Comment je n’ai jamais travaillé pour YouTube Label

Avant d’en arriver à écrire cet article, je suis passé par tous les stades. De la joie la plus cool de ma vie aux pires moments de déprime. Je suis pas toujours du genre à parler. Mais j’aime bien écrire. Alors j’écris. Et puis, vu que je raconte souvent ma vie sur internet, que parfois des gens m’écrivent pour me dire qu’ils ont aimé ou que ça les a aidés, alors j’ai décidé de le publier. Voici comment je me suis fait baiser (sans consentement) pendant des mois et comment je galère à m’en sortir.

Acte 1 : où la vie est finalement beaucoup trop cool

Avril 2015. Après plus de trois années extraordinaires passées au sein des Cinémas Gaumont Pathé (j’ai l’impression de commencer une lettre de motivation) et de retours de quelques soucis personnels, je décide de m’envoyer vers des nouveaux horizons. Nouveaux défis, nouvelles missions, nouveaux bureaux. Avant même d’envoyer quelques CV, je suis rapidement contacté par plusieurs cabinets qui cherchent des experts en social media. Il faudra un jour que je fasse un article sur la recherche d’emploi. C’est souvent cocasse et ridicule. Après entretien, on me propose plusieurs postes. A des salaires très confortables allant de 50K à 65K€ annuels pour des jobs assez similaires à ce que je faisais avant, dans de grandes entreprises, annonceurs ou agences. Puis les hasards de la vie font qu’à la suite d’une soirée, une connaissance est devenue un ami, Alexandre Dobrowolski. Il me présente un projet créé notamment autour de trois autres actionnaires aux parcours et aux CV admirables et impressionnants : Henri de Bodinat (ex-PDG de Sony Music et du Club Med, en charge du fond Time 4G) en charge des investisseurs, Tim Newman (producteur de télévision pour Froggies Media, notamment pour France Télévisions) en charge d’une partie des productions et des investisseurs, Vincent Baron (analyse financier) en charge des business plans, et donc mon ami Alexandre Dobrowolski (fondateur du groupe SooFresh Media) en charge de l’expertise web.

Le projet s’appelle YouTube Label, avec autorisation de Google mais sans lui appartenir m’explique Henri de Bodinat, YouTube exigeant en échange qu’on s’occupe des « trous de la raquette » (qui deviendra une des expressions clés dans tous les rendez-vous avec des partenaires), c’est à dire en promouvant des thématiques qui sont soit éditorialement quasiment inexistantes (éducation, histoire, cuisine, sport etc.) soit sous représentées par rapport à d’autres pays (jeux vidéo notamment). Le projet me séduit rapidement parce qu’il vise à monétiser des youtubeurs sans jamais profiter d’eux, mais en étant à leur service. L’inverse de toutes les MCN qui existent actuellement sur le marché. Nous partagions vraiment cette conviction avec Alexandre Dobrowolski de créer un modèle où les YouTubers étaient systématiquement gagnants (même ceux avec une petite audience).

Une Multi-Channel Network est une entreprise qui signe à la chaîne des créateurs ou des ayant-droits sur YouTube pour monétiser leurs contenus en prenant entre 10 et 40% des leurs revenus, tout en promettant grâce à leur régie d’augmenter les retours publicitaires. . Pour un créateur qui gagne aujourd’hui 100€ et qui signe un contrat 20/80, il gagnera donc 80€. Il faudrait ainsi que la régie vende sa chaîne 121€ par mois à des annonceurs pour rentabiliser sa prestation. Dans la plupart des cas que j’ai rencontré, les régies, qui représentent plusieurs centaines voire plusieurs milliers de chaines (allant jusqu’à des dizaines de milliers pour certaines), ponctionnent des pourcentages sans réellement créer de valeurs ajoutées. Le nombre élevé de créateurs par MCN font qu’il n’y a ni suivi individuel, ni accompagnement sur la chaîne ou la carrière du créateur. Et rares sont les MCN qui produisent ou investissent de l’argent sur les contenus des créateurs.

