Comment trouver un travail ?

Y’a des trucs comme ça, tout le monde doit y passer. Genre acheter de la bouffe, trouver un appart (ça mériterait de billet à lui tout seul) et… trouver un travail. Et trouver un travail c’est pas toujours facile facile. Voici mes conseils pour que tu sois un ninja de la recherche de taf.

Faire son CV

On dit toujours que c’est le premier truc que regarde un employeur. Ayant été de l’autre côté de la feuille c’est assez vrai. Alors quand t’es dans des métiers un peu relou comme la finance, faut un truc hyper carré qui sente bon la cravate et le costard Armani. Quand t’es comme moi dans les trucs un peu de branleur, tu peux la faire un peu plus YOLO. Mais YOLO sérieux. Il faut arriver à ce que ton papelard raconte une histoire largement inspirée de ta vie réelle mais adaptée : cacher les 2/3 mois où t’as rien fait parce que t’étais en dépression, remplacer les 7mois où t’as fait des photocopies par un assistant kekchose où t’as eu des missions de dingo et faire croire que même quand t’étais stagiaire bah t’avais les responsabilités d’un PDG. Faut faire rêver réalistement. Si t’as quelques chiffres clés que tu peux montrer c’est cool. Si t’as bossé avec un mec connu, balance. Le name dropping c’est cool (moi j’ai Justin Bieber sur mon CV, ça en jette de ouf). Côté passion, je déconseille de parler de ta passion pour Jacquie&Michel (sauf si tu postules chez Jacquie&Michel) ou de ton gout prononcé pour les bibelots pourris comme ta collection de grenouille. Dis juste que tu fais du sport collectif (pour montrer que tu aimes bosser en groupe) et que t’aimes des merdes comme le cinéma ou la musique. Ça passe toujours. Si t’as créé une asso pour avoir des subventions et boire des bières avec des potes dans ton village, dis que tu es Président de la Jeunesse de Saint-Mouloud-les-Arcs. Ca montre que t’as de l’initiative, ça fait bien. Ah, et n’oublie pas que tu parles anglais couramment. T’as quand même été deux fois en Angleterre.

Trouver une annonce

Alors là, c’est la foire à la saucisse. Entre les postes de directeur stagiaire, les boites tellement reloues que t’as l’impression que tu vas bosser dans The Office, ceux qui exigent 15 ans d’expérience dont 13 à la tête d’une multinationale spécialisée dans la vente de textiles rouges en Arménie ou encore les postes fourre tout où tu te dis que tu vas faire tout ce que personne ne sait faire dans la boîte, t’as un choix illimité pour passer les 3 prochaines années de ta vie à dépenser plus en antidépresseurs et en coke que ce que ton taf va te rapporter. Et puis les annonces de taf c’est un peu comme les sites de rencontres. Tu crois que tu tombes sur la perle de l’année, et en vrai ça ressemble jamais à l’annonce et t’as du mal à te casser en cours de rendez-vous, alors bon, tu restes jusqu’au bout par politesse même si avant que le mec n’aie commencé à parler, tu sais déjà que tu vas conclure.
Hésite pas à en sélectionner plein et à leur balancer des e-mails types. Toutes façons t’as max de chances que jamais ils te répondent. Et si des nazes te répondent, ça fera du bien à ton égo de te dire que y’a des gens qui veulent bien de toi. C’est toujours ça de pris.

La lettre de motivation

Avant de rencontrer le recruteur, il te faut passer par l’étape de la lettre de motivation. Si tu habites en 1997 ou que tu postules dans une boite qui vit dans le passé, on peut te demander de la faire à la main (juré, on me l’a encore demandé cette année, en 2015). Soyons clairs, c’est le truc le plus inutile du monde. Surtout quand tu viens d’être démarché par un cabinet de recrutement et que tu dois motiver une demande d’entretien que t’as pas demandé, souvent pour une boite que tu connais pas.
Hypocrite, tu vas devoir expliquer en quoi t’es génial et pourquoi tu veux travailler, enfin collaborer c’est mieux, avec [NOM DE LA BOITE]. Le bon enculé de base enverra la même lettre à tout le monde comme on lui a appris à l’EM Strasbourg à base de d’adverbes dans tous les sens, de forme active (« étant actuellement en train de rien foutre chez moi »), de mec qui se permet tout et n’importe quoi (« je me permets de vous solliciter votre race » « qui m’a permis d’acquérir des compétences de branle couille professionnel ») et de mots qui servent à rien comme atout, compétence, rigueur, professionnalisme ou encore autonomie. Si t’as la flemme, fais comme tout le monde, vas sur lettredemotivation.com et fais un copier coller. Les recruteurs n’ont pas internet, ils savent pas ces choses là.
Si t’es dans un métier un peu de branleur (genre comm, pub, community manager et ce genre de bordel) tu peux tenter un truc plus swag. Voici la mienne par exemple. Ouais je sais j’ai mis « stratégie professionnelle » et ça veut rien dire. Mais bon je voulais écrire « stratégie social media » et j’ai oublié de me relire. Ça, faut pas le faire.

