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Redondo Beach

37 degrés. Je suis dans une dimension. Une sorte de rêve vaporeux où il est difficile de respirer. La chaleur est étouffante.
Une grosse berline noire s’arrête devant moi. Je suis dans un film. Mes bagages s’installent dans le coffre et moi à l’arrière.
Le rêve défile devant moi dans les couloirs routiers circulaires et interminables. Une liste de compagnie. Une Cadillac. Un joli blond. Un asiatique avec des valises jaunes.
« Vous voulez écouter une musique en particulier ? »

Late afternoon, dreaming hotel
We just had the quarrel that sent you away.
I was looking for you, are you gone gone?
Called you on the phone, another dimension.
Well, you never returned, oh you know what I mean.
I went looking for you, are you gone, gone?

Le chauffeur est d’une gentillesse irréelle et me parle avec une voix d’une douceur étrange. J’ai du mal à savoir du réveil il y a quelques minutes a vraiment eu lieu ou pas.
« Où voulez vous allez ? »

Down by the ocean it was so dismal,
Women all standing with a shock on their faces.
Sad description, oh I was looking for you.

Sepulveda Blvd défile. Panneaux verts Imperial Hwy et grosses voitures, la huit voies tient toutes ses promesses de rêves américains.
Sepulveda Blvd encore. Long. Interminable. Pour aller là où toujours le monde chante. Là où tout le monde est pourtant si triste.
Sepulveda Blvd toujours. La nuit engloutit l’horizon petit à petit.
La grosse berline quitte Sepulveda et me montre l’océan. La porte s’ouvre sur le magnifique Pier baigné d’une lumière orangée qui lui donne de Plage du Crépuscule.

Everyone was singing, girl is washed up
On Redondo Beach and everyone is so sad.
I was looking for you, are you gone gone?
Pretty little girl, everyone cried.
She was the victim of sweet suicide.
I went looking for you, are you gone gone?

La musique continue dans mes oreilles tandis que je marche sur la plage. Peut être qu’elle a marché ici aussi.
L’océan est calme, personne ne se baigne. Personne ne s’y noie.
Deux filles sont assises, semblant atteindre que la nuit finissent d’avaler ce qu’il reste de lumière.
Il parait que c’est une plage où les femmes aiment d’autres femmes.

Desk clerk told me girl was washed up,
Was small, an angel with apple blonde hair, now.
I went looking for you, are you gone gone?
Picked up my key, didn’t reply.
Went to my room, started to cry.
You were small, an angel, are you gone gone?

Le filet de lumière éclaire trois musiciens asiatiques qui jouent un air que je ne connais pas.
Je m’arrête. Ils s’arrêtent. Continuez, j’ai envie d’entendre la musique résonner ici.
Ils sont samoans. Je suis français. Nous sommes tous plein d’autres trucs sans importance.
Ils sont là parce qu’ils aiment chanter en attendant la nuit. Je suis là parce qu’avais envie de voir Redondo Beach en vrai.
Ils aiment Patti Smith. Je les écoute chanter la plage pour moi. Comme si c’était elle.

Down by the ocean it was so dismal.
I was just standing with shock on my face.
The hearse pulled away, and the girl that had died, it was you.
You’ll never return into my arms ’cause you were gone gone.
Never return into my arms ’cause you were gone gone.
Gone gone, gone gone, good-bye.


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Written by Benjamin Lemaire

Benjamin Lemaire, photographe réalisateur et consultant en communication.

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