« Un de mes meilleurs amis »

Je ne sais plus si j’étais déjà bourré ou pas.
Je ne sais pas si ça a de l’importance ou pas.
Pas tant sur la véracité, mais plutôt sur l’importance accordée sur le coup.

C’était donc une soirée comme les autres. A la différence près que c’était la dernière que l’année. J’étais entre des dizaines de gens que je ne connaissais pas, dans un appartement que je connaissais pouvoir avoir uriner à sa fenêtre et tenu les cheveux d’un ami qui y vomissait. Autant dire des souvenirs mémorables donc, quand bien même ils ne sont probablement pas les plus glorieux.

Alors qu’on avait déjà prononcé les mots « résolution » et « à l’année prochaine », qu’on avait déjà dansé 2 fois sur Get Lucky et 3 sur Blurred Line (j’extrapole, y’avait que deux personnes qui dansaient (et comme par hasard c’était les deux seuls noires de la soirée (enfin je dis pas ça pour être raciste (et encore moins pour ouvrir des dizaines de parenthèses))), l’amie qui m’avait fait venir me présente avec son sourire blond : « ah bah ça c’est Benji c’est un de mes meilleurs amis ».

J’ai eu l’impression d’avoir une promotion. Pas tellement que notre relation a particulièrement changé avant ou après, mais l’annonce de « meilleur ami » m’a donné un sourire invisible que j’étais le seul à voir.

Tout ça remonte au temps où je suis arrivé dans un collège, dans mon 6e logement depuis que j’étais né, où je ne connaissais personne. J’y ai passé 3 ans, et y ai eu mes premiers vrais amis. Ceux avec qui on partage des trucs pendant une période assez longue pour qu’on prétende les connaitre. Et puis au bout de 3 ans, brutale séparation pour cause de nouveau déménagement, nouveau collège etc. A l’époque je n’avais ni portable, ni Facebook, ni e-mail. Une personne physiquement éloignée était donc une personne perdue. J’ai perdu celui que moi j’appelais mon meilleur ami, comme Montaigne le décrivait, et je n’ai que rarement retrouvé ça.

Avec le temps va tout s’en va mais pas l’amour que j’ai pour toi. Ca n’a rien à voir avec mon histoire mais j’ai toujours rêvé (je crois) de citer La Fouine qui cite Léo Ferré. Avec le temps, par contre, j’ai eu des amis. Du genre de ceux que tu gardes et que quand t’es dans la merde au point de t’imaginer que t’en es une aussi, ils sont là. Ce genre là.

play-doh-maxi-burger

Mais le mot « meilleur ami » je crois que je l’avais un peu perdu de vue. Et qu’il ne m’avait jamais été attribué alors qu’autour de moi j’en voyais un peu partout. Aujourd’hui il a surement moins d’importance qu’il en aura eu y’a 15 ans, maintenant que je sais que j’ai plusieurs cercles d’amis (qui se mélangent rarement d’ailleurs) que je vois régulièrement. Mais l’arrivée de ce mot, subitement, de manière inattendue m’a rempli d’une joie intense et sans doute de fierté.

Finalement je crois que le mot meilleur ami, c’est un peu comme le coffret Maxi Burger Play Doh. Maintenant que j’ai la possibilité de l’avoir, il ne m’intéresse plus vraiment. Mais il est là. Et même si je dois avouer que j’hésite encore à m’acheter mon coffret de pâte à modeler pour passer mes dimanches pluvieux, je pense profiter encore longtemps de mon nouveau mot. Parce que c’est peut être ça devenir heureux : apprendre à apprécier les petites choses.

Le jour où… j’ai compris mon bonheur

Ce matin j’ai compris que j’étais heureux. Pendant longtemps je me suis demandé ce que ça pouvait vouloir dire. Ce que ça pouvait être. A quoi ça pouvait ressembler.
Sans jamais vraiment l’accepter, sans le savoir, j’ai été heureux. Ces petits instants de complicité, cette main dans la mienne, ce premier baiser dans le tramway, ce câlin à la gare, ce sourire après une longue séparation, ce « je t’aime » numérique…

Toute ma vie j’ai pensé que le bonheur était une fin en soi. Quelque chose après lequel on devait courir pour finalement un jour l’attraper, ne serait-ce qu’en partie. Quelque chose de concret. Qu’on touche. Qu’on garde. Et dont on profite. Comme cet objet tant désiré pour lequel on s’assoit confortablement afin d’en profiter un maximum, le choyer, le découvrir.

