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Et si on pouvait tout changer ?

Un jour, sans pour tester ma culpabilité (ou ma capacité à en avoir une), un psy m’a dit « est-ce que vous aimeriez changer ? ». La réponse était évidente : « oui! ». Le changement est le début de la perfection supposée à atteindre, le moyen de se rendre meilleur, autre, différent, pour moi et pour les autres. La facilité supposée de changement, de part la simplicité de la question, rend la réponse d’autant évidente. Changer sans rien faire, ni effort, ni concession. L’autre supposition, confirmée par la question suivante, induit par l’exposé que ce serait un changement de l’état d’aujourd’hui vers le future. « Que changeriez vous de votre passé, de votre enfance ? ». Pas moins personnelle, la question attend une réponse. Précise. Étayée. Avec des faits marquants, basée sur des souvenirs. Ils défilent dans un ordre chronologique approximatif. Des histoires de parents, des futilités écoles, d’amis, d’amour, des mots. Tous constituent une petite part de ce que je suis et chacun influe sur moi à sa façon, sans vraiment que je sache ni comment si dans quelle proportion. Le reste est oublié.

Alors que changerais-je ? Supprimer les événements malheureux pour rajouter des sourires et plus d’amour ? Et quels seraient les effets papillons de ce triturage spatio temporel impossible ? Ma vie aujourd’hui est un équilibre entre ce qui va et ce qui ne va pas, résultant des bientôt trente années qui sont passées.
Les poids ne s’équilibrent que depuis peu, et j’apprends encore à stabiliser l’équation. Un emploi fixe qui contrebalance des activités photo et vidéos, des tristesses et des faiblesses qui s’expriment dans des écrits ou des expressions qui me font me sentir bien, que je publie, seule façon de communiquer que j’ai trouvé, et provoquent des retours, parfois rassurants. Parfois qui remettent question.
Ce sont ces briques enchevêtrées, parfois maladroitement, qui sont le mur de ma vie. Il n’est pas parfait, il a ses faiblesses, ses briques manquantes ou fêlées et son ciment qui parfois ne soude pas très bien. Si je n’avais plus de malheurs du passé, de mauvais souvenirs, de déception, que serait devenu l’émotionalité et la sensibilité qui me font m’exprimer et écrire depuis des années et qui fait ce que je suis ? Qui me fait m’accomplir personnellement, mais aussi maintenant professionnellement ?

Non. Je garderais mon passé tel qu’il est , parce que même si je ne suis pas fier de tout ce que j’ai fait et suis, je veux « devenir », et non me faire archéologue des souvenirs qu’il serait opportun ou non de changer. C’est demain que je serai mieux, en utilisant ce que je suis aujourd’hui.

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The show might go on

J’ai entendu “Show must go on” à la radio ce matin. C’est une des rares qualités que je trouve à Queen. Une belle chanson, pleine de belles paroles, portées par une belle mélodie.
The show must go on.
Je me le suis dit en voyant Anne-Sophie, 16 ans, mourir en quelques mois sous mes gens , quand Lilyan parti ou quand Hughes, Rémi ou Lucas sont morts pour une photo.
Mais aujourd’hui, j’emmerde le cliché musical, facile, orné des violons lacrymaux qui émeuvent la ménagère dans les films. J’emmerde l’éternel optimisme qui consiste à faire croire qu’il faut toujours aller mieux et que ça ira forcément mieux. J’emmerde la facilité extérieure, subjective et passagère qui voudrait imposer sa bonhomie à tout bout de pleurs.

Show must go on, without me – Mashup by Benjamin
J’y revendique mon droit à m’effondrer comme une merde.
J’y revendique mon droite à être malheureux.
J’y revendique mon droit à avoir envie de crever, d’être dépressif et au bout du rouleau, d’abandonner tout. De m’abandonner.
J’ai envie de me voir mourir pour mieux vivre. J’ai envie de toucher le fond pour mieux me propulser à la surface. J’ai envie de rire parce que je n’ai plis de larmes. J’ai envie d’aimer parce que je me suis détesté.

Pendant 10 ans je me suis mis en scène pour qu’on ne voit que ce que j’en voulais. Une photo, une idée, une rencontre, plus rarement un amour. Ce spectacle est usé, les ficelles sont tellement émoussées qu’elles finissent par lâcher et l’histoire est tellement rabâchée que tout le monde la connaître par (et sans) coeur.
Show must stop.
Pour moi. Pour que j’ai le temps de le comprendre et de ne pas me répéter.
Pour que je trouve les bons auteur pour écrire la suite, et les bons comédiens pour m’accompagner. Je fais le bilan, calmement, comme Jacky & Ben J, en (ré)écrivant mes histoires d’avant à l’aube de mes 30 ans.

Quand je serai prêt, que j’aurai pris assez de temps, que mon histoire et ma préparation seront assez solides pour être présentés, alors je repartirai devant le public des critiques quotidiennes, dont j’aime être l’acteur, qui se moque du temps passé, des efforts et des souffrances endurées.
Et alors, the show will go on.

Exécutions de traducteurs

Ça m’énerve. SA MVENER comme écrivent les jeunes. Comme à chaque série sur laquelle un journaliste sait pas trop quoi dire parce qu’il ne l’a connait pas et qu’elle est produite par un mec connu, ça parle de « producteur exécutif ». Ce matin c’est donc David Lynch qui serait producteur exécutif de Twin Peaks tout comme pendant des années la fin de chaque épisode de X-Files laissait apparaître « PRODUCTEUR EXÉCUTIF CHRIS CARTER ».

Sauf que.

Non.

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C’est une erreur de traduction persistante. Le terme anglais est « Executive producer ». En anglais un « executive » n’est pas celui qui exécute mais au contraire un cadre et les métiers de « executive producer » et « producteur exécutif » sont bien deux métiers différents.

1- Executive producer / Producteur délégué
Il s’agit de la personne (généralement le patron de la production) qui est en charge financièrement d’un projet (que ça soit un film, une série, un jeu vidéo etc.). Il est généralement à l’origine du projet mais pas forcément. En gros son rôle est de trouver du pognon et de faire en sorte que le projet puisse exister notamment en fédérant des gens crédibles.
Il existe parfois des co-producteurs délégués.

2- Producer, co-producer / Producteur, co-producteur
C’est le terme le plus générique et le moins clair. Certains apportent de l’argent ou des partenaires, d’autres participent à l’écriture notamment aux Etats-Unis où le terme screenwriter est lié à des termes très précis de la SAG.

3- Supervising producer / Producteur superviseur ou Superviseur de production
Il intervient en préproduction pour gérer l’écriture d’un projet et son développement.

4- Line producer / Producteur exécutif
Il est mandaté par le producteur délégué pour gérer le projet dans l’opérationnel. Dans le cinéma, par exemple, c’est lui qui va s’occuper du tournage et généralement de la post production. Il n’est pas détenteur des droits sur le projets et n’a pas de responsabilités sur le fond. Il est en charge de faire en sorte que tout aboutisse dans le budget imparti.

On peut ajouter à ça le coordinating producer/coordinateur de production (pour arranger un peu tout le monde), le consulting producer/? (pour aider les auteurs), l’associate producer/producteur associé (pour générer le quotidien), le unit production manager/directeur de production (pour générer l’opérationel sur le tournage) etc.

C’est donc bien un non sens de dire que David Lynch, 50 Cent, Chris Carter ou Guillermo del Toro sont des producteurs exécutifs. Ils portent des projets et les financent grâce à leur argent (rarement), leurs connaissances (souvent) et leur notoriété (toujours).