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YouTube, monétisation et networks

Suite à pas mal de questions que j’ai reçu sur à peu près tous mes réseaux sociaux et moyens de communication possibles et imaginables, voici un résumé (qui à mon grand étonnement n’existe jusqu’ici nulle part) sur le fonctionnement de la monétisation et notamment sur le fonctionnement des networks.

YouTube Money

YouTube est une plateforme qui appartient à Google, l’un des plus importants groupes du web. Son principe est d’héberger des vidéos. Son modèle économique est calqué sur celui de Google : vendre de la publicité, la plus ciblée possible (et donc le plus cher possible). Le service qui gère la vente de ces espaces (pour les sites internet par exemple ou pour YouTube), s’appelle AdSense. Son alter ego (celui pour acheter de la publicité et la mettre sur des sites ou sur YouTube) s’appelle AdWords.

Dès qu’une vidéo est publiée sur YouTube, elle est par défaut monétisée, et Google vend de la publicité sur plusieurs formats : préroll (vidéo avant la vidéo, qui peut être ou non passable), bannière en bas de la vidéo, mise en avant dans la colonne de droite. Un créateur ne touche pour autant pas forcément de l’argent sur ce qu’il met en ligne. Il faut en faire expressément la demande et devenir partenaire, un programme qui est désormais quasiment ouvert à tous.

Une fois qu’il est entré dans le système de monétisation (j’y reviens dans les points suivants) le créateur de contenu devient payé en fonction des revenus qu’il génère (selon des tarifs et des barèmes un peu complexe que l’on résume maladroitement à 1$ les 1000 vues, ce qui est un chiffre un peu aléatoire. On appelle pas le CPM ou RPM (coût/revenu pour mille)). Il s’agit du même modèle économique qu’une chaîne de télévision qui produit des contenus (le créateur investit du temps et de l’argent sur ses vidéos) et qui gagne de l’argent sur les publicités qui sont diffusés entre ses programmes. Il s’agit donc pour être rentables de faire assez d’audience pour rentabiliser les coûts de production de la vidéo.

AdSense

L’inscription sur AdSense est ouverte A TOUS ! Il faut simplement s’inscrire gratuitement et donner un compte bancaire où l’argent sera versé chaque mois à conditions que le seuil de 50€ soit dépassé (sinon c’est cumulé sur le mois suivant).
Il faut ensuite respecter quelques contraintes assez simples :
– Ne pas inciter au clic
– Ne pas cliquer soi même
– Être propriétaire du contenu

Ce dernier point est essentiel et ne peut être géré QUE par le créateur (la légende disant que les networks aident ce soucis est totalement fausse, aucun network ne vous laissera utiliser les chansons de Rihanna) : il faut que CHAQUE élément de la vidéo soit propriété du créateur ou qu’ils soient libres de droit.
Ce qui exclut donc :
– Les musiques non libres de droit (soit, tout ce qui passe à la radio)
– Les bruitages non libres de droit
– Les images trouvées dans Google Images
– Les extraits de films (même si une tolérance existe)
Il existe aussi un flou sur le jeu vidéo, les images appartenant légalement aux éditeurs (qui laissent normalement les joueurs diffuser sans soucis depuis quelques années)

Note : AdSense nécessite de signer un contrat donc il est réservé aux personnes majeures, tout comme les networks. L’autorisation d’un responsable légal est obligatoire.

MCN / Networks

Les MCN (Multi-Channel Network) sont des entreprises qui gèrent la commercialisation de la publicité des chaines YouTube. Leur métier consister à signer des chaînes YouTube et à trouver des annonceurs (des marques) qui vont acheter les espaces devant la vidéo (les fameux préroll). En échange de ce service (vendre plus que publicité qu’AdSense) et d’autres services divers et variés, l’entreprise prend entre 10 et 50% des revenus de la chaîne.

Un MCN n’est donc rentable que si il augmente les revenus de la chaine au moins du montant du pourcentage pris. Exemple :
Je gagne actuellement 100€. Je signe chez X qui prend 20%. Mon revenu de base passe donc à 80€. Il faut donc que X vende pour 20€ de publicités supplémentaires pour m’être utile. Entre 0 et 20€, c’est moi qui travaille pour X et eux gagnent de l’argent sur mon dos. A partir de 21€ de publicités vendues, X me fait gagner de l’argent.
Note : la difficulté de X réside dans le fait que YouTube prend 60% du prix des publicités vendues. S’il vend réellement 20€, la répartition se fera sur 40% de 20€ soient 8€. Pour que 20€ de publicités puissent arriver dans nos poche, il faudra vendre pour 50€ la campagne à des annonceurs.

Il existe des centaines de MCN différents, avec des services plus ou moins utiles. La plupart proposent un service d’optimisation et de référencement (qu’ils sortent en réalité de YouTube directement), de la cross promotion (mettre en relation des créateurs), de la communication (certifications des comptes, gestion des problèmes rencontrés sur les réseaux sociaux), et parfois financement de programme, accompagnement sur d’autres supports que YouTube etc.
Il est important avant de signer dans un MCN de savoir ce que l’on cherche (si la réponse c’est « de l’argent », la solution c’est « bah démerde toi tout seul avec AdSense » en général) et de se renseigner sur la validité des services auprès de gens qui sont signés chez eux.
– Est-ce que si j’ai des fakes sur Facebook, j’aurai un contact réactif qui va m’aider ?
– Si j’ai besoin d’aide pour des créations, est-ce que mon MCN saura m’accompagner ?

Une majorité de MCN joue sur leur notoriété soudaine et sur leur nécessité supposé pour signer des centaines, des milliers voire des dizaines de milliers de YouTubeurs, souvent jeunes, en ne faisant que prend un pourcentage de l’AdSense que le créateur aurait pu lui même prendre directement. C’est légal, mais pas très moral.