Ambitieux, YouTube Label propose une monétisation à des pourcentages avantageux pour les créateurs (et même leur inclusion au capital via 1 à 2% des parts) et tout un tas de services, dont un lieu de vie. On me propose d’en devenir le directeur artistique et de développer des sujets aussi ambitieux que l’éducation ou la science mais aussi des trucs hyper funky comme le jeu vidéo. D’accompagner les talents comme je l’ai fait en tant qu’agent artistique, de les produire comme je l’ai fait en tant que réalisateur de mes propres contenus et de les aider dans leur communication comme je l’ai fait pour mes clients ces six dernières années. Un maxi best of de mes compétences.

Alexandre Dobrowolski me parla du projet et organisa un premier rendez-vous avec Henri de Bodinat et Tim Newman pour que je parle de mes expériences par moi-même. La rencontre se passe extrêmement bien et ils ne tarissent pas d’éloges sur le rôle parfait que je pourrais jouer dans YouTube Label. Deux rendez vous plus tard, je reçois un SMS : « Tu rejoins YouTube Label en tant que directeur artistique », confirmé immédiatement par un rendez-vous plus formel avec Tim Newman dans ses bureaux de la rue Saint Honoré pour acter le recrutement officiellement. Voila. Benjamin Lemaire, directeur artistique de YouTube Label. Sa mère la pute, ça déchire un peu. J’ai un travail, cool, pas trop mal payé, ambitieux et qui réunissait toutes mes qualités de créatifs, d’agent artistique, de management, d’expert social média et de dénicheur de talent. A la clé un CDI à 48K€, 2% des parts de l’entreprise et une période d’essai de 6 mois soumise à l’arrivée de deux financements d’un millions d’euros chacun sur lesquels travaille activement Henri de Bodinat. Même Maurice Levy est intéressé me dit on. C’est une startup, donc il se peut que ça ne marche pas, même si « tous les voyants sont au vert » assure Tim Newman quand j’exprime parfois mes craintes et mon envie de voir à long terme. Mais le fond du projet est l’humain : créer un network au service des youtubeurs et pas une entreprise qui fait travailler les créateurs de contenus pour eux. Et chaque réunion me réconforte dans cette voie, jusqu’aux nombreux compliments des actionnaires après chacune de mes présentations qu’ils trouvent brillantes. Ça ne fait jamais de mal.

Le bonheur en un acte.

Acte 2 : où le doute t’habite

Fin mai lorsqu’il est question de payer mon premier salaire et celui de la seconde salariée, en charge du recrutement, Tim Newman pose sur la table que la société n’existe pas. Il faudra donc soit faire une facture, soit percevoir deux salaires en juin. La deuxième solution convient à tout le monde, nous pouvons tous les deux attendre un mois de plus. Le jour où la décision est entérinée, j’émets aussi le besoin d’un stagiaire pour nous accompagner sur les tâches artistiques. Je propose un ami de longue date, étudiant en droit, pour nous aider. C’est validé. Mieux, il commence lundi. Parallèlement sont validées tous les processus artistiques des deux premières signatures : un YouTubeur science à près de 500K abonnés que l’on va développer, une animatrice de jeux vidéo que l’on va produire sur fonds propres pour lui acquérir une audience sur YouTube. Coût sur 6 mois de l’entreprise : 150K€. C’est effectivement une grosse somme, mais Henri de Bodinat et Tim Newman confirment qu’une avance est bien en cours et qu’elle permettra de couvrir tous les frais en attendant les deux levées de fonds.

Parfait.

