Laissez moi rire

« L’humour est la politesse du désespoir » disait Pierre Desproges, alors qu’il jugeait Jean-Marie Le Pen, et qui était loin d’imaginer qu’on l’exhumerait à tout bout de spectacle pour cautionner les fourbes apophtegmes d’amuseurs publics qui tentent de dissimuler derrière d’immondes galéjades leur absence abyssale de talent tel un ado qui drague vulgairement en lâchant, comme un cache sexe masquant son manque d’aisance, « eh mamoizelle tu baises ? ».
Les Coluche’s de son époque se servaient de l’humour pour parler de politique. Dénoncer en se moquant. Parodier pour mettre en exergue. Puis rire pour oublier. Ils pouffaient. Avant toute chose. Et de tout. Parce qu’après tout, chaque individu individualiste de la société pourra mal prendre ou comprendre la première fumisterie venue. Le cancer pour les cancéreux, les maths pour les matheux, le viol pour les violeux, le chômage pour les socialistes etc. Et avec tout le monde. Car même si Desproges tenta de démontrer avec brio et toujours Jean-Marie Le Pen, que l’on pouvait s’amuser de tout et de rien, mais pas avec n’importe qui, il a passé son temps rien qu’à parler dans les postes radiophoniques et télévisuels avec plus de spectateurs affables que Louis Jouvet, Molière et La Fontaine réunis n’en auront vu devant leurs scènes. Parmi eux : des gens dont beaucoup sont n’importe qui.

rires[1]

Mais l’humour ne se mesure pas au nombre de cerfs que son roi fait marrer. Elle n’est pas jugeable.
Riez. Rions. Ensemble ou pas. Mais rions. De tout. De n’importe quoi. De n’importe qui. C’est gratuit. C’est sain. Puis la vie est tellement triste chaque jour où des enfants ne peuvent profiter plus de quelques années de leur SIDA, où des viols ont lieu -parfois même sur des moches, où des africains se génocident la gueule à coup d’AK47 parce qu’ils n’ont toujours pas les moyen d’avoir la bombe atomique ou des chars d’assaut.

Alors pourquoi rit on sacrebleu, pour reprendre une expression jeune ? Pas seulement pour passer le temps comme Sophia Aram, pas seulement pour vendre des DVD comme Kev Adams, pas seulement pour vendre des places à 41€ comme Gaspard Proust, pas seulement pour prendre 40 000 € par mois comme Stéphane Guillon. On rit pour oublier. « L’humour, c’est l’euphorisant de la souffrance » a lancé un jour Jérôme Touzalin, qui était certes était plus maçon que franc, mais qui ne pouvait passer un nycthémère sans faire gigoter ses zygomatiques.

Moi je ris comme ça vient. Je ris quand je trouve un mot rigolo comme cuniculiculture, cryogénie ou saprophyte. Je ris aussi quand un thaumaturge scénique devient ridicule tellement il n’est pas fin. Mais je ris surtout quand un pitre aborde un sujet qui n’est pas propre à l’humour. Coluche avait son alcool, Desproges avait son cancer, Elie Semoun avait son talent etc. La drôlerie n’est pas plus seulement fendante mais elle éclaire ce qui est sombre. Elle fait oublier son quotidien. Elle dédramatise. Elle prête à rire, là où l’Homme donne souvent à pleurer (et ça c’est pas une phrase de pédé).

L’humour n’est qu’un vulgaire art comme tous les autres. Quand il est douteux, ou faussement séditieux, il devrait simplement tomber dans cet oubli amplement mérité, le même dans lequel repose paisiblement Aziz de Loft Story. Inutile de s’en offusquer au point de prendre le risque de contaminer son entourage. Le rire est une maladie contagieuse qui s’attrape sans besoin de relation sexuelle. Alors partagez le vôtre. Et tant pis pour ceux qui voudraient mettre des capotes sur toutes les blagues venues !

Kheiron, (petit) prince du rire

J’ai toujours vu des spectacles exceptionnels à l’Européen. Je me rappelle encore la froide et terrible marche funèbre du piano de Soap&Skin et ses cris glaçants. Mais ce soir, c’est Kheiron et son micro qui sévissent sur la scène. Ils ne briseront pas ma règle.

kheiron

Kheiron c’est le mec de Bref. Pas LE mec de bref. L’autre. Bref. Issu du Jamel Comedy Club, Kheiron (c’est pas la première vanne du spectacle, c’est son vrai prénom), fait du stand up. Et il commence sur quelques blagues communautaires. Alors Kheiron serait il un cliché comme tous ces humoristes qui font les mêmes blagues sur les arabes et les cités ? Eh bien non.

