freddie-mercury-returns-as-an-optical-illusion-with-queen-06f27f5137__131210010152

The show might go on

J’ai entendu “Show must go on” à la radio ce matin. C’est une des rares qualités que je trouve à Queen. Une belle chanson, pleine de belles paroles, portées par une belle mélodie.
The show must go on.
Je me le suis dit en voyant Anne-Sophie, 16 ans, mourir en quelques mois sous mes gens , quand Lilyan parti ou quand Hughes, Rémi ou Lucas sont morts pour une photo.
Mais aujourd’hui, j’emmerde le cliché musical, facile, orné des violons lacrymaux qui émeuvent la ménagère dans les films. J’emmerde l’éternel optimisme qui consiste à faire croire qu’il faut toujours aller mieux et que ça ira forcément mieux. J’emmerde la facilité extérieure, subjective et passagère qui voudrait imposer sa bonhomie à tout bout de pleurs.

Show must go on, without me – Mashup by Benjamin
J’y revendique mon droit à m’effondrer comme une merde.
J’y revendique mon droite à être malheureux.
J’y revendique mon droit à avoir envie de crever, d’être dépressif et au bout du rouleau, d’abandonner tout. De m’abandonner.
J’ai envie de me voir mourir pour mieux vivre. J’ai envie de toucher le fond pour mieux me propulser à la surface. J’ai envie de rire parce que je n’ai plis de larmes. J’ai envie d’aimer parce que je me suis détesté.

Pendant 10 ans je me suis mis en scène pour qu’on ne voit que ce que j’en voulais. Une photo, une idée, une rencontre, plus rarement un amour. Ce spectacle est usé, les ficelles sont tellement émoussées qu’elles finissent par lâcher et l’histoire est tellement rabâchée que tout le monde la connaître par (et sans) coeur.
Show must stop.
Pour moi. Pour que j’ai le temps de le comprendre et de ne pas me répéter.
Pour que je trouve les bons auteur pour écrire la suite, et les bons comédiens pour m’accompagner. Je fais le bilan, calmement, comme Jacky & Ben J, en (ré)écrivant mes histoires d’avant à l’aube de mes 30 ans.

Quand je serai prêt, que j’aurai pris assez de temps, que mon histoire et ma préparation seront assez solides pour être présentés, alors je repartirai devant le public des critiques quotidiennes, dont j’aime être l’acteur, qui se moque du temps passé, des efforts et des souffrances endurées.
Et alors, the show will go on.

A voir aussi :


Written by Benjamin Lemaire

Benjamin Lemaire, photographe réalisateur et consultant en communication.

One comment

  1. TheCelinette dit :

    Il y a pile un an, j’avais la même envie de tout lâcher, pas pour les mêmes raisons mais l’envie de glisser quand même. C’est tellement cliché mais parfois tout lâcher permet de vraiment se retrouver. Et puis, on oublie pas. Ces moments-là nous renforcent tout autant que nos victoires, car il y a la même quête au fond : celle d’être vraiment soi, même si parfois ça arrache un peu la gueule.

    Welcome back !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *