FERME TA GUEULE FRIGIDE !

Chère Virginie (permet moi de te re-rappeler Virginie en fait, à l’époque je t’appelais comme ça),

pas plus tard que ce matin j’ai découvert un peu à la bourre ton interview dans Metro. Tu vois pendant des mois et des mois, j’ai jamais rien écrit de virulent sur ta gueule, et je t’ai jamais parlé en direct (mis à part un SMS auquel tu n’as pas daigné répondre) alors que t’as vomi des horreurs jusqu’à ce qu’il ne te reste plus assez de bile pour digérer la récupération politique des crétins à qui tu as fait battre le pavé. Pas une fois j’ai balancé ce que j’ai su et vu de toi. Et tu noteras que rares sont les gens qui te connaissaient qui ont balancé ce qu’on pourrait appeler des dossiers pour toi. Et pourtant y’en a des anecdotes et des photos. Mais bon bref passons, la Manix pour Tous c’est fini. Alors j’espérais que tu retombes dans ce quelconque anonymat que, finalement, tu mérites, après pourtant quelques années follement drôles à Jalon. Mais non, voila pas que je te revois (encore) dans Métro. J’ai eu envie de t’écrire. Et je me suis dis que tu répondrais (encore) pas. Alors je me suis dis que j’allais en faire profiter tout le monde.

FERME TA GUEULE FRIGIDEJe me rappelle bien de cet hiver 2012 où le froid a gelé tes neurones. Franchement Virginie, en y repensant j’ai du mal à comprendre ce qui s’est passé dans ta tête. Je peux admettre que t’as voulu défendre des idées et que le truc t’as dépassé, parce que comme disait Desproges, le nombre idéal pour une manif, ça reste 2. Au delà on est une bande de cons. Je ne vais pas m’étaler à propos de ce mouvement. Sur ce que j’ai éprouvé. Et sur ce que tu as dit. Ni de la récupération politicienne derrière tout ça. Non. Tu sais moi je juge les gens sur ce qu’ils sont et ce qu’ils me font ressentir. Pas seulement sur leurs idées ou leurs partis politiques. Et je ne vais pas refaire une analyse de tout ce que tu as dit et fait, d’autres l’ont fait avant moi.

Ce que tu n’oses pas dire Virginie, ce que personne de ton (ex) entourage ne balance par respect pour ce que tu as été, c’est que tu n’es pas vraiment l’allégorie de ce que tu défends. Pendant des années t’as fait chier le Tout-Paris par e-mail et dans toutes les soirées mondaines pour Benoit XVI. T’as réussi ton coup le jour où t’es arrivée en dernière de couv’ de Libé. Toi la meuf anti-IVG, ex pote du RPR, qui avait déjà à l’époque un pédé comme assistant. Je me rappelle de toi en reine du Marais, quand tu lançais ton bouquin devant tous les gays de droite du coin. C’était drôle parce que tu savais y faire, toi qui manifestait au son de « Verglas assassin, Mitterand complice ». Et pertinent parce que t’avais des trucs à raconter. Archétype de la meuf à pédé, tu étais de toutes les soirées. Tu t’en es tapé des excès (pour utiliser un mot générique) aux frais de la pédalerie parisienne. C’est pour ça qu’on s’est croisés et qu’on a sympathisé d’ailleurs. Comme avec beaucoup d’autres. Moi je t’aimais bien parce que t’avais à la fois cette verve des gens qui ne laissent pas indifférents à la Zemmour et ce dadaïsme absurde dont on ne savait plus trop quoi en penser. Une vraie forme d’humour. Et donc d’intelligence.

J’avais vaguement entendu parler de tes histoires de logement dans la presse. J’ai eu du mal à m’en émouvoir quand on sait que t’as un double logement social grassement filé grâce à tes accointances avec les Tibéri et tes ex potes du RPR, où t’as bossé à une époque où en terme de logement on était assez souple. Passons. Passons aussi le fait que depuis 1990 tu vis séparé d’avec Bruno tout en étant ensemble, allant jusqu’à habiter dans le même arrondissement, puis à prendre un studio dans la même rue avant de déménager au 3e dans l’immeuble où il était au 5e. Parce que ça, t’as oublié de le préciser quand même. Toi la chantre de la famille catholique composée d’enfants autour d’un papa, d’une maman et d’un feu de bois, t’as oublié de te dire que le papa et la maman de tes enfants ne vivaient pas ensemble. Ne baisaient pas/peu ensemble. Qu’ils avaient fait des enfants sans avoir de foyer. Et que, pendant que tu fais défiler des extrémistes dans les rue de France, dans « ton » appartement c’est les mecs de ton mari qui défilent. Contrairement à toi, je ne me permettrais pas de dire que ça influent négativement sur Bastien et Constance. J’imagine que ça ne peut pas plus leur nuire que l’image publique que tu dégages.

