« L’affaire Dieudonné » doit s’arrêter

J’ai beaucoup écrit sur cette affaire Dieudonné puis j’ai finalement renoncé à publier à cause des débats étonnants dans mes contacts sociaux sur le sujet. Des débats passionnés dont je n’arrive pas vraiment à comprendre pourquoi ils sont encore plus violents que ceux sur Leonarda ou sur le Mariage pour Tous. Mais l’actualité du jour est particulièrement délirante :
– Le propriétaire du théâtre de La Main d’Or veut expulser Dieudonné, alors qu’il paye son loyer et n’a pas de soucis d’exploitation, pour ses idées. C’est une décision totalement discriminatoire car nul n’a le droit de refuser une location à cause d’idée politique, aussi nauséabondes soient elles. Seule la justice peut décider de l’illégalité des propos de Dieudonné. Et quand bien même Dieudonné sera (encore) condamné, un propriétaire n’a pas le droit de se séparer d’un locataire aussi justiciable soit il. D’autant qu’il s’agit en l’occurrence de Dieudonné en tant que personne morale et non physique.
– Le Point publie un article de quelques lignes sans aucune autre description que « salmigondis imprécateur » (histoire de montrer sa supériorité à ses lecteurs). Sans aucune contextualisation, explication ou données, le journal balance l’intégralité de l’1H10 du spectacle arguant en prime que ses deux journalistes ont du payer 40€. C’est non seulement illégal (c’est de la contrefaçon, et à but commercial qui plus est) mais ce n’est surtout pas du journalisme puisqu’il n’y a aucune explication sur ce qui est dit, et chaque lecteur devrait prendre une heure de son temps pour écouter. Le Point se positionne en sorte de Wikileaks…

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Je ne ferai pas l’affront à Voltaire de citer sa fausse citation disant que même s’il n’était pas d’accord avec quelqu’un il se battrait pour qu’il ai le droit d’en parler. Je n’oserai pas non plus dire que c’est un combat quotidien que j’ai, certains propos publics me poussant parfois à un salutaire « ta gueule. »
J’ai tendance à penser que la liberté d’opinion et celle d’expression qui est son pendant public est la liberté la plus importante que nous ayons gagné au cours des 300 dernières années, et que nombre de pays n’ont pas encore acquis. En tant qu’ultra libertaire, j’ai tendance à croire que n’importe qui devrait pouvoir dire n’importe quoi. Mais ce n’est pas la loi française.

En France, on a notamment sorti les insultes publiques, la diffamation, les discriminations et le négationnisme du débat public en considérant qu’ils étaient non pas des opinions, mais des délits. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou non, et c’est sans doute un débat plus philosophique qu’idéologique. Mais nous vivons donc dans un pays avec un loi très claire, écrite, et appliquée dont l’Etat et ses dirigeants sont garants : « on peut tout dire sauf… ».

Certains usent et abusent et cette liberté d’expression et surtout de cette privation de liberté pour des motifs délictuels. C’est le cas de la victimisation du Front National depuis 30 ans, qui tient des propos à la limite de la légalité, et que les partis dits républicains -parce qu’ils sentent les électeurs partir à la facilité- tentent d’interdire. Cette victimisation rend non seulement le Front National plus fort parce qu’ils ont toujours les mêmes parades et qu’il est le plus souvent légalement couvert, mais le rend surtout plus sympathique et humain aux yeux du grand public.

Et ce n’est ni à un parti politique, ni à ses représentants, ni même au gouvernement d’un Président élu d’imposer l’application d’une loi envers quelqu’un à travers des décrets et autres circulaires. Nous avons un système judiciaire en place, que l’on peut contester, que l’on peut réformer, mais qui doit être le même pour tous. Quand les plus hautes instances de la République se mettent, comme c’est arrivé depuis quelques jours, à lancer une chasse à l’homme idéologique pour interdire un individu ou une idée, dans le cas présent Dieudonné, elles nous mettent face à de sérieux problèmes.

Le premier est que Dieudonné n’attend que ça. Depuis des années il harangue les médias pour parler d’antisionisme, terme et débat qui dépasse la plupart des gens au passage alors qu’il est quand même le fond de la polémique, et n’existe qu’à travers la publicité que lui font tous les organes de presse au moindre dérapage. Cette victimisation le rend plus fort auprès de son publique et sympathique pour d’autres. Ceux qui ne l’aimaient pas à la base ne changeront pas d’avis. Il est bien évident que personne ne s’est dit après ces deux semaines médiatiques : « Oh bah tiens finalement je vais plus l’aimer Dieudonné ».