Signer en MCN

Il serait difficile de dire chez qui signer et comment. Néanmoins il existe quelques vérifications à faire.
– Est ce que le contenu que je vais créer m’appartient toujours ?
– Pour combien de temps je vais signer ? (s’engager pour plus d’un an est inconcevable)
– Est-ce que le MCN me garanti un CPM minimum ?
– Est-ce qu’on me donne un MG (minimum garanti) c’est à dire l’obligation pour le MCN de me verser une somme minimum quelque soit mon nombre de vues et le nombre de publicités vendues ?
– Ai je un contact référent, avec toutes ses coordonnées ?
– Quel est le pourcentage que va prendre le MCN ? (idéalement 10%, s’il est supérieur à 20% il ne faut pas signer)
– Si je suis mineur, mes parents doivent signer (c’est souvent là que les parents découvrent le chaine YouTube d’ailleurs 🙂 )

Et surtout la première qu’il faut se poser : ai-je besoin d’un network ? (pour autre chose que pour dire à mes potes que je suis signé)

Vos questions

Faut il être signé pour monétiser ses vidéos ?
Non (cf. point numéro 2)

Faut il avoir une chaîne certifiée pour monétiser ses vidéos ?
Non (cf. point numéro 2)

Tu as une question et je n’y ai pas répondu ? Lâche ton com’ ! Je répondrai à tout ce que je peux 🙂

Beaffle #12 : We Love Disney

Pas plus tard que la semaine dernière sortait We Love Disney entre autres projets de chorales, curés qui chantent et j’en passe et des pires. Une étrange collaboration entre Mercury et Disney dont on sent qu’elle est sortie pour trouver sa place sous les sapins hivernaux entre la PS4 de Kevin et la Smartbox de Janine. Et c’est là que tu te rends compte que Janine rime avec Kevin.
Après nous avoir refourgué Halloween y’a une dizaine d’années, les Etats Unis installent tranquillement la mode des albums de Noël à l’image de la ridicule Mary J Blige qui se la joue Susan Boyle avec un bonnet de noël.

Au programme de We Love Disney on a donc des artistes Mercury, forcément (Elodie Frégé, Nolwenn Leroy, Al.Hy, Olympe, Jennifer) et d’autres labels (Christophe Willem, Zaho ou Rose) qui reprennent les chansons de films Disney connues.

Bon.

Ersatz de Génération Goldman pour enfants et nostalgiques, We Love Disney surfe en fait sur cette étrange vague marketing qui consiste à faire croire aux gens que la création c’est du passé, que la musique c’était mieux avant et que les artistes de maintenant ne savent plus quoi foutre. C’est sans doute vrai pour les six rescapés de jeux télé qui sont parmi la petite vingtaine de criminels musicaux, mais est-ce bien une généralité ? J’ai envie de répondre : est-ce bien une question ? J’ai envie de répondre aux deux questions sus posées : t’as qu’à écouter Des dièses et des bémols au lieu de te triturer les hormones devant Nabila.

Mais est-ce vraiment incohérent ? Ça c’est une vraie question par contre.
Disney n’a de cesse de trahir des histoires populaires pour se les approprier et en faire des films auto proclamés classiques. Blanche Neige et les Sept Nains était une, pâle adaptation de la Blanche Neige des frères Grimm que le studio a circoncit de toutes les notions initiatiques qu’elle comportait. Histoire que les frères Grimm avait d’ailleurs chourré dans la culture populaire. C’est aussi le premier film de Disney et le premier titre de l’album. Comme le début d’une longue et atroce liste génocidaire qui, heureux hasard, occulte le massacre sans régle du Peter Pan de Barrie qu’on fera passé pour un gentil garçon asexué.

Dans une interview pour RTL, Nolwenn Leroy, la meuf des chants de Bretagne disait : « On se construit, on retrouve tout ce qui fera de nous un adulte à peu près équilibré, on découvre l’amour, l’amitié, la haine, la douleur. Il y a de tout et c’est ça qui est extrêmement sain justement dans les Disney ». Putain mais retourne bouffer ta galette saucisse et viens pas nous donner tes leçons de psychanalyse de comptoir.

Sur les 12 films présentés dans l’album, aucune n’est une histoire originale de Disney. Aucune. Zero. Nada. Les 12 dits grands classiques de Disney ne sont que des redites de contes populaires salement adaptés en leur retirant leur connotation sexuelle, les passages violents, les arguments religieux alors que c’était justement le propos de ces contes que de prévenir les enfants et de commencer à les éduquer comme le démontre magnifiquement Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées. Et montrer une vie de princesse édulcorée n’attendant qu’un prince pour se marier et avoir des gosses, c’est pas vraiment ça la vie. On sait bien que la princesse se sera fait plus de mecs que la ribambelle de chanteuses de l’album réunies.

Alors est-ce cohérent ? Je ne parle pas des plans culs d’Elogie Frégé et de Ben l’Oncle Soul mais du projet puisque c’était quand même la question du début de ma chronique. Eh bien oui, on ne peut pas leur retirer ça. Des chanteurs sans personnalité qui baragouinent des chansons pré formatées sans aucun effort d‘arrangements ou de production pour servir la soupe d’histoires lissées et sans fond, on peut dire que ça se tient.

Mais est-ce bien utile ? Dis je pour relancer le débat dans cette chronique où de toutes façons je suis le seul à décider de qui et de quoi je parle. Eh bien franchement non. C’est bien sympatoche de sortir de leurs tombes des chanteurs qui ne font plus que des albums hommages en espérant que quelqu’un se rappelle d’eux ou pour tenter d’acquérir une légitimité autre que celle d’un second rôle dans une comédie musicale de troisième zone, mais franchement non seulement c’est pas novateur mais en plus ça devient aussi courant qu’une pute dans le lit de DSK. Alors je sais bien qu’en faisant sortir des morts de terre on a fait Thriller, mais ça c’est fini. Réveillez vous putain, sortez vous les doigts du cul, ça évitera qu’on se mette les notre dans la bouche pour évacuer les conneries que vous nous faites ingurgiter par les oreilles.

Créez, plantez vous, prenez des risques, faites de mauvais albums, mais arrêtez de vous auto caricaturer. Enfin bon visiblement je suis à la bourre parce que Mercury a déjà prévu de faire un We Love Disney 2. Alors bon, allez y, vivez heureux et faites vous beaucoup d’enfants entre vous. Mais vous viendrez pas vous plaindre qu’ils sont bizarres.