Je me suis trompé. Le bonheur est n’est pas une supernova au milieu de l’univers. C’est au contraire des tas des petites étoiles que l’on peut admirer chaque fois. Être heureux, c’est savoir profiter du bonheur quand il est là. Être capable de s’en rendre compte et le regarder en face au lieu d’essayer d’aller voir toujours plus loin.

En repensant à ce que j’ai vécu en 2012, à ce qu’on m’a donné en amour, en amitié, en affection et en attention, j’ai compris que j’ai été heureux. Sans doute pour la première fois. En tout cas, c’est celle qui m’apparaît comme la plus évidente. Pour ça il a fallu que je perde ce bonheur. Comme s’il fallait se séparer d’une chose pour se rendre compte qu’elle nous manque… Ce matin j’ai compris que j’ai été heureux.

Une semaine sans toi

Une semaine. Je pense à toi tous les jours. Toutes les heures. Je me demande comment tu vas. Si tu penses à moi. Rien qu’un peu. Si je te reverrai. Si tu me pardonnera. Comment on se reparlera. Si tu m’acceptera. J’imagine. Je pense. Je fantasme. Je rêve. Je réalise. Je déprime.

Tous les jours j’ai de nouvelles choses à te raconter, mais tous les jours je les garde pour moi. Si un jour je dois tout te raconter, ça prendra des heures. Mais je saura me contenter de quelques minutes. Le simple fait de savoir que je pourrai ne pas te perdre totalement me permettrai de reprendre une vie normale.

Savoir que tu penses à moi me manques. Savoir que tu sais que je pense à toi me manque. Ta présence à distance me manque. Je montre un long escalier étroit sans balustrade et j’ai peur chaque jour de tomber et de me faire mal. Tu étais celui qui me rassurais. Celui qui me rendait utile. Celui qui me faisait comprendre pourquoi j’existais.

Une semaine déjà que tu ne me rassures et que je suis perdu. Tu me manques.

Le jour où… je t’ai rencontré

C’était un samedi. Je me rappelle encore du froid. De ce manteau que je portais. De la musique que j’écoutais. U-Turn de Aaron. Cette musique reste attachée à notre première rencontre.
Tu étais en retard. Comme tu le sera presque toujours. J’avais peur que tu ne viennes pas. J’envoyais des courts SMS à tout mon répertoire pour patienter. Tu m’as appelé. Je t’ai vu.

Ce qui s’est passé ce jour là était d’une banalité affligeante. Nous avons discuté, marché et nous avons fini au cinéma avant d’aller boire un café et de se quitter. Une journée normale avec une personne que je découvrais exceptionnel. Ce jour là, mon amitié pour toi est devenue concrète, réelle. Ce jour là tu es devenu ce que tu es encore maintenant. Mon ami, mon confident, mon petit frère…

Où que tu ailles

Tu penses que plus personne ne te comprend. Tu images être redevenu comme à ta naissance, et seul et sans aide. Tu prétends devoir faire face à tes malheureux sans être assisté. Tu crois avoir été abandonné par tout le monde.

Pas moi.

Moi, je sais qui tu es. Celui qui souffre et qui pleure quand il est seul. Où penses tu aller sans personne ? Tu dois partager ta douleur avec ceux qui savent lire à travers tes yeux.

Certes, personne n’a vu tes pleurs cachés derrière ta joie apparente. Personne, pas même moi n’a deviné tes profondes entailles, et maintenant tu veux t’échapper seul.

je vois bien que tu as peur de ce qui t’arrives et même que tu es effrayé par le futur. Mais tu ne peux pas abandonné tout le monde. Surtout pas moi.

Je l’aime

Six moi sans nouvelles.
Enfin pas directement.
Je l’aime. Enfin pas comme ça.
Je l’aime pour de vrai. Comme un frère.
Peut être que lui aussi.
C’est pour ça qu’il m’appelait ?
Mais maintenant ?
Il me manque. Terriblement.
C’est un trou d’amour que j’ai en moi.
Et eux. Qu’est ce qu’ils croient ?
Ce sont eux les pervers. Des voyeurs.
Je t’aime.
Et apparemment…
pas toi.

Je l’aime

Six moi sans nouvelles.
Enfin pas directement.
Je l’aime. Enfin pas comme ça.
Je l’aime pour de vrai. Comme un frère.
Peut être que lui aussi.
C’est pour ça qu’il m’appelait ?
Mais maintenant ?
Il me manque. Terriblement.
C’est un trou d’amour que j’ai en moi.
Et eux. Qu’est ce qu’ils croient ?
Ce sont eux les pervers. Des voyeurs.
Je t’aime.
Et apparemment…
pas toi.