Beaffle #17 : Sacha Distel

Pas plus tard que demain, Sacha Distel aurait fêté ses 81 ans. Je dis “aurait” parce que depuis qu’un cancer l’a emmené sur son bateau blanc, Sacha n’a plus guère le coeur à la guitare et aux copains. Il erre on ne sait où, en vendant des pommes, des poires et des scoubidous bidous et il parait que de là haut, Salvador en rit. Même les nanas à Moscou rient, dans cette froide Russie d’où son père qui porte le prénom de Brejnev mais pas les lunettes, est originaire. Pas le papa de Nana, ni le papy d’Henri, j’parle du papa de Sacha.

01 Sacha Distel

C’est peu après ses étalages légumineux labelisés par Versailles et 15 ans avant que le bouffeur de barracuda ne fasse pleurer son téléphone, que Sacha découvre le be bop qui n’en était pas encore un. De téléphone donc. Versailles, comme les Daft Punk, à qui il volera la primeure d’être les premiers français à obtenir le Grammy de la meilleure chanson de l’année. Versailles que le rail relie à Paris que le métro relie à plein de banlieues. Même trop.

Et à cette époque où Zazie y est, dans le métro, les zazous eux sont dans les rues de Paris, à l’est de Versailles, et Sacha Sunny Voice adopte leur célèbre noeud Jean Paul II qui s’apprête à devenir pape et leurs smoking cintrés. Mais pas les cintres fumés, parce que c’est assez ridicule de fumer un cintre, même si les cintres sont parmi les objets les plus hargneux de la galaxie et que franchement ils mériteraient bien de temps à autre qu’on les fume un peu.

Chez Distel, tout est luxe, charme et volupté, brillant à travers ses larmes, scintillant à travers ses amours. Sa voix caresse la belle vie sous les soleils tropéziens. Le playboy acidulé devient rapidement un crooner parfois asthénique et sort rapidement ses titres les plus connus avant d’en faire les gros avec sa vie privée. C’est d’ailleurs à cette période, qu’arrivent ses deux bébés aux initiales L et J qui deviennent le soleil de sa vie, alors non financée par Codifis qui n’existait pas et ne furetait pas, toutes griffes dehors, chaque bonne occase de recycler la moindre mélodie populaire en rengaine cathodique pour future ménagère sur endettée.

En bon germanopratin, Sacha navigue, toujours en bateau blanc, entre les caves sombres et humides de Paris et les caves sombres et humides de New York. Dont on se demande vraiment pourquoi on a fait deux villes pour ça. C’est un peu comme Toulouse et Toulon. Je me suis toujours demandé pourquoi en faire deux villes alors que franchement, Toulouson par exemple ça aurait suffit. Mais je m’égare et pas seulement de Cosne sur Loire ou JUSTEMENT, soudain, pour reprendre les pompeux funèbres codes des fictions parodiques du culicidae télévisuel, c’est le drame.

Alors que je suis presque prêt à faire le bonheur de mes parents, Sacha loupe un virage sur la RN 7 à seulement quelques centaines de mètres de Maltaverne, ville bien connue pour… bien connue. Ca chaloupe. La Porsche ne loupe pas le porche et Sacha ne loupe pas Chantal. Elle en paiera le prix, Nobel, et restera handicapée à vie. Distel en sort vivant, mais mourra quand même des années après.

Et depuis bientôt 10 ans maintenant, sur sa dernière demeure, toute la pluie tombe sur Sacha. Il se murmure même selon ses voisins de stèle, que Distel distille, disent ils, ses histoires sur toi, moi, la musique et l’amour. Et qu’auprès de lui Henri Salvadort, tranquillement.

Virgin Radio : Owlle

Alors si je te dis qu’elle est française, qu’elle a un univers parfois sombre et qu’elle est rousse tu me dis ?
Bon donc c’est pas Mylène Farmer hein. C’est Owlle, AKA France Paillecou comme on dit en Angleterre où on passage son chouette nom veut dire… bah chouette justement. Tu sais la chouette, cet animal symbole de la nuit qu’elle a choisi parce que c’est sur ses temps nocturnes que son projet est né il y a environ 3 ans à Paris. Elle s’était fait remarqué avec son electro pop envoûtante et mélodique en première partie de The Do et I’m From Barcelona.

Eh bien, après avoir fait un remix officiel pour Depeche Mode, Owlle commence 2014 avec son premier album qui porte son prénom : France.Ca reste dans la même lignée que ce qu’elle a fait pendant quelques années, mais elle explore des espaces musicaux encore plus profonds. Elle y reprend Disdorder que j’avais pu filmer ya 2 ans avec elle dans les jardins du Quai Branly, elle explore la new wave façon New Order dans Silence, l’electro dancefloor avec Ticky Ticky, et du coup, chaque titre a sa propre sonorité et son univers tout en gardant l’unité de l’album. Mais je sais pas si je suis très très clair.

