Tu seras, bienvenue chez moi

J’ai ouvert mon blog en 2003 ou 2004 pendant que j’étais étudiant. j’avais entendu parler de cette tendance dans un cours de Martial Martin qui nous enseignait la communication. Assez bien pour que ça en devienne mon métier d’ailleurs. L’idée de base était de digitaliser le journal intime. Je m’en servais pour donner mon avis. Ou plutôt l’inscrire quelque part et qu’il soit visible, à l’époque personne ne lisait quoi que ce soit de ce que j’écrivais. Une façon se garder quelque chose, en somme.

Mon blog en 2005

Mon blog en 2005

Avec le temps, j’en ai créé et ai participé à d’autres, de Soul Kitchen au Hiboo, de Rock Me Up à Megaconnard en passant par LeTransistor, j’avais mes espaces de liberté sans la moindre censure sur le contenu, sa forme ou sa présentation. La liberté absolue. C’était ça internet. (Même si ça m’a couté quelques procès et assignations 🙂 )

Quand j’ai eu l’idée avec Rod Maurice du Hiboo de commencer à filmer des musiciens avec nos appareils photo (hérésie à l’époque), nous étions confrontés à un problème de taille (un problème de taille de taille d’ailleurs) : celui du poids des vidéos. Non seulement les connexions rapides n’étaient pas généralisées, mais en plus, il était compliqué d’uploader des dizaines de vidéos d’1Go sur nos propres serveurs. Nous avons alors commencé à utiliser Dailymotion qui était français ET en pleine expansion (mais qui ne reversait rien à l’époque). Au début des années 2010, YouTube nous a proposé de venir chez eux pour publier également les vidéos, tout en nous rémunérant et en bénéficiant d’une audience parallèle, celle de Google. De l’audience gratos qui paye en plus de celle naturelle de nos supports. Tout bénéf.

Avec le temps, nous (je parle de Rod et de moi, mais plus généralement des vidéastes du web) avons abandonné Dailymotion pour donner à YouTube son quasi monopole sur la vidéo en ligne, tout en utilisant l’essor des réseaux sociaux pour promouvoir nos contenus. A l’époque consultant pour plusieurs grandes marques sur ces sujets, je faisais des réseaux sociaux mon métier. Vaillant mais un peu frileux, j’expliquais à mes clients que les réseaux sociaux était un « avant poste ». Eux qui avait payé parfois plusieurs centaines de milliers d’euros pour leur site internet, n’avait qu’une envie : avoir tout plein de visites. L’opération était claire : s’installer en avant poste sur les réseaux sociaux et ramener tout plein de traffic. D’autres investissaient massivement pour avoir la plus gros communauté possible, sans savoir jamais vraiment savoir s’ils pourraient la garder ou si la plateforme pouvait fermer (nous avions tous connu la fin de MySpace, Lycos et Caramail).

Chaine  YouTube de P20RIS

Chaine YouTube de P20RIS

Evidement les grandes plateformes sociales l’ont compris, Facebook en tête, et la multiplication des pages de marques, d’artistes etc. ont fait que le nombre de messages journaliers à afficher a explosé, alors que la capacité de lecture des utilisateurs est stable. C’est comme ça que Facebook et désormais Twitter / Instagram vendent leurs produits : payez pour être surs que vos fans voient votre contenu. Vos fans. En réalité une base de données constituée sur une plateforme qui appartient à un tiers.

Avec le temps, non seulement les sites sont devenus moins importants que la présence sociale, mais parfois même cette présence a été éditorialisée à la place du site internet, via des jeux concours, des micro news, des mini critiques etc. L’avantage principal étant évidemment de se servir de la masse d’utilisateurs de ces monstres sociaux là où avoir une masse critique sur un site internet est compliqué. Il faut dire que Google s’est largement servi du SEO et d’AdWords pour fonder son empire.

Et puis on a découvert la face cachée de cette relation polygame à sens unique (et dans unique, y’a nique). Censure, puritanisme, monétisation, transparence, vente de données… Il ne se passe plus un mois sans qu’une plateforme sociale démontre que se sont ses serveurs et ses règles avant tout et que ses utilisateurs n’y sont pas libres de faire ce qu’ils veulent, parfois de manière absurde ou contre les lois de plusieurs pays.

Cette semaine PewDiePie, plus gros youtubeur (un mot qui en dit long sur l’asservissement à la plateforme) du monde s’est vu suspendre son compte Twitter (avec lequel il avait déjà des soucis de certifications supprimé puis mise sur un compte parodique) pour une mauvaise blague sur Daesh.
Le lendemain, plusieurs autres youtubeurs se sont plaints que la plateforme qui représente la quasi totalité de leurs revenus aie refusé la monétisation de certaines vidéos (parfois pour quelques mots grossiers, parfois sans raisons), a priori sous pression d’annonceurs qui ne veulent pas se retrouver avant des contenus qui ne correspondent à leur image.

