Hommage à Didier Sinclair

L’un des papes de la house française s’est éteint jeudi soir à l’âge de 43 ans. Pionner de la FM, Didier Sinclair a débuté sur les ondes par NRJ en 1982 avant de rejoindre Fun Radio. Il se fait connaître dans le milieu électro en 1999 grâce à Groove2me puis rencontre le succès international l’année suivante grâce à Lovely Night.
Après avoir été directeur artistique du label Dance chez Barclay, le DJ avait pris la direction artistique de Radio FG. Il avait sorti en avril dernier un nouvel album intitulé Do You Speak? avant d’annoncer récemment mettre sa carrière entre parenthèses pour des raisons de santé.

A la guerre, on meurt

Depuis quelques jours, la terre entière est consternée par cette accablante mauvaise nouvelle :10 soldats français son morts en Afghanistan. Oubliés les 60 millions de morts de la 2e, partis les 100 millions de disparus du communisme, on a mieux. Le « 8e », régiment français basé près de Kaboul a perdu 10 hommes lors d’un affrontement avec des talibans. Loin de moi l’idée de minimiser l’importance du décès de ces dix hommes, mais n’étaient ils pas parti à la guerre ? Parce que c’est ça la guerre… Des fois on meurt ? La guerre froide aurait elle fait oublier aux pays industrialisés que l’on peut mourir dans des combats guerriers ? Les occidentaux auraient ils oublié que des dizaines et des centaines de personnes meurent chacun jour à cause de la guerre en Géorgie ou au Zimbabwe ? Certes, ils ne sont pas français, c’est moins grave… Et puis c’est les vacances et les JO. Ca en fait des raisons de s’en foutre…

Un jour, un enterrement

Alexandre Soljenitsyne est mort. Le monde intellectuel est sous le choc. Les arrivistes assaillissent Wikipédia pour se vanter d’avoir lu ses derniers livres. Les autres… s’en foutent comme Napoléon de sa première vérole.
« Vous voyez là le résultat de l’anéantissement de notre intelligentsia » hurlait hier un des rares retraités qui avait fait le déplacement aux funérailles… Exactement. Ce triste moment qui ne restera pas à jamais dans l’histoire me rappelle sans équivoque celui de la mort du mec de la négritude, celui qui a inventé les noirs (sic) : Aimé Césaire. Des milliers de personnes émues à ses obsèques, massés tels des bœufs devant l’abattoir, afin de regarder le dernier hommage qu’une dite nation va faire à un de ses plus prestigieux auteurs. Combien de gens parmi les gens connaissaient Aimé Césaire avant sa mort ? Pis, combien avaient déjà lu ses œuvres ? Adepte des échanges philosophiques de taverne, j’avais noté à l’époque que la mort du poète de la négritude avait encore moins d’importance que l’indépendance du Kosovo.
Alexandre Soljenitsyne est russe, donc à peu près étranger. C’est une raison supplémentaire pour ne pas être connu dans nos lointaines contrées. Qu’importe, il est porté aux nues par une population viscérale qui ne cesse ne rabâcher qu’il est un fervent défenseur des libertés russes -et donc mondiale- et que c’est une référence, et blablabla. Les livres les plus beaux ne sont ils pas ceux qu’on n’a pas lus ? Les auteurs les plus respectés et les plus adulés ne sont ils pas ceux qu’on ne lit pas ? Qu’est ce qu’un grand classique, si ce n’est un livre posé dans une bibliothèque tel une boule à neige dans une armoire à souvenirs. On aime ce qu’on ne connaît pas autant qu’on peut le détester. C’est beaucoup plus simple que de se faire son opinion. Parce que si la masse populaire fan de Soljenitsyne tels des groupies de Tokyo Hotel songeait à ouvrir les yeux sur les ouvrages de l’apôtre des libertés russes, les bien pensantes têtes de gauches découvriraient que l’auteur anti rouge était surtout un antisémite convaincu qui n’a pas hésiter à s’allier à l’extrême droite pendant la Révolution russe. Profondément royaliste, communément orthodoxe, ce tocquevilliste n’a eu de cesse de ‘apporter son soutien au dictateur démocrate Poutine pendant tout son mandat. C’est sans doute ce qui lui vaut aujourd’hui des funérailles presque aussi nationales que ridicules.