons qu’il suffit de passer à la téloche pour devenir une star et qu’être une star est un accomplissement en soi, ce qui me gêne PRESQUE PLUS que ça, c’est utiliser le prétexte des hommages pour tomber dans la facilité des reprises. C’est prétendre comme Cyril Hanouna que les gens sont tellement cons qu’ils préfèrent entendre des chansons qu’ils connaissent plutôt que de découvrir d’autres choses, où pire une chanson des Pixies qu’il a avoué ne pas connaître, ou de Jimmi Hendrix. Je déconne là hein, il l’a vraiment dit.

Moi je pense que même si c’est vrai qu’on attrape pas des mouches avec du vinaigre, pour reprendre une expression de jeunes, ces émissions se doivent, enfin se devraient, de présenter la diversité musicale, quand bien même elle reste mainstream. Et même s’il faut sans doute du Lana Del Rey pour attirant la ménagère comme on dit, rien n’empêcherait les mecs de leur faire composer une chanson ou de les faire bosser sur des textes ou même.

Mais non. Alors Jenifer continue sa médiocrité et s’attaque cette fois à NTM. Il faut dire qu’au moins en reprenant les textes des autres, elle prend moins le risque de brailler les banalités habituelles de ses comptines pour vendre du soda. Qu’elle n’a d’ailleurs jamais écrites. Et jamais composé non plus.

Pour autant je ne crois pas que la création musicale soit morte ou se meurt. Elle continue, comme avant à prendre des chemins tortueux pour tenter d’exister. Sans être une star. Parce que même si c’est vrai que comme dit Didier Super les artistes si c’est pas des stars, c’est pas des vrais artistes, c’est la création qui est une fin en soi, et non les valeurs dont Jenifer se fait l’icone.

Comme si l’emballage était plus beau que le cadeau qui était dedans. Comme s’il était plus important de montrer à tout le monde qu’on a le plus gros et le plus beau cadeau sous le sapin, sans même savoir ce qu’il y a dedans. Et surtout en oubliant la valeur sentimentale et affective que le cadeau porte. Parce qu’un artiste, comme un cadeau, véhicule un message, une émotion, une pensée. C’est un acte profond et intime avant d’être un objet avec une valeur. Et nous, c’est ça qu’on veut retenir.

Chronique diffusée le 20 mai 2014 sur Radio Néo

Virgin Radio : The Antlers

Mon groupe du soir vient de Brooklyn, ce quartier newyorkais au sud de Manhattan que les Beastie Boys avaient chanté. Tu te rappelles NO SLEEP TILL… D’ailleurs c’est un quartier très hiphop parce que c’est de là que viennent Jay Z, Ol Dirty Bastard, Nas, Joey Badass, BIG, Busta Rhymes, Mos Def et j’en passe. Eh bien figure quoi que mon groupe du jour n’est pas du tout hiphop mais rock.

Ils sont 3, mené par leur leader Peter Silberman qui écrit et compose et ils s’appellent The Antlers. Ils ont sortis deux albums entre 2006 et 2009 avant de se faire remarquer avec Hospice, plutôt bien accueilli par la critique. Et 5 ans après, ils sortent leur 5e album, Familiars. C’est le 5e parce qu’entre temps y’en a eu un autre mais je l’aime moins.

Familiars arrive donc le 17 juin, dans quelques semaines et je me suis dis que ça serait quand même cool de de te présenter un premier titre qui s’appelle Hotel. Enfin à toi et aussi à tous les gens qui nous écoute, vu qu’on est là.

