Quand Le Parisien sert la soupe et crache dedans

EDIT 12H02 : je viens de voir que c’était un classement Voici et non Le Parisien. Ce qui finalement est bien pire sur la conclusion

C’est le megabuzz trash people putasserie (comme dirait Morandini) du matin : le classement des personnalités détestées des français. Et il est franchement étonnant. Tant sur les présents que sur les absents. On passera sur le fait que les 3 personnalités les plus détestées sont 3 musulmans.

Côté politique, on retrouve François Hollande, sans grande surprise, accompagné de son épouse et un peu plus loin Nicolas Sarkozy et la sienne, pourtant plébiscité dans les sondages d’opinion. Bizarrement, aucune autre personnalité politique ne remonte. Pas de Marine ou Jean-Marie Le Pen. Pas de Cahuzac, Woerth, Guaino ou autres mis en examen. Pas de ministre en exercice non plus, alors que les français disent exprimer « un ras le bol fiscal » dans les sondages. Et dans les politisables, aucune trace de Frigide Barjot, Dieudonné, Christiane Taubira, Manuel Valls ou Alain Escada.

Côté sport, on retrouve Franck Ribery, en lice pour le Ballon d’Or, qui admet souffrir d’une mauvaise image en France, mais aucun autre joueur français. Pas même Evra qui a pourtant été assez violent récemment dans ses propos. Pas non plus de Lilian Thuram qui règle ses disputes conjugales dans les médias. Et encore plus surprenant la 19e place est attribuée à… Yannick Noah, souvent nommé personnalité préférée des français dans le classement JDD/IFOP, et 10e cet été.

Et la comparaison ne s’arrête pas là. Gérard Depardieu est 46e personnalité préférée des français et 9e la plus détestée. Alain Delon est quant à lui respectivement 48e et 7e. Encore plus étonnant Laurent Ruquier est 46e et 16e alors qu’aucun de ses chroniqueurs n’est cité, pas plus que Eric Zemmour. Et aucun autre polémicien.

Le Parisien oublie de donner sa méthodologie. Pour le JDD, IFOP est très clair sur la méthode

Vous allez voir une série de 50 personnalités françaises. Nous aimerions savoir quel(le)s sont, parmi les suivant(e)s, les dix Français(es) qui comptent le plus pour vous aujourd’hui, et que vous trouvez les plus sympathiques.
1) Pour chaque personnalité qui va s’afficher, merci d’indiquer si vous considérez qu’elle compte et/ou que vous l’aimez bien ou si vous ne l’aimez pas (ou que vous ne la connaissez pas).
2) Parmi les personnalités que vous avez retenu comme étant des personnes qui comptent pour vous ou que vous aimez bien, quelles sont les dix qui comptent le plus pour vous ou que vous aimez le mieux ?

Ainsi les gens ont le choix entre une liste prédéfinie de personnalités. C’est à dire que le JDD choisit lui même les 50 personnalités, et demandent aux gens de voter. De fait, le classement est biaisé. Et il y a fort à parier que Le Parisien a fait de même, avec sans doute une liste de plus de 20 personnalités et une question genre « Qui vous agace le plus ».

Et quand on regarde la liste, ce qu’on peut noter c’est que les deux premières, Zahia Dehar et Nabilla Benattia ont un peu le même profil : deux filles parties de rien qui ont réussi grâce à leur corps, d’abord avec la prostitution puis avec leur image. Et elles ont bénéficié du peu ramdam (c’est le mot français pour buzz) médiatique. D’ailleurs dans la liste on retrouve aussi Léa Seydoux dont on a longuement parlé sur les réseaux sociaux pour sa présence médiatique à outrance. Et c’est finalement le cas de tout ceux qui sont cités. Ainsi les français sembleraient sanctionner non pas des personnalités qu’ils ne connaissent pas mais bien leur présence médiatique. Sauf que…

La présence médiatique comme son nom l’indique, vient des médias. Que Le Parisien est un média. LeParisien.fr a 3230 résultats sur Nabilla, 8030 sur Zahia (6040 sur Frigide Barjot, 286 000 sur Nicolas Sarkozy). Et le journal, comme ses confrères, s’est largement fait l’écho de ces personnalités dont il s’est servi pour écouler des tirages ou faire des pages vues sur son site internet pour vendre un maximum de publicité. C’est pourquoi le classement est doublement faussé. Et sans doute que la question aurait du être :

Parmi toutes ses personnalités dont on vous a boursouflé le cortex pendant l’année qui vient de s’écouler, lesquelles vous on le plus énervé ?

