Je suis une star

Benjamin Lemaire - Vu à la télé
Crédit photo : Rod | Le-HibOO.com

Hier fut ma journée de gloire. Espérons pour Warhol qu’il n’en sache rien, que je puisse récupérer un quart d’heure un peu plus tard. Tout comme lorsqu’une connaissance m’informe par email « y’a bellak qu’à collé ta tronche sur purepeople ». Grande nouvelle effectivement, alors que je tentais aléatoirement au péril de ma vie de prendre une photo d’un coach sportif cathodique et d’une star télévisuelle presque aussi connue que le nom scientifique des huitres de Bretagne du sud, sur un tricycle atomique à mi chemin entre une trottinette Blédichef et un 103 SP de 89. Me voici donc au sommet de ma gloire, non pas en fond d’une photo d’une quelconque camarade du parisien, non pas derrière un vulgaire ministre lors d’une conférence de presse, mieux : au côté de deux inconnus notoirement célèbre au milieu d’une soirée où le champagne s’est arrêté à 23H.
« Mass medias, Mass medias » chantait France Gall parée de Cristal dans la comédie musicale révolutionnaire et de plus en plus actuelle qu’était Starmania. Eh bien, en plein centre du star system, me voici élevé au sommet de la célébrité tel un brailleur endemolien, quand, à 19H55, je reçois un SMS dont je me permets d’étaler ici la teneur : « Fé cor 1 peu de sport et tu pourras te faire joel pdt les fotocall ». Que peut bien vouloir dire cet étranger SOS lancé par SMS à mon égard ? Un coup de fil plus tard, j’apprends, tenez vous bien (tenez vous mieux) : je suis passé à la télé. En plus d’être invité parmi la jet-set populaire de l’infortune, de subir la connerie –ou la violence- de quelque photographe (ou qui se définit comme tel), me voici récompensé pour la sueur qui a coulé de mon front : on m’a vu à la télé. Parceque passer dans le poste c’est une chose, mais être vu, c’est carrément mieux qu’un premier rôle dans un film de Godard !

Quentin Mosimann mixe au World Palace

Quentin Mosimann
Il est 19H, Paris s’endort –vu qu’elle se réveille à 5H-. Enfin pas tout à fait. Dans une petite rue non loin de la plus belle avenue du monde –et la 2e plus cher au Monopoly de 1956- c’est… SOIREE DISCO !
Ce soir Christophe Pinna est au World Palace pour lancer son nouveau concept ultra révolutionnaire… le sport. Il a éteint toutes les lumières. Il a son p’tit pantalon du soir, beige, pompes noirs. Ce soir, attention, on danse ! Ce soir, au World Palace : évènement, c’est soirée Star Ac’ ! Quentin, Pierre, Philippe, Pascal, Cynthia, Elfy, c’est le défilé. Eh puis c’est la rumeur, Nikos Aliagas, Cécile de Ménibus et soyons fous, Johnny Hallyday et même Madonna seraient attendus. D’ailleurs on les attend toujours…
Vingt-trois heures. Les photos sont faites, Rachid Bellak a joué le Dieu de la nuit –comme tous les soirs-, les sushis sont mangés, les bouteilles de champagne sont vides, l’ambiance top délire méga groove redescends… Il n’en faut pas moins à Quentin –le dernier vainqueur de la Star Academy 7 pour ceux qui ne seraient pas encore atteint ce syndrome télévisuel des plus contagieux- pour relever de défi de mettre en transe les rois de la piste. En quelques beats, le petit suisse transforme la branchouillitude de la boîte en trans-saturday-night-fever. C’est beau, c’est show, c’est electro ! Et c’est surprenant.
J’en suis même venu à me dire qu’un jour, je devrais accepter qu’on puisse sortir d’une émission de télé-réalité et être un vrai artiste. C’est beau le darwinisme intellectuel.