Le second est la liberté d’expression. Dieudonné doit pouvoir donner son avis et raconter ce qu’il à dire, faire son métier d’humoriste et d’agitateur de conscience. Sa limite ? Le troisième problème, celui de la légalité. C’est la justice et elle seule qui doit être la limite de Dieudonné, sans quoi n’importe quel ministre nommé pourra se permettre par « jurisprudence » et sous couvert de bonne morale d’interdire un opposant un peu trop dérangeant de parler.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme a en partie déjà tranché la question dans les années 70’s

« La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique ». »

Quant aux arrêtés proposés par Manuel Valls, ils ont déjà été mis en place de nombreuses fois avant d’être cassés en référé par tous les tribunaux administratifs locaux.

On ne combat pas une idéologie en la muselant. Même la haine. Il n’existe pas de vaccin contre le racisme, les discriminations ou la connerie. Ces déviances de la liberté d’expression doivent être intelligemment combattues sur le terrain de l’idéologie et au quotidien. Je ne crois pas à cette France qu’on nous a décrit comme islamophobe et dont on nous fait croire qu’elle serait devenue antisémite. Je ne crois pas à la généralisation du racisme anti blanc. Je ne crois pas contrairement à Pascal Bruckner que le raciste anti blanc soit l’antisémitisme.
Je crois simplement en une partie de l’opinion publique qui se laisse influencer par ce qu’elle voit et entend à longueur de journée dans les médias qui se complaisent à surfer sur des vagues de merde pour vendre de la publicité. Chaque mois a sa nouvelle affaire : son Leonarda, son bijoutier de Nice… Les seuls qui y gagnent sont les médias qui ont tout intérêt à intéresser les français pour leur vendre de la publicité, et les politiques pour démontrer qu’ils sont les meilleurs. Sauf qu’on oublie bien souvent les faits et qu’on laisse des stratégies de communication et commerciales prendre le dessus de la valeur de l’information.

D’ici quelques semaines l’affaire Dieudonné s’arrêtera. On reparlera vaguement de crise et de chômage puis des élections municipales qui feront augmenter les audiences et les tirages. On devrait rapidement avoir un fait divers qui agitera la France histoire de combler le vide l’avant été. Sauf si on trouve encore mieux d’ici là.

Kheiron, (petit) prince du rire

J’ai toujours vu des spectacles exceptionnels à l’Européen. Je me rappelle encore la froide et terrible marche funèbre du piano de Soap&Skin et ses cris glaçants. Mais ce soir, c’est Kheiron et son micro qui sévissent sur la scène. Ils ne briseront pas ma règle.

kheiron

Kheiron c’est le mec de Bref. Pas LE mec de bref. L’autre. Bref. Issu du Jamel Comedy Club, Kheiron (c’est pas la première vanne du spectacle, c’est son vrai prénom), fait du stand up. Et il commence sur quelques blagues communautaires. Alors Kheiron serait il un cliché comme tous ces humoristes qui font les mêmes blagues sur les arabes et les cités ? Eh bien non.

En fait, Kheiron frôle toutes les ficelles faciles de l’humour actuel mais les évite au dernier moment. Pas question de faire une blague sur les habitudes des noirs ni de prendre un cliché du quotidien pour faire marrer son public varié tant dans l’âge que dans les différences apparentes (y’a des vieux, des arabes, des noirs et des pédés pour être clair). Il raille les gens qui arrivent en retard, interpelle une femme, puis un couple au hasard pour les faire se dévoiler. On sent que Kheiron a à coeur de partager et pas seulement de se produire devant les quelques centaines de spectateurs présents. Il enchaine, sans pause, sans aucun effet de mise en scène (à l’exception d’une chanson pour débuter et une pour finir) avec pour seul arme sa présence, son charisme et ses textes.

Peu à peu on ne sait plus si Kheiron est dans ses écrits ou s’il improvise. A la fin, il annoncera que chaque personne qui a laissé son e-mail sera invitée à vie à son spectacle et pourra le revoir pour comparer (Pendant Scriptum : Kheiron si tu me lis, j’ai oublié de mettre mon e-mail, fais pas ta pute, file moi une carte à vie. Merci.).
Et non seulement le spectacle devient rapidement drôle, malgré quelques facilités (sur Frederic Mitterand par exemple), mais surtout il est intelligent. Pas l’intelligence des mots d’un Desproges. Pas l’intelligence absurde d’un Dupontel. Pas l’intelligence grotesque d’un Coluche. L’intelligence de Kheiron. Celle d’un mec qui se livre pudiquement sur scène. Il commence le spectacle en parlant de la fausse couche de son ex femme au travers d’une blague horrible. Il reviendra par la suite sur ce début qui donne le ton en faisant réfléchir le public sur le fameux « peut on rire de tout ». Pourquoi une fausse couche serait elle plus ou moindre drôle qu’une blague sur les gros ?