On retrouve la voix envoûtante de magique de Peter Silberman, une trompette qui semble sortir d’un rêve, une guitare en sourdine, des claviers scintillantes et des paroles pas très gaies, sortes de réflexions sur la mort. Et pour ceux qui n’ont pas envie de réflexion à cette heure ci, je les invite tout simplement à se laisser porter par la musique…

Chronique diffusée le 11 mai 2014 sur Virgin Radio

Virgin Radio : Vinyl Pinups

Alors là je t’ai trouvé un truc, je suis sur que tu vas kiffer l’écouter pendant tes vacances. Bon, toi tu reviens de vacances, mais je suis sur que tout ceux qui attendent leurs vacances avec impatient vont s’imaginer déjà en train de marcher dans les longues rues près de la plage.

Alors ils s’appellent Khara Lord et Brennan Aerts et ils forment Vinyl Pinups. Ils viennent de Nashville tu sais la ville de la country, mais ils font de l’indie pop. Pour le moment ils n’ont sorti que deux titres, dont Gold Rays qu’on va écouter juste après. Ce titre est juste un des meilleurs trucs sortis récemment pour te mettre de bonne humeur. Ça te donne le soleil dans les oreilles, ça te met la bonne humeur dans les yeux, ça te remplit le cerveau de bonnes vibes, un vrai petit tube inconnu. Je dis inconnu parce que quand je regarde leur nombre de vue sur YouTube ou Soundcloud, eh bien j’me dis qu’on est un peu des priviligiés et qu’on s’écoute juste ça entre nous !

Alors je file mon petit conseil. Va faire un petit jogging ou une promenade, ou marche un peu plus pour aller bosser, mets toi Gold Rays à fond dans les oreilles et tu vas voir, tu seras déjà un peu en vacances !

Chronique diffusée le 4 mai 2014 sur Virgin Radio

Beaffle #26 : les catholiques

Pas plus tard que la semaine dernière, alors que j’étais tranquillement en train de préparer mes vacances, parce que je vous ai pas dit mais je pars en vacances demain, et je serai pas là pendant deux semaines, mais ça sera bien quand même, vous pourrez écouter.
Pendant que je préparais mes vacances donc, voila pas que je tombe sur une pétition dont la provenance n’est bien entendue pas spécifiée, et signée par un peu plus de 11 000 personnes.

Pour sa 9e édition, le groupe étiqueté catholique, reproche au Hellfest de faire venir des groupes satanistes comme Behemot, qui chante une parodie de l’Ave Maria qui répond au doux nom de Amen, insulte la Vierge Marie et simule une messe noire sur scène. Il reproche également la venue de Tsjuder ,qui devrait franchement être condamné pour nom à caractère imprononçable. Mais plus que leur nom pourri, ce qui choque notre petit groupe c’est qu’il récite dans une chanson, je cite hein, me crucifiez pas :

Je suis le guerrier satanique suprême. Mon épée vous clouera au sol. Vos entrailles sont la peinture sur mes murs. Votre chair est la nourriture de mes loups/Viol de la chrétienté (3 fois)/(exclamation obscène)

Bon ok, c’est pas très très gentil de violer des gens. Et c’est encore moins cool de violer un concept, parce que franchement c’est pas hyper hyper clair comme délire à visualiser.
Et finalement on en revient toujours au même débat du droit des artistes à la caricature, violente, outrancière ou grossière et leur droit d’expression. Je ne vais pas ré-exposer des nombreux arguments, on a pas parler de Dieudonné depuis 3 mois, c’est pas franchement le moment de le ressortir de son placard. Mais la conclusion de la pétition me choque particulièrement. Elle fait référence à la condamnation récente de quatre bretons pour avoir incendié des édifices religieux et dit :

“À force de s’exciter en paroles, on en vient aux actes. En mars 2009 les tribunaux de notre pays ont condamné un groupe de black metal”

Eh bien c’est faux parce que bien qu’ils signaient True Armorik Black Metal, on notera d’ailleurs c’est amusant d’avoir un nom anglais quand on défend des valeurs traditionnelles, eh bien le TABM n’était pas du tout un groupe musical mais simplement un groupuscule extrémiste anti religieux. Une partie minime de ce qu’est le mouvement métal dans le monde.

