PUTAIN 10 ANS !

T’imagine. 10 ans ? 10 ans ! Dix années que je poste des trucs sur ce blog… J’avais cette tête (c’est cadeau, c’est dossier, t’en fais ce que tu veux).

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J’étais étudiant, beau, intelligent, innocent et insouciant. (rayez les mentions inutiles)
J’ai eu la bonne idée pendant le cours de communication d’un certain Martial Martin de créer un site internet, non pas pour parler d’un jeu vidéo ou de cuisine, mais pour parler de moi. De mes passions, de mes activités et raconter ce dont j’avais envie et publier ce que je faisais. En l’écrivant en 2014 je me rends compte à quel point c’est ridiculement banal. Mais ça n’existait pas en 2004. J’ai écrit sur tout et n’importe quoi. J’ai raconté des blagues, j’ai fait mon Morandini de l’info, du Gorafi, des tweets avant l’heure, posté des photos et donné mon avis sur tout. Et surtout sur n’importe quoi. J’ai publié plus de 1600 billets dont la plupart ne restera pas dans les anales.

Après 10 ans, je me rends compte que mon blog, malgré tous ses changements de look et d’adresse a conservé son identité. Mon identité. On peut y retrouver des moments qui ont été importants pour moi ou pour ma carrière, tout aussi bien que des écrits inutiles que j’ai oublié dès le lendemain. Il est à la fois un journal intime, une tribune, une timeline, un best-of et le carrefour d’incroyables changements. C’est en commençant à écrire ici qu’on m’a proposé d’écrire ailleurs : Agoravox, Le Hiboo, Megaconnard, avant de créer moi même RockMeUp, Soul Kitchen et il y a 2 ans LeTransistor. De fil en aiguille, j’ai tricoté non seulement mes métaphores filées, mais en plus un petit réseau de contacts numériques.

10ans[1]

Certains deviendront des connaissances, des clients, des potes de soirées, des amis, des proches… Mais à travers ce blog c’est en fait ma vie qui a changé. Ma spécialisation de « blogueur musique » m’a permis de voir plus d’un milliers de concerts, de festivals, d’événements et autres soirées avec open bar gratuitement, simplement pour que je puisse donner mon avis où en tirer une image. Parfois sans aucun retour. Parfois sans que jamais personne ne lise. Souvent sans que personne ne s’y intéresse vraiment. J’ai reçu des centaines de CD, des DVD, des livres, des cadeaux high-tech (iPad, téléphone portable, montre, écran etc.), des chocolats… Et delà de l’aspect matériel et des aspects humains, je doute maintenant que j’aurais eu mon parcours professionnel si je n’avais jamais blogué ou si je n’avais jamais raconté des conneries sur les réseaux sociaux. C’est une part profonde de mon identité, une des raisons pour laquelle tel ou tel client est venu me voir (ou ne veux pas me voir). La plupart me connaissait avant. Que ça soit dans mes missions de conseils ou dans mes réalisations photographiques et vidéographiques (ou le mot existe, je viens de vérifier).

Voici ma tentative désordonnée d’inventaire à la Prévert des meilleurs souvenirs liés directement à mes activités de blogging (personal branling inside) :
– La semaine au Canada pour le Festival de la chanson français de Granby (Merci Patricia)
– Serrer la main de Bertrand Cantat à l’after show de Shaka Ponk à la Cigale et lui dire à quel point sa musique m’a touché. Le résultat fut assez pathétique néanmoins
– Ma rencontre avec Cheers au Gibus un soir de mai et tout ce qui en a découlé
Les 2 mois de tournage de P20RIS saison 2 (merci Coeurs&Arts)
Lilly Wood & The Prick au Trianon, mon premier (et peut être dernier) film au cinéma (Merci Henri !)
– Le concert de Patti Smith à l’Eglise Saint-Eustache

Et je me rappelle des crises de rires avec Didier Super, d’avoir serré la main de Paul McCartney, fais la bise à Rihanna, assisté au crowdsurfing d’un nain dans un loft, vu Lady Gaga en acoustique, aperçu la chatte de la chanteuse de Nicole Scherzinger au Palais M, assisté à la mise en ligne de coke avec une carte Sacem, visité les coulisses de toutes les grandes salles parisiennes…
Et je me rappelle de tous les artistes qui m’ont fait confiance : Lilly Wood and The Prick, Shaka Ponk, Skip the use, Ben Mazué, Selah Sue, Asaf Avidan, Tété, Mademoiselle K et tout ceux que j’oublie.
Et je me rappelle surtout de tous les gens qui traînent, passent (et trépassent) dans les labels, les promos et autres éditeurs : Sandrine Amadoux, Antoine Berger, Virginie Berger, Damien Capitan, Rachel Cartier, Olivier Castanet, Lucie Chérubin, Judith Giacometti, Henri Jamet, Pierre-Henri Janiec, Matthias Labarbe, Anne-Sophie Lambell, Pauline Loquès, Cédrick Lohou, Eric Marjault, Julien Marquant, Christian Menez, Stéphane Muraire, Lara Orsal, Thierry Santacruz, Michael Turbot, Audrey Vauvillier, Lisa Weider…
Et je me rappelle tout particulièrement de ceux qui j’ai croisé et qui ne sont plus. Mes potes photographes Lucas Dolega, Rémi Ochlik, Hughes Leglise-Bataille, Dominique Brachais. Anne-Sophie Deval, partie le jour de mes 21 ans.

C’est sans doute pour ça que j’ai du mal avec cette expression de « virtuel » ou de « vraie vie » qui voudrait qu’internet soit une sorte d’univers parallèle. Les gens qui y sont, sont des gens. Des « qu’on connait pas », des « qu’on connait », des « qu’on aime pas ». Mais des gens. Ils existent. Et ce qu’on fait sur internet est vrai. Ça existe. Et ça a des répercutions, négatives ou positives si on s’y implique. Internet n’est pas le contraire de « la vraie vie ». Il est sa continuité. Une façon de ne pas perdre un ami de vue, ou de se renseigner sur ce qu’il se passe. Il suffit de s’en servir et de s’y intéresser.

