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Beaffle #29 : Michael Jackson

Pas plus tard que demain, ça fera 5 ans qu’il m’a quitté. La première fois que je l’ai rencontré j’étais au collège.
HIStory était déjà sorti depuis quelques années. Je ne l’avais pas acheté. De toutes façons j’avais déjà acheté Dance Machine 7 et La Plus Grande Discothèque du Monde. Mais une copine m’a fait une cassette pour que j’écoute. J’étais en 6e.

L’année suivant j’enregistrais avec mon magnétoscope le clip de Blood on the dance floor. Perfection absolue : Cendres de Lune de Mylène Farmer du live à Bercy 97 suivant. Et J’ai peur de tout de Patricia Kaas et son clip avec l’homme au globe tatoué sur la tête suivant. J’ai du regarder cette cassette des centaines de fois.

Mais la première fois que je l’ai vraiment rencontré c’était à l’été 98. On n’avait pas encore gagné la Coupe du Monde. J’étais à Lons Le Saulnier. Heal the world sonnait l’heure du repas du midi, Earth song celui du soir. Pendant un mois il venait me voir. Deux fois par jours. Sans que je sache vraiment que c’était lui je crois.

Ces deux titres se seront associés à mes souvenirs de cet été 98, celui où j’ai eu mon premier amoureux, celui où j’ai fait ma première boom, celui où on a gagné la Coupe Du Monde. Et jusqu’à maintenant ils restent associés à ces musiques. Et puis j’ai appris à le découvrir. Je découvre Thriller à la fin l’aube du bug de l’an 2000. La sortie d’Invicible m’amène à écouter Dangerous, Bad et Off The Wall. Mes activités personnelles m’emmènent vers Ben et Music & Me.

Depuis il était là avec moi à chaque des grands moment de ma vie. Il m’a chanté Man in the mirror avec Stéphane, il m’a susurré Rock with you quand j’ai rencontré mon premier grand amour, il m’a consolé avec Little Susie quand Anne-Sophie est partie, il m’a dit You Are Not Alone après une rupture difficile et il m’a dit expliquer qu’il ne fallait jamais abandonner ses combats parce que They Don’t Care About Us.

Et puis il un jour… Un soir pour être exact. Je m’en rappelle parfaitement. J’étais dans un restaurant à côté du MK2 Bibliothèque pour le lancement d’un produit. Je reçois un SMS d’un ami qui me dit qu’il serait parti. Personne ne confirme l’information. Aucun tweet officiel, rien. J’en parle à Thomas qui m’a invité à la soirée. Judith aussi. Visiblement c’est une rumeur. Nous partons ensemble à la soirée et dans le taxi la nouvelle se confirme. Sans que j’ai eu l’occasion d’utiliser mes billets pour l’O2.

Je crois qu’il y a des moments comme ça où tu te rappelles très précisément les circonstances dans lesquelles t’as appris une nouvelle. J’en ai plusieurs comme ça. Des trucs très personnels et d’autres très marquants comme le 11 septembre ou ce 25 juin.

Finalement j’aurais jamais jamais touché sa main. J’aurais jamais croisé son retard. Il n’aura jamais chanté pour moi. Et maintenant qu’il n’est plus là… et bien rien n’a changé. J’écoute Beat It le matin et Black & White dans le métro. Le vendredi j’écoute Bad pour me donner du courage.

Michael ne me manque pas. Il est parti pour certains. Mais pour moi il est toujours là. Il me raconte toujours ce dont j’ai besoin. Il est là quand j’ai besoin d’une chanson. Et je sais qu’il sera toujours là. Et si un jour j’ai l’occasion de parler dans un poste ou d’écrire pour ses 10 ans de disparitions, ses 20 ou ses 30 ans, je suis sur que j’aurais encore plein d’histoire à vous raconter, que je pourrai encore étaler ma vie en l’associant avec ses titres. En attendant, ce soir dans ma salle de bain, je penserai un peu à lui, comme à cet ami imaginaire qu’on trimbale quand on est gosse. Et je serai un peu The Man In The Mirror.

Il aura 9 ans

Je me rappelle de son premier regard. Je n’étais pas revenu ici depuis un an. Peut être deux. Au hasard des rencontres, quelqu’un m’avait dit : « Si vraiment ça t’intéresse tu peux venir les samedis. Une ou deux fois par mois par exemple ». Alors je suis revenu. Officiellement, parce qu’on me l’avait demandé. Au fond, pour moi. Et un peu pour elle.