Chronique sur Radio Néo du 10/12/2013 publiée sur LeTransistor

Beaffle #11 : Tropical Family

Pas plus tard que ce matin, je suis tombé je ne sais plus trop comment sur une interview de Kenza Farah dont j’ai oublié que j’avais oublié avoir connu l’existence qui disait :

Faire une reprise ce n’est pas piller l’auteur.

Bon. Du coup j’ai voulu voir de quoi on parlait. Et tel un mec qui cherche une info dans Wikipedia et qui se retrouve trois heures après sur la page de Paf le chien en passant notamment par celle du Pen Spining qui explique les différents figures qu’on peut faire avec un stylo, je suis tombé sur la raison de cette citation. Un album de reprise que celui figure la sus nommée Kenza Farah (c’est pas un gros mot).

Ça s’appelle Tropic Family et t’en as sans doute entendu parler cet été grâce à la reprise du Maldon de Zouk Machin. Alors comment te décrire le projet… C’est en gros le Génération Goldman du zouk. La bio dit qu’il s’agit de musique “qui parle du soleil et des tropiques, en duo”. J’imagine assez bien comment est venue l’idée dans le bureau de Play On (c’est le label qui a aussi sorti Zaz, Colonel Reyel, Vadel et Elisa Tovati pour rappel) :
“Bon les mecs, c’est les vacances là, faut qu’on fasse une disque pour cet été”
“Eh moi j’ai plus d’idée hein, on a fait Zaz la manouche, Matt Houston le chanteur mort, Colone Reyel la merde chantante…”
“Bah y’a quoi qui marche en ce moment ?”
“Euh Génération Goldman”
“BAH VOILA !! On va faire notre génération Goldman à nous, avec nos chanteurs de nous !”
Et voila. Donc au programme Kenza Farah donc, Jessy Matador, le looser de l’Eurovision, Corneille (eh ouais), Tom Frager, Mélissa Nkonga, Sheryfa Luna et tout un tas de gens dont on n’a jamais entendu parlé comme Louisy Joseph qui est quand même une ancienne des L5, Fanny J, Lynnsha, Lucenzo et Slaï qui est à la fois sur deux titres et dont un titre est repris.

Pour la petite histoire, l’album devait comporter une reprise de Couleur Café de Gainsbourg, mais elle a été remplacée par Les poèmes de Michelle de Teri Moïse qui est morte cette année alors qu’on pensait qu’elle l’était déjà depuis bien plus longtemps. Par contre le massacre de Il jouait du piano debout de France Gall par Slai et Mélissa Nkonda est remarquablement présent…

Alors peut on massacrer tout et n’importe quoi ? Saint Barthelemy disait que oui. Même s’il n’y était pour rien. Mais le syndrome des albums reprises n’est quand même pas bien rassurant. Car en plus des Génération Goldman et de Tropical Family on a également eu cette année :
– La boucherie d’Hélène Ségara en duo avec Joe Dassin, qui a quand même poussé la promo jusqu’à dire dans la presse qu’elle était au bord de la mort
– Le dévastateur album du gagnant de The Voice avec le single de Lana Del Rey d’il y a tout juste un an
– Le génocide de Jenifer sur France Gall
– L’hécatombe de Francis Cabrel sur Bob Dylan
– Le pogrom de de Chimène Bady dans Gospel & Soul
– Le karaoké de la gagnante de la Star Ac annuelle dont j’ai même pas cherché le nom

Et je passe sur le monstrueux hommage de Yannick Noah à Bob Marley, le vomi de Patricia Kaas sur Edith Piaf…
Alors bon, je sais que c’est la merde, que Hollande a augmenté les impôts et que y’a besoin de pognon mais quand même. Du coup je conclue en citant la chanteuse de Zouk Machine qui après avoir indiqué qu’elle ne touchait pas un copec sur la reprise de Malon disait : « Je souhaite qu’une loi encadre ou interdise les reprises de chansons ». Et moi d’ajouter : faisons pareils pour les chansons de merde, ça évitera bien des ennuis.

Chronique du 04/12/2013 sur Radio Néo publiée sur LeTransistor.com

Beaffle #10 : Booba

Pas plus tard que ce matin, alors que je lisais tranquillement Les Inrocks, ça m’arrive, je tombe sur une interview de Booba. Pas l’ourson amérindien tout mignon. Le Booba de banlieue qui tourne au Jack Daniel’s. Et sans modération en plus, ce qui est globalement assez mal.
Et donc, voila pas ce que je lis, ouvrez les guillemets :

« Quand on m’accueille au « Grand Journal » et qu’on me fait des wesh et du verlan et qu’on me sort mes pires punchlines, je vois bien qu’on me considère comme une caricature, c’est pathétique »
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Le cliché ambulant se plaint qu’on le prenne pour un cliché ambulant. C’est comme si Clara Morgane se plaignait qu’on lui parle de porno, Staline qu’on lui parle de communisme, Morano qu’on lui parle de connerie ou Bunuel qu’on lui parle.
Visiblement Booboo n’a pas trop aimé se faire vanner par la Miss Météo. Eh Doria “mets des porte-jarretelles il t’emmènera dans un hotel mortel”. Et donc Bouli qui fait la promo de son nouvel ancien album Futur trouve qu’on ne le prend pas assez au sérieux et qu’il n’est pas une caricature…
Du coup j’me suis dis qu’on devrait montrer autre chose que des caricatures du rap. Je suis donc fier de vous présenter le texte de Tombé pour elle. Mon morceau préféré de Booba sur son dernier album. Qui n’est pas une caricature donc.

N’oubliez pas les guillemets

Couplet 1

15 dans le chargeur, 6 dans le barillet, fais-moi à manger, donne-moi ton cœur j’vais te marier

J’imagine qu’il parle de la taille de son sexe. 15cm c’est pas énorme mais c’est la moyenne

Tellement d’ennemis, si peu d’alliés mais les seuls qui m’entourent sont pratiquement tous fous à lier

Rime riche. Il aurait pu ajouter “Et ils viennent d’ou de Moulin dans l’Allier”

Swag Afghanistan, 47-AK on sait manier. Toc, toc, toc, sombre négro sur ton palier. S’attendent devant leur écran comme des merdes, laisse-les saliver.

Bon là on comprend rien.

Tout niquer, tout niquer, tous les niquer, c’est ça l’idée

Bon là on comprend.