Ca relève de ta vie privée (que t’as choisi volontairement d’exposer) et de tes choix personnels d’éducation. Contrairement à toi je considère que chacun est libre de faire ce qu’il veut. J’appelle ça la liberté. Moi, j’ai rien dit quand tu as défendu Benoit XVI et l’excommunié Williamson qui niait l’existence des chambres à gaz. Ni sur ton mariage avec Bruno devant l’intégriste Georges de Nantes et sa secte (parceque c’est une secte). Je crois même que j’ai fait en sorte d’oublier les penchants de Bruno pour l’extrême droite. Pas seulement pendant son taf avec Pasqua, pendant son passage au GUD quand il était à Assas, ou encore ses réunions au Club de l’Horloge (géré par les boss de Radio Courtoisie me semble t’il). Et je préfère oublier votre amitié avec Alain Robert. J’imagine que la venue de Nicolas Dupont-Aignan (qui n’est quand même pas le plus modéré à droite…) au dernier de tes anniversaires où j’étais convié n’est pas anodin… D’ailleurs à cette fameuse soirée arrosée (et pas que) dans un endroit connu pour être un repère gay pas très soft les samedis soirs, je me souviens d’avoir vu tes enfants. Jusque tard.

Et puis ce matin, je suis tombé sur cette fameuse interview dans Métro. Et je me suis dis que tu n’avais pas l’intelligence dont je te pensais dotée. Et que finalement, manipuler Xavier Bongibault et les autres gays (comme le chanteur raté Miister Evol) à qui tu as promis la célébrité s’ils t’accompagnaient dans ta croisade qui mène à la banalisation de l’homophobie, ne devait pas être si compliqué. Outre le fait que tu parles de toi à la troisième personne (« De la générosité de ceux qui veulent que Frigide Barjot continue d’exister ») et que tu t’ériges en personnalité préférée des français (« porte-parole des Français »), tu viens faire gentiment la manche pour ta gueule. Toi qui a fait la quête médiatique pendant un an. Tu te victimises en mettant en avant tes enfants à qui tu n’arrives plus à payer l’école publique. Mais tu oses dire que tu possèdes encore un appartement dans le 10e arrondissement en même temps que vos deux logements sociaux. Et que, je cite, entre guillemets, avec des pincettes, l’argent que tu demandes te servira à « pouvoir aller éventuellement de temps en temps en vacances ». Je veux bien fermer les guillemets mais pas ma gueule comme disait un sus cité. Te rends tu compte à quel point en quatre questions à un journaliste tu es à dix milles kilomètres des préoccupations des vrais gens et totalement déconnectée de la réalité ? En temps de crise où les français disent à 84% qu’ils sont contre les hausses d’impôts en cours (sic), toi tu te sers de ton statut d’ex-icône des trottoirs pour te faire payer des vacances.

C’est ça TA France ? Manifester contre des droits pendant qu’on profite de biens publics, et se faire payer des vacances par les crétins qu’on a mis dans la rue ? C’est ton passé au RPR qui resurgit ? Mais ne te gêne pas Virginie, tape directement dans la caisse, prends dans les 11 millions du Sarkothon. Après tout, faisons tout simplement un impôt pour les crétins et distribuons le aux gens comme toi, les profiteurs cachés.
Tu me répugnes Virginie. Vraiment. Tout ce que tu fais, dis et dégage est mauvais. Tu es devenue une personne mauvaise et malsaine, aux fréquentions des plus détestables (Richard de Sèze de la secte nantaise intégriste catholique, Tugdual Derville le bras droit de Christine Boutin, Albéric Dumont le taré proche du GUD, Laurence Tcheng la mythomane qui se prétend adhérente au PS, Ludovine de la Rochère la frapadingue du Printemps Français aux actions violentes etc.), non seulement en prônant des messages haineux, mais en abusant du système comme à la grande époque de la politique verreuse. Tu es tout ce qu’on doit faire disparaître de notre société de l’assistanat des élites. Pas celle qui gruge le fisc pour gagner un peu plus ou chourer du pognon aux allocs. Non. Des gens qui ont du pognon et du pouvoir mais qui font tout pour en abuser.

