Obama : une année d’incompétence plus loin

Le 4 novembre, nous fêtions gaiement le premier anniversaire de l’élection du premier Président noir américain. C’était bien la seule chose que l’on pouvait fêter. Le 4 novembre 2008, le monde occidentale découvrait qu’on pouvait être noir, américain et Président oubliant par la même que nombre de noirs avaient déjà réussi aux Etats-Unis alors qu’en France on s’étonne encore devant le succès d’Harry Roselmack -qu’on voit d’ailleurs prochainement envoyé fait une émission dans une cité, toute façon je ne vois pas trop ce qu’on peut faire d’autres avec un noir… merci TF1-

Le 20 janvier, les cotillons seront de sortie pour fêter le premier anniversaire du début du boulot de Barack Obama. Pourtant, le premier bilan d’Obama n’est guère réjouissant. Après une série de bourdes qui n’auraient pas été pardonnées à un Républicain -ou à Sarkozy- (payer une bière à la Maison Blanche à un innocent après l’avoir insulté de raciste, écrire un mot d’excuse scolaire alors qu’un citoyen lui parle etc.), le 44e Président s’est également lourdement planté sur sa politique intérieure.
Accablé par un contexte économique très mauvais, Barack Obama avait pourtant fait preuve de lucidité et avait même réussi à obtenir une croissance de 3,5% après avoir concédé près de 800 milliards de dollars aux différents organismes financiers. La récession semble désormais écarte et la stabilité obtenue cependant, le chômage s’est largement aggravé atteignant presque les 10% en octobre (le plus haut taux depuis 25 ans) et le plan de relance ne semble guère améliorer les choses.

La deuxième grande réforme d’Obama devait être la santé. Alors que 50 millions d’américains n’ont pas de couverture santé, l’administration Obama entend créer une sorte de Sécurité Sociale -qui donc est un puissant gouffre financier chez nous-. Bien qu’intéressante, la réforme a bien du mal à être accepté par les conservateurs et les républicains qui la taxent d’assistanat. L’électorat blanc traditionnel se trouve gêné dans cette mesure qui concernerait majoritairement les familles noires les plus pauvres. L’année 2010 devrait voir éclore cette mesure qui était l’un de ses grands thèmes de campagne.
Autre grand thème abordé pendant sa campagne : l’écologie. En fait non. Le réchauffement climatique, qui est beaucoup plus porteur (et qui a surtout valus un prix Nobel à Al Gore dont il est le successeur). En tant que Président du premier pays producteur de gaz à effets de serre, Obama a en effet les billes pour faire changer les choses. Les premières mesures, minimes, sont en route, mais l’administration Obama n’annonce aucun an d’envergure avant la fin 2010, mais devrait profiter du sommet de Copenhague dans quelques jours pour annoncer une mesure populiste à long terme, sans pour autant se mettre à dos les gros états producteurs de pétrole tels que le Texas, la Louisiane ou la Virginie.

Par ailleurs, toutes les « petites promesses » qu’avait faites Obama pour se différencier de son prédécesseur semblent s’envoler. Adieu la transparence à la Maison Blanche sur les correspondances ! Le nombre de « Secret d’Etats » est passé de 5% des correspondances à plus de 15%. Oubliée les promesses l’abolition de la torture ! Alors que Guantanamo n’a toujours pas fermé ses portes, l’administration Obama poursuit les efforts de celles de Bush pour que des milliers de documents documentant la torture sur le territoire américain ne soient pas diffusés. Une récente enquête espagnole accablante parle de torture physique (écrasement des testicules, inoculation de maladie, waterboarding) mais également morale (privation de sommeil, menaces familiales). Obama a admit leur existence dans son discours du 24 aout dans le Wisconsin. A une question d’une journaliste il répond alors qu’il pense que leur publication « pourrait mettre en danger les troupes ».

Mais le gros point noir –enfin…- d’Obama reste la politique internationale. Même s’il garde encore son aura de premier Président noir par contraste avec Bush et qu’il a reçu le Nobel de la Paix (qui sera la plus belle blague de l’année si Ségolène Royal n’annonce pas sa candidature pour 2010 avant le 31 décembre), Obama n’a pas fait bouger d’un iota la situation israélo-palestinienne. Obama s’est même incliné devant les israéliens en abandonnant sa demande de gel des colonies ! Certes, un désengagement de l’Irak a commencé mais c’est uniquement au profit du « maintien de l’ordre » en Afghanistan où 80% des militaires sont américains et où l’on vient de vivre une des plus grandes fraudes électorales de l’Histoire, juste après l’Iran où Obama patauge méchamment dans le marais du nucléaire. Malgré ses régulières annonces, la situation n’est toujours pas réglée, et l’Iran nargue encore la première puissance mondiale. Jusqu’ici, Barack Obama préfère soigner son image que d’engager des négociations houleuses, comme on a pu le voir récemment en Chine où aucune accord et aucune discussion n’a été engagée.