En fait, Kheiron frôle toutes les ficelles faciles de l’humour actuel mais les évite au dernier moment. Pas question de faire une blague sur les habitudes des noirs ni de prendre un cliché du quotidien pour faire marrer son public varié tant dans l’âge que dans les différences apparentes (y’a des vieux, des arabes, des noirs et des pédés pour être clair). Il raille les gens qui arrivent en retard, interpelle une femme, puis un couple au hasard pour les faire se dévoiler. On sent que Kheiron a à coeur de partager et pas seulement de se produire devant les quelques centaines de spectateurs présents. Il enchaine, sans pause, sans aucun effet de mise en scène (à l’exception d’une chanson pour débuter et une pour finir) avec pour seul arme sa présence, son charisme et ses textes.

Peu à peu on ne sait plus si Kheiron est dans ses écrits ou s’il improvise. A la fin, il annoncera que chaque personne qui a laissé son e-mail sera invitée à vie à son spectacle et pourra le revoir pour comparer (Pendant Scriptum : Kheiron si tu me lis, j’ai oublié de mettre mon e-mail, fais pas ta pute, file moi une carte à vie. Merci.).
Et non seulement le spectacle devient rapidement drôle, malgré quelques facilités (sur Frederic Mitterand par exemple), mais surtout il est intelligent. Pas l’intelligence des mots d’un Desproges. Pas l’intelligence absurde d’un Dupontel. Pas l’intelligence grotesque d’un Coluche. L’intelligence de Kheiron. Celle d’un mec qui se livre pudiquement sur scène. Il commence le spectacle en parlant de la fausse couche de son ex femme au travers d’une blague horrible. Il reviendra par la suite sur ce début qui donne le ton en faisant réfléchir le public sur le fameux « peut on rire de tout ». Pourquoi une fausse couche serait elle plus ou moindre drôle qu’une blague sur les gros ?

En ça, il devient touchant et percutant. En somme, Kheiron montre son cul pour mieux cacher son coeur. Il rigole de tout pour ne pleurer de rien. Et si l’humour est un signe d’intelligence, Kheiron est un génie.

Réclame

Kheiron joue jusqu’au 4 janvier à l’Européen (grouille toi donc)

Beaffle #12 : Les NRJ Music Awards

Pas plus tard que tard que samedi soir se déroulaient les NMA. Alors c’est quoi les NMA me direz vous. Wikipedia dit : “An enema is the procedure of introducing liquids into the rectum and colon via the anus”. Eh bien les NMA en français, c’est à dire les NRJ Music Awards c’est exactement l’inverse : il s’agit d’expulser tout ce qu’on a engrangé pendant l’année dans le rectum et dans colon via TF1 qui joue donc le rôle d’anus.

C’est d’ailleurs à cette occasion il y a deux que j’avais découvert 1789, la comédie musicale qui fait passer la Révolution Française pour un épisode de Plus Belle la Vie. Elle était nommée dans la catégorie “troupe francophone de l’année” alors même qu’elle n’avait jamais jouée publiquement. J’en aurais presque oublié que le spectacle était co-produit par NRJ. Et j’avais également découvert l’année passée Keen’V, l’inverse de Kevin mais pas d’un beauf, qui avait interprété un magnifique playback. Sauf qu’il y avait un son différent dans ses esgourdes et à l’antenne et que le Bonnet, c’est son nom, s’était retrouvé en direct à bouger ses lèvres sur des blancs musicaux.