En ça, il devient touchant et percutant. En somme, Kheiron montre son cul pour mieux cacher son coeur. Il rigole de tout pour ne pleurer de rien. Et si l’humour est un signe d’intelligence, Kheiron est un génie.

Réclame

Kheiron joue jusqu’au 4 janvier à l’Européen (grouille toi donc)

Quand Le Parisien sert la soupe et crache dedans

EDIT 12H02 : je viens de voir que c’était un classement Voici et non Le Parisien. Ce qui finalement est bien pire sur la conclusion

C’est le megabuzz trash people putasserie (comme dirait Morandini) du matin : le classement des personnalités détestées des français. Et il est franchement étonnant. Tant sur les présents que sur les absents. On passera sur le fait que les 3 personnalités les plus détestées sont 3 musulmans.

Côté politique, on retrouve François Hollande, sans grande surprise, accompagné de son épouse et un peu plus loin Nicolas Sarkozy et la sienne, pourtant plébiscité dans les sondages d’opinion. Bizarrement, aucune autre personnalité politique ne remonte. Pas de Marine ou Jean-Marie Le Pen. Pas de Cahuzac, Woerth, Guaino ou autres mis en examen. Pas de ministre en exercice non plus, alors que les français disent exprimer « un ras le bol fiscal » dans les sondages. Et dans les politisables, aucune trace de Frigide Barjot, Dieudonné, Christiane Taubira, Manuel Valls ou Alain Escada.

Côté sport, on retrouve Franck Ribery, en lice pour le Ballon d’Or, qui admet souffrir d’une mauvaise image en France, mais aucun autre joueur français. Pas même Evra qui a pourtant été assez violent récemment dans ses propos. Pas non plus de Lilian Thuram qui règle ses disputes conjugales dans les médias. Et encore plus surprenant la 19e place est attribuée à… Yannick Noah, souvent nommé personnalité préférée des français dans le classement JDD/IFOP, et 10e cet été.

Et la comparaison ne s’arrête pas là. Gérard Depardieu est 46e personnalité préférée des français et 9e la plus détestée. Alain Delon est quant à lui respectivement 48e et 7e. Encore plus étonnant Laurent Ruquier est 46e et 16e alors qu’aucun de ses chroniqueurs n’est cité, pas plus que Eric Zemmour. Et aucun autre polémicien.

Le Parisien oublie de donner sa méthodologie. Pour le JDD, IFOP est très clair sur la méthode

Vous allez voir une série de 50 personnalités françaises. Nous aimerions savoir quel(le)s sont, parmi les suivant(e)s, les dix Français(es) qui comptent le plus pour vous aujourd’hui, et que vous trouvez les plus sympathiques.
1) Pour chaque personnalité qui va s’afficher, merci d’indiquer si vous considérez qu’elle compte et/ou que vous l’aimez bien ou si vous ne l’aimez pas (ou que vous ne la connaissez pas).
2) Parmi les personnalités que vous avez retenu comme étant des personnes qui comptent pour vous ou que vous aimez bien, quelles sont les dix qui comptent le plus pour vous ou que vous aimez le mieux ?

Ainsi les gens ont le choix entre une liste prédéfinie de personnalités. C’est à dire que le JDD choisit lui même les 50 personnalités, et demandent aux gens de voter. De fait, le classement est biaisé. Et il y a fort à parier que Le Parisien a fait de même, avec sans doute une liste de plus de 20 personnalités et une question genre « Qui vous agace le plus ».

Et quand on regarde la liste, ce qu’on peut noter c’est que les deux premières, Zahia Dehar et Nabilla Benattia ont un peu le même profil : deux filles parties de rien qui ont réussi grâce à leur corps, d’abord avec la prostitution puis avec leur image. Et elles ont bénéficié du peu ramdam (c’est le mot français pour buzz) médiatique. D’ailleurs dans la liste on retrouve aussi Léa Seydoux dont on a longuement parlé sur les réseaux sociaux pour sa présence médiatique à outrance. Et c’est finalement le cas de tout ceux qui sont cités. Ainsi les français sembleraient sanctionner non pas des personnalités qu’ils ne connaissent pas mais bien leur présence médiatique. Sauf que…

La présence médiatique comme son nom l’indique, vient des médias. Que Le Parisien est un média. LeParisien.fr a 3230 résultats sur Nabilla, 8030 sur Zahia (6040 sur Frigide Barjot, 286 000 sur Nicolas Sarkozy). Et le journal, comme ses confrères, s’est largement fait l’écho de ces personnalités dont il s’est servi pour écouler des tirages ou faire des pages vues sur son site internet pour vendre un maximum de publicité. C’est pourquoi le classement est doublement faussé. Et sans doute que la question aurait du être :

Parmi toutes ses personnalités dont on vous a boursouflé le cortex pendant l’année qui vient de s’écouler, lesquelles vous on le plus énervé ?