Mais elles ont raisons ces plateformes. On n’entre pas chez quelqu’un sans respecter les règles. D’aucuns brandiront la neutralité du net, notion ô combien discutée (et discutable). Et pourtant, le fait qu’une vidéo soit monétisée ou non ne sera pas vue de manière différente chez les internautes, ne remettant pas en cause la sacro-sainte neutralité souvent mise en avant sans raison. On préfère alors parler de censure (comme si Twitter était un service public) ou de la mort de la culture (alors que les vidéastes sur web ne vivent que de la pub et qu’aucun ne semble même remettre en cause cette anomalie dans l’industrie culturelle).

L’hégémonie des réseaux sociaux en apportant ses énormes tuyaux plein d’yeux prêts à tout absorber a obligé tous les créateurs de contenus à abandonner leurs propres moyens de diffusion en échange de quelques compromis. Comme si l’accès à la célébrité sociale se faisait au détriment de la liberté. Reste à voir quelle valeur sera la plus importante aux yeux des créateurs dans les années à venir. Je ne suis pas optimiste.

PUTAIN 10 ANS !

T’imagine. 10 ans ? 10 ans ! Dix années que je poste des trucs sur ce blog… J’avais cette tête (c’est cadeau, c’est dossier, t’en fais ce que tu veux).

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J’étais étudiant, beau, intelligent, innocent et insouciant. (rayez les mentions inutiles)
J’ai eu la bonne idée pendant le cours de communication d’un certain Martial Martin de créer un site internet, non pas pour parler d’un jeu vidéo ou de cuisine, mais pour parler de moi. De mes passions, de mes activités et raconter ce dont j’avais envie et publier ce que je faisais. En l’écrivant en 2014 je me rends compte à quel point c’est ridiculement banal. Mais ça n’existait pas en 2004. J’ai écrit sur tout et n’importe quoi. J’ai raconté des blagues, j’ai fait mon Morandini de l’info, du Gorafi, des tweets avant l’heure, posté des photos et donné mon avis sur tout. Et surtout sur n’importe quoi. J’ai publié plus de 1600 billets dont la plupart ne restera pas dans les anales.

Après 10 ans, je me rends compte que mon blog, malgré tous ses changements de look et d’adresse a conservé son identité. Mon identité. On peut y retrouver des moments qui ont été importants pour moi ou pour ma carrière, tout aussi bien que des écrits inutiles que j’ai oublié dès le lendemain. Il est à la fois un journal intime, une tribune, une timeline, un best-of et le carrefour d’incroyables changements. C’est en commençant à écrire ici qu’on m’a proposé d’écrire ailleurs : Agoravox, Le Hiboo, Megaconnard, avant de créer moi même RockMeUp, Soul Kitchen et il y a 2 ans LeTransistor. De fil en aiguille, j’ai tricoté non seulement mes métaphores filées, mais en plus un petit réseau de contacts numériques.

10ans[1]

Certains deviendront des connaissances, des clients, des potes de soirées, des amis, des proches… Mais à travers ce blog c’est en fait ma vie qui a changé. Ma spécialisation de « blogueur musique » m’a permis de voir plus d’un milliers de concerts, de festivals, d’événements et autres soirées avec open bar gratuitement, simplement pour que je puisse donner mon avis où en tirer une image. Parfois sans aucun retour. Parfois sans que jamais personne ne lise. Souvent sans que personne ne s’y intéresse vraiment. J’ai reçu des centaines de CD, des DVD, des livres, des cadeaux high-tech (iPad, téléphone portable, montre, écran etc.), des chocolats… Et delà de l’aspect matériel et des aspects humains, je doute maintenant que j’aurais eu mon parcours professionnel si je n’avais jamais blogué ou si je n’avais jamais raconté des conneries sur les réseaux sociaux. C’est une part profonde de mon identité, une des raisons pour laquelle tel ou tel client est venu me voir (ou ne veux pas me voir). La plupart me connaissait avant. Que ça soit dans mes missions de conseils ou dans mes réalisations photographiques et vidéographiques (ou le mot existe, je viens de vérifier).

