Chavez espère un signal des FARC

Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré dans la journée espérer un single des FARC pour la libération de deux de leurs otages, Clara Rojas et Consuelo Gonzalez.
« Nous espérons encore un signal pour accueillir ou aider à la libération de ces deux femmes et de tous les prisonniers » a déclaré le président Chavez dans son programme télévisé.
« Au-delà de toute diatribe politique, l’important c’est qu’Emmanuel soit libre » a finalement commenté Hugo Chavez.

Emmanuel, fils de Clara Rojas : une vérité subjective

Alors que les FARC viennent de confirmer que le garçonnet retrouvé dans un orphelinat colombien est bien le fils de l’ex-directrice de campagne d’Ingrid Betancourt, et que les tests ADN confirment également cette information, le président colombien Alvaro Uribe continue sa pression sur les FARC. Un membre de la FICIB (Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt) se confie « Si les échecs se poursuivent, Uribe aura le sang de dizaines d’otages sur les mains et la planète entière le saura ». Car c’est bel et bien l’annonce du président colombien le 1er janvier concernant le petit Emmanuel qui a définitivement sonné le glas de la mission d’échange.
Né en juin 2004 d’une liaison entre sa mère et un de ses gardiens, Emmanuel est très rapidement atteint de malaria, de gastro-entérite et aurait le bras cassé selon les propos de John Franck Pinchao l’otage qui s’est enfuit du camp l’année passée. Selon une source proche des FARC, le guérillo aurait été exécuté à cause de sa relation sexuelle proscrite avec Clara, bien loin de la version officielle qui veut que le guerillero ait été placé « loin de la ligne de front ». L’état de santé du nourrisson devenu inquiétant, les responsables du camp décident de placer l’enfant dans une famille de fermiers sans en parler ni à Clara Rojas ni à leur hiérarchie. En juin 2005, devant la santé toujours aussi mauvaise de l’enfant, Juan Christosanto Gomez Tapiero, le père adoptif, emmène Emmanuel, devenu Juan David, à l’hôpital de San José del Guaviare. Les médecins concluent immédiatement que l’enfant est victime de maltraitance : bras cassé, coups, brûlures… Juan David est aussitôt placé en juillet 2005 dans un foyer pour enfants abandonnées, un ICBF -Institut Colombien de Bien Etre Familial-. C’est seulement en décembre quand la direction des FARC a annoncé que trois otages dont Emmanuel allaient être libérés que tout s’est accéléré dans le camp. Le commandant Jéronimo, un des chefs du groupe local, est chargé de reprendre contact avec Gomez Tapiero afin de récupérer l’enfant. Il lui apprend alors que l’enfant est placé à Bogota. Menacé par les FARC, l’homme part à la capitale le 28 décembre pour récupérer son fils adoptif. La police colombienne, déjà au courant depuis septembre lors d’interception de communications téléphoniques par satellite, l’accueille et l’interroge. Gomez Tapiero affirme alors que les mauvais traitements constatés par les médecins lui ont été affligés en captivité allant même jusqu’à accuser Clara Rojas pour se blanchir.
Les FARC ont finalement été victimes de leur système « régionalisé » laissant à chaque camp local ses propres libertés de décider. En annonçant la libération de la sénatrice colombienne, Clara Rojas et son fils les dirigeants des FARC ne pensaient pas devoir faire face à la disparition d’Emmanuel, fait cependant connu par le gouvernement colombien.
Emmanuel devrait être prochainement recueilli par la famille de Clara, notamment par sa mère, en attendant la mise en marche d’un nouveau processus de négociation entre Hugo Chavez et les FARC qui pourrait se faire discrètement comme l’avait annoncé en début de semaine l’émissaire brésilien.

Le fiasco continue en Colombie

Alors qu’on ne sait toujours pas si le petit garçon retrouvé dans un foyer Colombien est bien le fils de Clara Rojas, l’armée colombienne continue à annihiler les chances des sauver les otages. Le chef des armées a en effet annoncer aujourd’hui avoir tué un membre important dans la guérilla le 31 décembre présenté comme « un émissaire et homme de confiance du secrétariat ».
Carpintero (Le Charpentier) « était chargé de planifier et mettre en oeuvre les enlèvements politiques et les rackets au niveau national et international », a affirmé l’armée dans un communiqué publié sur son site Internet. Le guerillo a été tué dans le département colombien d’Arauca, à la limite de, l’Apure, état vénézuelien.
Actuellement, aucune suite n’est officiellement envisagée à la mission. Marco Aurelio Garcio, l’émissaire brésilien, en arrive même à conclure qu’« il vaudrait mieux organiser une opération clandestine ».

Colombie : fin de la mission de sauvetage

Les hélicoptères vénézueliens dépêchés en Colombie par le président Hugo Chavez sont finalement repartis, sonnant la fin annoncée de la mission initiée par la FARC.
Les quatre appareils de la Croix Rouge ont finalement rejoint une base à proximité de Bogota après que les rebelles aient expliqué qu’ils ne remettraient pas les trois otages en raison des opérations intensifiées par l’armée colombienne, rejetant alors la faute sur le président Alvaro Uribe. Les FARC avaient promis à la mi décembre la libération de tris de leurs otages : la sénatrice Consuelo Gonzalez, la directrice de campagne d’Ingrid Betancourt, Clara Rojas et son fils Emmanuel, né en captivité.
Le président vénézuelien a accusé son homologue colombien d’avoir « dynamité » la mission. Alvaro Uribe avait alors répliqué que l’enfant de Clara Rojas n’était plus aux mains des FARC mais serait dans un centre d’accueil du pays. Des membres de la famille de Clara Rojas se sont soumis à des tests ADN afin d’établir la filiation de l’enfant. Les résultats devraient être connus en fin de semaine.

Clara Rojas bientôt libre

C’est désormais confirmé, Clara Rojas sera bientôt libre. L’assistante d’Ingrid Betancourt, détenue elle aussi depuis plus de cinq ans, a été libérée ce matin avec son fils Emmanuel, dont le père est un guerillo, ainsi que Consuelo Gonzalez, une parlementaire colombienne. Clara, ancienne avocate, était la directrice de campagne de la candidate écologiste. Elle avait été enlevée le 23 février 2002 par les FARC à 600km au sud de Bogota. En pied de nez au président Uribe, les FARC ont déclaré qu’il s’agissait d’un geste de reconnaissance envers les familles, le président Hugo Chavez et la sénatrice Piedad Corboda dont la mission de négociation avait été annulée en novembre dernier. Les trois otages devraient être remis au président vénézuélien ou à une personne de son choix. La présidence de la Colombie s’est quant à elle interrogé sur la véracité du communiqué qui date, selon elle, du 9 décembre. Peu après l’annonce de cette nouvelle, Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt a demandé aux FARC de « prendre en compte le fait que [sa] fille souffre tellement ». Sur la même chaîne vénézuelienne, le fils de la franco-colombienne a souligné le rôle « très important » du Vénézuela.
Dans le même communiqué, les FARC interpellent cependant le président Uribe en jugeant « inacceptable » sa proposition d’échange de prisonniers guerillos et le groupe de 45 otages dont fait partie Ingrid Betancourt.