Je me suis déjà demandé ce que je serai si je n’avais jamais écrit, ici et ailleurs. Est-ce que je serai plus heureux, moins heureux, au chômage, plus épanoui… Ce que je sais, et que je retiens, c’est qu’écrire (photographier et filmer) m’a pris énormément de temps mais apporté beaucoup, tant sur les plans personnels que professionnels. Et qu’en soi ça n’a rien d’une perte de temps. Je ne sais pas où je serai dans 10 ans, ni même si j’écrirai encore un peu partout. Mais je sais que mes 10 années passées ici auront forgé une partie de ce que je suis devenu. Et ça, c’est forcément positif.

Yann Barthès : quenelle mediatique

Je ne regarde plus la télévision. Pas tellement que les fictions formatées à l’extrême me gênent, je choisis mes films et mes séries via internet. Mais depuis un moment, la parisianisation de la télévision et ses règlements de compte en direct me boursoufle le cortex cérébral comme un prof de maths dans une soirée avec Nabila.

On savait que Morandini n’avait d’ambition que de passer à la télévision pour (se) taper (sur) des confrères et consoeurs et prouver sa supériorité en humiliant ses équipes alors que ses audiences n’atteignent d’exceptionnellement la mesure de son quotient intellectuel.
On savait aussi que les émissions d’Ardisson, Salut les terriens en tête, ne grappillaient guère plus d’un millier de téléspectateurs une fois le périphérique franchis.
Puis on a eu cette fameuse histoire Thuram, ex-gloire du football français invité sur un plateau alors qu’il n’avait rien à vendre, déballe ses SMS tel un « Si tu reviens j’annule tout » espérant intéresser le français moyen. Ou sur les conseils de son avocat qui imagine pouvoir éviter un procès pour violences conjugales en utilisant la presse.
Enfin la semaine dernière, une miss météo inconnue règle ses comptes à coups d’allusions sexuelles avec son ex (petit) ami Nicolas Bedos en direct dans Le Grand Journal. Un grand moment de solitude pour qui n’est ni miss météo ni Nicolas Bedos.

Que la rédaction de PureMedias/Ozap trouve que Le Grand Journal est la meilleure émission du monde dans une dizaine d’articles parce que leurs rédacteurs en chef sont partis en vacances ensemble ne me choque plus. J’ai vu tellement d’articles écrits uniquement par connivence, qu’à force, l’éditorial de la presse influencé directement par les copinages ne m’étonne plus. Je ne relève même plus les énormités que certains scribouillards à qui l’on fourgue un abattement fiscal une carte de presse peuvent écrire. Sans compter le nombre de rédaction qui diffusent des communiqués de presse, en traitant l’information d’un simple copier-coller.

Mais depuis quelques années, fleurissent ceux qu’on appellent les émissions médias : Le secret des source, Medias le magazine, Le grand bain, L’atelier des médias, LCI est @vous le mag, Le grand direct des médias, Touche pas à mon poste etc. Pas une seule n’a relevé le manque de distance entre les journalistes qui font la télévision, et ceux qui y viennent pour vendre leurs soupes. Pire, rares sont les émissions qui osent objectivement attaquer un confrère, sans aller à l’attaque personnelle comme le font systématiquement les Morandini ou Hanouna son un ton moralisateur.

Les rares a faire ce travail de journalisme média comme acrimed ou @rret sur images sont obligés de faire uniquement avec les dons/abonnements de leur public. NDLR

Et puis il y a Le Petit Journal, 26 minutes caustique et acide qui n’hésite pas à afficher ostensiblement toutes les marques qui aident (financièrement ?) à sa réalisation. Son présentateur Yann Barthès n’hésite pas à donner de sa personne et de sa morale pour dénoncer un reportage trafiqué de TF1 ou encore s’excuser lorsqu’un spectateur du public se met à faire la quenelle de Dieudonné en arrière plan. Sauf que visiblement, le geste n’a pas toujours gêné Yann Barthès, comme le montre cette photo datée du 4 juillet 2012.
quenelle yann barthes

Bien qu’il soit probable qu’il n’était pas conscient du geste qu’il exécutait, la photo peut surprendre, quelques jours après son recadrage à l’antenne. (salutaire NDLR)

Alors quoi ? Yann Barthès est il antisémite ? Probablement que non il ne connaissait visiblement pas la signification de son geste. Reste que l’image que renvoie du pays audiovisuel, dans un contexte où le populisme est au plus haut, dans une France qui rejette violemment quelqu’un qui gagne plus de 2 fois le SMIC, est une image profondément gênante. Celle d’une télévision à deux discours, consanguine et parisienne.
On oubliera vite l’incident Yann Barthès parce qu’en bon communiquant il saura s’expliquer simplement et se faire entendre. Ses confrères qui entre temps auront monté l’affaire en épingle, en buzz comme ils disent, verront qu’elle disparaitra et se sentiront encore une fois intouchables. Et ainsi la télévision des copains continuera. Jusqu’au prochain micro buzz.

Initialement publié sur Megaconnard.com

ASOS t’es devenu un cassos : je te quitte

Mon cher petit Asos,

pas plus tard que y’a 2 jours j’ai commandé chez toi une livraison en 24H. Pas plus tard que deux jours après je ne l’ai pas reçu. Cette fois c’était la fois de trop et je t’annonce fermement que je te quitte.

