PUTAIN 10 ANS !

T’imagine. 10 ans ? 10 ans ! Dix années que je poste des trucs sur ce blog… J’avais cette tête (c’est cadeau, c’est dossier, t’en fais ce que tu veux).

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J’étais étudiant, beau, intelligent, innocent et insouciant. (rayez les mentions inutiles)
J’ai eu la bonne idée pendant le cours de communication d’un certain Martial Martin de créer un site internet, non pas pour parler d’un jeu vidéo ou de cuisine, mais pour parler de moi. De mes passions, de mes activités et raconter ce dont j’avais envie et publier ce que je faisais. En l’écrivant en 2014 je me rends compte à quel point c’est ridiculement banal. Mais ça n’existait pas en 2004. J’ai écrit sur tout et n’importe quoi. J’ai raconté des blagues, j’ai fait mon Morandini de l’info, du Gorafi, des tweets avant l’heure, posté des photos et donné mon avis sur tout. Et surtout sur n’importe quoi. J’ai publié plus de 1600 billets dont la plupart ne restera pas dans les anales.

Après 10 ans, je me rends compte que mon blog, malgré tous ses changements de look et d’adresse a conservé son identité. Mon identité. On peut y retrouver des moments qui ont été importants pour moi ou pour ma carrière, tout aussi bien que des écrits inutiles que j’ai oublié dès le lendemain. Il est à la fois un journal intime, une tribune, une timeline, un best-of et le carrefour d’incroyables changements. C’est en commençant à écrire ici qu’on m’a proposé d’écrire ailleurs : Agoravox, Le Hiboo, Megaconnard, avant de créer moi même RockMeUp, Soul Kitchen et il y a 2 ans LeTransistor. De fil en aiguille, j’ai tricoté non seulement mes métaphores filées, mais en plus un petit réseau de contacts numériques.

10ans[1]

Certains deviendront des connaissances, des clients, des potes de soirées, des amis, des proches… Mais à travers ce blog c’est en fait ma vie qui a changé. Ma spécialisation de « blogueur musique » m’a permis de voir plus d’un milliers de concerts, de festivals, d’événements et autres soirées avec open bar gratuitement, simplement pour que je puisse donner mon avis où en tirer une image. Parfois sans aucun retour. Parfois sans que jamais personne ne lise. Souvent sans que personne ne s’y intéresse vraiment. J’ai reçu des centaines de CD, des DVD, des livres, des cadeaux high-tech (iPad, téléphone portable, montre, écran etc.), des chocolats… Et delà de l’aspect matériel et des aspects humains, je doute maintenant que j’aurais eu mon parcours professionnel si je n’avais jamais blogué ou si je n’avais jamais raconté des conneries sur les réseaux sociaux. C’est une part profonde de mon identité, une des raisons pour laquelle tel ou tel client est venu me voir (ou ne veux pas me voir). La plupart me connaissait avant. Que ça soit dans mes missions de conseils ou dans mes réalisations photographiques et vidéographiques (ou le mot existe, je viens de vérifier).

Voici ma tentative désordonnée d’inventaire à la Prévert des meilleurs souvenirs liés directement à mes activités de blogging (personal branling inside) :
– La semaine au Canada pour le Festival de la chanson français de Granby (Merci Patricia)
– Serrer la main de Bertrand Cantat à l’after show de Shaka Ponk à la Cigale et lui dire à quel point sa musique m’a touché. Le résultat fut assez pathétique néanmoins
– Ma rencontre avec Cheers au Gibus un soir de mai et tout ce qui en a découlé
Les 2 mois de tournage de P20RIS saison 2 (merci Coeurs&Arts)
Lilly Wood & The Prick au Trianon, mon premier (et peut être dernier) film au cinéma (Merci Henri !)
– Le concert de Patti Smith à l’Eglise Saint-Eustache

