Rendons aux César ce qui est aux César

Alors que l’on finit à peine de s’éterniser sur les bilans de l’année passée, les César, qui seront traditionnellement suivis des Oscar, se déroulement très prochainement. Néanmoins, il manquera un invité de marque : Dany Boon. Certes le tout paris-cinéma n’avait pas particulièrement envie de croiser celui qui a démontrer qu’en France on pouvait faire des films qui cartonnent plus que les amerloques avec des bouses dignes des amerloques et sans les budgets des amerloques. Certes, son ramassis de clichés a faire près de 20 millions d’entrées manquant presque de détrôner le désormais célèbre Titanic dont le film est presque plus connu que le drame dont il est issu -quoique le presque est surement de trop.
Dany Boon sera absent des César donc, c’est ce qu’il a annoncé, mécontent que sa grosse daube n’ai amassé qu’une seule nomination. Bien que je sois le premier à m’insurger contre l’énorme décalage public/professionels/critiques, il me semble bien audacieux pour un réalisateur/comédien/producteur de se prétendre mieux que les autres nominés. A quelle nomination Dany Boon prétend il ?
Le meilleur film de l’année, mieux mis en scène que Mesrine et plus fin que le dernier Claudel ?
Le César du meilleur acteur à la place de Dupontel ?
Désolé Dany, mais le César sur meilleur acteur/réalisateur/producteur n’est pas encore distribué. Toi qui te crois idole d’une génération, ouvre les yeux et apprends. L’humilité par exemple.

It don’t matter if you’re black or white

Un ami avec qui je dinais ce soir me faisait remarquer, avec la même régularité qu’il m’aurait annoncé les périodes d’indisposition de sa mère, que les Islandais avait élu en tant que premier ministre Johanna Sigurdardottir, une « lesbos » comme il dit. Premièrement, ne dit pas « lesbos » mais « broute minous » et secondement, ce n’est pas le peuple qui élit le premier ministre Islandais mais le président qui a trouvé là l’occasion de faire parler un peu de lui à travers le monde à moindre cout puisqu’il s’agit uniquement d’une vacation en attendant les très prochaines élections législatives. Plutôt concentré à déguster mes makis de chez Asian, je rétorque que c’est plutôt bien. Je lis soudainement dans ces yeux une once d’émerveillement qui me remercie : « aah, c’est grâce à des raisonnements comme le tiens qu’on aboutit à des progrès sociaux comme l’élection d’un noir comme président des Etats-Unis ». Alors là non ! Autant je veux bien qu’on me rende responsable de l’accession au second tour de l’élection présidentielle de Ségogol -parce qu’après tout, les cons représentant une part non négligeable de la population ils ont le droit à être représentés-, mais de là à me mettre sur le dos l’élection d’Obama, je proteste vigoureusement !

En effet, le fait de voir 83% de la population française se réjouir de l’élection de Barack Obama alors que 92% de ces mêmes probamistes considèrent que l’élection d’Obama est une réussite parce qu’il est noir c’est bien entendu tout sauf du progrès social. Parce que dans les années 20 en France nous avions déjà notre noir à nous qui faisait de la politique, Félix Eboué, sans parler de nos footballeurs rarement moins bronzés qu’un parisien au mois d’aout, auxquels viennent s’ajouter nos sportifs naturalisés, notre Harry Roselmack propre sur lui. Oui, parce que nos noirs sont français, contrairement à Obama qui est à la fois noir ET étranger. Moi les gens comme ça, j’te les renvoie dans leur pays ! D’autant que dans leur pays, ça fait longtemps que leurs noirs et leurs arabes sont présidents !
Mais pourquoi donc nous gonfle-t-il le bulbe rachidien avec des propos tantôt populistes tantôt lepenodieudonistes, vous dites-vous ? Tout simplement parce que réellement, je pense que le fait de s’émerveiller de voir un pédé (ou pire, une femme) premier ministre (ou ministre chez nous) et un noir (ou pire, un arabe) président n’est pas une d’avancée sociale mais est au contraire la preuve flagrante d’une immaturité d’une couche de la population pour qui le fait d’être noir ou homosexuel rends différent au point qu’on se doit de le faire remarquer. S’étonne-t-on aujourd’hui d’avoir des députés ou des ministres protestants ? Il y a 500 ans, ça n’aurait même pas été possible (et de toutes façons y’avait pas de parlement), pas plus qu’un député homosexuel, ni même un député femelle. Aujourd’hui, l’espèce « femme député » n’est plus montrée du doigt comme un objet de foire (ou comme un président occidental noir) car il est désormais socialement admis qu’on peut-être femme et faire de la politique, alors qu’être noir et obtenir un poste à responsabilité (qu’il soit président de la république, présentateur du JT de 20H ou préfet pour citer des exemples récents) est encore de l’ordre de l’évènement national tellement ces nominations ne sont le fait de quelques populistes qui veulent se donner bonnes consciences.

Néanmoins, malgré mes insinuations parfois douteuses, le monde évolue et les différents peuvent non seulement voter mais être élus. Reste que comme disait l’autre y’en a qui sont « noirs, petits et moches, et pour eux ça sera très dur ».