Refrain

La Rue m’a rendu fou, je suis fou d’elle, je n’ai d’yeux que pour elle, la seule qui me convienne, je suis tombé pour elle

Alors là tu remplaces La Rue par n’importe quel prénom des années 90 et t’as une chanson d’Obispo.

Rester vraie sa qualité, rien vu rien entendu, pas vu pas pris la mentalité, tatoué pour qu’j’me souvienne, je suis tombé pour elle

Bon en gros Booba est pas une balance, mais il se rappelle de tout. Un bonhomme pas un boloss.

Couplet 2

Attila Le Hun sur toi, c’est comme ça que j’vais arriver

Il a d’ailleurs aussi dit “Où j’passe, la zeb ne repousse pas”. Ce qui change de La Fouine qui est plutôt “Là où ça ne pousse pas, j’passe le zob”.

Te comparer à nous sale fils de chien tu n’as pas idée, peloton d’exécution comme en Chine j’les ai alignés

Rime en é

92i sur l’écusson, depuis ourson j’suis validé, j’règle ça au sabre laser, toi à l’épée

Rime encore en é

Depuis Le Crime Paie j’leur fait la zère, rien n’peut m’arrêter

Bon je voila qui sors le seul bon album qu’il aie fait. C’était y’a dix ans. Mais bon laissons lui là.

Mal garé sur le droit chemin, tous les jours j’suis verbalisé

Joli analogie

Fraîchement habillé, soigné, le négro est calibré

Enfin 15cm vla le calibre

On passe le refrain et on va directement au 3e couplet

Street life, pas de diplomatique immunité

Tu te demandes pourquoi il a inversé les deux mots ? T’inquiète c’est pas pour le langage soutenu c’est pour la rime en é

J’suis la pour tout baiser, pas pour sauver l’humanité

Donc là t’espère juste qu’il met des capotes parce que sinon il va pas sauver grand chose…

Rien à foutre, si tu parles mal on va t’allumer, j’veux pas faire la paix mais j’veux bien test le calumet

Donc il veut allumer un truc pour fumer du calumet. Bon bref il veut se battre et fumer quoi?

On m’a toujours dit: « Négro tu n’vas jamais y arriver » Aujourd’hui ces mêmes enfants de putes veulent me saluer

Je tiens à dire que je n’ai jamais salué la Boobs mais je pense qu’un jour il devrait y arriver… à faire une rime autrement qu’en é

Ü tréma sur le R1

Cherche pas de truc intelligent il parle de sa moto en fait

Graisse la patte aux douaniers

Bon alors ça on sait pas trop ce que ça fout là

Vingt ans de loyer au cou

Ça doit faire un sacré paquet de feuilles, je suis pas sur que ça tienne en collier en fait… Ca sent le mytho
Et la chanson se termine avec

Six années de retraite au poignet

Donc là j’imagine qu’il parle ses 6 dernières années de branlette musicale. Il commence par la taille de sa bite, finit par parler de branlette, au moins c’est cohérent et c’est sans doute le seul truc cohérent qu’il ai fait ses dernières années.

Alors tu vois mon pti Boulby, autant quand tu te bastonnes via MSN avec ta copine La Fouine je trouve ça mignon et ça me rappelle quand j’me battais dans la cours avec Romain en CM1. Sauf que je perdais tout le temps. Mais quand tu donnes des leçons de morales médiatiques et que tu prétends que TOI t’es pas du genre à dire “wesh” et à parler en verlan t’es aussi crédible que… je sais pas quoi… La Fouine qui se compare à Brel. Ou pire. La Fouine qui ferait un duo avec Bruel.

Chronique de Radio Néo du 26/11/2013 publiée sur LeTransistor

Beaffle #9 : Lady Gaga

Pas plus tard que lundi dernier, pendant qu’une tripotée de nazes inondaient les Champs Elysées de “ouh ouh”, Lady Gaga remplissait les bacs avec les siens. 25 millions de claqués de promo. Et perdu vus les chiffres.
Bon j’ai rien contre le mainstream. Vraiment. Y’a pas un seul album de Rihanna dans lequel je trouve pas une ou deux bonnes chansons, j’écoute discrètement quelques titres de Britney Spears et parfois je mets mon Spotify en session privée pour me faire un peu de Katy Perry.

Bon du coup je me suis écouté l’album de Lady Gaga. Pour faire simple, Lady Gaga c’est Mireille Mathieu mais avec une coupe interchangeable et des déguisements chelou genre un chat fait avec des bananes. Ce qui est toujours plus classe que les bananes dans la chatte que se collent Miley Cyrus. Mais on est pas là pour cracher sur les handicapés.

Alors, analysons méthodiquement l’étron musical en plusieurs catégories totalement objectives : la musique, les paroles, l’image et le concept.

Petit un, la musique.
Alors. Bon. Bah voila, on a fait le tour. Mis à part le premier titre dont la prog’ a été bossée par Infected Mushroom, y’a rien à voir. Le tout mignon producteur Madeon n’apporte rien à ce ramassis de mélodies même pas un peu radiophoniques. Sinon… voila. Aura, le seul titre écoutable ressemble à Judas, GUY reprend Paparazzi, Gypsy mime You and I, Venus est un sous Papa Don’t Preach, Fashion est à la limite du sample de Holidays et de la reprise de Material Girl. Toute la fin de l’album ressemble à s’y méprendre aux Madonna des années 90’s et pour finir le gros single de l’album, Applause, a la tronche d’une parodie de Fatal Bazooka.
Le bordel est aussi vide qu’un neurone de Nabila et a la forme d’un gosse de Fukushima. Un an à nous boursoufler le cortex pour vomir un ramassis davidguettesque insipide, c’est pas joli joli comme disait Emilie, Eva et Sylvie.