Et je me rappelle des crises de rires avec Didier Super, d’avoir serré la main de Paul McCartney, fais la bise à Rihanna, assisté au crowdsurfing d’un nain dans un loft, vu Lady Gaga en acoustique, aperçu la chatte de la chanteuse de Nicole Scherzinger au Palais M, assisté à la mise en ligne de coke avec une carte Sacem, visité les coulisses de toutes les grandes salles parisiennes…
Et je me rappelle de tous les artistes qui m’ont fait confiance : Lilly Wood and The Prick, Shaka Ponk, Skip the use, Ben Mazué, Selah Sue, Asaf Avidan, Tété, Mademoiselle K et tout ceux que j’oublie.
Et je me rappelle surtout de tous les gens qui traînent, passent (et trépassent) dans les labels, les promos et autres éditeurs : Sandrine Amadoux, Antoine Berger, Virginie Berger, Damien Capitan, Rachel Cartier, Olivier Castanet, Lucie Chérubin, Judith Giacometti, Henri Jamet, Pierre-Henri Janiec, Matthias Labarbe, Anne-Sophie Lambell, Pauline Loquès, Cédrick Lohou, Eric Marjault, Julien Marquant, Christian Menez, Stéphane Muraire, Lara Orsal, Thierry Santacruz, Michael Turbot, Audrey Vauvillier, Lisa Weider…
Et je me rappelle tout particulièrement de ceux qui j’ai croisé et qui ne sont plus. Mes potes photographes Lucas Dolega, Rémi Ochlik, Hughes Leglise-Bataille, Dominique Brachais. Anne-Sophie Deval, partie le jour de mes 21 ans.

C’est sans doute pour ça que j’ai du mal avec cette expression de « virtuel » ou de « vraie vie » qui voudrait qu’internet soit une sorte d’univers parallèle. Les gens qui y sont, sont des gens. Des « qu’on connait pas », des « qu’on connait », des « qu’on aime pas ». Mais des gens. Ils existent. Et ce qu’on fait sur internet est vrai. Ça existe. Et ça a des répercutions, négatives ou positives si on s’y implique. Internet n’est pas le contraire de « la vraie vie ». Il est sa continuité. Une façon de ne pas perdre un ami de vue, ou de se renseigner sur ce qu’il se passe. Il suffit de s’en servir et de s’y intéresser.

Je me suis déjà demandé ce que je serai si je n’avais jamais écrit, ici et ailleurs. Est-ce que je serai plus heureux, moins heureux, au chômage, plus épanoui… Ce que je sais, et que je retiens, c’est qu’écrire (photographier et filmer) m’a pris énormément de temps mais apporté beaucoup, tant sur les plans personnels que professionnels. Et qu’en soi ça n’a rien d’une perte de temps. Je ne sais pas où je serai dans 10 ans, ni même si j’écrirai encore un peu partout. Mais je sais que mes 10 années passées ici auront forgé une partie de ce que je suis devenu. Et ça, c’est forcément positif.

Inauguration du Festival des Inrocks 2008 à l’Olympia : folk and rock ! (l’inverse est copyright)

Première journée du désormais incontournable Festival des Inrocks, le festival du magazine du même nom en collaboration avec Alias Production. Une première journée que je ne voulais manquer sous aucun prétexte, et à force de négociation avec chef Hiboo (NDRod : je suis toujours gentil avec les êtres monocellulaires), j’ai finalement pu couvrir l’inauguration avec quatre groupes que j’apprécie particulièrement.
Le Festival des Inrocks se veut éclectique, et c’est bien. Mais quand l’attention dépasse l’impact, c’est dommage. Et ce soir, à voir le hall de l’Olympia plein de buveurs de bières et de coca et les premiers rangs envahis de MGMTettes (sic), il semblerait que les trois premiers concerts ne furent pas appréciés à leur juste valeur. Ah ces groupes à minettes …

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Flickr : AmbianceComing Soon

Coming soon au Café de la Danse : Non, déjà ?

Café de la Danse, Paris : Photos, Concerts : Coming Soon - 27 octobre 2008

Coming Soon et moi c’est une longue non-histoire qui débute en juin au Furia où j’avais une commande pour le groupe Lyonnais, mais ayant eu m’information trop tard, j’ai consacré plus de temps à … discuter. Anyway comme on dit là bas, acte II au Paleo en Suisse. Impossible de les louper puisqu’il passe deux fois. Eh bien si… Même si je croise par hasard Howard et Léo sur le chemin boisé des backstages nyonnais à la « Blair Witch », je ne verrais Coming Soon, ni le samedi, ni le dimanche. Et ce fut dommage…

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Booba, l’ourson sauvage au Stade de France

Booba à Urban Peace 2

Samedi 4 octobre, 21H30. Déjà presque 5 heures que je subis les foudres d’un conglomérat d’imbéciles malheureux soutenus dans leurs délires lyriques par une ribambelle de singes pas savants qui insultent et huent les artistes qui défilent. Enfin, mieux vaut ça plutôt qu’ils s’en prennent aux photographes. La suite prouva que ce n’était pas incompatible.

