Allons, enfants de la patrie !

Ce matin, on ne parle plus que de ça : les manuels scolaires de nos enfants sont racistes, homophobes et sexistes. Enfin, quand je dis « nos » enfants, ce sont les vôtres. Si ça se trouve, c’est même pour ça qu’on n’a jamais élu un président noir, nous. A cause de nos manuels scolaires.
Fort de ce constat, le président de la HALDE (association dédiée à réévaluer les discriminations naturelles en discriminations positives législatives), Louis Schweitzer préconise de mettre plus de femmes dans des métiers mieux payés, des noirs moins pauvres, plus d’handicapés, plus de pédés (mais pas dans la gaypride, ça compte pas)…
Une chose m’intrigue. Certes, mettre un noir (oui, parce que depuis qu’on voit des noirs à Good Morning USA, on a de nouveau le droit de dire « noir » et plus « black » ou « renoi » ou encore « personne issue de minorités visibles ») dans un manuel scolaire, c’est facile. Là on l’on expliquait que dans une usine il y avait 2 secrétaires, un patron et 30 ouvriers, on mettra une femme noire en patron, des secrétaires masculins et des blancs en costume à l’usine. Finalement, c’est simple. Mais pour les handicapés par exemple. M. Schweitzer préconiserait il de mettre un fauteuil roulant pour les handicapés physiques et un entonnoir sur la tête pour les handicapés mentaux ? N’est-ce pas là le summum de la stigmatisation que d’assimiler tous les handicapés physiques à des gens en fauteuils roulants ? Et les aveugles, les sourds, les amputés à prothèses, comment vont il être représentés ? J’imagine qu’il faudra aussi mettre en avant les minorités religieuses, et donc montrer des musulmans (avec une bombe donc), des juifs (avec une étoile, des doigts crochus ou des dents longues, au choix) et moins de catholiques ? N’est-ce pas là le paroxysme de la stigmatisation de vouloir montrer tout et n’importe quoi ?
La solution est pourtant beaucoup plus simple. Tout comme la télévision et les jeux vidéo ne sont pas dangereux lorsqu’un réel suivi est fait par les parents, un manuel scolaire ne sera jamais de nature à corrompre nos gentils collégiens tant que les enseignants seront capables de tenir un discours cohérent, ouvert et de nature à faire comprendre qu’on est tous égaux. Sauf les noirs et les femmes.

Retourne dans ton époque !

J’ai reçu un e-mail. Allons donc, c’est pas unusuel. Dans cette electro-missive, on m’apprends que Dailymotion est visé dans une plainte du BNVCA pour avoir laisser diffuser une vidéo montrant des photos de juifs sur la chanson de la fin des années 20, « La noce de Rebecca » du comique Georgius. Trois questions arrivent automatiquement : Qui est le BNVCA ? Doit-on censurer le passé ? Que fait Ségolène Royal ?

Je laisserai la réponse à la troisième question aux plus archéologues d’entre nous. La première est plus simple mais non moins drôle. Le BNVCA -comprennez Bureau Nationnal de Vigilance Contre l’Antisémitsme (si, si, avec deux « N »)- est une association -même s’ils veulent se donner plus d’important et qu’ils n’en disent pas le nom- destiné à « faire face à toutes les formes d’agression et d’hostilité antijuives et anti-israéliennes ». Cette association dont le fond peut paraître honorable n’hésite pas à ouvertement attaquer des journalistes ou des médias -tel que Nicolas Jacquard du Parisien- si les propos tenus ne sont pas à leur convenance ou à celle de leurs adhérants. En toute mauvaise foie, ils tentent d’excercicer des pressions de parts et d’autres afin d’assoire une certaines formes de prosélytismes en reprenant à leur compte tous les actes dits antisémites de l’actualité quotidienne. A l’instar d’autres associations comme Génération Palestine (qui milite pour la même chose, mais dans l’autre sens), le BNVCA tente de transposer en France les problèmes rencontrés depuis le début du conflict israëlo-palestinien.

