Lettre ouverte pour les blaireaux

Ma gorge profonde dans l’association de défenses des blaireaux m’apporte aujourd’hui une information capitale dans « l’affaire des déterrages de blaireaux ». Il s’agit d’une lettre -secrète- adressée à Madame la Préfaite Préfète du coin.

Madame la Préfète,

Les 16,17, et 18 mai est programmé à CLUNY, dans le cadre d’une « Fête de la chasse », le championnat de France de déterrage. Cette manifestation nécessite une autorisation préfectorale qui sera instruite par vos services.

Cette pratique est certes autorisée par un arrêté ministériel, mais il apparaît que sa « justification » repose sur la régulation de certaines espèces du fait des dégâts qu’elles occasionneraient aux activités agricoles. En l’occurrence cette explication n’a aucune légitimité pour le blaireau, qui ne cause que des « dégâts » minimes aux cultures (éboulement de terriers..) facilement solutionnables (transport de délocalisation).

Mais dès lors que le déterrage est pratiqué dans le seul but de faire concourir des équipages et des chiens pour un « loisir », cette activité ne présente plus aucune utilité, perturbe la faune sauvage et porte atteinte à la biodiversité.

Or l’appauvrissement de la biodiversité constitue un des aspects les plus préoccupants de la crise écologique mondiale. Le gouvernement, lors du « Grenelle » a indiqué vouloir « arrêter la perte de biodiversité et conforter la richesse du vivant ». Le « Grenelle » ne peut réussir que si l’on tourne le dos à des pratiques passéistes.

L’Etat s’est récemment doté d’instances de conseil en matière de diversité biologique : le Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité auprès du Ministre de l’Ecologie (arrêté du 26 mars 2004) ; les Conseils scientifiques régionaux du patrimoine naturel, auprès du Préfet de Région et du Conseil Régional (loi du 27/02/2002 et décret du 26 mars 2004). Le CNPNB est une instance consultative de veille et d’alerte, et c’est pourquoi nous lui adressons une copie de ce courrier pour solliciter un avis.

La CAPEN conteste en effet la tenue d’une telle manifestation et vous demandent de ne pas l’autoriser, considérant :

– qu’elle n’a aucune utilité publique

– que le blaireau est dans un contexte de conservation défavorable en France (l’animal est protégé dans de nombreux pays européens…)

L’observation des animaux sauvages dans la nature, l’information scientifique et la pédagogie de la préservation sont des activités accessibles à tous et plus éducatives pour valoriser et préserver la nature que cette « technique de chasse » cruelle.

La CAPEN ajoute qu’un « Plan régional pour la conservation de la diversité biologique » s’avère de plus en plus utile à établir pour la Région Bourgogne.

Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à cette requête, et sollicitant une réponse de votre part, veuillez agréer, Madame la Préfète, l’expression de mes respectueuses salutations,

T. GROSJEAN Président

Copies à : MEEDDAT – CNPNB

Mr le Président du Conseil Régional

Mr le Maire de CLUNY

Citoyens, citoyennes, cons, connes, blaireaux, blairelles,

vous ne pouvez laisser passer de tels actes contre vos congénères les blaireaux de Cluny. Le blaireau est un être humain comme les autres et ce doit d’être protégé -même s’il est de gauche-.