Pour ceux qui n’auraient pas pu voir la cérémonie, et j’espère que vous êtes nombreux, voici un récapitulatif de ce qu’il fallait absolument manquer.
21 heures zero zero. Stromae chante Papaoutai avec Will.I.Am. Jusque là, tout va bien.
21H10. Zaz chante On ira. Elle a la décence de ne pas finir par “tous au paradis”. On garde espoir donc.
21H17. One Direction gagne le prix du groupe de l’année. Passons.
21H19. Louis Delors devient l’année francophone de l’année. Si comme moi vous ne savez pas qui sais, je vous épargne la recherche. Ce n’est pas le frère de Martine Aubry et donc le fils de Jacques Delors, c’est un mec qui a gagné The Voice. Sur TF1 donc. Tu commences à la sentir l’embrouille ? En face de lui on avait Axel Tony, Brice Conrad et Maude. J’ai pas eu le courage de chercher qui ils étaient démerdez vous.
21H20 : Max Boublil le mec le point drôle de France arrive à moitié à poil pour demander à Shy’m de venir dans sa chambre pour niquer. J’ai même pas souri.
21H28 : Katy Perry subit le même sort que Keen’V l’année dernière. Je parle pas du fait d’avoir une coiffure de beauf et la coupe de barbe d’un passionné de tuning mais du fait d’avoir un mauvais playback en fond sonore. Classe.
21H35 : « Merci à toute l’équipe Tal grâce à qui je peux vivre ce rêve ». C’est Tal qui gagne le prix de meuf de l’année donc. Richard Gasquet lui remet son prix. Il expliquait avant qu’il était « très mauvais en chanson ». Donc finalement il a sa place ici autant que les autres.
21H40 : Je zappe sur France 2. Soit Philippe Bouvard est mort et c’est une émission hommage, soit c’est en direct et ça va pas tarder.
21H42 : Christophe Maé reçoit un truc d’honneur remis par Alizée. J’ai cru rêvé mais non.
21H57 : Alizée reste sur scène et tente Bang Bang en duo avec Will.I.Am. Et si tu crois qu’on a touché le fond, attends la suite, c’est un puits, que dis-je, c’est un forage.
22H00 : Adriana Karembeu et un mec que je sais pas qui c’est, jouent une parodie de Titanic. Ça fait marrer les gens. OK.
22H04 : On refourgue un prix Katy Perry. En même temps vu le cachet qu’elle a du prendre pour venir ils peuvent bien faire ça. Elle sera meuf internationale de l’année.
22H08 : Auto promo encore. Les mecs de la série Nos Chers Voisins se pointent et dégagent vite fait.
22H10 : 2e prix pour One Direction. Visiblement, plus tu prends chers, plus tu prends de prix.
22H16 : Un autre déchet de The Voice arrive sur le plateau et baragouine je ne sais quelle chanson.
22H18 : Je fais pipi.
22H33 : Claudia Tagbo, Chris Marques et Jean-Marc Généreux remettent un nouveau prix à Katy Perry. J’ai aucune putain d’idée de qui ils sont.
22H39 : Hommage à Florent Pagny. Là je pense que le fond est presque touché.
22H41 : J’avais tord, on pouvait descendre plus bas : une flopée de chanteurs reprennent Ma Liberté de Penser, en oubliant les paroles.
22H45 : Ça n’en finit plus. Bruno Mars gagne un prix. Voila.
22H51 : Ma pizza arrive
23H00 : Katy Perry est rentabilisée encore une fois et chante je sais pas trop quoi.
23H05 : Titoff danse sur scène avec une gonzesse. Je n’arrive pas à savoir si c’est plus pathétique ou plus misogyne.
23H12 : James Arthur est révélation de l’année. Un mec qui sort de la même émission de One Direction.
23H22 : Joyce Jonathan monte sur scène et un danseur avec une coiffeur extrêmement chelou s’excite autour d’elle.
23H25 : Stromae gagne un prix.
23H31 : Pic de la soirée : hommage à Mandela qui meurt encore une fois. Des dizaines d’artistes qui n’avaient sans doute jamais entendu parler de lui avec qu’ils meurent chanteur pour lui sur TF1.
23H46 : Duel entre 1789 Les amants de la Bastille, Daft Punk, Génération Goldman et Robin des Bois. C’est les derniers qui gagnent. Voila.
23H48 : Florent Pagny chante. Et annonce qu’il sera bientôt dans The Voice. Sur TF1 donc.
23H55 : Stromae gagne encore un prix. On ne sait pas où est passée Zaz.
23H57 : Je me rends compte que cette histoire a quand même durée 3 putain d’heures, ce qui est globalement long. Moi quand je fais caca ça ne dure quelques minutes.