Mon top 10 des hommes politiques les plus sexy

Suite à l’article de Buzzfedd sur les 50 hommes politiques français les plus canons, j’avais envie de moi aussi donner mon avis. Premier constat : ça manque de jeune. Faut dire qu’entre Benjamin Lancar, Thierry Marchal-Beck, Eduardo Rihan Cypel, Nicolas Bays, Razzy Hammadi, ou encore Rudolph Granier on peut pas dire que la jeune génération nous offres des bogosses…

Voici donc de manière totalement arbitraire mon top 10 des bogosses politiques à moi.

10. Julien Rochedy
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9. Jérôme Cahuzac
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8. Laurent Wauquiez
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7. Bruno Julliard
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6. Arnaud Montebourg
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5. Geoffroy Didier
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4. Dominique de Villepin
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3. Manuel Valls
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2. Franck Riester
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1. François Baroin
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Pédophiles, chômeurs, consanguins… et assassins

C’est bien connu chez nous. Pour agir et encore pire, pour légiférer, il faut des morts ou des violons. André Rieu était trop occupé à réfrigérer les maisons de retraite pour garder son public, c’est donc vers la première solution que c’est tourné le football.

Pendant que le promoteur du Brie, Yves Jégo et sa secrétaire Romain Mouton -qui porte décidément bien son nom- tentait de nous faire croire qu’il fallait faire une minute de silence en l’honneur d’un flic mort avant d’aller voter (et pourquoi pas aussi pour la mort de la démocratie ou pire, du MoDem ?), Yann L., supporter du PSG décidait de mourir pour la France. Oui pour la France. Parceque contrairement à notre flicaillon mort pour le terrorisme qui va inciter un peu plus à la répression, Yann L. est mort pour la France. Grâce à lui, la France -et on espère les instances footballistiques- va enfin se rendre compte des dérives sociales du football qui semble être devenu le vecteur de tous les maux.

A chaque match à Paris, les abords du Parc des Princes deviennent un camp militaire. A chaque match pourtant, les lacrymos s’invitent parmi les supporters. Ainsi, ai-je été gazé un soir de match alors que j’étais venu admiré la défaite assumée des parisiens aux frais de la mairie.
A la sortie des tribunes, une bande s’agite et insulte quelques policiers qui passaient par là. La charge est donnée et les gaz sont lâchés. En contournant l’obstacle, j’aperçois par terre une écharpe bleue rouge et un peu plus loin un enfant à genoux sur le trottoir avec probablement son père. Les yeux rouges et coulant il semble avoir du mal à parler. Sur le manteau qu’il tente d’enlever se trouve une grosse tâche. En réalité, l’enfant venait se recevoir le gaz destinée à la bande qui s’était bien gardé de rester dans les parages.
C’est le lot bimensuel de la Porte de Saint-Cloud : violences, insultes et dérapes contrôlés.

Depuis plusieurs années, la mairie, la préfecture, la fédération et les clubs ferment les yeux sur ces incidents, préférant rejeter la faute sur les clubs de supporters quand des images un peu trop gênantes passent sur TF1, arguant que de toutes façons, c’est pire ailleurs. La municipalité de Paris taxant le PSG au delà des autres clubs sportifs (le football est un non seulement un sport mais également considéré comme spectacle), elle a tout intérêt à ce que le stade soit régulièrement plein, quitte à fermer les yeux sur ce qu’il s’y passe. Car même si les supporters parisiens avaient déjà fait preuve de mauvauis avec leur banderole « Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez les Ch’tis » les messages et symboles nationalistes voire neo-nazis sont monnaie courante dans ce qu’on appelle les KOP.