Voici ma tentative désordonnée d’inventaire à la Prévert des meilleurs souvenirs liés directement à mes activités de blogging (personal branling inside) :
– La semaine au Canada pour le Festival de la chanson français de Granby (Merci Patricia)
– Serrer la main de Bertrand Cantat à l’after show de Shaka Ponk à la Cigale et lui dire à quel point sa musique m’a touché. Le résultat fut assez pathétique néanmoins
– Ma rencontre avec Cheers au Gibus un soir de mai et tout ce qui en a découlé
Les 2 mois de tournage de P20RIS saison 2 (merci Coeurs&Arts)
Lilly Wood & The Prick au Trianon, mon premier (et peut être dernier) film au cinéma (Merci Henri !)
– Le concert de Patti Smith à l’Eglise Saint-Eustache

Et je me rappelle des crises de rires avec Didier Super, d’avoir serré la main de Paul McCartney, fais la bise à Rihanna, assisté au crowdsurfing d’un nain dans un loft, vu Lady Gaga en acoustique, aperçu la chatte de la chanteuse de Nicole Scherzinger au Palais M, assisté à la mise en ligne de coke avec une carte Sacem, visité les coulisses de toutes les grandes salles parisiennes…
Et je me rappelle de tous les artistes qui m’ont fait confiance : Lilly Wood and The Prick, Shaka Ponk, Skip the use, Ben Mazué, Selah Sue, Asaf Avidan, Tété, Mademoiselle K et tout ceux que j’oublie.
Et je me rappelle surtout de tous les gens qui traînent, passent (et trépassent) dans les labels, les promos et autres éditeurs : Sandrine Amadoux, Antoine Berger, Virginie Berger, Damien Capitan, Rachel Cartier, Olivier Castanet, Lucie Chérubin, Judith Giacometti, Henri Jamet, Pierre-Henri Janiec, Matthias Labarbe, Anne-Sophie Lambell, Pauline Loquès, Cédrick Lohou, Eric Marjault, Julien Marquant, Christian Menez, Stéphane Muraire, Lara Orsal, Thierry Santacruz, Michael Turbot, Audrey Vauvillier, Lisa Weider…
Et je me rappelle tout particulièrement de ceux qui j’ai croisé et qui ne sont plus. Mes potes photographes Lucas Dolega, Rémi Ochlik, Hughes Leglise-Bataille, Dominique Brachais. Anne-Sophie Deval, partie le jour de mes 21 ans.

C’est sans doute pour ça que j’ai du mal avec cette expression de « virtuel » ou de « vraie vie » qui voudrait qu’internet soit une sorte d’univers parallèle. Les gens qui y sont, sont des gens. Des « qu’on connait pas », des « qu’on connait », des « qu’on aime pas ». Mais des gens. Ils existent. Et ce qu’on fait sur internet est vrai. Ça existe. Et ça a des répercutions, négatives ou positives si on s’y implique. Internet n’est pas le contraire de « la vraie vie ». Il est sa continuité. Une façon de ne pas perdre un ami de vue, ou de se renseigner sur ce qu’il se passe. Il suffit de s’en servir et de s’y intéresser.

Je me suis déjà demandé ce que je serai si je n’avais jamais écrit, ici et ailleurs. Est-ce que je serai plus heureux, moins heureux, au chômage, plus épanoui… Ce que je sais, et que je retiens, c’est qu’écrire (photographier et filmer) m’a pris énormément de temps mais apporté beaucoup, tant sur les plans personnels que professionnels. Et qu’en soi ça n’a rien d’une perte de temps. Je ne sais pas où je serai dans 10 ans, ni même si j’écrirai encore un peu partout. Mais je sais que mes 10 années passées ici auront forgé une partie de ce que je suis devenu. Et ça, c’est forcément positif.

Mais pourquoi tu fais plus de photos Benjamin ?

Voila la question qu’on m’a posé hier soir. Elle réalité elle est un peu faussée. J’en ai encore fait aux Transmusicales. Mais il est vrai que je suis incapable de donner directement le dernier concert que j’ai photographié dans une salle.
Les raisons sont aussi simples que diverses.
Je n’éprouve plus de plaisir à courir après les accréditations, ce fameux sésame que tu passes plusieurs ou appels à obtenir, qui te permet de venir équipé pour assister au concert et prendre des images le plus souvent sur les trois premiers titres.
Je n’éprouve plus de plaisir à attendre pendant des longues minutes (voire des longues heures) pour faire les mêmes images que plusieurs autres photographes à côté de moi.
Je n’éprouve plus de plaisir à rentrer chez moi plusieurs fois par semaine, à trier puis traiter mes photos jusqu’à 1H, les publier, pour qu’une centaine de personnes regardent ce que j’ai produit.
Je n’éprouve plus de plaisir à tenter de faire reconnaître la qualité de mon travail alors que le nombre des photographes de concert a explosé tandis que la qualité s’effondrait.
Je n’éprouve plus de plaisir à venir filmer un groupe pendant une heure, retoucher sa vidéo pendant deux et en passer plusieurs autres à la traiter ou la mettre en ligne.