Petit deux, les paroles.
Du cul du cul du cul, toujours du cul. Le problème c’est que le cul, soit tu le chantes intelligemment et subtilement comme Brassens et sa Religieuse, soit t’y vas directement en mode partouze, branlette et DSK. Mais entre les deux, t’obtiens une espèce de mixture flasque qui te dégouline entre les mains vulgaire comme une star de télé-réalité, stupide comme une star de télé-réalitéet sans intérêt comme une star de télé-réalité. Non parce que sérieusement, faire une chanson sur une popstar cachée derrière une burqa ou dire « Je sais que papa et maman pensent que je suis foutue, mais c’est pas grave, car je suis putain de riche » c’est marrant pour faire polémique chez Morandini, mais en fait ça mène nulle part. Finalement Gaga ne dérange plus, elle fait ennuie…
Sinon, quand t’as retiré le cul de Lady Gaga, il reste des trucs sur la gloire et son égo. Qui est environ 7 fois plus gros que son cul.

Petit trois, l’image
Quand t’as pas de pognon dans la musique, tu fais une photo de ton groupe sur les rails de chemin de fer ou devant un mur de briques. Pis tu colles ton nom dessus, ça sert vaguement de pochette. Y’en a qui tente des trucs plus élaboré et laissent faire les autres. Le Velvet avait pris Warhol, Madonna avait pris Brainwash, Lady Gaga s’est payé Jeff Koons. Mais c’est pas parce que t’as la grosse boule bleue du mec le plus cher du monde devant la teuch que ça te donne une crédibilité artistique. Et puis une crédibilité à qui ? A la communauté des ados pédés qu’elle a embrigadé pour masquer la médiocrité de sa musique ? A celle des branchouilles qui refusent ne serait-ce qu’écoute vingt seconde de sa musique parce qu’elle est signée en major ? Ou peut être simplement à moi qui m’en bat tendrement les gonades.

Petit quatre et dernier point, parce qu’on va pas faire que ça, le concept.
La Gaga avait prévenu : Artpop serait un concept plus qu’un album. Une « révolution sonore », une « expérience sensorielle », un « voyage dans l’art ». Bon. Bah à part avoir foutu pop art à l’envers (pop art, art pop pour ceux qui auraient pas encore capter) y’a pas grand chose à grailler du côté de l’art. Et encore moins du côté du fameux Warhol dont elle se revendique. Lady Gaga est à Andy Warhol ce que la Borbie est à Barbie ou Lou Vitton à Louis Vuitton : une mauvaise contrefaçon fabriqué au fond d’un atelier de Tai pei par des petits chinois de 6 ans. Parce que rappelez vous,
le pop art mettait en évidence l’influence de la publicité, de la télévision et des nouveaux moyens de la mass consommation. Il n’était pas à l’origine un mouvement fait pour vendre sa camelote. Et faire de la récupération d’un grand mouvement artistique comme un député de la Lozère avec un fait divers morbide franchement clean clean, comme aurait pu dire Alain Afflelou.

C’est pas parce que Warhol a fait de l’art avec une boite de soupe, que n’importe quelle soupe peut devenir de l’art. L’art se définit par une posture et un concept. Pas par la concept de l’imposture.

Et pire. Non contente de son escroquerie Gaga, en grande déesse du peep show, déterre et ressuscite R Kelly qu’on pensait mort après s’être jeté de trop haut en pensant qu’il pouvait voler. Sérieusement… R Kelly… Et le pire du pire, dans l’histoire de la pireté ? C’est qu’elle fait le meilleur titre de l’album avec.

Et puis j’ai eu une lueur d’espoir quand Gaga a balancé hier sur je sais plus quel téloche qu’elle allait faire un concert dans l’espace. J’me suis rappelé Sozouz 1, USAF X15, Soyouz 11, Challenger et Columbia. Heheh.
En fait tu sais quoi ma ptite Gaga ? Vazy, t’inquiètes, tout ira bien. Bah même jusqu’à la planète VENUS comme tu le chantes. Mais restes y.

Chronique sur Radio Néo du 19/11/2013 publiée sur LeTransistor.com

Beaffle #8 : Woodkid

Pas plus tard que la semaine dernière, alors que je dragouillais tranquillement Saeptem à l’antenne, que nous refaisions l’année 1978, que je me rappellerais aux bons souvenirs de Patti Smith, que je racontais mes non ébats au Festival Pitchfork, que notre réalisateur coupait le micro à Fred, que nous tapions gentiment sur Michel Sardou, que notre invitée se choquait de mon jingle, que Saeptem disait qu’il préférait Mia à Mia ou l’inverse je sais plus très bien, ET BAH PENDANT CE TEMPS LA : WOODKID JOUAIT IMPUNÉMENT A L’OLYMPIA.

Voila, c’est dit. Je dénonce. Je suis comme ça. Parce que même s’il avait choisi EXPRES une date et un horaire (ou UNE horaire, je sais jamais, mais j’ai la flemme de vérifier parce que quand je vérifie j’oublie pour la fois d’après), bref, L’HORAIRE pour que je ne puisse pas venir, EH BAH JE L’AI VU. Pas le concert hein. Mais qu’il jouait. J’ai Google, j’ai les réseaux sociaux et on me rapporte des choses à moi.

Pour ceux qui arrivent d’un autre (golden) âge, Woodkid c’est Yoann Lemoine, escroc musical, braqueur artistique, et inventeur de l’auto plagiat.

Non parce que on dirait pas comme ça mais moi à la base je l’aime bien ce Woodkid. Le premier titre Iron était intéressant, ce mélange grandiloquent de cuivres, fracassés par des grosses percussions tribales aussi cools que les tatouages sur les mecs qui font du tuning, n’était pas déplaisant. On sentait déjà à l’époque que l’écriture niaise balancée par sa voix de crooner dépressif n’était fait que pour servir de prétexte à la bande originale de son clip.

Le clip justement : des images de bestioles période Grégoire IX / Célestin IV, des gosses au ralenti type trip sous weed/acide et des références ésotériques aussi profondes que dans le Da Vinci Code. Bon au final ça ressemble plus à une pub pour Thoiry qu’à une bande annonce de Games of Throne mais c’est toujours mieux que Miley Cirus qui se carre une boule de démolition dans le cul.

“Cours garçon, cours“ prévient Yoann Lemoine pendant sa conquête d’espaces médiatiques entre son EP surestimé et son EP surestimé, long, qu’il a appelé album. Et là commence la spirale onanico-mediaco-parisienne. Woodkid devient un génie. Rive droite il déflore un nouveau territoire de la réalisation. De l’autre côté, il invente un courant musical profondément novateur. Vice et les Inrocks donnent le ton, et presque 2 ans après l’artiste en bois sort sa merde douloureuse.