Parce que tu vois mon petit Asos on peut tromper mille fois une personne mais on ne peut pas tromp… Si, on peut tromper une fois une… Euh… Non ! On ne peut pas tromper une fois mille personnes, mais on peut tromper une fois mille personnes ! Enfin tu vois ce que je veux dire quoi, tu m’as trompé une fois de trop…

chien

Pourtant j’ai eu le coup de foudre dès que je t’ai vu… Je t’ai présenté à mes amis et à ma mère qui t’ont adopté et qui jusqu’ici t’aimaient beaucoup. Même mon ex, pas rancunier, venait chez toi pour ses vêtements. Je t’ai aimé Asos. Je me rappelle des midis à mon bureau entrain de t’admirer. Je me rappelle de ces soirées chez moi où je m’occupais de ton paquet. Je me rappelle de toi et moi au bord de la pl… Ah non c’était pas toi. Mais peu importe, ensemble on a vécu des choses importantes, et tu m’as suivi dans tous les grands moments de ma vie pendant si longtemps…

Quand tu m’as annoncé ton arrivée en France au début de l’année j’étais si heureux. Soulagé de me dire que notre relation à distance allait arrêter de me couter aussi chère. Et puis tu as commencé à me tromper. Début février, tu perds un beau manteau alors que je t’avais confié plus de 800€. Mais je me dis que l’erreur est humaine et que c’est pour ça qu’on a une touche « suppr » sur nos claviers. Alors je te refais confiance avant l’été, et là, tu oublies de m’envoyer mes 300€ d’habits dans les temps. Mes amis me disent alors que je devrais me méfier, mais moi je t’aime, alors je te fais confiance, continuant régulièrement à écouter ce que tu as à me dire.

Et c’est là que notre relation s’est profondément dégradée. Imaginant que tu ne pourra plus me perdre, que je suis aveuglé par ta prestance, tu me promets une livraison express juste avant mes vacances à Barcelone pour que je sois prêt à sortir, tout beau, dans les boites espagnoles. J’aurais du m’en douter. Tu prendra mes 350€ à la légère, et même si tu t’excuses en disant que ça n’arrivera plus, tu commences vraiment à me faire douter de ta sincérité.

L’été passe, les feuilles tombent comme la température et tu me rappelles alors qu’il faut se couvrir. C’est vrai qu’après une longue relation on pourrait faire sans, mais je suis prudent et préfère me protéger. Alors que seule la première syllabe correspond, fin octobre rimera avec fin de relation. Tu négliges totalement mes 580€, ne prend ni le temps de respecter tes engagements de rapidité, ni même ceux que tu devrais respecter en temps normal et tu me laisses tomber au beau milieu de Paris dans le froid, osant même dire que c’est de la faute à Paypal. Déjà on dit la faute « DE » Paypal. Ensuite, je n’aime pas les gens qui se défaussent.

C’est alors que, comme si j’étais ta pute, tu essayes de m’acheter avec des codes promos et des bons de réductions. Deux semaines après, en galère de manteau je craque et je claque 350€ auquel je déduis ta réduction de 10% que tu m’avais promis et ta livraison en 24H.

Nous sommes deux jours après et je t’écris cette lettre. C’est difficile de quitter quelqu’un qu’on aime mon petit Asos, mais tu vois, comme on dit, t’as grave abusé ta race. T’es tu dit que parce que j’étais homosexuel, tu pouvais m’enculer à chaque commande ? Eh bien non cher Asos, la vie ce n’est pas comme ça. Tu ne peux pas me promettre à chaque fois sans jamais tenir tes engagements. Tu ne peux pas espérer que je revienne à chaque fois à toi juste parce que tu me dis que cette fois j’aurai une réduction et que je serai satisfait. T’as beau me sucer Asos, tromper c’est tromper.

Je ne doute pas que tu trouvera pieds à tes chaussures et plein de gens en mal de vêtements qui craqueront sur la belle grosse vitrine. Tu m’auras au moins appris qu’il ne faut pas juger uniquement sur la façade et ne pas faire confiance aux apparences, alors je te remercie pour ça. J’espère que toi aussi cette rupture t’aura appris le respect, parce qu’au fond nos beaux moments restent au fond de moi et que j’espère qu’un jour revienne le bel Asos que j’ai connu et pas le cassos’ que tu es devenu.

Je t’embrasse en souvenir de nos nuits ensemble, et des journées passées en toi, mais qu’on soit clairs, nous ne sommes plus amants et nous ne resterons pas habits.

Benjamin

Article initialement publié sur Megaconnard

Comment faire chialer les français…

Pas plus tard que ce matin, je voyais défiler les e-pleurs en pagaille sur les internets. Les gens sont tristes… C’est pas très bien d’être triste. Parce que du coup on est moins heureux. Alors dans ma petite tête je me suis demandé comment on pouvait en partant de rien, rendre les gens tout tristounets. Mieux : en partant d’un truc qui les énerve.

Des-favelas-Non-des-campements-roms[1]

Je récapitule depuis le commencement du départ.

Prenons un sujet au hasard. Les roms. Tout le monde en parle, globalement personne n’aime ça. C’est des connards qui volent le pain de la bouche à NOS arabes et viennent jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes. 93% des français trouvent que les roms s’intègrent mal. Si on ne prend que les majeurs, ça fait 51 millions de personnes (de français, pas de roms). 77% des mêmes français approuvent les actions de Manuel Valls contre les roms. Ça fait 37 millions de français. Ça fait genre 462 Stade de France de gens.

En 2012 on a dégagé de France entre 14 000 (selon le Figaro) et 18 000 (selon les organisateurs) étrangers de France. Soit 38 à 49 par jour. Un quart étant des mineurs, on va dire qu’on dégage chaque jour de France 10 à 12 gamins qu’on renvoit dans leurs pays dans une indifférence globalement générale.

Mais alors tu vas me dire, comment se fait il alors que tous mes copains sur Facebook ils pleurent parce qu’on dégage une rom dont tout le monde s’est branlée pendant 4 ans. T’as bien raison de me poser la question, sinon je pourrais pas écrire. Eh bien la raison est simple, ça s’appelle du story telling. En français, du racontage d’histoire. C’est ce que font les politiques chaque jour, raconter une histoire, et coller un symbole dessus. La personnification ça marche toujours.