Si le PSG, la Fédération et la Ligue étaient si gênées par ses pratiques comme elles semblent le dire aujourd’hui, pourquoi avoir laisser, à de nombreuses reprises, les choses s’envenimer ? Les clubs de suporters seraient ils plus influents qu’ils ne veulent l’avouer ? Sont-ils vraiment nécessaires aux paiements des salaires de joueurs ? Si les instances veulent vraiment taper fort cette fois, alors allons y. Frappons fort, sans hésiter. Mais pas en arrêtant de filer quelques milliers d’euros à quelques supporters pour qu’ils fabriquent des banderoles. Pourquoi ne pas organiser une journée de Ligue 1 sans supporters ? Pourquoi ne pas exclure d’office des compétitions nationales tous les clubs qui n’assurent pas la sécurité ? Pourquoi ne pas facturer aux clubs la mise à disposition des forces de l’ordre ? Sans acte vraiment probant, on serait en droit de se demander jusqu’où les dirigeants du football français sont prêts à aller pour garder leurs intérêts.

En attendant merci à toi, Yann, d’être mort. Mort pour le football. C’est beau. C’est aussi beau que de mourir sous un étendard sanglant pour la gloire du patrie. Pareil. Aussi con.

Séisme : le bon plan des haïtiens

« Toute façon ce qu’il nous faudrait c’est une bonne guerre » lâchait récemment non pas Luc Vigneron -qui ferait bien d’avoir un métier à propos avec son patronyme plutôt que d’enlever les AK-47 des mains de candides enfants afghans pour tenter de leur glisser les siennes- mais une personne totalement sans intérêt à tel point que je me suis demandé s’il ne serait pas animateur –les professionnels cathodiques rectifieront en présentateur- de journal télévisuel pour non-comprenant. Et s’il avait raison le con ? Si c’était ça la solution ? Après tout rien n’est plus florissant que le marché de la guerre : destruction, marché des armes, construction et hop c’est reparti.

C’est en partant que ces questions auxquelles je me refuse catégoriquement de réponse avoir s’y avoir réfléchie comme tout chef d’Etat qui se respecte –ou pas-, au moins quelques heures, que j’en suis venu à me demander si finalement le tremblement de terre –même si la trademark mondiale est ‘séisme’- en Haïti n’était pas une bonne chose. Avec à peine 120.000 morts et moins de 200.000 blessés, Haïti a non seulement réussi à faire venir les télévisions du même entier -chose que Paris Hilton, même en perdant sa culotte, n’a jamais réussi à faire- mais a également réussi à se faire financer la reconstruction du pays pour quelques milliards de dollars, dont la moitié provient d’autres pauvres du monde entier qui eux meurent sans caméra. Dans l’intimité en quelques sortes. C’est mieux.

C’est aujourd’hui que la réponse m’est apparue, quand le collectif qui s’est auto-appelé les « pays amis d’Haïti » -dont la plupart siègent à l’ONU qui a donc laissé crevé pendant des années Haïti mais c’était avant ça compte pas, pouce !- en la voix du premier canadien Stephen Harper ils ont conclu que la reconstruction du pays prendrait au moins dix ans. Dix ans… Dix longues années semblent penser les intellectuels donneurs d’ordre et bouffeurs de terres, liberticides et néocolonialismes. En seulement dix ans, les pays les plus puissants du monde vont donc faire d’Haïti leur cheval de bataille contre la pauvreté, applique leur plan Marshall à eux et recoloniser l’île comme à la bonne époque de l’Empire. En seulement dix ans, les puissances mondiales vont stabiliser le pays en abolissant le communisme –forcement- et en injectant la culture moderne featuring hôtels cinq étoiles de McDonald.
Bref, en 10 ans, Haïti va devenir la réplique exacte de son voisin Saint-Domingue –qui est en réalité l’ancien nom d’Haïti-, lieu touristique en vogue dans les soirées mondaines.

Finalement à coup de milliards de dollars, l’occident devrait facilement réussir à se redonner bonne conscience envers ce pays (de) barbare abandonné dans la misère depuis deux siècles et la haïtiens devraient finalement y trouver leur compte. Avec trois-cent-vingt fois moins de morts qu’une bonne guerre mondiale de chez nous, ils arrivent à se faire payer un pays tout neuf, tout à l’égout inclus et probablement CNN et FoxNews. Tout le monde et content non ? Reste à espérer que la conscience collective soit aussi restrictive que l’est la mémoire.

Les morts sont toujours plus verts dans les pays voisins

Hier, alors que je glandouillais machinalement sur internet en ne faisant rien d’autre que de préparer une nouvelle chronique en cherchant la recette du sorbet à la fraise -parceque Lidl ne vends plus celui que j’aimais bien et la nouvelle marque qu’ils ont mis à l’étalage ne vole pas bien haut-. Hier, donc, écrivais-je avant de digresser grassement, un ami photographe de presse m’envoie un e-mail pour me signaler son départ pour Haïti, où, comme vous le savez une centaine de milliers de plus ou moins pauvres personnes sont morts. « Et deux français » rajouterait notre ministre des affaires étranges, Bernard ‘couche toi là’ moins chauve mais plus chauvin que Thierry Roland.