Et depuis, l’escroquerie dure. En deux ans Woodkid est passé du bois rare au bois de Boulogne et se répète à chacune de ses réalisations. Le mec balance des gosses qui courent et des bestioles dans tous ses clips, dans les clips qu’il fait pour les autres et même dans la pub où il fait carrément lui même la musique. Bim, double cachet. Un genre d’Ocean Twelve version musique.

Côté album, rien à voir non plus. The Golden Age commence par un piano-voix touchant puis vomit pendant une heure des barrissements pompeux et prétentieux qui fait de son bordel une espèce de frasque épico-casse-couille. Finalement tout semble n’être pensé que pour faire des musiques de pub ou de film.

Alors on peut se dire : ouais mais en live ça doit donner quand même. Bah même pas. Après avoir lamentablement échoué à son premier concert au Grand Rex devant environ tous les gens de la musique de Paris, puis renouvelle son échec à la Tour Eiffel et tente depuis une tournée. Sauf que non. Non. Non non, c’est de la merde en live aussi. Orchestre intéressant, arrangements de l’album, charisme de poulpe anémique, Woodkid ne distrait pas, Woodkid ne captive pas, Woodkid ne passionne pas, Wookid fait juste chier. Même ses projections, qui auraient pourtant être pu son point fort n’ont aucun intérêt et sont même passablement moches.

Alors tu vois finalement mon petit Wood, permets moi de t’appeler Wood, je t’en veux pas trop en fait d’avoir fait ton concert pendant l’émission. Au moins je suis sur d’y avoir échappé. Non parce que à force tu vois Woodkid tu me saoules, ton nom me saoules, ton image me saoule… et c’est moi qui ai la gueule de bois.

Chronique sur Radio Néo du 12/11/2013 publiée sur LeTransistor.com

Ambassadeur Touch By Médiamétrie

Y’a quelques temps, on m’a proposé d’être ambassadeur de la nouvelle plateforme de contenus Touch créée par Médiamétrie. Le projet est plutôt séduisant, l’équipe sympathique et la liberté éditoriale grande, alors j’me suis dis (parce que je me parle) : vas y (parce que je me tutoie).

Et voici donc mon premier article sur la rentrée musicale (qui a quelques semaines de retard, je l’accorde) :

La rentrée est passée, les stylos sont déjà tout mâchouillés, les cahiers écornés, les gommes crayonnées et les cahiers de textes remplis de devoirs et de mots doux… Et pendant que tombent les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle un peu partout sur les trottoirs de la rue La Chapelle, les albums pleuvent. Petit inventaire à la Prévert de ce qu’il faut retenir pour passer un bon hiver.

La suite sur Touch By Médiamétrie

Beaffle #7 : Festival Pitchfork

Pas plus tard que la semaine dernière, j’étais invité par Green Room au Pitchfork Festival, sorte de convention Star Wars mais avec des moustaches et des Tot Bags à la place des déguisements de Chewbacca et des sabres lasers en plastique.

Au programme : 3 jours de musique qui, on l’espère bien, ne passe pas à la radio (sauf sur Radio Neo, Le Mouv ou Nova à la rigueur), et, on l’espère bien ne sera jamais connue. Sinon on dira que c’est devenu de la merde. Mais au delà de l’excellente prestation de Hot Chip, des très très cools Youth Lagoon, de la déception Sky Ferreira ou encore des funny Mount Kimbie il y avait un autre spectacle dans la Grand Halle de la Villette : le défilé des spectateurs. Avec notamment le magnifique short camouflage orné d’un t-shirt léopard et d’un k-way blanc sur lequel trônait un bonnet noir. PAR FAIT.

Moi j’avais opté pour un jean rouge et le t-shirt que m’avait offert une grand marque de bière dont on ne citera pas le nom à l’antenne avec la tête de Gerard Adrian Heineken. En mode barbe de 6 mois et petites lunettes. Un vrai hipster le Gerard.

Si t’étais pas au Pitchfork, ou si on s’est moqué de toi comme un roux dans la cour de l’école et que tu sais pas pourquoi, voici quelques conseils pour ne pas passer pour un gland au festival d’un grand magazine qui commence cette semaine. Ou pour tout autre événement qui n’intéresse personne au delà de la rue Oberkampf.

Petit a. Les fringues. Même si on doit pas juger un bouquin sur sa couverture et même si, comme disent les enfants de chœur, la bite ne fait pas le moine, l’apparence c’est important. Il te faut un style qui t’es totalement propre. Mais qui va ressembler à tout le monde. Ouais. Bon. En gros faut être différent des gens normaux de la rue et qui passent à la télé, mais être pareil que les gens qui seront là avec toi. Un bon gros t shirt à message ou une chemise vintage feront l’affaire en haut pour les garçons. Un t shirt XXL ou un débardeur largement ouvert sur les côtés pour laisser entrevoir le soutien gorge fera l’affaire pour les filles. En bas, t’as le choix entre le classique jean qui mettra en valeur ton haut, ou aller au bout de l’excentricité comme le short camouflage cité tout à l’heure, le kilt fluo ou le legging avec des zèbres et des étoiles. Rigolez pas, je l’ai vu. Si tu veux me ressembler, tu peux rajouter un bonnet ça fait toujours classe.

Petit b. La programmation. Tu dois absolument trouver des groupes que tu adores et des groupes que tu détestes. Te fais pas chier à écouter toute la programmation non plus hein, choisis dans ceux qui passent vers 21H/22H et t’en prends un que t’aimes et un que tu détestes. Et tu fais pareil pour les groupes qui jouent en premier vers 17H. T’auras à la fois des groupes connus et des groupes inconnus. Ensuite, tu vas lire les critiques sur les blogs, NME et Pitchork tu saura si tu dois aimer ou pas. Vérifie bien quand même que c’est EFFECTIVEMENT le groupe en question qui joue quand tu en parles sinon tu risques de passer pour un con. On a déjà vu des journalistes écrire sur des concerts qui ont été annulés. Mais faut dire qu’au bar on entend pas toujours bien.
Moi au Pitchfork j’avais pris le parti d’adorer Youth Lagoon et de détester Sky Ferreira. Attention cependant, tu pourrais être entouré d’intellectuels qui vont te demander ton avis.

