Virgin Radio : Asgeir

Je ne suis pas trop sur de comment on prononce ça d’ailleurs parce qu’à l’instar de Sigur Ros ou Bjork, Asgeir, c’est son vrai prénom vient de Reykjakic en Islande.
Il a sorti un premier album en septembre 2012 qui répond au doux nom de… Dýrð í dauðaþögn
Bon ok, franchement j’ai cherché, j’ai tenté tout ce que je pouvais, mais je suis vraiment incapable ne serait que de commencer à prononcer le nom de cette album qui veut dire “Dans le silence”. Je vous invite à chercher A S G E I R sur internet et regarder le nom islandais de cet album et si l’un des auditeurs sait comment on prononce ça, je lui en serai reconnaissant.

A l’époque son album n’avait pas traversé l’Ocean Atlantique, peut être à cause de son titre d’ailleurs, et figure toi que du coup, il a sorti cet automne un EP qui s’appelle King and Cross, roi et croix, qui est beaucoup plus accessible en terme de langue même si malheureusement tous les titres sont désormais en anglais et qu’on entend les belles sonorités islandais.

Enfin c’est pas grave, parcequ’ils sont beaux ces 3 titres qui se promènent entre une folk brute coincée entre une guitare et les deux voix à la Simon and Garkunkel que fait Asgeir seul.
Going Home, le deuxième titre est d’une pureté incroyablement opposé au physique du grand viking. Parceque tous les islandais sont bien entendus des vikings.

Tout ça pour dire que Asgeir sort un premier album chez Because Music le 24 janvier à savoir vendredi prochain qui devrait séduire tous les amateurs de folk mélodique et cotonneuse. On va écouter le premier titre extrait de cet album qui s’appelle Torrent. Je parle du titre, parce que l’album lui s’appelle In the silence, qui est donc une traduction de l’album dont on ne peut pas dire le nom. Allez on imagine la neige, les aurores boréales, les geysers et on se laisse porter par le torrent d’Asgeir.

Laissez moi rire

« L’humour est la politesse du désespoir » disait Pierre Desproges, alors qu’il jugeait Jean-Marie Le Pen, et qui était loin d’imaginer qu’on l’exhumerait à tout bout de spectacle pour cautionner les fourbes apophtegmes d’amuseurs publics qui tentent de dissimuler derrière d’immondes galéjades leur absence abyssale de talent tel un ado qui drague vulgairement en lâchant, comme un cache sexe masquant son manque d’aisance, « eh mamoizelle tu baises ? ».
Les Coluche’s de son époque se servaient de l’humour pour parler de politique. Dénoncer en se moquant. Parodier pour mettre en exergue. Puis rire pour oublier. Ils pouffaient. Avant toute chose. Et de tout. Parce qu’après tout, chaque individu individualiste de la société pourra mal prendre ou comprendre la première fumisterie venue. Le cancer pour les cancéreux, les maths pour les matheux, le viol pour les violeux, le chômage pour les socialistes etc. Et avec tout le monde. Car même si Desproges tenta de démontrer avec brio et toujours Jean-Marie Le Pen, que l’on pouvait s’amuser de tout et de rien, mais pas avec n’importe qui, il a passé son temps rien qu’à parler dans les postes radiophoniques et télévisuels avec plus de spectateurs affables que Louis Jouvet, Molière et La Fontaine réunis n’en auront vu devant leurs scènes. Parmi eux : des gens dont beaucoup sont n’importe qui.

rires[1]

Mais l’humour ne se mesure pas au nombre de cerfs que son roi fait marrer. Elle n’est pas jugeable.
Riez. Rions. Ensemble ou pas. Mais rions. De tout. De n’importe quoi. De n’importe qui. C’est gratuit. C’est sain. Puis la vie est tellement triste chaque jour où des enfants ne peuvent profiter plus de quelques années de leur SIDA, où des viols ont lieu -parfois même sur des moches, où des africains se génocident la gueule à coup d’AK47 parce qu’ils n’ont toujours pas les moyen d’avoir la bombe atomique ou des chars d’assaut.