On peut également se questionner sur le fond de cette nouvelle plainte du BNVCA. Elle dénonce un « album des portraits d’un grand nombre de personnages celebres, francais,connus pour etre de confession juive ou supposes tels » (sic). L’association estime quer la video qui ne cite aucun nom « constitue toutefois une liste photographique de nature antisemite,passible des poursuites penales ». En quoi le fait de mettre à la suite des personnalités supposées juives est un délit ? En aucun cas une incitation à la haine où a la violence n’a été relevé. Le BNVCA prend néanmoins la peine de citer que la chanson qui accompagne le diaporama est « La noce de Rebecca » sans oser dire que c’est un texte antisémite. En sus, l’association prosémite demande au CSA « un plus grand controle de Dailymotion,voire sa fermeture en cas de recidive ».

Qu’est ce qui pousse donc le BNVCA à demander une telle censure ? La suite de portraits de personnalités juives ? Ou l’association avec « La noce de Rebecca » ? Dans son communiqué, rien n’est moins clair même si on peut sentir au fond que c’est l’association avec la chanson de Georgius qui pose problème. Devrions nous oublier et censurer les chansons humoristiques de notre passé ? Renier l’héritage culturel qui nous a été légué par plusieurs générations à cause d’esprits aussi fermés que tordus ? Si Desproges et Coluche étaient encore vivants, ça ferait longtemps qu’on les aurait tué.

Le texte de la chanson :

La fille de Monsieur Mayer
Rébecca s’est mariée avant hier
Elle a épousé l’fils Lévy
Le marchand d’rob’s du passage Brady
Y avait là Madam’ Pomeratzbaum
Monsieur Smoutz, Monsieur Olimbaum
L’oncle Schwartz, la cousin’ Kaufmann’
Et les onz’ frèr’s Hartman
Le Docteur Blum égal’ment
Qui était de la fête
En l’honneur de c’t’évèn’ment
Avait changé d’chaussettes !

Refrain :
Ah ! mes enfants
On s’en souviendra longtemps
Dans dix ans on parlera
Encor’ de la noce à Rébecca
Il y avait eut un grand déjeuner
La p’tit’ Rébecca avait l’ventre gonflé
Son mari, un typ’ sans façon
Dut déboutonner son pantalon
L’Docteur Blum mangeait avec ses doigts
Sa femme lui dit deux fois :
«Ça te donne un très mauvais air
Tu n’as donc pas de couvert ?»
Il lui répondit viv’ment :
«Ne me fais pas d’reproche
Comme il était en argent
Je l’ai mis dans ma poche»

Refrain :
Ah ! mes enfants
On s’en souviendra longtemps
Dans dix ans on parlera
Encor’ de la noce à Rébecca
Après l’déjeuner on dansa
Les onz’ frèr’s Hartmann n’attendaient que ça
Mais ça provoqua des malheurs
Ils y mirent un peu trop d’ardeur
Voilà que de la poch’ d’un gousset
Deux sous tombèr’nt sur le parquet
Tout le mond’ se précipita
Un’ bagarre éclata
Madam’ Kaufmann fut blessée
Et conduite à l’hospice
Les deux sous fur’nt retrouvés
Cachés entre ses cuisses

Refrain :
Ah ! mes enfants
On s’en souviendra longtemps
Dans dix ans on parlera
Encor’ de la noce à Rébecca
Pour calmer tous les invités
Qui se montraient un peu surexcités
Rébecca joua du piano
Le fils Lévy vendit deux manteaux
L’oncle Schwartz offrit des cigares
Monsieur Smoutz en prit un dar’-dar’
Mais il dit au moment d’fumer :
«J’ai l’bout qu’est pas coupé !»
L’pèr’ Mayer crie très fort :
«Pas coupé !… C’est tragique
Foutez-moi c’t’homme-là dehors
C’est un sal’ catholique !»