Seulement ce n’est pas si simple. Pour que quelqu’un devienne le symbole d’une cause il faut plusieurs choses. Qu’il ait vécu la cause qu’on veut lui faire porter, mais à l’extrême. Qu’il en ait subi les pires conséquences possibles, et qu’il soit dans un cas où on peut mettre en avant qu’il subit le système. Sinon l’histoire n’a aucune intérêt. Ensuite, il faut que la personne soit un enfant ou une femme enceinte. On s’émeut toujours plus pour les femmes enceintes ou les enfants, parce qu’il est important que le spectateur moyen de TF1 puisse se dire : et si c’était ma fille, ma femme etc. Pour finir, il faut que le sujet soit d’actualité ou accroche les gens.

Et là, RESF (Réseau Education Sans Frontière) touche le gros lot : Leonarda. Ce n’est pas la femme de l’ex entraîneur du PSG (c’était moins vendeur, quoi que) mais une gamine qu’on expulse pour être arrivée illégalement. On se fout de savoir comment et pourquoi elle est arrivée. L’idée est simplement de montrer qu’elle est jeune, vaillante, qu’elle a envie de s’intégrer et qu’elle est la victime d’un système qui ira jusqu’à la faire descendre d’un bus scolaire pour la ramener dans son Kosovo natal plein de guerre et de méchants monsieurs. Rachida Dati dira même que c’est un scandale de faire son marché dans les écoles, oubliant l’expulsion pendant l’école d’un petit garçon de 8 ans à Montauban.

Etape suivante : se mettre l’opinion publique dans la poche. Pour ça, il faut que les médias réagissent. RESF envoie des communiqués quasiment toutes les semaines, mais quand ils sentent la bonne affaire, ils appellent et harcèlent jusqu’à obtenir des parutions dans la presse. Une bonne présence sur la réseaux sociaux est un plus. Au premier article paru, la machine est lancée, et quelques jours après les unes arrivent (Métro ce matin dans le cas de Léonarda). Puis il suffit d’attendre. Le mouvement se met en place, la gauche et la droite tombent dans la politique lacrymale et la réaction personnelle. On se dit que c’est mal, que Valls est un connard inhumain et que l’on a un gouvernement de gauche avec une politique de droite, oubliant par la même qu’on ne change pas une loi pour un cas particulier.

C’est ce qu’on appelle du lobbying. Du lobbying moderne : changer la politique en faisant pression avec les médias sur une opinion publique qui ne comprend pas grand chose à ce qu’on lui raconte, à l’image de ses jeunes qui bloquent aujourd’hui leurs lycées pour exprimer leurs mécontentements (à l’appel de la FIDL, de RESF et surtout de la CGT actuellement en négociation avec le gouvernement sur les retraites…). Il y aura toujours des histoires tristes. La vie c’est triste. Et sur 62 millions de français, on trouvera toujours quelqu’un pour qui la loi devient injuste dans certaines circonstances. Mais changer les lois et légiférer sous le coup de l’émotion n’est pas et ne sera jamais une bonne chose, l’époque sarkozyste l’a démontré nombre de fois.

Heureusement d’ici quelques jours, un camp de rom violera une belle jeune fille française ou dérobera le sac d’une vieille niçoise et le vent tournera. Parce que les opinions sont comme la météo. Ca change sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, et parfois comme ça. Sans raison.

Article initialement publié sur Megaconnard

LA CONNARD ACADEMIE RECRUTE (des stagiaires)

Vous avez moins de 20 ans… (les vieux cassez vous)
Vous avez au moins votre évaluation de CM2… (brevet de collège accepté)
Vous débordez de motivation, d’idées et d’énergie… (parceque nous, non)
Vous aimez le sexe… (parceque bon…)
Vous êtes passionné(e) par la connerie, les cons, les gens, Benjamin Lemaire et les haricots… (vaut mieux)
Vous aimez vous branler… (parceque nous, oui)
Vous parlez le tweet couramment et vous avez plein de followers… (comme ça on devient connus grâce à vous)
Vous maîtrisez parfaitement votre langue… (vous avez très bien compris)
Vous avez déjà une ou plusieurs expériences professionnelles… (on prend pas les débutants)
Vous avez le sens des initiatives…
Vous avez toujours rêvé d’être un méga connard…

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MEGACONNARD VOUS CHERCHE !

La rédaction de MEGACONNARD recherche des stagiaires, pour constituer la MEGACONNARD ACADEMIE :

-12 stagiaires dans tous les services
-6 (ou plus) mois de stage gratos, de janvier à juin 2014
-un encadrement et un coaching personnalisé pour chaque stagiaire par un tuteur qui s’occupe très très bien de lui
-un numéro du magazine réalisé par cette MEGACONNARD ACADEMIE chaque mois

LE BON PROFIL

Nous étudierons toutes les demandes, surtout les plus motivées, mais nous favoriserons les profils suivants :

Garçons :
-18/20 ans (autorisation parentale écrite pour les mineurs avec la mention « relations sexuelles autorisées »), passifs, 1m65-1m75
Être blond et puceau est un plus

Filles :
-16-25 ans, célibataire, 90B minimum, 95C souhaité

Formation :
– Science Po ou avoir faire un stage chez Morandini

LE CASTING

Vous répondez à ces critères ?

1) Envoyez votre CV et une lettre de motivation avant le 15 novembre 2013 avec pour objet « MEGACONNARD » à : elle.academie@Lagardere-Active.com

2) Nous sélectionnerons une centaine de candidat(e)s, à qui nous demanderons, selon les domaines :
– de sucer la bite de Benjamin Lemaire pour les garçons et de PFCanault pour les filles (éjaculation obligatoire en moins de 8 minutes)
– de nous proposer une liste de sujets qu’on pourrait publier dans MEGACONNARD
– de rédiger un petit article qu’on publiera dans MEGACONNARD

3) Au vu des résultats de ces exercices pratiques, nous choisirons les 12 stagiaires de la MEGACONNARD ACADEMIE

ATTENTION : On s’en branle de vos conventions. On veut juste niquer et avoir des gens gratos. Merci.