Bon de toutes façons la meilleur façon de découvrir Owlle ça reste quand même de l’écouter et c’est exactement ce qu’on va faire avec Don’t lose is extrait de son album sorti le 20 janvier.
Et parce qu’en concert c’est aussi envoûtant et encore plus dansant que sur disque je vous invite à la voir près de chez vous à partir du 12 février à Paris puis à Alançon, Bordeaux, Tourcoing, Sannois, Saint Brieux ou encore Nancy

Beaffle #16 : Unissons nos voix

Pas plus tard que l’année dernière 200 000 femmes ont été victimes de violences. 147 000 de violences physiques. 29 000 de violences sexuelles. 25 000 les deux. 83 000 autres femmes ont été victimes de viols ou de tentative de viols. Et plus de 150 femmes, et au passage 30 hommes, qu’on oublie assez facilement, sont sous les coups de leurs conjoints.

C’est mal hein. Très très mal même. Parce que cette histoire a quand même coûté des mois de prisons à plus de 5 000 hommes !

Alors bon, figure toi que Wassup Company, une boite qui produit des singles de gens issus de la télé réalité s’est dit : et si on faisait genre un clip pour protéger les bonnes femmes et faire parler des violences que c’est pas bien et tout ça, et tout ça. Un genre de mix entre We Are The World de USA For Africa et Run The World (Girls) de Beyoncé.

J’imagine que c’est comme ça qu’est née l’idée de Unissons Nos Voix et de son clip aussi plat que cliché. Les mecs se sont dit, on va foutre comme dans We Are The World des stars comme ça, bah les gens ils vont se dire : WOOOOOOOOW ya trop des restas, j’arrête de défoncer ma gonzesse DI RECT. Donc ils ont pris 40 matrones qui passaient par là. Et ça donne ça :

EXTRAIT

Ouais bon arrêter moi ce merdier… Les mecs, sérieusement ! Je veux bien qu’on défonce sa bobonne à longueur de journée mais c’est pas une raison pour en rajouter en les humiliant musicalement.
Non mais je dis ça, je dis quelque chose, je trouve ça plutôt cool de s’impliquer pour des causes, de donner de son temps pour aider, de participer à des associations et tout le tsouin tsouin comme dirait Muriel Robin qui revient. Et qui s’y connait en mouquère. Mais je me permets de douter de l’intérêt de faire brailler 40 jeunes rombières sorties de diverses émissions cathodiques rarement catholiques en faisant en sorte d’avoir à la fois des noirs, des ara… euh des gens des minorités visibles pardon, histoire de se donner bonne conscience et de… euh…

Bah oui, de quoi d’ailleurs ? Parce que même si je dois avouer que ça m’a bien fait marrer qu’on ressorte la dépouille de Lââm pour faire croire qu’elle existait encore et qu’après tout c’est pas plus ridicule que Roch Voisine et Michael Youn dans les Enfoirés, je me permets encore une fois, parceque je me permets tout vu que c’est ma chronique et que je raconte tout qu’est ce que je veux, JE ME PERMETS DONC de douter que de faire parler Sheryfa Luna de féminisme fasse avancer la cause des panades. Oui je parle bien de la bouvière qui se branlotait les tétons dans son clip Viens avec moi.

Sérieusement les mecs :
Est-ce que les femmes violentées ont vraiment besoin d’être soutenues par une flopée de déchets télévisuels en mal d’existence médiatique ?
Est-ce que les femmes violentées ont vraiment besoin d’être soutenues par Emily Normann qui dans son seul single jamais sorti balance au mec qui vient de la quitter “Viens contre moi mon amour, je veux juste encore une nuit, juste une dernière nuit avec toi” ?
Est-ce que les femmes violentée ont vraiment besoin d’être soutenues par Alissa Latyma qui chante la Rebeu des Chichas ?
Est-ce que les femmes violentées ont vraiment besoin d’être soutenues par Aurélie Dotremont qui le mois dernier a simulé une agression dans les rues de Paris pour faire parler d’elle ?

Tu vois, moi, j’ai un vrai problème avec ces projets qui desservent plus leurs causes qu’ils ne les soutiennent, et on va avoir l’occasion d’en reparler juste après. J’ai un vrai problème avec ces gens qui utilisent des causes pour exister au lieu de faire exister des causes.
Si vous voulez vraiment faire avancer la cause des greluches messieurs les producteurs, ayez au moins l’obligeance de choisir des poupées qui ne font pas régresser leur image au quotidien.
Parce que franchement après avoir matter vos 3 minutes de clip navrantes, la seule façon dont j’ai envie d’aider vos 40 donzelles, c’est en leur collant une bonne grosse biffle.