Du coup : Petit c. Ton avis. Du dois forcément en avoir un. Sinon tu vas passer pour un con. Et tu dois faire en sorte que ce soit le tiens à toi, même si t’as juste lu une vague chronique sur Stereogum. Saches que tu dois forcément aimer ou pas les choses. Pas de place pour l’indécision. C’est binaire. Bon, par exemple tu peux trouver que Blood Orange à “alterner entre rythmiques funk diaboliques et solos épiques en tapping, soutenu par un bassiste qui envoie le bois avec ses slaps impeccables”. Par exemple. Ou trouver que Mount Kimbie “est complexe, inclassable et se mue en permanence“. Ça c’est pas mal. Je te déconseille néanmoins les mots éponymes, opus, galette et combo que tu utiliseras plutôt pour, PETIT D : raconter.

Parce que tout le monde doit savoir que t’étais là. Donc tu dois dire avec des mots tout ce que t’as vu sur ton blog et ton twitter, alors que finalement tout le monde s’en bat les couilles vu que tes 50 amis Facebook et tes 143 followers Twitter ETAIENT de toutes façons avec toi. Mais bon c’est comme ça, faut laisser sa marque à la postérité, d’autant plus si t’as été invité. Alors là t’es carrément obligé de justifié l’économie que t’as fait faire ton parrain.

T’as plus école, c’est pas uniforme. Les Jean Michel Largué musicaux iront sur Twitter pour parler en live et agrémenteront leur histoire par quelques photos Instagram. Les Arthur Rambo prendront la plume de leur clavier et écriront sur leur petit blog, pour que leurs mamans puissent savoir ce que les oreilles de leurs progénitures ont pensé, de ce qu’elles ont entendu entre chaque pintes consommées, bien entendu, avec quelques potes et modération. Et pour les vraiment gros branleurs qui grattent des invits uniquement pour glandouiller au bar en essayant de pécho ce qui passent et se faire offrir des coups à boire ou encore des goodies, et bah ils parleront négligemment dans le poste pour se rendre intéressant. Oops.

Chronique sur Radio Néo du 5/11/2013 publiée sur LeTransistor.com

ASOS t’es devenu un cassos : je te quitte

Mon cher petit Asos,

pas plus tard que y’a 2 jours j’ai commandé chez toi une livraison en 24H. Pas plus tard que deux jours après je ne l’ai pas reçu. Cette fois c’était la fois de trop et je t’annonce fermement que je te quitte.

Parce que tu vois mon petit Asos on peut tromper mille fois une personne mais on ne peut pas tromp… Si, on peut tromper une fois une… Euh… Non ! On ne peut pas tromper une fois mille personnes, mais on peut tromper une fois mille personnes ! Enfin tu vois ce que je veux dire quoi, tu m’as trompé une fois de trop…

chien

Pourtant j’ai eu le coup de foudre dès que je t’ai vu… Je t’ai présenté à mes amis et à ma mère qui t’ont adopté et qui jusqu’ici t’aimaient beaucoup. Même mon ex, pas rancunier, venait chez toi pour ses vêtements. Je t’ai aimé Asos. Je me rappelle des midis à mon bureau entrain de t’admirer. Je me rappelle de ces soirées chez moi où je m’occupais de ton paquet. Je me rappelle de toi et moi au bord de la pl… Ah non c’était pas toi. Mais peu importe, ensemble on a vécu des choses importantes, et tu m’as suivi dans tous les grands moments de ma vie pendant si longtemps…

Quand tu m’as annoncé ton arrivée en France au début de l’année j’étais si heureux. Soulagé de me dire que notre relation à distance allait arrêter de me couter aussi chère. Et puis tu as commencé à me tromper. Début février, tu perds un beau manteau alors que je t’avais confié plus de 800€. Mais je me dis que l’erreur est humaine et que c’est pour ça qu’on a une touche « suppr » sur nos claviers. Alors je te refais confiance avant l’été, et là, tu oublies de m’envoyer mes 300€ d’habits dans les temps. Mes amis me disent alors que je devrais me méfier, mais moi je t’aime, alors je te fais confiance, continuant régulièrement à écouter ce que tu as à me dire.

Et c’est là que notre relation s’est profondément dégradée. Imaginant que tu ne pourra plus me perdre, que je suis aveuglé par ta prestance, tu me promets une livraison express juste avant mes vacances à Barcelone pour que je sois prêt à sortir, tout beau, dans les boites espagnoles. J’aurais du m’en douter. Tu prendra mes 350€ à la légère, et même si tu t’excuses en disant que ça n’arrivera plus, tu commences vraiment à me faire douter de ta sincérité.

L’été passe, les feuilles tombent comme la température et tu me rappelles alors qu’il faut se couvrir. C’est vrai qu’après une longue relation on pourrait faire sans, mais je suis prudent et préfère me protéger. Alors que seule la première syllabe correspond, fin octobre rimera avec fin de relation. Tu négliges totalement mes 580€, ne prend ni le temps de respecter tes engagements de rapidité, ni même ceux que tu devrais respecter en temps normal et tu me laisses tomber au beau milieu de Paris dans le froid, osant même dire que c’est de la faute à Paypal. Déjà on dit la faute « DE » Paypal. Ensuite, je n’aime pas les gens qui se défaussent.

C’est alors que, comme si j’étais ta pute, tu essayes de m’acheter avec des codes promos et des bons de réductions. Deux semaines après, en galère de manteau je craque et je claque 350€ auquel je déduis ta réduction de 10% que tu m’avais promis et ta livraison en 24H.

Nous sommes deux jours après et je t’écris cette lettre. C’est difficile de quitter quelqu’un qu’on aime mon petit Asos, mais tu vois, comme on dit, t’as grave abusé ta race. T’es tu dit que parce que j’étais homosexuel, tu pouvais m’enculer à chaque commande ? Eh bien non cher Asos, la vie ce n’est pas comme ça. Tu ne peux pas me promettre à chaque fois sans jamais tenir tes engagements. Tu ne peux pas espérer que je revienne à chaque fois à toi juste parce que tu me dis que cette fois j’aurai une réduction et que je serai satisfait. T’as beau me sucer Asos, tromper c’est tromper.

