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Quand Pan oublie Peter

J’apprenais il y a tout juste deux ans l’arrivée de deux adaptations de Peter Pan. La première devait être produite par Joe Roth pour Sony qui a finalement opté pour Alice de l’autre côté du miroir pour Warner, la suite d’Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton (qui était lui même un mix des deux livres de Carroll). Le second était celui de Joe Wright commandé par Warner à Greg Berlanti. L’information n’est pas négligeable, car Berlanti est spécialiste des adaptations en série des superhéros en tant que producteur et/ou scénariste de Super Hero Family, Arrow, The Flash, Supergirl, Legends of Tomorrow mais aussi de Green Lantern.

Soyons directs et simples, la seule qualité de Pan est celle propre à son réalisateur, connu pour Atonement, Anna Karenina ou Hanna : c’est beau. La direction artistique, les costumes steam-punk, la photographie et les quelques minutes d’animation sont absolument magnifiques, même si le film ressemble plus à un romain de Dickens qu’à une histoire de Barrie. Et c’est tout.

A l’inverse de Peter Pan de P.J. Hogan (avec mon poto Jeremy Sumpter) qui était de loin l’adaptation la plus fidèle et textuelle à l’oeuvre de J.M. Barrie, le scénario de Pan pondu par Jason Fuchs, se veut comme une préquelle, le nouveau mot à la mode. Tout ça pour dire « l’histoire avant le truc qu’on connait ». Scénario si on peut l’appeler ainsi tellement l’histoire ne démarre pour ainsi dire jamais et ne s’arrête, de fait, pas vraiment. A croire que Fuchs a confondu Neverland et Neverending Story.

L’histoire débute pendant la seconde Guerre Mondiale en prétendant que Peter (Levi Miller) a été abandonné 12 ans auparavant. Allez savoir comment une préquelle peut se dérouler 40 ans après son histoire. Sur les marches d’un orphelinat il est recueilli par des religieuses qui ne l’aiment pas trop. Alors un jour Blackbeard (Hugh Jackman), capitaine de son état vient l’enlever sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Peter se retrouve à bosser pour le méchant capitaine dans une de ses mines où il croise James Hook (Garrett Hedlund) qui lui n’est pas capitaine mais qui a par contre encore sa main (au moins 40 ans après l’avoir perdu donc). Et du coup, bah James aime bien Peter parce qu’il peut voler. Ah oui, Peter peut voler. Ça non plus on sait pas trop trop pourquoi. C’est la vie, y’a des gens qui peuvent voler et d’autre non.

Pan, qui à l’air d’être le seul à croire qu’il est Peter Pan, et Hook, sorte d’Indiana Jones des années 40, vont donc s’unir (histoire de montrer qu’ils étaient potes avant de se taper dessus) pour vivre une aventure sans intérêt qui ne convainc jamais, ne séduit jamais, et pire, un comble, ne fait jamais rêver. Ils vont y rencontrer Tiger Lily (Rooney Mara), que Warner France a encore traduit par Lily La Tigresse au lieu de Lys Tigré, des sirènes (Cara Delevingne en plein de fois) et des gens rendus célèbres par la pièce de Barrie qui semblent paumés, comme collés par erreur au milieu d’une histoire répétitive et lourdingue à laquelle ils ne participent pas. A l’image de ses anachronismes, de Smells like teen spirit (pire référence ever) à Blitzkrieg Bop (« The kids are losing their minds »), Pan est maladroit, raté et passe à côté de son sujet.

La seule bonne nouvelle c’est ce Peter Pan Begins, qui vient de faire péniblement 15M$ sur le premier week-end au lieu des 18 prévus (pour un budget d’environ 150M$), ne devrait normalement pas connaitre de suite.

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Written by Benjamin Lemaire

Benjamin Lemaire, photographe réalisateur et consultant en communication.

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