Il était assis sur une chaise semblant ne rien attendre du tout mais avec un sourire ineffaçable au milieu du visage. Il me prêta le livre qu’il avait dans la main et me donna son nom. Enzo. Visiblement il n’avait pas le droit d’être là puisqu’on le fit rapidement partir. Mon contact me fit faire un tour du propriétaire. J’avais encore quelques bribes des lieux pour y être passé quelques fois. En fait si je devais être honnête, j’ai des souvenirs très précis de mon unique visite. Et c’est surtout parce qu’elle fut unique que j’eu l’envie de venir ici, comme pour dire « Voilà, tu vois, je suis là, j’ai le courage de venir ». Après un tour d’honneur où tout le monde me regarde, intrigué, j’ai eu le droit aux quelques règles primordiales ici : s’amuser et ne pas poser de question. Un bon programme. Simple.

Je n’ai pas revu Enzo ce jour là, et son livre est resté dans mon sac jusqu’au mois suivant. Quand je suis venu lui rendre, il était avec d’autres de divers âges, visiblement tous à l’aise avec les gens qui venaient épisodiquement les voir, pour un atelier théâtre, une animation de clown, une projection de film… N’étant spécialiste en rien, je faisais un peu ce qu’on me demandait. Au fil de mes visites, j’en ai appris plus sur l’organisation. Qui fait quoi, qui aime qui, qui est où… J’ai compris que s’il ne fallait pas poser de question, c’est parce que les réponses viennent sans qu’on les y attend. Un jour Enzo me dit qu’il avait 8 ans, plus de cheveux, mais toutes ses dents. Certains m’ont raconté comment ils étaient arrivés là, ce qu’ils y faisaient, le prénom de leurs amis, les bêtises de leur chat à la maison.

Enzo, jamais.
Pourtant à chacune de mes venues il était là, et si c’était des visites individuelles il demandait à ce que je passe le voir.
Un samedi, je suis arrivé et il n’était plus là. Il avait subitement disparu après plusieurs mois. J’ai appris qu’il était parti à Rouen pour se rapprocher de ses parents. Quelques semaines plus tard, il a envoyé une série de dessins dont un m’était destiné. J’étais à la fois content de l’attention et heureux parce qu’ici les gens partent toujours plus joyeux que quand ils sont arrivés.

S’en sont passés depuis, des samedis. Je me suis promené dans les alentours pour aller voir aussi des plus âgés, dont j’ai découvert la solitude. Bizarrement je n’ai jamais oublié Enzo, parce qu’il était mon premier nouveau souvenir ici. Je n’avais jamais eu de nouvelles de lui, et j’avais appris à ne pas en demander, jusqu’à ce soir.

La maladie qui l’avait poursuivi pendant visiblement longtemps a eu raison de lui et l’a emporté peu après Noël. Je l’ai appris brutalement, deux jours après.
Je suis resté stupéfait, seul à côté de mon téléphone. J’ai cherché son dessin, enfouit quelque part dans ma boite à chaussures qui sert de boite de Pandore pour souvenirs. Il était là, comme s’il attendait que je le sorte un jour. C’était un peu mon doudou à moi.

Je n’ai pas su comment réagir. Alors j’ai écrit. Et puis j’ai décidé de le publier… Parce que j’ai appris qu’il y avait trop d’Enzo. Que personne ne pourrait jamais leur rendre hommage. Que rien ne pourra faire changer les choses. Mais que j’ai peut être été plus utile pendant ces quelques mois avec lui et les autres, que pendant tout le temps que je peux passer à écrire des âneries.
Alors c’est mon petit hommage à moi. Ma pensée dans mon coin. Pour Anne-Sophie. Pour Enzo. Pour les autres.

J’aurai sans doute oublié ce passage dès demain quand je raconterai tout et n’importe quoi. Mais dans ce moment où je donne un autre sens au mot « relativité » d’Einstein, j’ai envie de me rappeler à quel point les Enzo m’ont appris sur moi et sur la vie pendant cette année.

Alors je pense à lui. Lui qui aura 9 ans. Toujours.

Anne-Sophie Deval n’est plus

Anne-Sophie DevalC’est hier, lundi 10 juillet 2006 à 18H30, que Anne-Sophie nous a quitté, laissant derrière elle ses deux parents et son petit frère, Jean-Charles.
Selon la belle formule de son père, Anne-Sophie est redevenue un ange parmi les anges. En cette période difficile, toutes mes pensées vont à Anne-So, une jeune fille pétillante, toujours souriante et pleine de vie, et bien sûr à sa famille.
Anne-Sophie, tu restera toujours dans nos coeurs et nos esprits, toi qui a si souvent égayer nos journées.

Si vous le souhaitez, vous pouvez laisser dernier hommage à Anne-Sophie et sa famille : http://www.imagin.pro.tm/annesophie.php