Quand on parle d’humilité…

Révélation fracassante la semaine passée, Lilian Thuram, joueur de baballe oublié des terrains footballistiques révèle qu’il aurait refusé la proposition de Nicolas Sarkozy d’entrer au gouvernement en tant que ministre de la diversité. Certes, choisir un noir pour représenter, en plus de la panoplies d’arabes, de pédés, de noirs et de socialo déjà en place, les minorités plus ou moins visibles de France n’est pas un choisir qui dépasse les limites de la démagogie. Néanmoins, quand on se dit honnête, droit et intègre comme Lilian Thuram –pour les plus jeunes, il a joué au ballon rond et a gagné la Coupe du Monde 98-, est-il nécessaire de se faire un coup promotionnel uniquement destiné à le démontrer. La manœuvre de Nicoals Sarkozy destinée à élargir l’ouverture à ceux qui ne sont pas censés être de son bord est-elle plus graveleuse que le pseudo coming-out d’un populiste en mal de reconnaissance ? Enfin, peut-être n’a-t-il pas tord dans le fond. Pourquoi aller prendre un poste de secrétaire d’état payé aux alentours de 10.000 euros le mois alors qu’on a finit sa carrière à 4,5 millions par an (et au soleil en plus).

La discrimination n’est jamais positive

Un établissement anglais juif qui avait refusé un enfant parce que sa mère n’était pas juive vient d’être relaxé, le tribunal ayant précisé que ce n’était pas une discrimination. L’enfant, pourtant de confession et de famille juive devra donc trouver un autre établissement et ce après une année scolaire entière de procédure. La Haute Cour de Londres à même préciser que c’était une décision « totalement légitime » du fait que sa mère n’était pas née juive et que par conséquent, « M », ne l’était pas totalement. En effet, dans la tradition judaïque, est considéré juif celui qui est né de mère juive ou est converti en accord avec la loi juive. C’est son père qui avait entamé la procédure, s’estimant outré que son enfant n’était « pas assez juif » pour intégrer l’école. Les plus libéraux s’indigneront encore plus quand ils penseront qu’en 39, il aurait été bien assez juif pour aller dans les trains sans banquette avec les autres.
Ce jugement n’est qu’une brillante illustration de ce qu’on appelle la discrimination positive, œuvre de charité populaire montée par une élite gauchisante et bien pensante, s’imaginant que certaines castes et couleurs de la populations étaient bien trop stupides pour réussir seul. C’est ainsi qu’on aide des gens des « minorités visibles -comprenez des noirs et des maghrébins-, ou des personnes issues des ZOC (Zones Où ça Craint) en leur filant gratuitement des places en grandes écoles ou des aides pour financer leurs projets. Ca donne bonne conscience. Mais jusqu’où ? Non seulement cette politique tends à encourager une société plongée dans l’assistanat par mai 68, mais en plus elle est immorale et discriminatoire. Donner un emploi à un noir parce qu’il est noir signifie qu’on lui donne uniquement pour sa couleur de peau et qu’on refuserait une autre personne parce qu’elle est blanche. Ce n’est finalement qu’un mini faux contrepoids mis sur un côté de la balance sociale équilibrée par des politiques aussi proche de la réalité que quand Lilian Thuram parle des banlieues. Au lieu de trouver des moyens de réprimer les vraies discriminations, les politiques tentent simplement de faire oublier les enjeux principe à travers des mesures populistes à court terme. La morale n’est finalement réduite à la loi des sondages et de la démagogie. Peut être que c’est ça la politique. La vraie.