Et si vous êtes pas content, allez chez ELLE.

Initialement publié sur Megaconnard

Heil Gilles !

gilles-bourdouleix

Monsieur le Maire de Cholet,
Monsieur le Président de la communauté d’agglomération du choletais,
Monsieur le député de la cinquième circonscription du Maine-et-Loire,
Monsieur le membre fondateur de l’UDI,
Monsieur le Président du CNIP,
Monsieur le Président d’AGIR,
Monsieur le membre du Comité Directeur de l’AMF,
Monsieur le Président de l’OPH du Choletais – Sèvre Loire Habitat,
Monsieur le Président du Conseil de Surveillance du Centre Hospitalier de Cholet,
Cher Monsieur Gilles Bourdouleix,

j’ai lu avec attention vos propos dans le Courrier de l’Ouest. Las d’entendre des débats interminables sur ces connards de manouches, vous avez décidé d’atteindre le Point Godwin sans attendre ni Hortefeux ni Guéant. Bravo. A vous seul, vous arrivez à répugner les quelques électeurs français qui pourraient encore penser que l’UDI pouvait être un recueil à voix permettant d’éviter le vomi copéite et les défécations lépenistes. C’est plutôt bien. Votre campagne pour créer un boulevard à Marine Le Pen pour 2017 devrait marcher, puisque j’imagine qu’en 2017 comme en 2012 vous devriez vous prendre une branlée par vos potes élus qui ne vous donneront pas leurs signatures nécessaires à votre présence au premier tour.

Au début j’ai trouvé ça plutôt cool votre façon de dire que Hitler n’avait pas tué assez de romanos. Puis j’me suis dit que quand même, c’était un peu ma ligne de campagne de raconter des conneries, et que je n’aimerais pas que l’UDI vienne chasser sur les terres comme Guéant sur celles d’Aliot. Moi j’ai envie de faire de la politique pour me marrer, taper dans la caisse et accessoirement faire marrer les autres et leur filer des emplois fictifs. Genre Chirac mais en drôle. Mais vous ? N’êtes vous pas censé, avec tous les titres qu’on vous a filé, vos 3 licences, votre IEP et votre Master être un peu sérieux ? N’avez vous pas la dignité nécessaire à la représentation des gens qui ont osé voter pour vous ?

A défaut de respecter les crétins qui ont osé voter pour vous (je sais à quel point les électeurs sont cons, la plupart refusent de voter pour moi), vous pourriez au moins respecter vos collègues parlementaires qui chauffent les bancs avec vous. Car en plus d’être à la tête du groupe d’amitié France-Burkina Faso, pays qui vous a du coup filé sa Légion d’Honneur, vous êtes président du groupe d’amitié avec la Hongrie et vice-président du groupe d’amitié avec la Roumanie. Là d’où viennent ces enculés de roms et de connards du voyage. Là où, en 1940, Ion Antonescu signa un traité avec votre regretté Hitler pour envoyer la Roumanie en guerre avec la gentille Allemagne nazie qui tuait tranquillement des juifs en oubliant un peu trop des gens du voyage.

Je pense que vos deux potes de pays vont apprécier la référence historique au mec qui a un peu cassé leurs villes et leurs peuples y’a 70 ans. Mais bon, après tout on s’en fout, au moins on a appris votre nom aujourd’hui, tel un ministre d’une cause oubliée qui sort de son silence pour donner son avis qu’on n’attendait pas. Eh bien moi je vous comprends Gilles (on est entre politicien, donc je me permets d’éclipser votre patronyme). Moi aussi j’aimerais sortir de mon relatif anonymat pour avoir de pleines pages de gloire dans les journaux locaux, pour que mon papa et ma maman puissent dire à leurs voisins « Eh regardez c’est Benjamin dans le journal, c’est mon fils ». Je voulais au départ prendre les discriminations, mais Barjot a déjà l’homophobie, Copé le racisme, Le Pen l’islamophobie et vous les gens du voyage. Je me vois mal taper sur les francs-maçons ou les juifs à cause des lobbies, alors j’attends votre suggestion sur ma minorité à persécuter.

Ah au fait, j’ai noté sur votre page Wikipédia, je me suis pas trop fait chier non plus, que vous étiez avocat. Je ne vous rappellerai donc pas la loi nº 72-546 du 1er juillet 1972 (que j’ai aussi trouvé sur Wikipédia) mais du coup je me permets de transgresser l’article 29 de celle du 29 juillet 1881 en vous disant que vous êtes une ordure. Un gros enculé. Une putain d’enflure. Une saloperie de bas étage. Une sale petite merde qui ne mérite pas la confiance que ses électeurs ont mis à l’intérieur de lui. Je ne dirais pas ce que moi j’aimerais mettre à l’intérieur de vous, alors je vous prie de croire, Monsieur le (voir tous les titres en haut), en l’assurance de mon dégoût le plus complet.

Bisous à votre femme.

Benjamin

(PS : votez #lemaire2014)

Initialement publié sur Megaconnard

Lettre ouverte à Christine Boutin

Boutin1-200x300[1]Je ne vous aime pas Christine Boutin.
Je me rappelle avoir entendu parler de vous pour la première fois en 1998. J’étais devant ma télé en train de zapper. Vous aviez les larmes aux yeux. Vous étiez énervée. Moi j’avais 13 ans et je ne comprenais pas trop pourquoi. J’avais du mal à saisir l’entièreté du débat sur le PACS. Je trouvais ça normal qu’un garçon puisse s’unir avec un autre garçon. C’était mon rêve à moi, d’avoir un amoureux, comme les gens de ma classe avait une amoureuse. Je me rappelle des mots que vous aviez eu. Je me rappelle que vous trouviez que ce n’était pas dans la norme, l’homosexualité. C’était la première fois que je mettais un mot sur des désirs qui jusqu’ici ne me posaient ni problème ni questionnement. C’est à cause de vous que j’ai commencé à me poser des questions sur ma normalité. C’est à cause de gens comme vous que je n’ai jamais osé aborder un garçon pendant 20 ans. C’est à cause du comportement des gens qui veulent protéger la société que je m’en suis exclus. Que je m’y suis perdu, comprenant que je n’y avais pas vraiment ma place. Preuve en était : je ne voyais pas autour de moi des garçons qui aimaient des garçons. Je me suis senti seul. Mal aimé. Sans amour. Différent. Je n’ai même pas été amoureux. J’en n’avais pas envie.
J’ai pleuré.

