Betancourt : à la recherche d’un consensus

L’arrivée hier a Caracas des quatre otages libérés par les FARC n’a pas seulement été marquée par les embrassades avec les familles reconstituées. Deux des quatre otages ont déclaré que la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue comme eux depuis 6 ans, était « très très très malade ».

Dans un communiqué, Yolanda Puleccio, la mère d’Ingrid a demandé un « d’urgence un geste humanitaire » et de libération « immédiate » de sa fille. Après la réaction de François Fillon estimant que la vie de l’otage tenait à une « question de semaine », le président de la République a aussitôt lancer un appel en direction de Manuel Marulenda, le n°1 des FARC, en vue de la libération d’Ingrid : « C’est une question d’urgence humanitaire » a t’il déclaré avant d’affirmer qu’il irait la chercher « [lui]–même à la frontière entre le Venezuela et la Colombie si ça devait être une condition ». Il a enfin insisté sur la position de la France qui La « reste mobilisée jusqu’à la sortie du dernier otage, je m’y engage. Il faut qu’on arrive à faire libérer Ingrid Betancourt ».


Lorenzo et Mélanie Betancourt le 23 février 2008 (c) B.LEMAIRE

Après la vague de messages officiels, une conférence de presse s’est tenu au Lutetia se matin. Lorenzo, le fils d’Ingrid y est apparu tremblant, au bord des larmes : « On n’a plus le temps. Maman, l’être que j’ai de plus cher au monde est en train de mourir ». Il a ensuite appelé la communauté internationale à se mobiliser encore une fois « pour le bien de la liberté, pour la vie ».

Son père, Fabrice Delloye, ex-mari d’Ingrid, ne s’est pas montré plus optimiste : « Ingrid est en train de mourir. Elle est atteinte depuis longtemps d’une hépatite et chaque crise est plus dangereuse que les autres ». Il a également lancé un appel au nom de toutes les familles des otages «aux chefs d’Etat du monde entier à apporter leur soutien au président Alvaro Uribe pour qu’il accepte courageusement dans les plus brefs délais de discuter d’un accord humanitaire» avec la guérilla des FARC. L’appel a été relayé par l’ex-parlementaire et otage Consuelo Gonzalez, libérée en janvier, qui a fondu en larmes. «Président Uribe. Donnez-nous la main pour que mes compagnons retrouvent la vie», a-t-elle lancé.

Consuelo Gonzalez @ Rassemblement pour le 6e anniversaire de la détention d'Ingrid Betancourt
Consuelo Gonzalez le 24 février 2008 à Paris (c) B.LEMAIRE / WOSTOK

Chavez espère un signal des FARC

Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré dans la journée espérer un single des FARC pour la libération de deux de leurs otages, Clara Rojas et Consuelo Gonzalez.
« Nous espérons encore un signal pour accueillir ou aider à la libération de ces deux femmes et de tous les prisonniers » a déclaré le président Chavez dans son programme télévisé.
« Au-delà de toute diatribe politique, l’important c’est qu’Emmanuel soit libre » a finalement commenté Hugo Chavez.

Une journée pour Ingrid Betancourt

A deux jours de la visite d’Hugo Chavez, le président de la République Bolivienne du Venezuela, les comités de soutien à Ingrid Betancourt se sont mobilisés hier. Après une marche au départ de la place des libertés du Trocadéro, un concert a été organisé en seulement douze jours- au Zénith de Paris. Contrairement à ce qui avait été annoncé, Piedad Cordoba, la sénatrice facilitatrice des négociations avec les FARC n’était pas présente. Le président Vénézuélien lui a en effet demandé de ne pas venir en France avant lui.


Hier soir au Zénith : Yolanda Pulecio -la mère d’Ingrid Betancourt- accompagnée de Mélanie et Lorenzo -les enfants d’Ingrid-

Plus d’une vingtaine d’artistes étaient donc réunis hier soir grâce au fidèle soutien de Renaud, parmis lesquels Michel Delpech, La Grande Sophie, Salvadore Adamo ou encore Renan Luce. Les ambassadeurs colombien et venezueliens avaient également fait le déplacement ainsi qu’une dizaine d’autres personnalités telles que l’ancienne otage Florence Aubenas, l’actrice Marisa Berenson ou la président de la Ligue Internationale des Droits de l’Homme, Souhayr Belhassen.

Renaud
Renaud hier soir à la conférence de presse

Michel Delpech
Michel Delpech interprétant « White is white »