Concert (presque privé) de Muse à l’Olympa

Muse. Ah Muse, ce groupe à la carrière discographique décroissante. On les pensait au plus bas niveau musical avec The Resistance et au plus haut dans l’onanisme égocentrique jusqu’à ce que sorte The 2nd Law, sorte de wost-of de reprises de tout ce qui a été fait depuis pires ces dernières décénies, de Queen à Skrillex. Comme dirait le philosophe Laurent Ruquier, la presse est unanime. Le radeau de la Muse coule. (désolé mais c’est moins pire que “Fini de faire muMuse, NDLR)

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Loin de son habituelle tournée des Stades, Muse avait choisi l’Olympia pour sa première date en France, quelques jours avant de monter sur la scène du Palais Omnisport de Paris-Bercy. Une petite salle pleine à craquer de fans déboussolés par l’introduction sur Telstar des Tornados, groupe du père de Matthew Bellamy qui succède à Roméo et Juliette sur les anciennes tournées. Le concert début vraiment -comme l’album- sur Supremacy. Bellamy la voulait absurde et chaotique. Etrangement, comme pour quasiment tous les titres de The 2nd Law, les arrangements live les rendront beaucoup plus écoutables, dénués de tous les hyper-productions qui ont rendu l’album pesant et inaudible. A l’exception de l’étonnant Madness et de l’hymne de stade Survival qui cloturera le concert, les nouveaux titres de Muse ne semblent pas avoir conquis son public. Il faudra d’ailleurs attendre le dixième titre pour qu’Uprising fasse vraiment décoller l’Olympia, malgré un Animal magnifique épuré, un Supermassive black hole agréable joué et leur dernier single acceptable, Time is running out.

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Bien qu’on puisse être déçus que Bliss soit le seul rescapé de Showbiz et Origin of Symetry (qui ont quand même plus de 10 ans) et qu’un quart de la set list n’a que peu d’intérêt, force est de constater que Bellamy est toujours un génie scénique. Avec sa voix extraordinaire, le guitar hero ira même jusqu’à laisser sa place de leader le temps d’un titre à son bassiste, Chris, le même qui débutera l’épique Knights of Cydonia sur Il était une fois dans l’ouest à l’harmonica.
Qu’on se le dise, Muse en live reste Muse. Ni l’égo (mesuré ce soir) de Bellamy ni les expériences musicales parfois ratées des disques ne gâchent le spectcle grandiose que le groupe offre à chacun de ses concerts. Surtout lorsqu’il est donné dans cette salle si particulière qu’est l’Olympia.

Set list
Telstar (The Tornados cover) – Supremacy – Hysteria – Panic Station – Resistance – Supermassive Black Hole – Animals – Time Is Running Out – Save Me – Madness – Uprising – Follow Me – Bliss – Knights of Cydonia
Rappels : Stockholm Syndrome – Starlight – Survival

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Initialement publié sur LeTransistor

Orelsan, artiste mainstream

Hier je suis allé voir Orelsan.

Pas tellement pour écrire sur LeTransistor, ni pour faire des photos. Parce que j’aime bien et je voulais voir un peu ce qu’il devenait ce petit Aurélien qui a échangé sa casquette contre des cheveux. Pendant que je discutais, bière à la main, des Popopopos avec un directeur de label, je m’étonnais du public qui passait…

Je me rappelle d’Orelsan dans un Bataclan pas rempli il y a 2 ans avec trois grognasses en manque de bites qui gueulaient sur le perron. Et cet album soi disant polémique à cause d’un titre qui n’y figurait pas. Et cette liberté d’expression baffouée. Et ce second degré ignoré. Et cette censure qui lui a couté une partie de sa tournée et qui, malgré ce qu’on a pu dire et lire, ne lui a pas fait tant de publicité…

L’Olympia se remplit.

Je me rappelle de Suicide Social, reçu quelques mois avant la sortie de l’album. Je m’étais dit : “cet enfoiré est un génie”. En quelques minutes, il remet tout le monde à sa place, tape sur tout ce qui bouge et ça avec un minimum de démagogie. Le texte est bien écrit, la prod’ est bonne. Le retour d’Orelsan s’annonçait vraiment bien.

Je rentre dans l’Olympia et me cale dans un coin. Kyan Khojandi (aka “le mec de Bref”) et Norman Thavaud (aka “Norman”) créént des attroupements au balcon.
Premier titre. La génération post-tetris remet le karaoké au gout du jour, comme si Raelsan était le ET des années 2010, passé de l’état de rappeur loseur à celui d’icone 2.0.