Où placera-t-on la frontière, pour un enfant adopté, entre l’homosexualité et la pédophilie ?

Je ne vous ne vous respecte pas Christine Boutin.
Vous refusez le progrès, cachée derrière votre Bible, et allez à l’encontre de toute évolution. Dieu n’a pas créé Adam et Eve. Dieu a tout au plus tenté comme La Fontaine de créer des fables et des paraboles de manière à ce que n’importe quel abruti dans votre genre puisse les comprendre. Mais c’était déjà trop compliqué pour vous. Vous vous attelez, selon vos mots, à « respecter la dignité de toute personne humaine » en refusant aux femmes le droit de garder un enfant ou non, et aux humains le droit de mourir quand ils le souhaitent. Vous refusez l’égalité, valeur pourtant républicaine, aux personnes ayant une sexualité différente de votre conception rigide pour d’obscures raisons religieuses, oubliant que l’Eglise n’est plus liée à l’Etat depuis plus d’un siècle. Je vous ai entendu parler de « guerre civile » de « couleur d’étoile » allant jusqu’à défiler aux côtés du Front National. J’ai eu votre vomi médiatique sur les pieds pendant des mois. Vous qui avez été administratrice de l’Association Nationale de la Justice Réparatrice ne serez jamais en mesure de réparer ce que vous avez commis. Vous avez banalisé l’homophobie et le rejet des sexualités qui n’étaient pas dans votre norme. Vous avez créé le terreau nécessaire à la haine de l’autre, alors que votre religion prône l’amour et le respect. Vous avez offensé des millions de français, vous avez choqué des millions d’adultes, vous avez rabaissé des millions d’adolescents fragiles, enfermés dans leurs chambres comme moi je l’étais en 1998.
J’ai lutté.

Qu’est-ce que l’homosexualité, sinon l’impossibilité d’un être à pouvoir atteindre l’autre dans sa différence sexuelle ?

Je vous emmerde Christine Boutin.
Toute votre carrière n’a été qu’une suite de propositions sociétales moyenâgeuses. En préférant réagir constamment avec vos émotions, vous dégradez la classe politique. Vous encouragez des manifestions inutiles, refusez de condamner des violences et des débordements quand ils sont le fruit de votre camp et vous permettez de commenter l’actualité en parlant de la même façon que vous pensez. Comme cette remarque à Angelina Jolie que vous accusez de vouloir devenir un homme alors qu’elle raconte, non sans émotion, avoir subi une double mastectomie pour éviter un cancer du sein. Je ne sais pas si vous êtes profondément dénuée de toute intelligence, auquel cas je trouve affligeant que vous ayez occupé de si hautes fonctions, ou, si vous êtes vraiment capable de comprendre la portée de ce que vous racontez, auquel cas je trouve affligeant que vous ayez occupé de si hautes fonctions.
J’espère que vous n’aurez plus jamais de mandat électoral. J’espère que les français auront compris la dangerosité des personnes comme vous, dont le seul mérite par rapport à vos collègues est de ne jamais avoir été condamnée. Parce que vous êtes exactement l’opposé de ce que vous déclarez être. Vous n’êtes pas une chrétienne, sans quoi vous défendriez l’égalité des êtres et le respect de chacun. Vous n’êtes pas non plus une humaniste puisque vous refusez la liberté de chacun et la capacité des Hommes à faire leurs propres choix en imposant les vôtres. Vous n’êtes que la continuité de mouvements intégristes religieux.
Et nous les vaincrons.

On construit l’avenir sur la force de son Histoire.

Initialement publié sur Megaconnard

Chialons ensemble

Hier y’a eu un attentat. Si t’es pas au courant, c’est que tu habites dans une grotte car il n’est pas un journal cathodique ou catholique qui n’aie fait son ouverture et sa fermeture sur le sujet. Alors qu’aucune information réelle ne permet dire autre chose que “ça c’est passé”, les médias tournent en boucle comme un vinyle de Tino Rossi rayé en triturant le passé pour tenter de se raccrocher aux branches, hypothésant sur des chiffres de morts -puisque c’est ce que le public vient chercher- histoire de capter un peu plus d’audience ou plus de tirages et tenter de vendre des réclames un peu plus chères.

Et moi pendant ce temps là, je raconte des conneries. Des blagues. Des vannes. Des calembours. Des fois mêmes des contrepèteries.

Non seulement parce que je pense qu’on peut et qu’on doit rire de tout comme l’a magnifiquement démontré Pierre Desproges, mais aussi parce que je ne considère pas rire avec n’importe qui. Je tweete (et blogue) car on me lit. Ce qui, à la différence du blog de chatons de Kim Jong-un, n’est pas une obligation. Chacun peut prendre chaque jour l’étendue de ma futilité et de mon humour formidable, et choisir ou non de le lire.

Alors oui, comme à chaque catastrophe planétaire aux Etats-Unis (ou dans tout autre pays qui a la télévision), je ris. Je ris parce que je ne me laisse par dicter mes émotions par les médias. Je ris parce que je ne pleure jamais en public. Je ris parce que je ne suis jamais triste en public. Des fois je m’indigne. Mais c’est tout. La sincérité des émotions, c’est pour les pédés. Et en France, être pédé en 2013, c’est indécent. Alors je ris. Pour moi. Et à la rigueur pour ceux qui veulent bien rire avec moi.

