Beaffle #16 : Unissons nos voix

Pas plus tard que l’année dernière 200 000 femmes ont été victimes de violences. 147 000 de violences physiques. 29 000 de violences sexuelles. 25 000 les deux. 83 000 autres femmes ont été victimes de viols ou de tentative de viols. Et plus de 150 femmes, et au passage 30 hommes, qu’on oublie assez facilement, sont sous les coups de leurs conjoints.

C’est mal hein. Très très mal même. Parce que cette histoire a quand même coûté des mois de prisons à plus de 5 000 hommes !

Alors bon, figure toi que Wassup Company, une boite qui produit des singles de gens issus de la télé réalité s’est dit : et si on faisait genre un clip pour protéger les bonnes femmes et faire parler des violences que c’est pas bien et tout ça, et tout ça. Un genre de mix entre We Are The World de USA For Africa et Run The World (Girls) de Beyoncé.

J’imagine que c’est comme ça qu’est née l’idée de Unissons Nos Voix et de son clip aussi plat que cliché. Les mecs se sont dit, on va foutre comme dans We Are The World des stars comme ça, bah les gens ils vont se dire : WOOOOOOOOW ya trop des restas, j’arrête de défoncer ma gonzesse DI RECT. Donc ils ont pris 40 matrones qui passaient par là. Et ça donne ça :

EXTRAIT

Ouais bon arrêter moi ce merdier… Les mecs, sérieusement ! Je veux bien qu’on défonce sa bobonne à longueur de journée mais c’est pas une raison pour en rajouter en les humiliant musicalement.
Non mais je dis ça, je dis quelque chose, je trouve ça plutôt cool de s’impliquer pour des causes, de donner de son temps pour aider, de participer à des associations et tout le tsouin tsouin comme dirait Muriel Robin qui revient. Et qui s’y connait en mouquère. Mais je me permets de douter de l’intérêt de faire brailler 40 jeunes rombières sorties de diverses émissions cathodiques rarement catholiques en faisant en sorte d’avoir à la fois des noirs, des ara… euh des gens des minorités visibles pardon, histoire de se donner bonne conscience et de… euh…

Bah oui, de quoi d’ailleurs ? Parce que même si je dois avouer que ça m’a bien fait marrer qu’on ressorte la dépouille de Lââm pour faire croire qu’elle existait encore et qu’après tout c’est pas plus ridicule que Roch Voisine et Michael Youn dans les Enfoirés, je me permets encore une fois, parceque je me permets tout vu que c’est ma chronique et que je raconte tout qu’est ce que je veux, JE ME PERMETS DONC de douter que de faire parler Sheryfa Luna de féminisme fasse avancer la cause des panades. Oui je parle bien de la bouvière qui se branlotait les tétons dans son clip Viens avec moi.

Sérieusement les mecs :
Est-ce que les femmes violentées ont vraiment besoin d’être soutenues par une flopée de déchets télévisuels en mal d’existence médiatique ?
Est-ce que les femmes violentées ont vraiment besoin d’être soutenues par Emily Normann qui dans son seul single jamais sorti balance au mec qui vient de la quitter “Viens contre moi mon amour, je veux juste encore une nuit, juste une dernière nuit avec toi” ?
Est-ce que les femmes violentée ont vraiment besoin d’être soutenues par Alissa Latyma qui chante la Rebeu des Chichas ?
Est-ce que les femmes violentées ont vraiment besoin d’être soutenues par Aurélie Dotremont qui le mois dernier a simulé une agression dans les rues de Paris pour faire parler d’elle ?

Tu vois, moi, j’ai un vrai problème avec ces projets qui desservent plus leurs causes qu’ils ne les soutiennent, et on va avoir l’occasion d’en reparler juste après. J’ai un vrai problème avec ces gens qui utilisent des causes pour exister au lieu de faire exister des causes.
Si vous voulez vraiment faire avancer la cause des greluches messieurs les producteurs, ayez au moins l’obligeance de choisir des poupées qui ne font pas régresser leur image au quotidien.
Parce que franchement après avoir matter vos 3 minutes de clip navrantes, la seule façon dont j’ai envie d’aider vos 40 donzelles, c’est en leur collant une bonne grosse biffle.

Posse 33 fous sa cagoule !

Depuis quelques temps déjà il est impossible de passer à travers le matraquage publicitaire radiophonique, télévisuelle et même internetuel (si si) du dépravant « Fous ta Cagoule » interprète par les délabrés « Fatal Bazooka », le pseudo groupe mené par le pseudo humoriste Michael Youn. Et ça marche puisqu’à grands coups de martelage étriquant, je me suis moi-même surpris une fois dans ma salle de bain à chanter cet énervant refrain parodiant le rap savoyard (sic !). Sauf que j’ai récemment apris qu’en Savoie comme dans tous les régions normales de vivantes de France, il y a des groupes de rap ! Et bien dès la semaine prochaine vous pourrez admirer du MCM et bien d’autres endroits comme la Mule le clip et la chanson qui l’accompagne « J’fous ma cagoule » interprété par Posse 33. Les rappeurs qui offrent une magnifique proses –osant faire rimer bâtard, banlieusard, Savoyard, bagarre et brancard- sur la musique de Youn, sans bien sur aucune originalité. Parmi les jolies allitérations on notera une belle en « ousse/ouche » : «  Et surtout ne bouge pas, nous on ne couche pas, ta bouche dans la cartouche, quand t’as la frousse, pousse pas, restes sur la touche ». J’ai eu l’énormissime chance de voir le clip en exclusivité et j’ai pu apprécier la précieuse ressemblance avec le navrant original et la qualité infâme des images. Tiens, ça me rappelle la réponse de Marine Le Pen à Diam’s, le style de Marine en moins…