Eh bien sache que TF1 a quand même réunis 5.6 millions de téléspectateurs pour sa foire aux bestioles radiophonique, soit un peu plus de le pré enterrement de Philippe Bouvard. pendant ce temps, à 22H30 débutait l’excellent Behind The Wall, document sur le film des Pink Floyd qui réunissait à peine un demi million de personnes. Triste ? Peut être pas. The Wall a fêter ses 30 ans l’année dernière. Et je suis prêt à parier que dans trente ans, on s’en souviendra encore. Alors qu’on aura sans doute oublier l’immense majorité des lauréats de samedi soir. En tout cas, j’espère bien !

Trouvons un prénom au petit Sarkozy

Je l’ai décidé la semaine dernière en me rasant : je serai candidat au poste de Président du Monde en 2012. Pas le journal. Non, le vrai monde, le grand, celui où tout le monde est dedans. A l’instar du Parti Socialiste je n’ai pas encore de programme, mais déjà quelques idées. A l’inverse du Parti Socialiste, les miennes sont cools.

Ainsi, il me semble essentiel de plancher dès maintenant sur un évènement qui va arriver aussi vite qu’une connerie de Claude Guéant. Je ne parle pas du procès Clearstream mais bien de la ponte prochaine de Carla Bruni-Sarkozy. Ainsi, comme à chaque fois que cela arrive dans le monde, il va falloir trouver un nom à ce petit Sarkozy. Pas Nicolas. Celui qui est dans Carla. Enfin, qui est complètement dedans. Voila pourquoi je propose un « Grenelle de la Ponte » afin de trouver un prénom au nouveau né elyséen. En espérant qu’une fausse couche ou une trisomie 21 ne vienne pas gâcher mon mon projet. Voici d’ores et déjà mes propositions de prénoms, en attendant les vôtres que je ne lirai pas :

Nicolas : parcequ’avec le même prénom que son fils, ça fait amewiqueune, comme Georges.

Colas : ça mettrait une belle ambiance à la maison

Louis II : ce serait le début d’une grand dynastie

Nicolas II : pour la même raison que ci dessus

Jean : le dernier que Nicolas a appelé n’a pas été foutu de prendre la place des Balkany ni de Devedjian. Etant renié, le prénom redevient disponible.

Jean-Marie : au cas où le premier Jean ne serait pas totalement renié, un prénom composé portant une vraie symbolique historique pourrait faire bel effet en soirée mondaine

Dominique : ça pourrait rappeler à Nicolas ses belles années de gloire, entre celui qu’il a envoyé aux oubliettes et celui qu’il a envoyé à Washington. Il y a cependant un grave risque de vie par procuration

Raphaël : juste pour faire chier l’ex de Carla

Benjamin : pour la même raison, mais pas le même ex

François : Nicolas pourrait alors rejouer au Conseil des Ministres chez lui, comme avant

Marcel : parceque si Cotillard et Canet le font, c’est que ça doit être vachement classe et tendance

Antonin : ça rappellera à Nicolas qu’il n’est pas le seul à être petit

Napoléon : un prénom royal avec de l’envergure

Moses : comme le fils de Gwyneth Paltrow et le pseudo du fils oublié. Et c’est pratique dans le show-biz.

Lilian : en hommage à Liliane (même si ça fait un peut Thuram sur les bords)

Silvio : histoire qu’il puisse pécho un peu et qu’il ai un vrai prénom historique

Maxim : ça fait très chic dans le 8ème

Brice : chic et distingué

Johnny : en hommage à un ami

Jesus : parcequ’il faudra plus qu’un miracle pour rester dans sa maison actuelle

Neuilly : Victoria Beckham a bien appelé son chiard Brooklyn…

Et sinon en vrac : Barack, Aristide, Charles de, Kal-El, Pilot Inspektor, Mohammed, Adolf, Dieu, Sarkozy, Président, Pal Jr…

Initialement publié sur Megaconnard

5 raisons de megaconnard pour ne pas manifester

Jamais cinq sans six comme disait Levi’s (à noter que d’ici prochainement on devrait pouvoir également sortir « Jamais six sans sept comme disait Peugeot »). Ainsi donc, cet après-midi, la bêlante masse révolutionnaire va se retrouver dans la rue autour de bannières rouges comme le sang de la démocratie (les personnifications allégoriques ça fait toujours bien dans un article (et les mots longs aussi (et les parenthèses aussi (mais pas trop))) pour rugir de colère face aux mesures gouvernementales vis-à-vis des retraites, des salaires, des machines à cafés et du prix du sucre qui n’arrête pas d’augmenter. Ainsi encore une fois, tels les juifs à travers la mer rouge, quelques centaines de milliers de manifestants vont tenter de traverser Bastille-Nation sans que les CRS ne se rabattent sur eux. Voici dix bonnes raisons de ne pas se rallier aux moutons rouges.