La discrimination n’est jamais positive

Un établissement anglais juif qui avait refusé un enfant parce que sa mère n’était pas juive vient d’être relaxé, le tribunal ayant précisé que ce n’était pas une discrimination. L’enfant, pourtant de confession et de famille juive devra donc trouver un autre établissement et ce après une année scolaire entière de procédure. La Haute Cour de Londres à même préciser que c’était une décision « totalement légitime » du fait que sa mère n’était pas née juive et que par conséquent, « M », ne l’était pas totalement. En effet, dans la tradition judaïque, est considéré juif celui qui est né de mère juive ou est converti en accord avec la loi juive. C’est son père qui avait entamé la procédure, s’estimant outré que son enfant n’était « pas assez juif » pour intégrer l’école. Les plus libéraux s’indigneront encore plus quand ils penseront qu’en 39, il aurait été bien assez juif pour aller dans les trains sans banquette avec les autres.
Ce jugement n’est qu’une brillante illustration de ce qu’on appelle la discrimination positive, œuvre de charité populaire montée par une élite gauchisante et bien pensante, s’imaginant que certaines castes et couleurs de la populations étaient bien trop stupides pour réussir seul. C’est ainsi qu’on aide des gens des « minorités visibles -comprenez des noirs et des maghrébins-, ou des personnes issues des ZOC (Zones Où ça Craint) en leur filant gratuitement des places en grandes écoles ou des aides pour financer leurs projets. Ca donne bonne conscience. Mais jusqu’où ? Non seulement cette politique tends à encourager une société plongée dans l’assistanat par mai 68, mais en plus elle est immorale et discriminatoire. Donner un emploi à un noir parce qu’il est noir signifie qu’on lui donne uniquement pour sa couleur de peau et qu’on refuserait une autre personne parce qu’elle est blanche. Ce n’est finalement qu’un mini faux contrepoids mis sur un côté de la balance sociale équilibrée par des politiques aussi proche de la réalité que quand Lilian Thuram parle des banlieues. Au lieu de trouver des moyens de réprimer les vraies discriminations, les politiques tentent simplement de faire oublier les enjeux principe à travers des mesures populistes à court terme. La morale n’est finalement réduite à la loi des sondages et de la démagogie. Peut être que c’est ça la politique. La vraie.

Quand antisémitisme devient prosélytisme

Lors de la fête de la musique, un jeune homme de 17 ans de confession juive a été agressé par plusieurs personnes dans le XIXème arrondissement de Paris. Le jeune est depuis plongé dans le coma.
Ceci est une information, elle m’a pas de traitement particulier, elle reflète la réalité de fait sans apport autre que les faits avérés.
Pourtant, la locution « de confession juive » implique un acte antisémitisme, annoncé et rabâché par une minorité d’une communauté qui ne cesse de faire valoir son passé pour se plaindre de son présent, lancé aux yeux et aux oreilles affamés, avides de repentances, comme de la confiture à des cochons.
Tout le week-end, et jusqu’à ce matin, les gros titres ne sont faut que sur l’hypothèse d’un acte antisémite alors même qu’aucune information judiciaire n’avait encore été ouverte et sans qu’aucune preuve tangible –si ce n’est la confession de la victime- ne venait appuyer cette idée. Pour autant, si l’information avait été « un jeune homme de 17 ans de confession catholique », aurait on pour autant conclu à un acte antireligieux ? Certainement pas.
Le jeune Rudy H. présenté comme un jeune tranquille du XIXème arrondissement était un activiste du Betar, mouvement radical sioniste révisionniste très souvent en conflit avec les activistes palestiniens en France. Encore aujourd’hui, aucun élément ne laisse à penser qu’il peut s’agir d’un acte antisémite mais plusieurs laissent à penser que c’est simplement la dramatique issue d’un règlement de compte avec plusieurs ressortissants de la communauté maghrébine.
Cet affaire n’a été médiatisée que parce que le nouveau Grand Rabbin, Gilles Bernheim, vient d’arriver à ses fonctions que et que Président de la République était attendu devant la Knesset. C’est pourtant un fait divers d’une banalité alarmante causée par la mise en exergue permanente des tensions du conflit israélo-palestinien se déroulant à 8000 km de Paris. Le communautarisme à la limite du sectaire est à l’origine de ces dramatiques incidents dont les membres sont les seuls responsables.
Pour preuve, les nombreuses réactions des habitants du quartier. Les rares messages de paix, de tolérance et d’apaisement font place à des discutions politiques. « Ce sont surtout les garçons qui se cherchent, les noirs et les arabes d’un côté, les «chals» de l’autre. Ce sont davantage ces derniers que ceux qui arborent des signes religieux qui sont impliqués dans ces rixes » avoue une jeune juive, amie de Rudy.