Avec Alexandre Dobrowolski, nous poursuivons les rendez-vous avec passion et nos interlocuteurs se montrent vraiment intéressés par ce projet si différent porté sur l’humain. J’active tous les réseaux que j’ai tissé pendant ces nombreuses années, et le réseau de mes réseaux pour déclencher des rendez-vous avec de nombreuses marques. Sony, Microsoft, Twitter, Facebook, Redbull et de nombreuses autres aiment le projet et nous soutiennent. Chaque rendez-vous avec un partenaire se passe bien. Chaque proposition à un Youtubeur se passe bien. Les devis de production sont validés, les prestataires sont choisis, bref, c’est parti.

Les productions sont à l’image du projet entrepreneurial : humaines. Je fais intervenir des producteurs propriétaires d’un studio avec qui je travaille depuis des années, un monteur qui s’est occupé de tous mes plus gros projets, des cadreurs avec qui je collabore souvent etc. Chacune des personnes impliquées sur le projet est finalement un proche, un ami ou un collaborateur fréquent.

A l’occasion d’une des réunions hebdomadaires, j’évoque le problème des devis, qu’il faut désormais signer et payer pour avancer et tourner. Pavé dans la mare. Vincent Baron, l’analyste financier, dit qu’il n’y a pas d’argent. L’actionnaire en charge des financements, Henri de Bodinat, arrive avec près de trois quart d’heure de retard sans s’excuser puis enchaine les propos qui oscillent entre négligence, méchanceté et pure médisance. Parmi quoi :

J’étais pas au courant qu’il fallait vous payer en mai moi

Non mais une startup c’est ça, des fois on est payés, des fois on est pas payés

Ca va on est tous dans les mêmes bateaux

Sauf que non. Ma collègue, comme mon stagiaire et moi, travaillons à temps plein sur une entreprise qui n’existe toujours pas, qui n’a aucun financement et qui ne sait toujours pas comment elle va payer nos deux mois de salaire dans trois semaines et qui n’a de fait aucun moyen de lancer les productions. Nous trois avons fait le choix de cette aventure, à nos risques et périls certes, mais avec des risques un peu calculés. YouTube Label est notre seule entreprise, notre seul salaire, notre seule entrée d’argent. Voire même notre vie toute entière, parce que oui, une startup, ça prend une semaine complète, soirs et week-ends. Pour la première fois, je vois Alexandre Dobrowolski s’opposer frontalement aux autres associés, mettre YTL de côté pour parler concrètement des faits, de leurs affirmations sur « l’argent présent », sur leurs validations de chaque recrutement, sur l’absurdité du commentaire d’Henri « Comment ne seriez-vous pas au courant qu’il fallait payer l’équipe en Mai alors que vous leur avez demandé de cumuler ce versement à celui du mois suivant ? ». Il s’énerve notamment sur le fait que ce n’est certainement pas à nous de plaidoyer pour obtenir notre salaire mais que cet argent nous a été promis et nous est dû.

Est-il temps d’arrêter pour éviter la casse ? Non répondent Henri de Bodinat et Tim Newman en cœur : « on va trouver une solution, tout le monde sera payé » .

Reste à savoir ce qu’on va faire pendant trois semaines sans argent, sans objectif. Que dire aux gens avec qui l’on travaille et qui nous on fait confiance ? Des longues heures de discussions… Faut-il les prévenir et les perdre ? Tenter de les rassurer et s’engager pour nos actionnaires sans garantie ? Et puis d’autres problèmes subsistent : nous n’avons toujours pas eu les rendez-vous avec YouTube (contacts restés dans les mains d’Henri de Bodinat) ni les bureaux pourtant censés « être prêts » depuis des semaines.

