Virgin Radio : Eugene McGuinness

Bon alors aujourd’hui j’ai à la fois un mois de retard parce que le titre dont on va parler est sorti en mai, et en même temps quelques semaines d’avance par contre son album sort le 7 juillet.
Et puis autant prendre un peu d’avance vu que c’est la dernière fois que je viens ici. Enfin cette année, puisqu’avec un peu de chance à la rentrée je viendrais encore vous filer plein de bon son. C’était un message presque pas caché à notre direction.

Donc pour finir l’année je te présente Eugene McGuinness, qui n’a donc rien à voir avec la bière même si il est à moitié irlandais. Comme je te disais juste avant il va sortir Chroma son 4e album en juillet alors qu’il est tout jeune. Vraiment jeune puisqu’il a mon âge en fait. Pour te situer le mec, c’est un pote de Miles Kanes et des Arctic Monkeys. D’ailleurs il avait bosser sur le projet de Miles en 2012 la même année qu’il sortait Invitation to the voyage, son 3e album, qui l’époque avait fait pas mal parlé de puis.

Donc il est dans cette vague très rock, genre guitares très présentes et avec sa voix juste devant. C’est peut être pas hyper parlant quand j’en parle mais quand tu vas passer Godiva qui est le premier extrait de son album je pense que tu vas vite comprendre le lien de copinage entre cette la bande du rock british.

Et puis qu’on se quitte pendant quelques temps, j’en profite pour te donner 3 albums qui s’annoncent très bien cet été et que je te conseiller d’écouter à leur sortie, histoire de patienter : Thousand forms of fear de l’australienne Sia qui revient enfin seule le 8 juillet, Trouble in paradise de La Roux qui sort le jour de mon anniversaire le 15 juillet et The Voyager de Jenny Lewis le 29 juillet qui s’annonce comme bien bien cool !

Chronique diffusée le 29 juin 2014 sur Virgin Radio

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Beaffle #29 : Michael Jackson

Pas plus tard que demain, ça fera 5 ans qu’il m’a quitté. La première fois que je l’ai rencontré j’étais au collège.
HIStory était déjà sorti depuis quelques années. Je ne l’avais pas acheté. De toutes façons j’avais déjà acheté Dance Machine 7 et La Plus Grande Discothèque du Monde. Mais une copine m’a fait une cassette pour que j’écoute. J’étais en 6e.

L’année suivant j’enregistrais avec mon magnétoscope le clip de Blood on the dance floor. Perfection absolue : Cendres de Lune de Mylène Farmer du live à Bercy 97 suivant. Et J’ai peur de tout de Patricia Kaas et son clip avec l’homme au globe tatoué sur la tête suivant. J’ai du regarder cette cassette des centaines de fois.

Mais la première fois que je l’ai vraiment rencontré c’était à l’été 98. On n’avait pas encore gagné la Coupe du Monde. J’étais à Lons Le Saulnier. Heal the world sonnait l’heure du repas du midi, Earth song celui du soir. Pendant un mois il venait me voir. Deux fois par jours. Sans que je sache vraiment que c’était lui je crois.

Ces deux titres se seront associés à mes souvenirs de cet été 98, celui où j’ai eu mon premier amoureux, celui où j’ai fait ma première boom, celui où on a gagné la Coupe Du Monde. Et jusqu’à maintenant ils restent associés à ces musiques. Et puis j’ai appris à le découvrir. Je découvre Thriller à la fin l’aube du bug de l’an 2000. La sortie d’Invicible m’amène à écouter Dangerous, Bad et Off The Wall. Mes activités personnelles m’emmènent vers Ben et Music & Me.

Depuis il était là avec moi à chaque des grands moment de ma vie. Il m’a chanté Man in the mirror avec Stéphane, il m’a susurré Rock with you quand j’ai rencontré mon premier grand amour, il m’a consolé avec Little Susie quand Anne-Sophie est partie, il m’a dit You Are Not Alone après une rupture difficile et il m’a dit expliquer qu’il ne fallait jamais abandonner ses combats parce que They Don’t Care About Us.

Et puis il un jour… Un soir pour être exact. Je m’en rappelle parfaitement. J’étais dans un restaurant à côté du MK2 Bibliothèque pour le lancement d’un produit. Je reçois un SMS d’un ami qui me dit qu’il serait parti. Personne ne confirme l’information. Aucun tweet officiel, rien. J’en parle à Thomas qui m’a invité à la soirée. Judith aussi. Visiblement c’est une rumeur. Nous partons ensemble à la soirée et dans le taxi la nouvelle se confirme. Sans que j’ai eu l’occasion d’utiliser mes billets pour l’O2.

Je crois qu’il y a des moments comme ça où tu te rappelles très précisément les circonstances dans lesquelles t’as appris une nouvelle. J’en ai plusieurs comme ça. Des trucs très personnels et d’autres très marquants comme le 11 septembre ou ce 25 juin.