Ainsi donc, cet ami qui travaille pour une agence de presse presque quelconque m’annonce t’il qu’il part pour Haïti afin de montrer au monde l’horreur actuelle de ce pays. Le voici donc en route pour l’autre bout du monde dans le but de satisfaire l’économie de marche de l’information qui consiste à surabonder d’images –puisqu’une information c ‘est une image, on ne va quand même pas la lire- tout en surabandonner tous les autres sujets anciennement dans l’information, ou pire, les sujets qui ne sont jamais traités sous prétexte qu’ils n’intéressent personne. C’est le cas d’Haïti par exemple.

En réalité ce fut le cas d’Haïti jusqu’à ce joli 12 janvier 2010 Mère Nature usa un peu trop violemment de son vibromasseur géant et péta la gueula à ces sales pauvres d’haïtiens. Pour ma part, je n’ai rien contre les haïtiens, je ne doute pas un seul instant que tout petit bout d’ile puisse contenir un petit peu de gens biens. Néanmoins, puisque depuis son indépendance il ya 200 ans le pays a été tantôt pillé économiquement par la France, laissé avec une dette extérieure parmi la plus haute du monde si on la rationne par habitant et étant le pays le plus pauvre du monde avec 80% d’habitants vivant sous le taux de pauvreté, j’avais conclu que ce pays était à la Terre ce que le FC Saint-Germain en Laye était au football élitique, c’est-à-dire pour les moins footballistiquement informés d’entre vous, approximativement rien.

Dans un élan formidable de générosité, une bande de dirigeants ont enregistré depuis leur salons dorés une vidéo faisant appel à la générosité des « gens » (ça c’est vous) pour aider les pauvres Haïtiens qui crèvent de faim et de froid et qui n’ont plus d’habitats sur leur îlot abandonné alors qu’avant ils devraient de faim, ils devraient de froid, mais, ils vivaient dans des bidonvilles. Ainsi, nos jolis dirigeants onuesques tentent de refaire cette magnifique opération à 17 milliards de dollars qu’ils avaient lancé pour ce qui est resté dans les anales -tous les mots en –al ne font pas leurs pluriels en –aux- comme LE tsunami (on a d’ailleurs appris ce jour là à 6 milliards de personne ce qu’était un’ tsunami’).

Après les appels des grands de ce monde viennent généralement les appels des célébrités. Entre les deux, arrivent normalement les virements bancaires de célérités comme le fut Michael Jackson qui font des dons mais sans caméras pour filmer leurs chèques de 12m² qu’ils mettent dans une enveloppe. Les célébrités donc. A défaut de mettre leur compte en bancaire à disposition des causes humanitaires, elles acceptent volontiers contre un peu de caméras de se montrer pour qu’on récolte sur leur dos –et sans avoir à leur reverser de pourcentage- quelques centaines de milliers de dollars pour racheter des bidons aux bidonvilliers. On notera notamment le très généreux appel aux dons de James Cameron –le décérébré à lunettes qui a commis le remake des Schtroumpfs à 1.3 milliards de dollars recettes et qui avait déjà commis le Titanic à un autre milliard.

Bien heureusement c’est bientôt le retour de la Ferme Célébrités, et on devrait enfin retrouver des images agréables à regarder pendant le repas familial du soir. J’en suis navré, mais j’ai toujours eu du mal à finir mon assiette en regardant une bande de somaliens crever en plein désert sans dessert. Petit nature…

Obama : une année d’incompétence plus loin

Le 4 novembre, nous fêtions gaiement le premier anniversaire de l’élection du premier Président noir américain. C’était bien la seule chose que l’on pouvait fêter. Le 4 novembre 2008, le monde occidentale découvrait qu’on pouvait être noir, américain et Président oubliant par la même que nombre de noirs avaient déjà réussi aux Etats-Unis alors qu’en France on s’étonne encore devant le succès d’Harry Roselmack -qu’on voit d’ailleurs prochainement envoyé fait une émission dans une cité, toute façon je ne vois pas trop ce qu’on peut faire d’autres avec un noir… merci TF1-