Acte 3 : où ça pue du cul

Je décide de prendre les choses en main au nom de mes deux collègues, des créateurs que nous avons signé et de nos partenaires. Je pose un premier puis un second ultimatum : si au 16 juin les 150K€ nécessaires (dont on nous a confirmé maintes fois qu’ils étaient déja arrivés) ne sont pas en banque, je laisserai filer tous les contrats pour éviter de mettre tous ces gens dans des situations délicates (autres propositions, blocages de dates…). Le jour dit, aucune nouvelle. Plus un SMS, plus un e-mail. Même Alexandre est sorti de la boucle et ne parvient plus à les joindre. La plupart des réunions s’annulent où ne sont plus que des points budgétaires où l’on discute de financement. Ce qui ne me concerne en rien en tant que salarié. Les points artistiques disparaissent. Il n’est même plus question de vidéo ou de talents. On parle de salaire, de solution. De promesses. Parfois d’avenir. De juillet. Alors même que deux mois de salaires semblent impossibles à payer et que mon stagiaire n’a toujours pas de convention alors qu’il travaille tous les jours.

Mon rôle de salarié disparait alors. Je passe mes journées à trouver des solutions de financement. A décrocher un rendez-vous à France Télévisions moi-même, alors que Tim Newman nous disait avoir toutes les entrées là bas sans pourtant jamais organiser de rendez-vous. Je vais au rendez-vous avec Alexandre peu confiant. Sans savoir quoi vendre. Les talents ne sont plus là. Je continue à travailler, à écrire des concepts, à parler du projet. Quand on me demande ce que je fais, j’explique, je parle de YouTube Label, de la Vidéo Factory, de notre modèle et même des actionnaires avec qui je suis fier de travailler. Sauf qu’eux ne me rendent pas la pareille. Henri finit par sécher tous les rendez-vous. Lorsqu’il devient urgent de parler argent, je refuse toute discussion artistique pour me concentrer sur mes conditions de travail et celles de mes équipes : nous n’avons ni bureau, ni matériel, ni salaire. Et plus de matière de travailler. Aucune réponse concrète. Pire. On nous propose de travailler pour Froggies Medias, l’entreprise de Tim Newman, afin de justifier notre salaire pourtant déjà justifié par deux mois de travail, en faisant du conseil social media pour l’émission qu’il produit avec la Police Nationale et la Gendarmerie, présentée par Michel Drucker… Seul Alexandre est présent mais il faut bien l’avouer, il nous aide avec ses propres moyens qui n’ont rien à voir avec la promesse du YouTube Label, en plus d’accuser sérieusement le coup pour avoir embarqué ses amis dans cette histoire merdique.

Sans m’énerver j’hausse le ton pour la première fois. Je déteste faire ça. Je dis non. Je veux que mes équipes soient bien traitées. Je veux que nous soyons respectés parce que nous respectons nos créateurs et nos partenaires. Parce que c’est ça nos valeurs. Humanité. Respect. Mais ce ne sont pas les leurs. Une première réunion est calée fin Juin pour trouver une solution. Henri n’y assiste pas mais je fais venir mes deux collaborateurs par souci de transparence. Tim me fait remarquer qu’ils n’ont pas leur place. Et pour cause, il convoque mon stagiaire le lendemain pour lui proposer un arrangement dégueulasse et illégal : il faudrait qu’il travaille lundi et mardi prochain pour le tournage de son émission présentée par Michel Drucker au ministère de l’intérieur, qu’il demande une convention de stage de lundi et le mardi soir il l’annulera prétextant qu’il s’est trompé et que finalement il ne peut plus le payer. Sa seule solution pour payer les 508€ du stagiaire.

C’est ça ou rien.

L’après-midi, deuxième réunion pour boucler le règlement des salaires. J’explique à Tim Newman qu’il est hors de question que Paul, stagiaire, travaille en plus de ce qu’il a déjà fait pour justifier une quelconque activité. Il ne va pas travailler une deuxième fois pour justifier son premier travail, c’est de la folie. Le débat se stoppe une heure plus tard lorsqu’Henri de Bodinat annule une nouvelle fois la réunion. Aucune solution ne sera donc donnée. Mais Tim Newman s’engage à présenter la solution du problème dans un e-mail au plus tard le dimanche qui suit. Engagement qu’il ne tiendra bien entendu pas. Puis, après de longues recherches, Paul, Alexandre, Lydia et moi avons découvert qu’AUCUNE trace écrite n’avait été produite pendant deux mois pouvant les engager ou les impliquer. Le choc. J’en viens à me demander si je n’ai pas moi même amplifié toute l’histoire pour me donner de la contenance.