Raison 1 : le nombre
« Quand on est plus de quatre on est une bande de cons. A fortiori, moins de deux, c’est l’idéal » disait mon copain Desproges. J’ose à peine imaginer le nombre de bandes que représente un cortège manifestorial (euh…) composé d’environ 24 millions de guerriers selon la CGT et de 50.000 boeufs selon la préfecture. La loi du nombre était rarement la plus forte dès lors que la réflexion (ou la culture) est en jeu, le nombre excessif de manifestants donnera à chaque individu la sensation d’être plus fort car accompagné alors qu’il sera en réalité noyé dans une masse de gens aussi chiants et banals qu’un public des Z’Amours.

Raison 2 : la cause
La retraite c’est nul. Déjà que l’idée même d’être payé à travailler ne m’enchante guère, alors celle de l’être à rien foutre m’exaspère. Je veux être payer à autre chose. Je veux gagner ma vie en cultivant des tomate à la sueur du front des quatre kenyans (j’ai appris dans Enquête Exclusive que le marché du thaïlandais et du cambodgien était mort) dans une morte contrée limousine. Ou alors vivre d’amour et de fraiche sur l’Ile d’Arros avec François-Marie Banier. En tout cas, je m’interdis formellement (et j’ai tendance à m’écouter sur le sujet) de défiler tel un kamikaze roumain sur les Champs-Elysée lors d’un 14 juillet spécial Pays Oubliés pour une cause aussi inutile que les retraites. Pourquoi diable la CFTC et ses consorts ne trouvent ils pas des causes nobles, justes et qui feraient l’unanimité comme la réduction du prix du Kinder Bueno (1,50€ dans ma station service ce matin !) ou l’interdiction de se garer devant chez moi ?

Raison 3 : le temps
Les oscillations météorologiques sont l’invariable sujet de toutes les conversations sans grand intérêt (après la politique de Nicolas Sarkozy). Ainsi, cet après-midi s’annonce comme la journée la plus froide depuis des mois. Et l’eau tombant du ciel en direction du sol semble annoncer qu’il pleut. Comme un signe. L’eau tombe inexorablement et lamentablement sur le macadam comme l’espoir de Jean-Claude, cégétiste depuis 1977, année où il décida, suite à la mort d’Hamida Djandoubi, qu’il fallait combattre les injustices. Eh ouais.

Raison 4 : le jour
Mardi c’est le jour des rediffusions de Derrick sur France 3. Quel homme normalement constitué irait courir les rues drapeau dans une main, mégaphone dans l’autre pour sauver on ne sait quels avantages sociaux déterrés du passé alors qu’à 13H50 passe le meilleur épisode jamais tourné de Derrick : Aventure au Pirée. Celui où une hôtesse de l’air prend contact avec Klein à Athènes et lui raconte une histoire de déglingo. Une histoire de mallette qu’elle a accepté de transporter… Tourné en 1988 (année de la mort de Desproges arrivée approximativement en même que Fabius ai pris les rênes et les reines de l’arène de  l’Assemblée Nationale) cet épisode restera un bijou de mise en scène, encore aujourd’hui projeté dans toutes les écoles de cinéma allemandes.

Raison 5 : la thune
Gueuler pour avoir du pognon quand on sera vieux c’est cool. Mais moi je suis pas vieux. Et comme dirais Bené « C’est maintenant que j’veux des thunes ». Ou alors, je suis pour aller manifester pour obtenir la grève payée. Ça, ça serait un vrai avantage social. Comme la machine à café gratuite où la coke au distributeur. Parce que ce qui est clair, c’est que c’est pas en hurlant « Les vieux dans la misère, les jeunes dans la galère, on n’en veut pas de cette société là » (te marre pas, je l’ai entendu) que je vais pouvoir m’acheter mon nouveau plasma qui brancher sur la PS3 et l’ampli 9x500W pour avoir un son mega dolby stereo surround quand je joue à FIFA 2K11.
Et pis, comme toutes les manifs, ça va encore se finir au McDo, et j’y suis déjà allé hier.

Initialement publié sur Megaconnard