Le 20 janvier, les cotillons seront de sortie pour fêter le premier anniversaire du début du boulot de Barack Obama. Pourtant, le premier bilan d’Obama n’est guère réjouissant. Après une série de bourdes qui n’auraient pas été pardonnées à un Républicain -ou à Sarkozy- (payer une bière à la Maison Blanche à un innocent après l’avoir insulté de raciste, écrire un mot d’excuse scolaire alors qu’un citoyen lui parle etc.), le 44e Président s’est également lourdement planté sur sa politique intérieure.
Accablé par un contexte économique très mauvais, Barack Obama avait pourtant fait preuve de lucidité et avait même réussi à obtenir une croissance de 3,5% après avoir concédé près de 800 milliards de dollars aux différents organismes financiers. La récession semble désormais écarte et la stabilité obtenue cependant, le chômage s’est largement aggravé atteignant presque les 10% en octobre (le plus haut taux depuis 25 ans) et le plan de relance ne semble guère améliorer les choses.

La deuxième grande réforme d’Obama devait être la santé. Alors que 50 millions d’américains n’ont pas de couverture santé, l’administration Obama entend créer une sorte de Sécurité Sociale -qui donc est un puissant gouffre financier chez nous-. Bien qu’intéressante, la réforme a bien du mal à être accepté par les conservateurs et les républicains qui la taxent d’assistanat. L’électorat blanc traditionnel se trouve gêné dans cette mesure qui concernerait majoritairement les familles noires les plus pauvres. L’année 2010 devrait voir éclore cette mesure qui était l’un de ses grands thèmes de campagne.
Autre grand thème abordé pendant sa campagne : l’écologie. En fait non. Le réchauffement climatique, qui est beaucoup plus porteur (et qui a surtout valus un prix Nobel à Al Gore dont il est le successeur). En tant que Président du premier pays producteur de gaz à effets de serre, Obama a en effet les billes pour faire changer les choses. Les premières mesures, minimes, sont en route, mais l’administration Obama n’annonce aucun an d’envergure avant la fin 2010, mais devrait profiter du sommet de Copenhague dans quelques jours pour annoncer une mesure populiste à long terme, sans pour autant se mettre à dos les gros états producteurs de pétrole tels que le Texas, la Louisiane ou la Virginie.

Par ailleurs, toutes les « petites promesses » qu’avait faites Obama pour se différencier de son prédécesseur semblent s’envoler. Adieu la transparence à la Maison Blanche sur les correspondances ! Le nombre de « Secret d’Etats » est passé de 5% des correspondances à plus de 15%. Oubliée les promesses l’abolition de la torture ! Alors que Guantanamo n’a toujours pas fermé ses portes, l’administration Obama poursuit les efforts de celles de Bush pour que des milliers de documents documentant la torture sur le territoire américain ne soient pas diffusés. Une récente enquête espagnole accablante parle de torture physique (écrasement des testicules, inoculation de maladie, waterboarding) mais également morale (privation de sommeil, menaces familiales). Obama a admit leur existence dans son discours du 24 aout dans le Wisconsin. A une question d’une journaliste il répond alors qu’il pense que leur publication « pourrait mettre en danger les troupes ».

Mais le gros point noir –enfin…- d’Obama reste la politique internationale. Même s’il garde encore son aura de premier Président noir par contraste avec Bush et qu’il a reçu le Nobel de la Paix (qui sera la plus belle blague de l’année si Ségolène Royal n’annonce pas sa candidature pour 2010 avant le 31 décembre), Obama n’a pas fait bouger d’un iota la situation israélo-palestinienne. Obama s’est même incliné devant les israéliens en abandonnant sa demande de gel des colonies ! Certes, un désengagement de l’Irak a commencé mais c’est uniquement au profit du « maintien de l’ordre » en Afghanistan où 80% des militaires sont américains et où l’on vient de vivre une des plus grandes fraudes électorales de l’Histoire, juste après l’Iran où Obama patauge méchamment dans le marais du nucléaire. Malgré ses régulières annonces, la situation n’est toujours pas réglée, et l’Iran nargue encore la première puissance mondiale. Jusqu’ici, Barack Obama préfère soigner son image que d’engager des négociations houleuses, comme on a pu le voir récemment en Chine où aucune accord et aucune discussion n’a été engagée.

Par ailleurs, alors qu’il allait recevoir le Prix Nobel, Barack Obama faisait voter le 18 mars 2009 un plan de recrutement militaire pour la jeunesse américaine qui répond au gout nom de « Generations Invigorating Volunteerism and Education Act». Ce plan avait été initialement prévu par… George W. Bush.