Et comme à chaque fois que la téloche braque ses yeux -et ceux de ses adaptes- sur un événement, je vois autour de moi (ou de e-moi) des gens s’émouvoir du sort d’autres gens. Desquels ils n’en auraient rien eu à carrer s’ils étaient mort la veille de faim ou de toute autre mort qu’il n’est pas bon de regarder à travers son petit écran étriqué. Il peut s’en massacrer des bougnoules en Irak, il peut s’en entasser des cadavres à Buenos Aires, il peut s’en empiler par trentaines des macchabées à Mogadiscio, il peut s’en remplir des morgues de Necker, les gens qu’on connaît pas : on s’en fout. Mais dès lors que la catastrophe est médiatisée, que la télévision enlève partiellement les œillères et branche ses projecteurs, les gens deviennent personnifiés, parfois ils deviennent des enfants ou des femmes enceintes (circonstances aggravantes) et parfois même (comble de l’horreur) des français.

On se plaira alors à commenter qu’il y a eu X morts dont X français et X enfants. Parce qu’il existe bien une dictature de l’émotion qui impose une échelle d’importance des morts. Les français, les enfants et les femmes enceintes en premier. Un peu comme un mot-compte-triple au Scrabble, leurs morts révoltent et indignent. Elles doivent susciter du respect et de l’émotion. Reste alors à savoir à quel âge un enfant passe dans la catégorie où on doit moins le pleurer. Reste également à déterminer si un enfant américain est plus pleurable qu’une femme enceinte française. Reste également à savoir si 34 noirs seraient moins importants que 3 blancs.

Car pendant que la planète pleurait l’attentat aux trois morts et une dizaine de blessés graves à Boston dans le pays le plus puissant du monde, de l’autre côté du globe, dans un pays qu‘on a oublié depuis qu’on a arrêté de leur refiler nos restes de riz on entassait 34 cadavres de civils, morts dans un double attentat. 34. Trente quatre. Dans mes pourtant lointain souvenirs mathématiques, trente-quatre était supérieur à trois. J’eu donc espérer que l’ouverture des journaux et des cœurs se fassent sur ce terrible chiffre. Mais non. Pas un communiqué de l’Elysée, pas un bandeau sur BFM, pas un #prayformogadiscio.
Par un mot non plus sur les 300 personnes par heure qui meurent d’obésité ni même sur les 2000 qui meurent de faim sur la même période. Par un tweet sur les milliers des morts du SIDA, de la sécheresse, de l’insalubrité, de la héroïne, de la malaria… Rien.

Et moi ? Moi pendant ce temps là, je racontais des conneries. Encore et toujours. Fidèle à l’égalité que je prône depuis que j’ai un jour compris ce que c’était, je ne voyais pas de raison de plus s’émouvoir par ci ou par là. Pourtant, j’ai reçu nombre de messages électroniques (et deux SMS) me reprochant de ne pas m’émouvoir de Boston. Comme si c’était un devoir que de pleurer des gens qu’on ne connaissait pas. Comme si, surtout, égoïstement, on avait peur qu’on jour, à un marathon bien de chez nous, il puisse arriver la même chose.

Alors, comme à chaque cataclysme télévisuel, je laisse les critiques et les insultes couler, et je rigole dans mon coin, sans au fond ni cautionner, ni apprécier les événements aux images dures qu’on devrait avoir oublié pendant le week-end où l’on se changera les idées sur des pelouses au soleil en refaisant le monde et en se disant “putain c’est dégueulasse ce qu’ils ont fait”. Sauf si d’ici là, un événement encore plus médiatique arrive.

Moi, comme un samedi sur deux, je serai dans un hôpital pour parler à des gens. Des gens à qui plus personne ne parle, où qui sont seuls. Des vieux. Des enfants. On jouera aux cartes. On se racontera tout et n’importe quoi. Des blagues même. Et on passera un bon moment avec des personnes qui ont tout de ce qu’on pourrait appeler une Vie de Merde. Et sans doute qu’en y repensant le dimanche matin en bouffant mes tartines achetées avec mes 3 ou 4 SMIC mensuels j’y repenserai. Peut être même que j’en pleurerai. Et pendant ce temps, sur Twitter et ailleurs, chacun ira de sa blague sur la météo ou sur la dernière sortie de Nadine Morano. Chaque journal sortira son best of des phrases de Nabila ou le palmarès des villes les plus cools de France. Jusqu’à la prochaine partouze lacrymale médiatique.

Initialement publié sur Megaconnard.com

Mes adieux à Nicolas Delesalle

Je ne lis pas Télérama. Jamais.

Rien que le mot me rebute. Il commence par télé-, la petite boite sous culturelle remplaçant au fil des années les belles peintures sur les murs des salons.
Il finit par -rama. Pas tellement que l’ex ministre des causes perdues m’agace, mais dans ce -rama, il y a l’idée du panorama, cette espèce d’obsession de vouloir tout couvrir, parler de tout. Comme si c’était nécessaire.

Je respecte. Enfin j’essaye. Le fait d’avoir un avis sur tout ne me dérange pas. Le fait de le vendre me fait sourire. Le fait d’en faire une universalité me répugne.

Et c’est aujourd’hui, alors que je ne faisais absolument rien, que je suis tombé sur l’apogée paroxysmique de l’onanisme journalisco-culturelle. Une information absolument CRUCIALE tombe sous mes yeux : Nicolas Delesalle quitte Twitter et dit adieu à ses 6.500 followers. Sur le site de son employeur.

Merci Nicolas Delesalle.

Au revoir, au revoir Nicolas !

Au revoir, au revoir Nicolas !

Merci de quitter Twitter. Merci de laisser votre égo loin de ses utilisateurs. Vous avez découvert qu’il y avait une vie en dehors de Twitter. Vous avez découvert que les utilisateurs de Twitter étaient des vrais gens. Vous avez imaginé que ces gens tenaient à vous parce qu’ils ont noté votre départ. Tel un ado en mal d’affection parentale, trop boutonneux pour se trouver une copine, vous avez contemplé votre e-décès du haut de je ne sais quel autre compte.

