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Beaffle : Grand Corps Malade

Pas plus tard que le 21 mai dernier, Grand Corps Malade devait jouer son Funambule Tour au Blanc Mesnil. Bon jusque là, rien de ouf, tu me diras. Le mec sort un album, donc il fait des concerts.
Enfin, le mec sort un album qui marche pas, donc il fait des concerts au Blanc Mesnil.
Rien que de très normal.

Sauf qu’en fait le concert a été annulé. Pas parce que le corps de Fabien était trop malade mais parce que l’esprit du maire UMP de la ville était trop contrarié. Dans un premier temps, la mairie avait parlé d’un problème d’assurance avant d’y aller clairement : ils avaient peur que le concert de Grand Corps Malade devienne un meeting contre le maire fraîchement réélu.

La raison tu vas me demander ? Bah je te réponds, sauf si Seb me censure le micro : la tête d’affiche avait prévu d’inviter Rachid Taxi, qui non content d’avoir un non de merde, est surtout un opposant du maire du place. Tu commences à comprendre le biz ou pas ?

Vu que c’est un maire de droite, les personnalités de gauche ont pu condamner l’annulation sans aucun problème, avec en tête de gondole notre ministre de la culture. Quelqu’un connaît son nom ? Fleur Pellerin. A l’inverse du nom de la secrétaire d’Etat à la famille dont j’ai parlé la semaine dernière. Quelqu’un s’en rappelle ? Moi non.

J’ai pour l’occasion entendu parler de Patrick Bruel. Et c’est pas plus mal parce que je préfère l’entendre parler que l’entendre chanter. Je sais pas trop si vous vous rappelez mais l’année dernière il avait dit qu’il refusait d’aller chanter dans les villes FN blablabla. Alors que pour le coup, la mairie était bien content qu’il ne chante pas, et que les gens qui voulaient le voir étaient les premiers punis. Mais là le cas est différent. Fabien, appelons le Fabien, a toujours défendu son travail dans toutes la France, même dans des petites villes. Même au plus haut de son succès, même si je tentais de faire croire l’inverse au début de cette chronique, mais après tout je suis de mauvaise fois si je veux, je vous rappelle dans dans La Beaffle de Benjamin, y’a de Benjamin.

Le travail de Fabien, au delà de sa musique, a toujours été engagé pour les quartiers populaires, et ses albums suivent ses actes. Demander la suppression de passages de son spectacle c’est dénaturer son travail. Et le censurer. Et le censurer, c’est une atteinte à la liberté d’expression.

Liberté d’expression, 11 janvier, esprit Charlie, tu me vois venir ?

Parce que le 7 janvier dernier, Thierry Meignen écrivait sur son compte Facebook, allez savoir si c’est pour les clics ou pour les larmes, écrivait, donc : “Liberté, liberté chérie, personne ne tuera la liberté d’expression”.

Alors non cher Thierry, je me permets de corriger ta citation, issue de la Marseillaise : “Liberté, liberté chérie, combats avec tes défenseurs”. Et sache mon Thierry, que tu n’es plus du même côté que le 7 janvier.