Clairement abattu comme nous par ce que je finis par appeler « l’arnaque YTL » mais assumant sa part de responsabilité, Alexandre Dobrowolski s’était engagé dès le début dans tous les cas de figure à nous payer quoi qu’il advienne, ou d’au moins nous rembourser la différence sur ce que nous pourrions obtenir des promesses de paiement faites par Henri de Bodinat et Tim Newman.

Après deux mois je suis donc sans travail, sans fiche de paye, à l’heure où je viens de m’engager à louer un appartement que j’ai le choix de prendre en espérant trouver rapidement une solution, ou ne pas le signer et retourner chez mes parents, faute de solution immédiate. De son côté, la chargée de recrutement qui a eu des difficultés a payer son loyer cherche activement du travail à la plus mauvaise période de l’année. Notre stagiaire lui, se retrouve dans une situation délicate puisqu’il ne pourra pas faire son stage de fin d’étude de 3 mois avant la rentrée.

Acte 4 : YOLO

Après avoir encaissé mon chèque de 5492,40€ net en droit d’auteur (au lieu des 6160€ net promis, en salaire) je décide de tenter d’aller plus loin : le projet est cool, j’ai cette certitude depuis le départ. Et même avant en fait. Rencontrer près d’une centaine de youtubeurs et des dizaines de partenaires m’a démontré en plus que l’envie et l’argent étaient là. Il y a du potentiel, des envies, et au milieu, il y a moi. Alexandre Dobrowolski accepte de m’accompagner malgré le désistement de la seconde salariée et du stagiaire dont personne ne peut signer la conventions. Nous travaillons sur des dizaines de modèles économiques, avec ou sans levée de fond, avec ou sans partenariat régie, mais avec toujours la même ambition d’aider et de financer les créateurs. Nous rencontrons plusieurs MCN, production ou médias afin d’arriver à un modèle fiable et intéressant.

Entre temps, le « mercato des youtubeurs » bat son plein, et les recrutements des MCN deviennent de plus en plus agressifs. Le marché se ferme. L’envie de Youtubeur de travailler avec nous également. Les talents avec lesquels nous avions commencé l’aventure nous font savoir qu’ils préfèrent travailler avec d’autres gens. La marque YTL laisse derrière elle une traînée de déception qui me poursuit. Un ex-salarié de YouTube m’interpelle même sur Twitter pour me dire que je n’ai jamais travaillé pour YouTube. C’est vrai. Pour YouTube Label non plus, d’ailleurs. L’affaire commence à puer. J’avais refusé de retirer mes titres sur les réseaux sociaux pour pouvoir justifier d’une expérience six mois sur mon CV, plus facile à expliquer que deux mois dans une start-up fantôme puis quatre mois d’inactivité forcée pour cause de recherche d’idée, d’été et, pour être honnête, de déprime.

J’envisage alors un peu tout. Stopper toute activité autour des YouTube et passer à côté de cette révolution en marche. Trouver un poster dans un network, si possible pas un de ceux pour lesquels j’ai voulu créé une alternative. Créer une entreprise similaire avec d’autres partenaires. Retourner dans des activités salariées classiques dans le social media. Après six mois d’engouement puis de doute, je ne sais juste pas quoi faire. J’attends en espérant qu’on me propose miraculeusement quelque chose et j’écris. Ce qui est sur, c’est que plus jamais on ne me reprendra à m’associer avec quelqu’un sans border juridiquement tout ce que je fais. C’est dur les leçons de vie.