Mahomet, presse, vérité et les autres

Certaines réactions récentes de ci de là tentent à faire croire que j’écris sans connaître mes sujets. Quand je ne connais rien à un sujet, je ferme ma gueule. Quand un sujet me dépasse, je ne fais pas mon ministre, je ferme ma gueule. Quand un sujet est trop sensible, je fais mon Le Pen, je peux pas m’empêcher de la ramener.

Ayaan Hirsi Ali @ Normal Sup'
Hayaan Hirsi Ali le 10 février 2008 à Paris

L’histoire des caricatures ne Mahomet ne commence pas à leur publication, mais bien avant, en 2004. Theo Van Gogh -un réalisateur hollandais bien connu dans ton pays pour ses films mais également pour les propos sur « la préoccupation juive autour de Auschwitz » et sur les propos sur les musulmans qu’il qualifiait de « baiseurs de chèvres »- travaille alors sur l’adaptation des écrits de Hayaan Hirsi Ali dénonçant la soumissions des femmes dans la religion islamique. Il y filme, notamment, une femme maghrébine nue sur laquelle plusieurs phrases du Coran sont inscrites. Le réalisateur sera assassiné par Mahommed Bouyeri le 2 novembre 2004 blessé par 8 balles. Il lui plante également deux couteaux dans le corps dont un auquel est accroché un message menaçant destiné à Hayaan Hirsi Ali. Lors de son procès le jeune fanatique marocain a déclaré que s’il avait un jour « la chance » d’être libéré il recommencerait car « c’est la devoir de tout bon musulman de combattre les ennemis de l’Islam ». Hayaan Hirsi Ali est alors mise sous protection par les Pays-Bas –protection qu’elle perdra courant 2008 car le gouvernement refuse de continuer à la financer- tandis qu’une fatwa est prononcée contre elle par plusieurs organisations islamiques dont la Mosquée Rouge.
Suite à l’affaire Van Gogh, le journaliste danois Kåre Bluitgen s’est plaint que personne ne voulait illustrer son livre « Koranen og profeten Muhammeds liv » de craintes de représailles. Flemming Rose, alors rédacteur en chef du Jyllands-Posten, demande à 40 illustrateurs de faire des dessins de Mahomet. Le 30 septembre 2005, le premier quotidien danois publient en couverture les 12 caricatures reprises deux semaines plus tard en Egypte par Al Fagr et qui ont depuis fait le cours des plus grandes parutions du monde. Plusieurs communautés musulmanes réagissent violemment arguant que dans la religion islamique la représentation du prophète Mahomet est proscrite. Plusieurs ambassades de pays musulmans quittent le pays et plusieurs embargos sont menées contre les produits danois. Mais après les dimensions politiques viennent les dimensions personnes. Plusieurs dessinateurs sont alors menacés de mort. Les services secrets danois et les unités de lutte anti-terroriste avoueront même avoir déjouer 18 attentats.

Caricature de Plantu dans Le Monde
Le débat de fond est lancé. Doit-on au prix de la liberté de croyance et des lois coraniques -et religieuses plus généralement- restreindre la liberté de la presse ? Les juges de plusieurs pays –occidentaux- on tranché : les caricatures de Mahomet ne sont pas outrageants et les lois religieuses n’ont aucune raison d’être appliquée. Trois des douze dessinateurs sont pourtant toujours sous protection rapprochée et permanente et même si les tensions sont bien moins visibles elles restent pourtant autour toujours bien vivantes. Pour preuve, Islamabad a récemment interdit aux fournisseurs d’accès de son pays l’accès au site de partage de vidéos YouTube suite à la re-publication des caricatures. Une jolie preuve de démocratie et de respect de la liberté d’expression.
De quoi est coupable de religion islamique ? Les guerres de religions ? Le fanatisme ? L’Islam est une religion jeune qui a simplement 650 ans de retard sur les autres religion abrahamique (la mort de Mahomet est datée de 632). Il y a 650 ans, les catholiques étaient encore en croisade pour leurs idéaux religieux et le fanatisme était à son paroxysme. Les islamistes ont néanmoins des moyens technologies que les Croisées ne possédaient pas. Peut-on reprocher à l’Islam de faire aujourd’hui les erreurs que l’Eglise a fait hier ? C’est finalement le même problème quand l’Europe reproche à la Chine sa révolution industrielle au dépit de l’environnement alors qu’elle a fait la même erreur quelques siècles auparavant. Lorsque l’histoire se répète « c’est la première fois comme tragédie et la seconde fois comme farce » affirmait Karl Marx. C’est sans doute pourquoi les communistes espèrent encore revenir au pouvoir. Une belle farce.