Dans Urban Peace 2, il y a “urban” comme “urbain”. Ca veut dire “qui vient de la rue”, comme ces centaines de gens compressées devant le crash-barrière. Il y a aussi “peace” qui comme son nom ne l’indique pas ne désigne pas l’urine – qui pourrait aisément qualifier la musicalité de la quasi-totalité des artistes présents – mais la paix. Et puis finalement, il y a “2″ comme le nombre de neurones fonctionnels du rappeur du 9-2, ex-Lunatic, Booba.

Booba à Urban Peace 2

Dans un décor à la Stargate, le rappeur trentenaire marche lentement vers l’avant scène devant une public de près de 50.000 personnes. “Booba nique ta mère” hurle une centaine de jeunes en face de l’avancée. L’ambiance est électrique depuis le début du concert et s’accentue lorsque l’auteur de Ouest Side s’arrête brusquement au milieu de son nouveau single, Illégal, et demande à son DJ de stopper la musique. “Vous voulez une bouteille de Jack [Daniel] dans la tête ou quoi ?“. Les insultes et des dizaines de projectiles fusent sur la scène : bouteilles, appareils photos – volés, casquettes – taxées, téléphones chourrés… Le rappeur dont le blase est inspiré d’un chanson de Chantal Goya exécute sa menace : la bouteille éclate au premier rang. Non content, le méchant garçon crache dans le public – le tout relayé par des écrans géants – sous les sifflets indignés du Stade de France. Une dizaine de personnes arrivent derrière le rappeur armés eux-aussi de bouteilles d’alcool, de ceintures … Les projectiles continuent de voler face aux provocations des amis du 9-2. Les casques bleus du Stade de France sont entièrement débordés, devant gérer à la fois la hargne violente des jeunes clichés de banlieue et l’intelligence créative et débordante de la bande à Booba qui a mystérieusement disparu dans la bataille. Un micro HF vole à travers la scène, un retour tombe dans la fosse … C’est une véritable vendetta qui se déroule devant 50.000 personnes. Plusieurs dizaines de personnes sautent les crashs-barrières. L’affrontement est évité de justesse grâce à la hauteur de la scène inversement proportionnelle à celle des esprits et à l’intervention des vigiles.

Booba à Urban Peace 2

Dans les backstages, l’ambiance est tout aussi violente. A peines repoussés hors scène, Booba et ses babanes ne sont guère calmés. Ils s’en prennent à plusieurs vigiles et tentent de casser l’arrière scène. Alors que la tension ne retombe pas devant la scène désormais vide, une violente bagarre éclate en coulisses entre le rappeur bouffon et son confrère du 9-4, Rohff. Pendant près d’une demi-heure, la scène du Stade de France sera désespérément vide. Et ce ne sont ni les breakeurs ni les joueurs de foot freestyle qui contenteront le public, public furax qui commence inéluctablement à déserter le stade.

Enfin, pour l’occasion, Rod a réécrit une petite chanson : il faut se mettre dans la tête le générique du petit ourson gentil et calme qui berçait certaines enfances jadis sur France 3.

Maya file le bourdon

Maya Barsony à La Boule Noire

Maya Barsony… Son nom est sur toutes les lèvres parisiennes depuis quelques mois. Et pour cause. Elle est le symbole égérique d’une génération boboïfiée et seizièmisée prêt à aduler n’importe quelle musique mi électro, mi chansonnette, mi theuse.