Je me rappelle aussi de la première écoute de l’album. Des textes tantôt engagés, tantôt personnels, jamais superficiels et surtout jamais sans fond ni raison. Un album mur, clairement destiné au public de trentenaires qu’il draine à ses concerts à base de référence aux tortues ninjas ou à Shinobi sur 1990. Moment que choisit Oxmo Puccino, emblème de la génération hiphop avec son Opéra Puccino, sortie l’année où sentiment national était synonyme de Coupe du Monde.
Ont ils vu la référence au Wu Tang sur “chimi-chimio chimiothérapie” qu’ils connaissent probablement autant que Scatman ?
Mais que chantent ces milliers d’adolescents de cet Olympia rempli ? Leur Marseilleuse à eux, sorte de chant dont on oublie le texte au profit de ce qu’il représente ? Un Amoureux de paname mis au gout de jour ?

L’artiste, la star, qu’ils adulent ce soir, qu’ils ont pour la plupart connu lors de son second album, tient des propos crus et cruels, teintés de second degré. J’en viens à me demander ce que pense la lycéenne d’une seizaine d’années qui devant moi crie les fins de punchline d’Orelsan comme “Où t’était petite pute, quand est-ce qu’on mange ?” ou “Suce ma bite, pour la Saint Valentin”.

Le concert continue et l’ambiance augmente, même sur les titres calmes et personnels comme Finir mal. Les feats s’enchainent : Eklips, Nessbeal, Toxic Avenger. Bref, Kyan monte sur scène juste avant LE single, La terre est ronde.

Au fond j’crois qu’la terre est ronde
Pour une seule bonne raison…
Après avoir fait l’tour du monde
Tout c’qu’on veut c’est être à la maison

Orelsan est entré en playlist sur NRJ et dans la cours des grands grâce à cette soupe pop démago digne d’un album de Zaho (oui, t’avais oublié qu’elle avait existé, justement). Reprise par l’Olympia pendant plusieurs minutes, c’est clairement le tube d’Orelsan. Pourtant celui dont l’écriture est sans intérêt. Celui où il n’y a rien à comprendre.

C’est peut être ça réussir dans le show biz. Un compromis entre le chant de sirènes d’NRJ et celui de tes potes qui étaient là pour toi quand plus personne ne voulait te faire jouer. Un chemin sinueux et hasardeux avec d’un côté le Orelsan du début qui galère sans oseille et de l’autre celui qui va faire un un Zenith devant un parterre de collégiens. Un parcours qu’Aurélien assume à travers ce titre, mou compromis au milieu d’un album tranché, bien écrit et agréablement produit.
Un parcours de l’indé au mainstream qui n’est pas sans rappeler celui d’1995 qui grimpe justement sur scène pour un des six rappels de la soirée.

Le concert s’achève comme le lancement de l’album a commencé, sur un magnifique Suicide Social prenant, également repris en chœur par l’Olympia (mais quand même sifflé sur le passage « parisien »). Orelsan s’écroule. Le public se lève.

Et elle est là la conclusion. A ma gauche Aurélien Cotentin, bientôt 30 ans, en train de kiffer un des moments les plus agréables de sa réussite. A ma droite 2000 personnes, heureuses de voir leur idole, celui dont ils chantent les paroles dans leurs chambres, avec lequel ils s’imaginent dans un clip quand ils marchent dans le rue, écouteurs dans les oreilles.

Au milieu, moi, égoïstement déçu de devoir partager avec des milliers de personnes qui lui ont valu ce soir son disque de platine remis sur scène. Quand on suit et qu’on défend un artiste, on est parfois déçu de le voir exposé au public comme ça, comme si on le perdait un peu.
La Marolle morale de cette histoire c’est que… rien à foutre. Nique Ta Morale.

Initialement publié sur LeTransistor

Inauguration du Festival des Inrocks 2008 à l’Olympia : folk and rock ! (l’inverse est copyright)

Première journée du désormais incontournable Festival des Inrocks, le festival du magazine du même nom en collaboration avec Alias Production. Une première journée que je ne voulais manquer sous aucun prétexte, et à force de négociation avec chef Hiboo (NDRod : je suis toujours gentil avec les êtres monocellulaires), j’ai finalement pu couvrir l’inauguration avec quatre groupes que j’apprécie particulièrement.
Le Festival des Inrocks se veut éclectique, et c’est bien. Mais quand l’attention dépasse l’impact, c’est dommage. Et ce soir, à voir le hall de l’Olympia plein de buveurs de bières et de coca et les premiers rangs envahis de MGMTettes (sic), il semblerait que les trois premiers concerts ne furent pas appréciés à leur juste valeur. Ah ces groupes à minettes …

LA SUITE SUR LE HIBOO
Flickr : AmbianceComing Soon