Finalement j’aurais jamais jamais touché sa main. J’aurais jamais croisé son retard. Il n’aura jamais chanté pour moi. Et maintenant qu’il n’est plus là… et bien rien n’a changé. J’écoute Beat It le matin et Black & White dans le métro. Le vendredi j’écoute Bad pour me donner du courage.

Michael ne me manque pas. Il est parti pour certains. Mais pour moi il est toujours là. Il me raconte toujours ce dont j’ai besoin. Il est là quand j’ai besoin d’une chanson. Et je sais qu’il sera toujours là. Et si un jour j’ai l’occasion de parler dans un poste ou d’écrire pour ses 10 ans de disparitions, ses 20 ou ses 30 ans, je suis sur que j’aurais encore plein d’histoire à vous raconter, que je pourrai encore étaler ma vie en l’associant avec ses titres. En attendant, ce soir dans ma salle de bain, je penserai un peu à lui, comme à cet ami imaginaire qu’on trimbale quand on est gosse. Et je serai un peu The Man In The Mirror.

Virgin Radio : Christine and the queens

Je suis venu te présenter une artiste que j’ai découvert y’a 3 ans aux Bars en Trans à Rennes.
Elle venait présenter un projet au fond d’un petit bar. Elle était tout seule sur scène avec une paire de ciseaux et son ordinateur.

Depuis son projet est sorti en EP sous le nom de Nuit 17 à 52 l’année dernière et son premier album vient d’arriver en même temps que l’été. Ça s’appelle Chaleur Humaine et pour faire simple et te spoiler la fin de ma chroniquer : c’est le meilleur truc que j’ai entendu depuis des années. Et pourtant ceux qui me lisent savent que je suis plutôt avare de compliments.

C’est musicalement très travaillé, exactement dans l’air du temps et ça s’inscrit dans des genres hypers populaires voir galvaudés même tout en les élevant à leurs meilleurs niveaux.
Tu es à la fois dans le rnb comme iT qui ouvre l’album et que franchement Rihanna n’aurait pas renié.
Parfois t’es dans la pop comme sur Ugly Pretty.
Parfois dans à la limite de l’electro comme avec Science fiction. Et puis souvent t’es au milieu de tout ça, comme dans une sorte d’ovni qui survole tout ça sans jamais se poser, à l’image du titre qu’on va écouter qui symbolise au mieux l’album.

Ça s’appelle Paradis perdus. Les plus âgés auront reconnu le titre de Christophe. Et c’est effectivement une reprise. Mais c’est en fait deux reprises parce que tu reconnaîtras aussi sûrement Heartless de Kanye West. Et tu sais quoi ? Dans ma vie j’en ai vu, j’en ai entendu, j’en ai subi des reprises. Je crois que c’est un des trucs les plus intelligents, les plus beaux et les plus subtils que j’ai eu la chance d’écouter. Comme dans tout l’album c’est un mélange entre une écriture en français très travaillée, des productions touchantes, souvent très douces et posées et des textes anglais qui t’enivrent, qui t’emportent.

Alors on va se laisser porter par Paradis perdus et j’invite vraiment tous les gens qui aiment les belles découvertes à écouter Christine and the Queens et son album Chaleur Humaine. C’est ma claque de la semaine et c’est définitivement ma claque de l’année.

Chronique diffusée le 22 juin 2014 sur Virgin Radio

Sois fier, et défile

« Les folles et les mecs efféminés : EXIT ». J’ai découvert cette formule récemment sur des sites de rencontres. Gay. La formule m’a fait sourire. Sa récurrence un peu moins. Et puis je l’ai vu surgir plusieurs fois dans des débats sur divers réseaux sociaux. Les homosexuels efféminés, ceux qui s’expriment physiquement un peu trop, les « folles », donneraient une mauvaise image des gays. Intrigué, j’ai décidé de creuser un peu. De chercher. Et j’ai découvert qu’une partie de la population, peu importe son orientation, pensait qu’il y avait de bons gays et de mauvais gays.

Le bon gay est fidèle, ne couche que lorsqu’il est en relation, ne parle pas trop de sexe, n’a pas trop de conquêtes, doit se poser avec quelqu’un, peut dire qu’il est homosexuel mais sans trop en faire. En somme il doit passer inaperçu. Être un cliché hétérosexuel qui aime la bite.

Le mauvais gay se prostitue. Ou il baise à droite à gauche. Il peut aussi se travestir. S’habiller de manière trop sexy. Avoir des manières. Il n’est pas ce qu’on voudrait de l’homosexuel dans notre société. Il est différent. Mais différent qui se voit.

Ce qui m’a finalement le plus choqué c’est d’entendre ces propos (que je n’ai pas caricaturé) de la bouche d’homosexuels. Ainsi donc, même pour les pédés, qui viennent pourtant de subir l’année la plus dure en terme de discours médiatiques, de discriminations et de violences (voir le rapport de SOS Homophobie), il y a des gays plus respectables que d’autres en fonction de leurs apparences et de qui ils sont. Et pourtant, pour l’homophobe de base il n’y a pas de différence. Dans la loi il n’y a pas de différence. Dans la vie quotidienne non plus. C’est bel et bien un jugement de valeurs rattachées à une certaine norme admise. Et il n’est pas acceptable. Ni envers les personnes visées, ni envers la marche de fiertés qui les exhibe.