Par ailleurs, alors qu’il allait recevoir le Prix Nobel, Barack Obama faisait voter le 18 mars 2009 un plan de recrutement militaire pour la jeunesse américaine qui répond au gout nom de « Generations Invigorating Volunteerism and Education Act». Ce plan avait été initialement prévu par… George W. Bush.

Reste qu’un an après son accession au pouvoir, Barack Obama qui a fait campagne sur espoirs et illusions fait aujourd’hui son bilan sur des demi-mesures et d’autres promesses. Malgré quelques avancées qui frôlent la démagogie (la santé pour les pauvres et l’écologie pour les autres), les grands chantiers d’Obama se résument aux conflits armées qu’a engagé l’Amérique depuis l’administration Bush et à injecter des centaines de milliards de dollars dans le système bancaire sur les ordres de la Federal Reserve Bank. C’est finalement exactement le résumé des années Bush Jr.

Pierre Bergé est il un con ?

Depuis que j’ai entendu ses déclarations teintées de jalousie sur le Téléthon, une question me trottine sur les neurones : Pierre Bergé est il un con ou un incompris ? Peut-être les deux…

La semaine dernière, Pierre Bergé, homme d’affaires pognoné grâce à ses business dans le luxe, ex de Yves Saint-Laurent mais également boss de Sidaction fait deux révélations fracassantes : il est atteint de myopathie et le Téléthon gagnerait trop argent. Pensait pouvoir se servir du fameux adage ‘on ne parle jamais mieux que quand on est concerné’, Bergé a cru pouvoir descendre le Téléthon en toute impunité, estimant que l’AFM ne savait plus quoi faire de son argent, qu’elle investissait dans l’immobilier, et que d’autres causes -comme le SIDA- devraient bénéficier de ce pognon.

Une bonne partie de la réflexion est très juste mais bien trop immorale pour être acceptée. En effet, chaque année, l’AFM sort de leurs pieux une floppée de miséreux au bord du coup de faux -si possible des gosses- pour les montrer à 60 Millions de Contributeurs. Et ça marche. Chaque année, l’émission de télé rapport environ 100 millions d’euros. En 2008, 58% des français ont fait un don selon une étude de l’ISSUU (dont plus d’un tiers en argent) pour un montant approchant les 2,5 milliards d’euros (1) soit environ 50 euros par personne ! Le Téléthon a lui seul représente chaque année entre 5 et 9% des dons contre moins de 4% pour le cancer. On pourrait même pousser les statistiques plus loin en disant qu’il y a 9 fois plus de décès par cancer que par myopathie. Mais bon, on ne peut pas dire ça. Ainsi, on peut pas dire que le Téléthon « parasite » la générosité des français, la part dans les doncs globaux restant la même. Ce qui est par contre tout à fait vrai et que Bergé n’a probablement pas osé dénoncé ouvertement c’est la forme de l’émission.

Pour autant, Pierre Bergé est-il un incompris ? A en croire ses déclarations du jour, où il propose de faire une caisse commune des dons pour les répartir de manière commune, je pencherais plutôt pour la seconde proposition. Pourquoi vouloir faire du communisme donataire alors que le libération est si bien accepté -et probablement voulu- par la population ? Pour les 5 euros que je donne chaque année pour la lutte contre la lèpre devrait guérir le cancer de la gorge de la voisine qui empeste le palier avec ses gauloises ? Hein, pourquoi ? Ne trouvant pas de réponse rationnel à cette question, il me semble alors évident d’affirmer qu’effectivement, Pierre Bergé est un con. Et en plus j’ai la majorité avec moi, je risque rien.

Liens :
Etude de l’ISSUU
(1) Baromètre image notoriété des associations et fondations faisant appel à la générosité du public réalisé en avril 2009 par l’IFOP auprès de 2000individus âgés de 15 et plus représentatifs de la population française