Alors pourquoi rit on sacrebleu, pour reprendre une expression jeune ? Pas seulement pour passer le temps comme Sophia Aram, pas seulement pour vendre des DVD comme Kev Adams, pas seulement pour vendre des places à 41€ comme Gaspard Proust, pas seulement pour prendre 40 000 € par mois comme Stéphane Guillon. On rit pour oublier. « L’humour, c’est l’euphorisant de la souffrance » a lancé un jour Jérôme Touzalin, qui était certes était plus maçon que franc, mais qui ne pouvait passer un nycthémère sans faire gigoter ses zygomatiques.

Moi je ris comme ça vient. Je ris quand je trouve un mot rigolo comme cuniculiculture, cryogénie ou saprophyte. Je ris aussi quand un thaumaturge scénique devient ridicule tellement il n’est pas fin. Mais je ris surtout quand un pitre aborde un sujet qui n’est pas propre à l’humour. Coluche avait son alcool, Desproges avait son cancer, Elie Semoun avait son talent etc. La drôlerie n’est pas plus seulement fendante mais elle éclaire ce qui est sombre. Elle fait oublier son quotidien. Elle dédramatise. Elle prête à rire, là où l’Homme donne souvent à pleurer (et ça c’est pas une phrase de pédé).

L’humour n’est qu’un vulgaire art comme tous les autres. Quand il est douteux, ou faussement séditieux, il devrait simplement tomber dans cet oubli amplement mérité, le même dans lequel repose paisiblement Aziz de Loft Story. Inutile de s’en offusquer au point de prendre le risque de contaminer son entourage. Le rire est une maladie contagieuse qui s’attrape sans besoin de relation sexuelle. Alors partagez le vôtre. Et tant pis pour ceux qui voudraient mettre des capotes sur toutes les blagues venues !

Beaffle #15 : Grégoire

Pas plus tard que vendredi dernier, alors que le monde avait les yeux rivés sur Nantes en se demandant si un mec pouvait envoyer valser un spectacle devant tant d’yeux donnés à sa cause, Grégoire, l’inventeur de la mathchanson déclarait dans le magazine Platine, ouvrez les guillemets :

“Les compilations m’épuisent. Le coup marketing a vraiment du mal à passer. Qu’un artiste, moi ou un autre, contacte ses copains artistes pour rendre hommage à Jean-Jacques Goldman, cela ne m’aurait pas dérangé. Mais qu’une maison de disques le fasse, ça me gêne vraiment. “

Comme disait un célèbre PD, je veux bien fermer les guillemets mais pas ma gueule.
Est il Dieu possible, et je parle de celui d’en haut, pas des jumeaux du regard, que l’apôtre de la médiocrité chantée se plaigne du marketing ?
Réponse : eh bah oui.
La Jeanne d’Arc antisystème produit par les internautes, et surtout par le fils argenté au père dorés, ce symbole de la possible réconciliation entre José Bové et McDonald’s trouve à se plaindre du marketing.
La naïve pasionaria oublie sans doute ses passages dans les Enfoirés, où sous couvert de bonne cause financée par TF1 qui surfacture ses publicités, chaque cadavre musical peut sortir du placard, disque à la main, en espérant s’endormir sur le canapé rouge de Drucker le dimanche suivant.
Ce même Grégoire Bassenot, ultra brandé dans tous les médias comme étant le premier artiste indépendant sorti de nulle part pour cautionner un système qui tente de faire rêver des milliers de pseudos artistes qui ne dépasseront jamais le stade de la maquette de chambre pendant qu’on aura fait fructifier l’argent virtuel placé sur lui.
Ce même Grégoire Bassenot, parrain de la Star Académie québécoise, bouse cathodique dont la moindre flatulence des candidats booste l’audience, au point qu’on ne sait plus vraiment par quel orifice sortent les élucubrations sonores.
Ce même Grégoire Bassenot qui après le succès des Prêtres s’est maqué avec Natacha St Pier, qu’on pensait bouffée par les caribous, pour sortir un ramassis de textes chanté à la gloire de Sainte Thèrese de Lisieux.

