Ma visite à André Breton

Je sortais d’un spectacle, c’était un dimanche un peu gris comme je les exècre. De passage dans le XVIIème, je passe à côté du cimetière des Batignolles. J’en profite pour claquer la bise à Paul Verlaine. J’aime bien ça. Ça a finalement peut d’intérêt, ça pourrait être le tombeau de n’importe qui, malgré les quelques fleurs supplémentaires qui l’ornent mais ça me donne l’impression d’être un lui, d’être avec le mec des livres, celui qui m’enchante. Celui qui a connu Rimbaud aussi. Comme disait Brassens, son caveau est plein comme un œuf. Mais Verlaine est là entre ses deux parents et son fils, recouvert d’une pierre pleine d’écritures. Non loin de lui repose Blaise Cendrars sous une lourde croix de pierre où est sobrement écrit « Famille Lamberjack ».

Breton[1]

Après un rapide tour, je m’apprête à partir quand je vois écris sur une banale et morne tombe « André Breton ». Ça n’a rien d’amusant mais ça m’amuse de voir cet homonyme. Puis à quelques mètres de là apparaît le nom d’un autre poète surréaliste, Benjamin Péret. Je prends le temps de vérifier et Google m’apprends qu’en effet, les deux chefs de file du surréalisme morts respectivement en 1966 et en 1959 sont inhumés à quelques mètres l’un de l’autre ici, entre un stade, le périphérique et le lycée Balzac (qui lui dort tranquillement au Père Lachaise).

De fait j’en ai profité pour taper une causette intérieure où on se rappela Duchamp, son exil à New York pendant la guerre et sa théorisation de tout un tas de théories. Péret ne devait pas être là. Ou il écoutait sagement. J’aurais aimé avoir un manifeste du surréalisme pour lui faire expliquer quelques passages, ou comprendre le pourquoi de certaines photos de Nadja. Je me suis contenté de mes réflexions intérieurs et de mes souvenirs de lectures émues.

Je suis parti avec le jour, heureux comme après la rencontre fortuite d’un ami de longue date dans la rue à qui on avait beaucoup de choses à dire. J’aurais appris qu’André Breton repose en paix et bien accompagné. Et j’espère que depuis 1966, il a trouvé l’or du temps…