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La Gaypride n’est pas et ne sera jamais une honte pour l’image des homosexuels. « Danser sur des chariots c’est ça votre fierté ? » questionnait Orelsan. La réponse est oui. Derrière les danses sexy, les strings, les fesses apparentes et les comportements apparaissant comme provocateurs se cachent les émeutes de Stonewall.

Renier la Gaypride et ses participants c’est oublier ce 28 juin 1969 et ce raid policier anti homosexuels.
Renier la Gaypride et ses participants c’est oublier Sylvia Rivera, une transgenre, qui affronta la persécution policière du Stonewall Inn.
Renier la Gaypride et ses participants c’est oublier les 2000 personnes qui manifestèrent contre 400 policiers.
Renier la Gaypride et ses participants c’est oublier que c’est des putes, des travelos, des pédales, des efféminés, des lesbos qui se sont mobilisés pour leurs droits peu importe leurs pratiques, leur sexe ou leurs activités.
Renier la Gaypride et ses participants c’est oublier que c’est parce qu’ils étaient trop efféminés que les homosexuels étaient pris pour cibles des policiers.
Renier la Gaypride et ses participants c’est oublier que c’est au péril de leurs vies que les manifestants du Stonewall ont combattu la Tactical Patrol Force, entraînée pour le Viet Nam, pendant cinq jours.

Défilé en s’amusant au rythme de musiques aussi clichés soient elles c’est rappeler le souvenir de Stonewell, celui d’une communauté homosexuelle unie pour ses droits élémentaires. 45 ans après la liberté des homosexuels est acquise et l’égalité est en cours. Ne laissons pas 45 ans à la fraternité. Et avant de l’imposer aux autres, imposons nous là à nous même. Et j’en suis sur, dans 45 ans, nous n’aurons plus à défiler pour revendiquer une différence…

Virgin Radio : Plug&Play

Alors aujourd’hui vraie découverte. La titre que je vais te faire écouter a été écouté 246 fois sur leur Soundcloud. C’est une bande de polonais qui vient de Lublin et qui s’appelle Plug&Play. Je ne les ai pas découvert totalement par hasard, parce qu’en réalité ils sont finalistes de l’Euromusic Contest où je suis jury et c’est un de mes deux groupes préférés. Pour ceux qui ne connaîtrait pas encore l’Euromusic Contest c’est genre comme l’Eurovision, sauf que t’écoutes pas les groupes juste pour te marrer mais parce que quand même c’est cool.

Alors autant de dire qu’un groupe qui vient du fin fond de la Pologne c’est pas facile d’en savoir plus sur eux. Je peux te dire que leur groupe a été créé en 2006 et qu’ils sont 5. Mais que des fois ils sont 3. Et des fois ils sont 4. Et que en fait ça dépend. Et aussi que leur dernier EP qui s’appelle Reisefieber, ce que Google a traduit ^par “nerf voyageur”, eh bien cet EP est sorti sur un label écossais.

Vive l’Europe donc, et en attendant d’avoir les résultats du gagnants de l’Euromusic Contest le 30 juin au Divan du Monde, d’ailleurs si tu veux venir c’est public, en attendant donc, et en attendant que j’arrête de faire des phrases aussi longues au point que j’en oublie le début, en attendant tout ça, on va écouter Sahara Beach, et être dans doute le première radio a faire bouger des corps sur cette musique !

Chronique diffusée le 15 juin 2014 sur Virgin Radio

Virgin Radio : Mikky Ekko

Je suis je suis venu avec Mikky Ekko que t’avais sans doute vu passer avec son fameux Kids, un titre que j’aurais pu passer ici d’ailleurs. Et il s’est fait mondialement connaître pour son titre Stay en duo avec Rihanna pour lequel il a eu un Grammy Awards.

Mikky Ekko en fait s’appelle John et il vient de Louisianne et vu que son père était pasteur il s’est promené un peu partout, il a joué dans plein de groupes différents et visiblement les voyages l’ont inspiré puisqu’il a écrit des centaines de textes, pour lui ou pour les autres. En 2009 il a sorti Strange Fruit, son premier EP avec un titre en hommage à Billie Holliday, avec des titres presque a capella. Depuis il a sorti 3 albums, dont un seul est sorti en physique. Du coup c’est assez facile de les trouver sur internet.

Alors forcément ses dernières créations sont un peu plus produite, MAIS, Mikky Ekko va sortir cette été une nouvelle version de Stay, sans Rihanna. Alors même si j’ai pas réussi à avoir la version qui va passer dans la radio, je te propose d’écouter ce soir Mikky Ekko chanter la démo qu’il avait envoyé à Rihanna. Lui, tout seul, avec son piano. Musicalement c’est très pauvre, juste quelques accords, vocalement, je te laisse apprécier.

Chronique diffusée le 8 juin 2014 sur Virgin Radio