La Boule Noire s’éteint, j’arrive tout juste d’un autre concert (bien). A peine le temps de me placer devant la scène, une sorte d’elfe désaturée vêtue d’un imperméable blanc comme le Yin arrive lentement avec une démarche aussi élégante qu’une girafe dans la savane jaune. Quelques applaudissements de vestes/slims/chaussures de ville noires plus tard, l’étrange animale se met à bourdonner une chanson sur Maya l’Abeille. L’introduction est violente mais, finalement, présente plutôt bien l’interprète de La Beuglante. Voilà l’espèce de hobbit blanc en train de vrombir quelque horreur audiovisuelle époque post giscardienne, une peluche d’insecte volant à la main…
La suite n’est guère mieux. Maya Barsony enchaine les titres niaiseux et plats sur une chorégraphie digne de métronautes aux heures de pointes. Soudain –n’y voyez pas la moindre trace de soudaineté, il s’agit d’une méthode presque malhonnête afin de vous sortir de la soporifique situation que je tente pitoyablement de vous décrire-, une petite mélodie connue arrive : son « tube » « dis mois dis moi », une sorte d’hymne à la dépravation sexuelle aussi percutante qu’un titre de milieu d’album d’une Mylène Farmer de supermarché… Fureur dans les soixante personnes du public, on chante, on danse, on bouge ses fesses, on en profite pour caresser sa copine, c’est la fureur du jeudi soir à La Boule Noire. Le titre terminé, le concert retombe dans la monotone morosité des longs débats parlementaires de l’Assemblée Nationale. Maya est une députée, et son public les vieux de France 3 qui ne s’éveillent que quand Maxime Gremetz se met à insulter Frédéric Lefebvre. En mettant en valeur son postérieur à l’aide d’un shorty blanc moulant, elle met en exergue son seul atout, son physique. Je n’aime pas dire du mal des gens –enfin…-, mais effectivement, elle est jolie…

Je suis une star

Benjamin Lemaire - Vu à la télé
Crédit photo : Rod | Le-HibOO.com

Hier fut ma journée de gloire. Espérons pour Warhol qu’il n’en sache rien, que je puisse récupérer un quart d’heure un peu plus tard. Tout comme lorsqu’une connaissance m’informe par email « y’a bellak qu’à collé ta tronche sur purepeople ». Grande nouvelle effectivement, alors que je tentais aléatoirement au péril de ma vie de prendre une photo d’un coach sportif cathodique et d’une star télévisuelle presque aussi connue que le nom scientifique des huitres de Bretagne du sud, sur un tricycle atomique à mi chemin entre une trottinette Blédichef et un 103 SP de 89. Me voici donc au sommet de ma gloire, non pas en fond d’une photo d’une quelconque camarade du parisien, non pas derrière un vulgaire ministre lors d’une conférence de presse, mieux : au côté de deux inconnus notoirement célèbre au milieu d’une soirée où le champagne s’est arrêté à 23H.
« Mass medias, Mass medias » chantait France Gall parée de Cristal dans la comédie musicale révolutionnaire et de plus en plus actuelle qu’était Starmania. Eh bien, en plein centre du star system, me voici élevé au sommet de la célébrité tel un brailleur endemolien, quand, à 19H55, je reçois un SMS dont je me permets d’étaler ici la teneur : « Fé cor 1 peu de sport et tu pourras te faire joel pdt les fotocall ». Que peut bien vouloir dire cet étranger SOS lancé par SMS à mon égard ? Un coup de fil plus tard, j’apprends, tenez vous bien (tenez vous mieux) : je suis passé à la télé. En plus d’être invité parmi la jet-set populaire de l’infortune, de subir la connerie –ou la violence- de quelque photographe (ou qui se définit comme tel), me voici récompensé pour la sueur qui a coulé de mon front : on m’a vu à la télé. Parceque passer dans le poste c’est une chose, mais être vu, c’est carrément mieux qu’un premier rôle dans un film de Godard !

Surveillance

Critique Film Surveillance, de Jennifer Chambers Lynch avec Julia Ormond, Bill Pullman, Pell James | Wild Bunch Distribution - Sortie 30 juillet 2008

Deux agents du FBI arrivent dans une petite ville perdue pour enquêter sur une série de meurtres. Ils retrouvent sur place trois témoins : un policier à la gâchette facile, une junkie complètement déconnectée et une petite fille de huit ans encore sous le choc. Au cours des interrogatoires, les agents découvrent rapidement que les témoins donnent chacun une version différente des faits, dissimulant manifestement une partie de la vérité.

Etre « le fils / fille de » n’est jamais une mince affaire. Quoi qu’on fasse on est comparé à ses géniteurs comme si on en était la copie. Si l’on échoue c’est bien la preuve que le talent ne relève pas de l’atavisme et qu’il faut laisser la place aux aigris. Si l’on réussit, on n’a aucun mérite puisque c’est les concepteurs familiaux qui l’ont permis. Bref, bien peu de moyens de s’en sortir. Quinze avant après l’échec du très mauvais Boxing Helena, c’est avec ce lourd fardeau que part Jennifer Chambers Lynch, la fille du réalisateur de Lost Highway. D’ailleurs en voyant ce dernier et Pullman sur une affiche de cinéma, en bon fan, je n’ai pu m’empêcher de penser à ce chef d’œuvre lynchien.

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