J’aurai au moins appris un truc avec toi. Les gens ne changent pas. Peu importe l’image fun et cool qu’ils se donnent, quand ils sont mauvais, ils le restent. Je ne sais pas si c’est ton papa le pote de Le Pen ou ta maman la catho intégriste qui t’ont donné ce genre de valeurs, mais tes multiples fréquentations étranges cachées montrent que finalement, t’as toujours du avoir des idées comme ça. Et que, tel un mec qui gagne la Nouvelle Star, t’as juste trouvé le medium pour les diffuser. Et « on » t’a adoubé.

J’espère sincèrement ne plus avoir à te croiser Virginie. Et j’espère que Constance et Bastien ne subiront pas les conséquences de tes choix de vie qui, quoi que tu en dises, sont déplorables pour leur éducation. J’espère aussi qu’une fois ta crise de logement passée, tu fermeras un peu ta gueule et qu’on arrêtera de te donner la parole à tort et de travers. Comme dirait Christophe Conte, je ne t’embrasse pas. J’ai déjà trop honte de l’avoir fait.

Benjamin

Initialement publié sur Megaconnard

Beaffle #1 : Nile Rodgers

Pas plus tard qu’hier, un mec mi-blogueur, mi-attaché de presse, mi-ami, me demande ce que je pensais de la future collaboration de Nile Rodgers avec David Guetta.
Parceque “tu comprends” me dit il pour me faire comprendre “c’est quand même un génie quoi” me dit il pour me convaincre. “C’est le mec qui a inventé la disco” me dit il pour m’étaler sa culture.

Outre le fait que Google indique de Donna Summer avait commencé la disco en 1975 alors que Chic ne s’est formé qu’en 1977, ce qui m’interloqua, parceque oui, des fois, je m’interloque, c’est cette propention à porter Nile Rodgers aux nues depuis quelques mois. Depuis son grand retour avec Daft Punk en fait.

Daft+Punk+Pharrell+Nile+Rodgers[1]

Tel un artiste mort dont on lit la fiche Wikipedia avant d’aller à la machine à café pour s’inventer une culture ou une passion soudaine parcequ’un “on” décide que c’est devenu cool, Nile Rodgers est devenu cet été l’artiste qu’il fallait absolument connaître. Savoir qu’il était le mec de Chic est une chose. Mais avoir retenu qu’il avait produit des titres pour Mick Jagger ou Jeff Beck est synonyme de grande classe. Ou mieux, admettre qu’on avait adoré sa touche funk/jazz sur Nougayork. Le comble de l’hipsterisme étant quand même de finir la conversation sur “Eh j’ai d’ailleurs cru voir qu’il avait fait un truc avec les Daft Punk récemment”.

Moi je m’en branle. Je connaissais pas Nile Rodgers avant de voir son nom sur l’album des Daft Punk. J’avais bien entendu parler de Chic, et je savais que le Freak c’est eux, mais je crois que ma culture s’arrête là sur le sujet. Même le Grand Journal a servi Nile Rodgers sur son plateau devant des invités dont on aurait dit qu’ils avaient vu le fantôme de James Brown. Après tout c’est un noir qui fait de la funk.

Pas con l’hanneton, Rodgers a profité de sa soudaine notoriété des machines à café médiatiques pour faire tout ce qu’on ne l’autorisait pas à faire avant : en plus des apparitions téloches (qu’il fait à la places des robots qui ne veulent pas se montrer), le voila en route avec un bouquin, un album solo et, donc, le sus-cité single avec David Guetta (et un avec Etienne Daho dont on a tous oublié l’existence en attendant sa future collaboration avec Lady Gaga).

En tant que mec courageux (plutôt beau aussi pour ceux qui n’ont pas l’image, et bien bronzé pour ceux qui n’ont pas la couleur) j’ai donc décidé de faire mes choix de me concentrer sur les biographies de Charles Aznavour, Pete Doherty et Michel Drucker pour prochainement briller en société. Et comme disait un célèbre PD, vivons heureux en attendant la mort.

Chronique Radio Neo du 16/10/2013 publiée sur LeTransistor.com