Je ne doute pas que tu trouvera pieds à tes chaussures et plein de gens en mal de vêtements qui craqueront sur la belle grosse vitrine. Tu m’auras au moins appris qu’il ne faut pas juger uniquement sur la façade et ne pas faire confiance aux apparences, alors je te remercie pour ça. J’espère que toi aussi cette rupture t’aura appris le respect, parce qu’au fond nos beaux moments restent au fond de moi et que j’espère qu’un jour revienne le bel Asos que j’ai connu et pas le cassos’ que tu es devenu.

Je t’embrasse en souvenir de nos nuits ensemble, et des journées passées en toi, mais qu’on soit clairs, nous ne sommes plus amants et nous ne resterons pas habits.

Benjamin

Article initialement publié sur Megaconnard

Beaffle #5 : Vadel


Pas plus tard que y’a pas longtemps, alors que j’étais en train de buller négligemment aux frais de je ne sais plus quel attaché de presse, voila pas que le passe plat professionnel me regarde et me dit : “Eh mec, toi qui aimes le rock il faudrait que t’écoutes Vadel, ça devrait te plaire”.
Je crois que si je n’avais pas payé mon repas avec mes deniers durement gagnés à la sueur de mes âneries je lui aurais vomis mon steak frites sur les pompes.

Bon j’avoue, j’ai un peu de mal à dire du mal de Vadel. Pas parce que j’aime bien hein, j’ai des oreilles qui fonctionnent un minimum et je sais faire la différence entre un vagissement dominical et agissement vaguement musical. Non, juste parce que c’est finalement rassurant de voir que t’as beau avoir les dents aussi longues que le bras de ton papa, et inversement proportionnel à ton talent, quand tu fais de la musique de merchanding, eh bah ça marche pas forcément.

Vadel-Joe-Cocker[1]

Ouais, parceque Vadel est un bon gros fils de prothésiste dentaire. Si t’en as jamais entendu parler c’est bien pour toi. Si tu sais de quoi je parle, c’est que l’argent dentaire amputé du portefeuille de son papa qui a acheté les premières parties de Depeche Mode, Joe Cocker ou Tokyo Hotel en vendant les siennes a été utile. Passé par la case Polydor à la force du flouze paternel et à celle de son poignet de bran… de MEC branché, pardon, Vadel a finalement atterri chez Play On. Le label qui a commis Zaz et Colonel Reyel notamment. Une jolie connivence.

Je me rappelle avoir croisé cet androgyne sur la scène du Bus Paladium. Complètement concentré sur sa musique, le voila pas qu’il débite pieusement après quelques bêlement personnels, des reprises bien peu respectueuses des Beatles avec sa voix nasillarde.

Au début j’avais l’impression d’être à un spectacle de stand up : un mec debout devant des gens que tu comprends pas pourquoi les gens sont là et qui te fait vaguement marrer. Pis Vadel joue un peu de la guitare de Jamel Debouzze. Mais non en fait le mec est totalement sérieux. Derrière son maquillage et sa dégaine au charisme à mi chemin entre le marshmallow et le poisson rouge, Adam Vadel lâche tout. Il se tortille sur scène comme si sa musique lui donnait envie de déféquer.

Après 10 minutes qu’on sert son cancer, je me suis dit que c’est vraiment une sale opération que d’être venu ce soir. Et que sa musique est à Chimay ce que la bière est à Rika Zaraï.
Ennuyeux comme un jour de pluie à Blackburn, le rockeur de supermarché enchaîne les titres tellement référencés qu’on se croirait à un concours de fin de série de sosies à la fête des Chantereines de Saint-Etienne-Le-Vieux. Ou dans une salle de reprographie chinoise.

Au fond de la salle, branlant du chef, son père opine, fier de son condescendant descendant et de ses parodies musicales. Au milieu un public concupiscent qui subit le volume sonore du Sébastien Patrick du rock, sans avoir payé l’entrée. C’est papa qui a régalé. Comme pour ses albums, ses clips et ses concerts en fait.

Au bout d’une heure, le ténébreux Vadel sort de scène sous les ovations de la dizaine d’amis payés pour l’occasion. Il se prend en photo avec son public de fan-potes à la compte, dent de requin autour du cou (hommage à l’origine du pognon paternel j’imagine), et discute, faussement intéressé et sympathique. Son vrai génie reste dans cette capacité à créer une vraie-fausse distance entre lui et les quelques clampins perdus dans une salle désespérément vide.

Alors vous allez me dire, “qu’est ce que ça peut te faire à toi Benjamin Lemaire que cette ordinaire garçon fasse ça”. Eh bah je vais te le dire, même si personne me pose la question (ouais je fais comme Vadel, je me pose moi même mes questions comme ça, je suis pas ennuyé). Nonobstant le fait que j’aime pas les parents qui jouent avec leurs enfants salonards comme si c’était des Sims, j’enfoire les papas Vadel, qui rêvent que leurs fistons fassent ce que ils auraient aimé être. Tu sais papa Vadel. Il fallait juste en pondre un avec du talent.

Ensuite, ça me gêne qu’on force un système qui ne va déjà pas très bien, en défonçant les portes des tourneurs et des labels à coup de billets. C’est pas illégal. C’est pas malhonnête. C’est juste immoral et inutile. La preuve, même avec une diffusion massive sur des radios jeunes de son titre, disons le, pas très très cool, Drama Queen, eh bah Vadel a rien vendu dans les bacs et se contente de poser sur sa page Facebook avec Johnny Hallyday. C’est dire la détresse artistique.

Allez quoi Vadel, abandonne. Utilise ton blé pour en faire pousser en Afrique. Ou paye toi des cours de guitares, réincarne toi en Jimi Hendrix en rachetant ses membres. Et je ne parle pas du moulage de Cynthia Caster, je n’attaque pas le physique. D’ailleurs c’est un des trucs sur lesquels on peut pas attaquer le fils Vadel. Il n’a pas de talent mais il a de belles dents. Et ça nous fait une belle jambe.

Chronique sur Radio Néo du 22/10/2013 publiée sur LeTransistor.com