Parce que oui, y’a des tarés dans le métal. Mais y’a t’il plus que tarés qui écoutent le métal que des tarés qui écoutent du rap ou de la pop ? Les irréductibles demeurés du mouvement métalleux ne finalement que le pendant extrémiste du courant musical, tout comme les décérébrés de Civitas ne font qu’une infime partie des catholiques. Aucun des deux n’est représentatif de l’ensemble de ce qu’ils représentent, et ni l’un ni l’autre ne devraient être érigés en symbole ni par la population, ni par les médias.

Quant au fait qu’après les paroles viennent les actes, j’ai l’impression d’entendre appliqué à la musique le fameux “c’est la faute aux jeux vidéo”. Mais n’oubliez pas que tous ces gosses qui courent dans les rues, qui volent, qui agressent, qui incendient, tous ces gosses là, condamnées dans les tribunaux de France, ils ont été élevés. Et pour ceux qui en ont eu, ce sont bien leurs parents les premiers responsables de la connerie des envies. Ce sont bien les parents qui inculquent à leurs enfants les valeurs morales du bien vivre en société, le respect des autres ou des croyances. Et c’est ces mêmes parents qui doivent apprendre à leur enfant à respecter l’autre et lui faire comprendre que nos différences ne sont pas une tares, quand même bien on aie une couleur de peau différente, une religion différent, ou pire, qu’on écoute une musique différente.

Allez y au Hellfest les catholiques. Vous serez surpris. Moi j’y suis allé. L’ambiance y est particulièrement étonnante. Ca ne sent pas plus le vomi qu’aux Vieilles Charrues. Ca ne sent pas plus la drogue que dans le camping de n’importe quel festival. Et même mieux que ça : tous ces gens ont une même passion de la musique et un vrai respect des différents courants qu’elle a créé. Et figure toi que j’ai été profondément étonné du respect qui existe entre les gens. Les mêmes qui se défoncent la gueule contre le dos de leur voisin au premier rang de Slayer, tu les retrouve plus loin allongés dans l’herbe à côté d’une vieille qui écoute The Final Countdown en dansant. Leur passion pour leur musique fait que contrairement à tous les autres festivals que j’ai connu, et j’en ai connu, ils ne se barrent pas à la moitié d’un concert parce que le tube est passé. Ils sont là, ils vivent leur festival. Alors ouais, j’y vais vu des trucs bizarres, comme un mec qui simulaient deux crucifixions sur scène ou un autre qui vomissait. Mais assez étonnamment quand Lady Gaga vomit sur scène, pas un catholique n’élève la voix.

Le métal finalement, c’est un peu comme le catch. Une sorte de défouloir, qui fait marrer beaucoup de gens, qui en indiffère encore plus et qui en énerve certains. Alors qu’au fond, tout le monde sait que c’est surtout du spectacle.

Chronique diffusée le 29 avril 2014 sur Radio Néo dans Des dièses et des bémols

Virgin Radio : Kwabs

Je suis venu avec un titre que j’adore vraiment, il est en boucle dans mes oreilles et dans toutes mes playlists d’écoute. C’est un titre de Kwabs, un guinéen installé à Londres, qu’il a composé avec Sohn, un autrichien installé à Londres qu’il faudrait que je vienne te présenter un jour.

Pour le moment Kwabs a juste sorti un EP 3 titres qui s’appelle Wrong or Right sortei en février, et dedans y’a ce fameux Last Stand qu’on va écouter. C’est à la fois hyper calme et terriblement poignant par le thème qu’il aborde. Il parle d’un mec qui a subit la guerre et qui n’arrive plus à sortir de son rôle de soldat. Sa voix est vraiment étonnant parce que c’est à la fois très lancinant et parfois hyper puissant.