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L’entretien

Si t’as bien pipoté ton CV pour qu’il soit beau et que ta lettre de motivation te fait passer pour le perdreau de l’année, tu devrais pouvoir chopper un rendez-vous avec un mec de la boite. On appelle ça un entretien. Le mec en face de toi va te poser des tas de questions merdiques qu’il aura trouvé sur faireunentretien.com (édité par les mêmes mecs qui font lettredemotivation.com d’ailleurs, mais aussi ecrireuneresiliation.net). S’il a appris à faire des RH dans un livre il devrait te demander à quel poste tu te vois dans l’entreprise dans 5 ans puis tes principales qualités et, attention question piège inattendue, tes défauts. Fais comme tout le monde, balance un défaut de merde comme « perfectionniste » qui peut se retourner en qualité. Tu peux aussi dire « je suis un putain de branleur » mais des fois ils aiment pas trop. Si tu sens te sens les couilles d’un superman du candidat hésite pas à lui demander pourquoi LUI il te veut dans sa boite merdique et qu’est-ce que les 2 années max que tu vas passer chez eux va t’apporter dans ta life. Soit le mec s’en bat les couilles et t’es viré direct. Soit il aime les gens « qui en ont » comme on dit dans le métier, et il va te surkiffer. Sache le : les gens aiment les connards.

Négocier

Après plusieurs entretiens (un seul si vraiment t’es un putain de mec de ouf) il est possible que le mec te dise : « wow, allez on va te donner la chance de ta vie, viens travailler chez nous ». Dans le cas inverse, il prendra nullement le temps de te dire que t’es pas pris. Il s’en bat les couilles. Et l’appelle pas parce qu’il a pas que ça à foutre à répondre à des loosers. Alors là, il faut NEGOCIER ton contrat. Le premier truc c’est le salaire. Demande le max. Dis toi que 500 balles de plus par mois c’est même pas 10 000 balles par an en plus que ça lui coute. Alors s’il te veut vraiment hein, he ho, il peut bien mettre un peu les moyens. Normalement le mec va t’endormir en te disant qu’il a une mutuelle de batard (c’est obligatoire), qu’il prend 50% de ta carte de transport (c’est obligatoire) et d’autres conneries comme les tickets restos ou des Coca illimités à la cafet’ (là ok, c’est ouf). Plus il te balance d’avantages, plus tu peux imaginer ton salaire fondre. Eh ouais boloss, c’est pas gratos les avantages hein. Mais attention, t’as d’autres trucs à négocier, fais gaffe. Genre tes congés (nombre et comment les prendre), tes primes et tout un tas de conneries bien bien relous que si tu gères mal tu vas être de ouf dans la merde.

Début du taf

Avec un peu de chance t’as un CDI. Sinon t’es un blaireau. Si t’as un CDI, j’espère que t’as négo sans période d’essai ou très courte. Sache que toute ta période d’essai tu vas devoir bosser de ouf. Une fois la période d’essai terminée, c’est bon. C’est validé : t’es un vrai ! A toi les pipes dans les chiottes avec les stagiaires, les 500 pages imprimées de ton premier roman que t’aura écrit pendant tes heures de bureaux, les vendredis qui se terminent à 16H et les journées qui raccourcissent quand t’étais bourré la veille. Félicitations, t’es un putain de planqué de salarié mec !

PS : je cherche du travail dans le social media, le brand content et ce genre de trucs. Alors si je t’ai fait marrer et que t’as envie d’être mdr tous les jours au bureaux, envoie moi un e-mail.

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Written by Benjamin Lemaire

Benjamin Lemaire, photographe réalisateur et consultant en communication.

One comment

  1. Abu dit :

    On parle de ceux qui te demandent un CV sans donner de nouvelles?

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