Le Petit Oiseau Blanc

S’il est une oeuvre méconnue dans l’univers de James Matthew Barrie c’est sans doute The Little White Bird, publié parfois avec le sous titre Adventures in Kensington Gardens.
Il est fascinant parce qu’il est à la fois auto biographique dans l’amitié entre l’homme et le garçon qui n’est pas sans rappeler la relation Barrie/Llewyn Davies, mais aussi parcequ’il est l’une des premières oeuvres qui sort de l’imaginaire profond de l’auteur de The Little Minister. L’homme se fait appelé capitaine W et a un chien qui s’appelle Porthos. Comme le chien de Barrie donc.
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L’oeuvre m’a particulièrement marqué ce week-end en me promenant à Kensington Gardens. Malgré la statue de Peter Pan qui trône à côté des jardins anglais, mon habituel pelerinage m’a en réalité largement rappelé cette série d’histoires, notamment en marchant sur la Baby’s Walk. Parce que le Petit Oiseau Blanc est en fait une réelle invitation au voyage dans les allées des jardins…

On retrouve tout ce qui fait Barrie dans le livre. On le sent à la fois lunatique et changeant dans ses humeurs et ses jugements des autres, sentimental et parfois absurde et ridicule. Barrie passe du victorien modèle au petit garçon navrant qui subit les jardins en espérant revoir ce David qui ne lui appartient pas. Et il sait qu’il le perdre un jour. Parce qu’il grandira.
Le tremplin à Peter Pan est là. Pas seulement parce qu’il y a 4 chapitres au milieu du livre sur lui, un peu perdus d’ailleurs, comme si elles étaient des histoires racontées à David, mais surtout par cette phrase de Peter à Wendy :

I want always to be a little boy and to have fun. So I ran away to Kensington Gardens and lived a long, long time with the fairies.

Les chapitres seront finalement publiés seuls avec des illustrations d’Arthur Rackham en 1906, tout juste entre la première de Peter Pan et la sortie du roman Peter and Wendy. Ainsi, bien avant Neverland il parlait déjà aux fées et connaissait une fille prénommée Wendy.

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Être dans les jardins de Kensington en relisant The Grand Tour et en regardant sa carte ramène 115 ans en arrière, et on s’imagine à la place de Barrie admirant les nurses et les poussettes passant le long du Baby’s Walk. J’ai tout de suite reconnu The Pound Round ou le Faries’ Winter Palace. Et j’y ai passé quelques heures à méditer…

Le texte est librement disponible ici

Kensington Gardens

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“If growing up means it would be beneath my dignity to climb a tree, I’ll never grow up, never grow up, never grow up! Not me!”

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“You know that place between sleeping and awake, that place where you can still remember dreaming? That’s where I’ll always think of you.”

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“Let no one who loves be called altogether unhappy. Even love unreturned has its rainbow.”

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“All children, except one, grow up.”