La prod’ derrière est hyper soignée, très lente, comme si elle venait entourer la voix. D’ailleurs Kwabs a fait plusieurs version du titre avec un orchestre qui du coup porte encore plus sa voix, et je suis persuadé qu’on va en entendre beaucoup parler d’ici la fin de l’année quand il va se pointer avec son album. Ca sera d’ailleurs l’occasion de le voir en live parce que je suis sur que sa voix doit être impressionnante à découvrir, et surtout je me demande bien s’il est charismatique ou pas… Bon en attendant on va écouter ce super titre. On se met au chaud, on ferme ses yeux et on se lasse porter !

Chronique diffusée le 27 avril 2014 sur Virgin Radio

Beaffle #25 : Rohff

Pas plus tard que ce matin, je lisais dans Le Parisien “Paris : un vendeur entre la vie et la mort avec une rixe entre Rohff et Booba”. Pour la faire simple, Rohff était pas content de la dernière moquerie de Booba lui même pas content que La Fouine aie pas été gentil avec lui, alors il est allé dedans sa boutique de fringues et aurait, je dis bien aurait histoire de pas défoncer la présomption d’innocence comme la gueule du vendeur de 19 ans, et aurait donc, démonter la face d’un mec qui refourgait les fripes du Booba.

Je veux bien admettre que les fringues de Booba sont un crime à la mode et que la Fashion Police ne fait guerre son taf à Chatelet, d’autant que le voisin d’Ünkut n’est autre que Wati B, à savoir les sapes de la Sexion d’Assaut. Mais si tu sais, la Sexion d’Assaut, les mecs qui ont des casquettes tellement petites qu’on dirait qu’ils ont un morceau d’oeuf sur la tête comme Calimero. Mais sérieusement, est-ce bien le rôle d’un rappeur que de se substituer à la fashion police ?

Plus sérieusement, parce que ça m’arrive, cette gueguerre de rappeurs m’insupporte. Qu’une bande d’illettrés sourds se battent à coups de statuts Facebook pour savoir qui a la plus grosse (vente bien entendu) me chagrine mais bon finalement pourquoi pas. Encore qu’au final, on s’en fout de qui de Rohff, de La Fouine ou de Booba a vendu le plus d’album. Parce que la vraie boss c’est Diam’s et ses 846 700 albums pour Dans ma bulle. Et si on regarde depuis 2000, on trouve Solaar, Gim’s, la Sexion, la FF, Sniper ou même K-maro, mais pas une seule trace des trois zozos donc aucun, avec toute sa carrière cumulée, n’arrive à la jambe de Nolwen Leroy. Et franchement se faire niquer par Diam’s et Nolwenn Leroy c’est pas top pour la street cred’.

Alors, vous allez me dire, et vous avez raison, pourquoi ce bordel ? Eh bien ça fait thug’ de se battre entre rappeurs. Et vu qu’une flopée de médias condescendants et guère plus lettrés qu’eux s’emparent de chacun de leurs gros mots publics pour en faire leur gros titres et niquer un peu plus l’image du rap, eh bien ça fait parler d’eux. Qu’importe la façon.

Alors ouais, peut être qu’en France on n’a pas eu nos Big L, Jam Master Jay, autres Tupac Mais peut être aussi que notre trio de guignols a oublié que ceux qui ont rejoint Biggie là haut, c’était pas juste des mecs qui se jettaient des top tweets en pleine face. C’était avant tout des artistes aux discographies bien pleines qui ont marqué l’histoire de la musique et qui continuent à nous manquer 20 ans après, alors que Booba et ses amis commencent simplement à nous boursoufler le thalamus.

La culture hip hop qui a engendré le rap est une culture urbaine qui est née dans le Bronx. Elle n’est pas née dans la violence. Elle est dans le rejet et a mûrie mais dans la revendication. La France a particulièrement prouvé en sortant Première consultation, Opéra Puccino, Quelques gouttes suffisent ou L’école du micro d’argent qu’elle était capable d’exister, de parler, de revendiquer, de crier et de se faire entendre sans violence.