Reste qu’un an après son accession au pouvoir, Barack Obama qui a fait campagne sur espoirs et illusions fait aujourd’hui son bilan sur des demi-mesures et d’autres promesses. Malgré quelques avancées qui frôlent la démagogie (la santé pour les pauvres et l’écologie pour les autres), les grands chantiers d’Obama se résument aux conflits armées qu’a engagé l’Amérique depuis l’administration Bush et à injecter des centaines de milliards de dollars dans le système bancaire sur les ordres de la Federal Reserve Bank. C’est finalement exactement le résumé des années Bush Jr.

La scandale du Climategate enfin en marche

Le sommet de Copenhague approchant à grands pas, on ne pouvait pas trouver de moment démagogiquement plus intéressant pour soutir le scandale du Climategate qui couve depuis quelques temps.
Depuis maintenant trois ans, un groupe très actif d’américains publie régulièrement des contre-argumentaires aux nombreuses études scientifiques concernant le réchauffement de la planète, tentant à prouver qu’à l’heure actuelle la science n’est toujours pas capable de déterminer avec précision la part anthropique de ce qu’on appelle désormais communément « le réchauffement de la planète ». A coups de diagrammes, de Prix Nobel et d’interventions show-time, une large partie (puisque contrairement à ce qu’affirme Al Gore ce n’est pas la totalité) de la communauté scientifique assène à la population mondiale qu’à cause de leurs -ceux de la populace- méfaits, la planète se meurt. Ses mêmes scientifiques oublient au passage de dire que c’est leurs collègues grâce à leurs inventions basées sur l’exploitation des ressources minières et pétrolières qui ont causé ces prétendus dégats. Qu’importe ! Au diable le trou dans la couche d’ozone, au diable la pollution spatiale, aujourd’hui pour être in il faut parler du réchauffement climatique.

La semaine dernière sur l’excellent Air Vent, un étrange commentaire vient semer le trouble parmi la communauté scientifique puis médiatique. Un individu prétend avoir piraté des e-mails du Climate Research Unit de l’université de West Anglia en Grande-Bretagne. L’authenticité a depuis été confirmée par l’institut lui-même.
Ces échanges sont plutôt inquiétants pour le CRU et compromettant pour ses études puisque les chercheurs concernés ne sont autres que ceux qui ont rédigé le rapport du GIEC qui est le rapport de référence concernant les troubles -et notamment le réchauffement- climatiques.

La première remise en cause elle est celle du graphique en crosse de hockey censé prouver que les températures actuelles sont les plus hautes jamais atteintes, même lors de réchauffements naturels. Dans plusieurs échanges, les chercheurs avouent manquer cruellement de preuves et un e-mail demande même d’effacer toutes les correspondances qui pourraient remettre en cause ce graphique. Un des chercheurs avoue ne pas disposer de preuve corroborée pour établir la hausse exacte des températures au Moyen-Âge (la dernière hausse importe connue, celle à laquelle on compare l’époque actuelle). C’est pourtant sur ce graphique que repose la plupart des études actuelles et notamment la célèbre conférence d’Al Gore.
Dans un e-mail daté du 12 octobre 2009 voici ce que Kevin Trenberth de l’UCAR (rapporteur majeur du rapport GIEC en 1995, 2001 et 2007) explique à Michael Mann du PSU.

The fact is that we can’t account for the lack of warming at the moment and it is a travesty that we can’t. The CERES data published in the August BAMS 09 supplement on 2008 shows there should be even more warming: but the data are surely wrong. Our observing system is inadequate.

La seconde mise en cause est encore plus grave. Phil Jones, le directeur du CRU et auteur important du GIEC explique dans un email qu’il souhaite influencer un comité de relecture pour empêcher la publication d’un article qui remet en cause la thèse du réchauffement climatique anthropogénique.

I can’t see either of these papers being in the next IPCC report. Kevin and I will keep them out somehow – even if we have to redefine what the peer-review literature is !

Le troisième point important de ces e-mails est la rétention de données qui complète le premier point. La bande de chercheurs a, à de nombreuses reprises, consciemment et volontairement caché nombre de données capables de changer leurs analyses.

A travers ces 1073 e-mails, on comprend donc pourquoi la thèse de la main mise de l’homme sur ce qu’ils appellent le dérèglement climatique est encore si peu contestée aujourd’hui. Reste à savoir si le sommet de Copenhague sera l’évènement du trust de la théorie voulue comme consensuelle où si, enfin, des voies vont s’évkever, et éviter qu’on lance des projets pour des sommes considérables (2050 milliards de dollards pour la dernier projet étudié par la NASA) alors même qu’on ne connait qu’une infime partie du dérèglement.

Lire également l’article de Vincent Bénard sur Objectif Liberté