Et vous avez tenu à le narrer.

Et puis quoi ? Parce que vous aviez 6.500 followers vous vous imaginez trop important pour que Twitter ne continuer d’exister ? Où est-ce votre fonction de très grand reporter du Saint-Télérama qui vous donne l’impression d’être autant nécessaire à votre tribu de followers ? Sachez que non.

De mon point de vue de débiteur de conneries numériques, votre départ m’est aussi important que le PIB de la Corée du Sud l’est pour Liliane Bettencourt. Aussi inutile que le capuchon de mon stylo bic que j’ai égaré hier.
Pour les millions d’ados qui suivent Rihanna, Justin Bieber, Barack Obama et Lady Gaga, vous n’étiez qu’un vieux con écrivant dans ce que leurs parents appellent un magazine. Ils en ont vu à la télé dans un reportage vintage.
Pour les gens de votre milieu vous n’étiez qu’une connaissance de plus. Une porte d’entrée pour ceux qui ne vous connaissaient pas. Un following de principe pour ceux qui vous connaissaient.
Pour le reste vous n’étiez tout au plus un pseudo.

Pour vous, votre départ valait bien un billet dans votre propre canard. Telle Valérie Trierweiller en une de son torche cul, vous vous êtes cru assez important pour devoir étaler vos mornes sentiments influencés par vos lectures Harlequin sur la toile aux yeux de vos lecteurs.

Aux dernières nouvelles leur nombre était en basse. Environ 630.000. On peut donc considérer que 1% d’entre eux étaient donc potentiellement intéressés par vos états d’âmes numériques. Il y a quelques mois, vous écriviez votre « Adieu Facebook« , aujourd’hui votre « Adieu Twitter« . Par pitié Nicolas, épargnez nous votre départ de Google+. Les internets s’en porteront très bien.

Il parait qu’on peut très bien passer une excellente soirée sans télévision. On peut très bien passer une excellente e-journée sans vous Nicolas Delesalle.

Initialement publié sur Megaconnard

SNCF mon amour

Ma petite Société Nationale,
mon tout petit chemin de fer adoré,
mes petits cheminots aimés,

Je vais mourir ! Non j’déconne. Mais quand même, depuis 25 ans que l’on se connaît, vous ne m’aviez jamais donné de nouvelles. Quelques courriers publicitaires à noël et une remise pour la mort de grand-père. Ainsi, à l’aube de ma maturité synonyme de pourriture de carte 12-25, je ne m’attendais pas à recevoir des nouvelles de ma petite Société préférée.

Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir non pas un, ni deux, mais trois courriers de toi m’annonçant que j’avais insidieusement oublié de payer en juin dernier un Paris-Nantes à 113,70€ (n°2564001256), un Nantes-Paris à 113,70€ (n°183100465) et un Paris-Clermont Ferrand à 109,70€ (n°2068301554), le tout avec relance pour un montant de 386,00€ (amende n°211119031088). Merci pour la reduc’ sur le dernier, c’est toujours sympa. Même si j’aurais quand même préféré que tu me l’annonces de vive voie.

J’aimerais te rappeler, chère Société Nationale, qu’à quelques semaines de mon anniversaire, l’idée était plutôt de m’envoyer un chèque d’un montant de 386€ (ou 723,10€ je comprend rien) plutôt que de les quémander comme un roumain dans les wagons de ton cousin Régie Autonome. Je ne veux pas te commander, mais vu que tu me recommandes tes courriers, je propose.

Ensuite, bien que j’apprécie que tu te soucies de mes déplacements, j’aimerais que tu n’en profites pas pour me sous estimer. Pour qui me prends-tu ? Autant je veux bien assumer un Paris-Nantes-Paris au mois de mai pour profiter des bords de l’Erdre, autant un voyage à Clermont-Ferrand alors que le soir même il n’y avait aucun concert à la Coopérative, c’est vraiment avoir une image bien basse de moi.

Pour ton information, parce que contrairement à toi, j’aime en donner, et avec le sourire, le mercredi 22 juin, j’étais toute la journée dans les locaux d’Orange (une ancienne ex-Société Nationale comme toi bientôt…) et le soir j’étais dans un état d’ébriété absolu sur une péniche en face de la rue de Solferino après un concert avec le Wigwam Squaw. J’y ai passé la nuit comme pourront te le confirmer les cinq membres du groupe ainsi que Blandine, une groupie trouvée dans les loges mais également les deux videurs de l’entrée que j’ai failli jeter à l’eau, le gardien du parking que j’ai refusé de payer et les serveurs qui ont apporté des verres toute la nuit sans nous les facturer. Et je ne te parle pas de la demoiselle des cabinets parce que je n’ai pas gardé son numéro. Je suis ensuite rentré chez moi en bus sans prendre de ticket et j’ai écopé d’une amende à la station Gabriel Peri. Ma petite Régie Autonome, pourtant en tarif de nuit me l’a fait à une trentaine d’euros, pour ta re-information. Et je l’ai payé. Comme un con.

Le lendemain, nous étions quand même le 23 juin. N’étant pas à Nantes la veille, je n’en suis malheureusement pas revenu. Et tel un TER de province, je me suis rendu comme tous les jours de ce mois où il fait plutôt chaud dans les mêmes bureaux d’Orange près du très joli Parc Monceau où je te conseille d’aller avec ton amoureuse. On y croise parfois des gens dont les retouches de visage coutent aussi chères que leur voiture, mais l’ambiance y est fraiche et bonne. A l’inverse des gens donc. Désolé, je m’égare. Et pas dans les tiennes.

Un an après, il fait toujours aussi beau. J’espère qu’à Béziers Cedex il pleut. Ça vous ferait les pieds.

Je vous prie d’agréer, chère Société Nationale et tout le tsoin tsoin, l’expression de mes raillements distingués

Votre Benjamin Lemaire qui vous aime

Initialement publié sur Megaconnard