Et oui il y a des violences, verbales ou physiques. On ne peut pas oublier Le combat continue de Kery James, les valeurs guerrières de Prose Combat ou Paris sous les bombes de NTM et encore moins les frasques de Joey Starr. Mais jusqu’ici les bastons intra-people restaient relativement inconnues. Certes la profusion de médias et leurs envies d’en foutre le moins possible pour un max d’audience les poussent à mettre en avant la moindre vanne numérique des nos trois bouffons musicaux. Mais il serait quand même bon de ne pas oublier que celui qui en souffre le plus dans l’histoire, c’est le rap.

Cet après-midi, la présence de Rohff a été prouvée sur les lieux et l’agression et il est actuellement en garde à vue. J’espère sincèrement qu’il sera condamné et fermement condamné et pour ses actes. Le fait qu’il soit une personnalité publique est bel et bien une circonstance aggravante. Lui, tout comme Booba et La Fouine sont des symboles pour des centaines de milliers de jeunes. Le fait qu’ils se mettent en scène à longueur de presse pour leur propre promo, et qu’ils se fassent l’étendard de la violence gratuite est inutile est non seulement contraire aux valeurs même du hip hop, qui voudraient qu’on se défende contre le système ou l’oppresseur, et non contre ses semblables, mais c’est surtout un exemple et une légitimation terrible de la violence à travers les médias.

J’espère sincèrement qu’aucun de ces trois là ne mourra un jour d’une balle perdue par un de ses copains. On risquerait d’en faire le héros d’une guerre qui n’a lieu que pour les journaux et qui ne représentent pas grand chose. Battez vous à coup de plumes, niquez vous à coup de rap contender, défoncez vos races à à coup de punchlines, rimez vous la gueule. Mais dites vous bien qu’à chacun coup de barre à mine que vous foutez dans la gueule d’un mec de votre bande, c’est le rap qui se le prend dans la face. Et je crois bien qu’il à deux doigts de crever.

Chronique diffusée sur Radio Néo le 22 avril 2014

Virgin Radio : Eagulls

Je suis venu te parler d’une bande de potes qui vient de sortir leur premier album. Il s’appelle Eagulls. Je parle de l’album et du groupe parce qu’en fait ils filé leur nom à leur album.
Ils viennent de Leeds, tout comme Alt-J que j’adore, Wild Beats dont je t’ai parlé y’a pas très longtemps ou Kaiser Chiefs. Mais musicalement c’est plus dans la veine d’un groupe qui vient de Manchester, juste à côté, c’est Joy Division avec le côté punk des Mekons en plus. Qui sont des Leeds aussi d’ailleurs, comme quoi ils sont assez énervés par là bas.

C’est radicalement différent de ce que j’ai pu amené récemment parce que c’est assez vénère. Ça gueule un peu, ça sort des guitares électriques et fout un peu le bordel dans les oreilles mais c’est en même temps hyper mélodique. Y’a que dix titres, et ils ont tous un peu la même recette : c’est très électrique, sans fioriture sur le son des guitares et t’as le chanteur qui s’égosille par dessus avec une voix bourrée de réverb.

Les mecs ont visiblement une vraie posture punk parce que y’a pas longtemps ils ont publié une lettre sur internet pour, je te cite, “tous les groupes de plage et qui se sucent les uns les autres et qui tripotent le clito de la presse”. Bon, alors moi j’ai pas eu la chance d’avoir un clito et encore moins de ma le faire tripoter mais j’ai quand même bien aimé l’album alors je te propose d’écouter l’extrait que j’ai choisi. Ça s’appelle Nerve Endings. Si t’as l’occaz va voir le clip qui tourne autour d’un cerveau de cochon, c’est assez chelou. Sinon, bah on va se content d’écouter Never Endings tout de suiter.

Chronique diffusée le 20 avril 2014 sur Virgin Radio