Si tu commençais par ne pas la ramener dans tous les torches derches qui acceptent de retranscrire tes régurgitations, si tu passais moins de temps à machicoter tes tintamarres en bramant tes coquecigrues, tu serais beaucoup moins épuisé mon cher Grégoire.

Parce que tes compilations de calembredaines sont aussi vides que les couilles de DSK après la visite d’Eiffage. Tu commençais ton dernier délit auditif en disant “Je suis bien loin d’être Rimbaud, bien loin d’avoir son éloquence”.
J’aime ta lucidité. T’es effectivement plus près de l’éloquence de Rambo que de Rimbaud.
Entre tes rimes tiers monde, ainsi nommées tellement elles sont pauvres, tes réflexions de cours élémentaire et tes figures de style Nabilla II/Ribery IV, tu rappelles plutôt l’engagement politique d’un collégien qui tente d’être élu délégué de classe en dénonçant les maladies et les méchancetés, qu’un quelconque auteur ayant marqué l’histoire de la littérature.
Toi qui compile les clichés, toi le chevalier de l’évidence, le banneret du poncif, le baron du stéréotype, le vicomte de lapalissade, le marquis de la facilité, le duc de la fadeur, le roi du truisme, le DIEU DE LA ROTURE. TOI LE MEC QUI A BARAGOUINE :

« On n’a pas le même drapeau. Ni la même couleur de peau. On n’a pas les mêmes racines. Les mêmes idoles qui nous fascinent. Mais on a tous le même soleil. Et la même lune sur nos sommeils »
Est-il vraiment possible de caguer de tels lieux communs ?

Eh bien moi je t’offre ce petit texte que j’ai écrit, en espérant que tu daignes coller un peu de tes insupportables bruits autour pour l’habiller, tel Desigual qui cache les corps et tient chaud tout en faisant horreur à ceux qui visuellement le subisse :

Arrêtez l’antisémitisme
C’est pas vraiment pas bien
Et je parle pas du racisme
La carrément ça craint
Il faut arrêter la famine
Sinon les enfants deviendront pas grands
Moi franchement ça me fascine
De voir autant de gens méchants

Rime en isme, rime en ien, rime en ine, rime en ant, si tu rebosses bien tu peux en faire un sonnet à la Verlaine. Je parle de l’auteur, pas d’une bestiole qui fabriquerait de quoi faire des pulls.
Ça fait bientôt 5 ans que tu te débats dans ton océan de banalités et j’ai un peu peur mon petit Grégoire, que tu finisses mains et jambes liés au fond du ruisseau de l’oubli. Ça ne serait qu’une juste fin pour ta carrière comparable à celle d’un candidat sortie d’une vulgaire émission éculée de la TNT. Mais cessons de polluer les ruisseaux, quand bien même tu dois être un minimum biodégradable. A défaut d’être bio agréable.

Tu conclus ta diatribe de 3 phrases sans la moindre rime, déçu je suis, en estimant gênant qu’une maison de disque produise un projet de compilation. Sans vouloir t’offusquer ou te réveiller dans ton rêve digne des 1001 nuits où tu dois tendrement niquer Jasmine sur le tapis volant du salon, la maison de disque qui a produit la compilation Génération Goldman à deux reprises, gérée par un garçon nom le patronyme ressemble étrangement à celui inscrit sur l’album à fait bien pire que remettre au goût du jour la personnalité préférée des français.
Elle a produit trois de tes albums.

Chronique sur l’antenne de Radio Néo dans l’émission Des Dièses et des Bémols du 14/01/2014