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Je ne suis pas influent dans le musique. Je ne le serai jamais. Je ne ferai jamais vendre des millions d’albums. Je ne ferai jamais décoller des carrières. Ma plus-value n’a jamais été là. Elle a été dans mes découvertes et mes images. A leur niveau.
Jusqu’ici je ne m’étais jamais posé de question sur mon importance dans tout ça. Je faisais ma petite vie, derrière mon ordinateur et mes appareils photos. Et j’ai réalisé que je n’avais plus envie de négocier pendant des semaines pour assister au festival d’un grand magazine pour, au final, en faire la promotion gratuitement. J’ai réalisé également qu’un live tweet d’un festival avait plus d’impact qu’un article que j’avais pu écrire pendant des heures. Ou encore que 3 de mes coups de gueule avait été plus lus que tous mes reports de concert réunis.

Outre le fait que la presse se meurt et que la photographie n’est clairement pas sa priorité en terme d’achat, la place du blog en 2014 n’est plus celle de l’âge d’or de la blogosphère. Et puis quelle blogosphère ? Elle est morte la période où je croisais Benjamin Fogiel de Playlist Society, Romain Delak de MyGoodZik ou encore Jean-Sébastien Zanchi de GoodKarma, au détour de concerts, qu’on établissait un top des blogueurs et qu’on se faisait des soirées rien que pour nous. Elle est morte la période où je partais en festival avec Rod, où que je collaborais avec plusieurs photographes pour alimenter quotidiennement plusieurs blogs. Aujourd’hui cette blogosphère a été remplacée par des portails comme PureCharts ou Madmoizelle qui phagocytent l’attention des promotions, et la notion d’audience a remplacé celle d’influence. Surement plus à raison à qu’à tord.

Avec Le Hiboo, j’avais rapidement pris le virage de la vidéo, dès 2008. Une autre façon de voir les choses et de se démarquer de ce qu’il se faisait. Aujourd’hui les séances promos sont le plus souvent faites de nombreux tournages à la suite, du même morceau dans le même endroit. Alors j’en ai cherché des méthodes de me démarquer : des SK*(wat) Sessions à La Marquise en passant par P20RIS et son parti pris de réalisation. Sauf que mes interlocuteurs voient rarement la différence entre une session pour P20RIS et une session faite avec une caméra posée sur un pied. Et dans ceux qui voient la différence, rares sont ceux qui arrivent à comprendre qu’elle a un coût. Et encore plus rares sont ceux qui souhaitent la financer.

Et les déceptions sont nombreuses. Quand tu commences à bloguer et que tu reçois des CD et des places de concert, t’es content. Puis tu comprends le système. Comment un article ou un tweet peuvent faire de toi l’une des cautions d’un système qui en a besoin pour adouber des artistes, les signer, les promouvoir etc. Alors tu te prends au jeu, et tu fais tout ça gratuitement. Parce que c’est pas ton métier d’être journaliste. Tu fais ça parce que tu crois en ce que tu dis, parce que ça te fait plaisir, parce que t’as des idéaux et parce t’as tout plein de copains. Rapidement, tu te rends compte qu’en fait, les copains sont là quand ils ont besoin de toi. Tu te rends compte que beaucoup te considèrent comme un passe plat médiatique qui, en plus, n’a pas le droit d’avoir un avis négatif. Tu te rends compte que les déceptions s’accumulent, que les groupes t’oublient, que les labels trouvent plus importants que toi et que, de fait, tu prends de moins en moins de plaisir.

Je ne crache pas dans la soupe. J’aurai l’occasion de fêter mes 10 ans de blogging demain et de revenir sur tout ce que ça m’a apporté (y compris financièrement et en nature). Mais j’ai ma fierté et mon opinion de moi même. Mon besoin de reconnaissance. C’est sans doute mal, mais après avoir couvert plus de 1000 concerts, défriché des centaines et des centaines de groupe et en avoir soutenu des dizaines avec tout ce que je pouvais, après avoir donné tout son temps et toute son énergie à créer et à soutenir la création, il est sous doute un peu naturel de vouloir un peu de reconnaissance. Pas seulement en ayant un iPad ou téléphone. Simplement en ayant encore l’impression d’être « dans le coup », en continuant à recevoir des informations et à être mis sur des projets musicaux intéressants.

J’écris encore, souvent. J’écoute encore, tous les jours. J’en parle maintenant sur Radio Néo et sur Virgin Radio. Je continue à mon rythme d’alimenter LeTransistor. Et j’ai encore envie de donner mon regard, même sous forme de photographie, sur la musique. Mais pas en restant entre l’artiste et son public pendant trois titres. Je continuerai à répondre aux artistes qui ont des projets, qui souhaitent avoir des images de leur concert (et pas seulement un portrait derrière un micro), où on les voit avant et après leur prestation ou pendant une tournée. Et je continuerai à répondre à mes clients où aux marques qui ont de vrais investissements avec de réels buts. Mais je ne pense pas revenir un jour au rythme de 300 concerts par an comme j’ai pu le faire, ni me sentir obliger de produire pour exister.
Je n’arrête pas de bloguer. J’ai envie de bloguer différemment. Et à ma façon.