La Grand Bide

Je l’annonçais en primeur il y a quelques mois : Laure Manaudou se mets à cinéma (‘après celui qu’elle a fait à Pékin).
Voici ce qu’on peut lire dans la presse ce matin : « Laure Manaudou a joué son propre rôle dans un film ».
Pourtant, plus loin, on lit qu’elle incarnerait une nageuse…
Alors, son propre rôle ou une nageuse ?

Ségolène : laïve at ze Zénith

Dimanche après midi. Le Parc de la Villette vit : des enfants jouent, un musicien divertit les passants, un jongleur s’amuse avec un diabolo. Tout va pour le bien dans les vertes prairies fleuries du bassin nordiste. Je traverse donc gaiment en dansant tel un écolier un jour de vacances, mon sac photo et ma bravitude sur le dos, heureux d’aller retrouver le gentil club des amis de la fraternité.
Arrivé devant le Zénith, je ne suis pas sur la liste. Qu’importe, on m’offre gentiment le bracelet magique pour entrer parmi l’arène où la rose est s’arrête à l’éclore. A l’intérieur, de gentils hommes et femmes trépignent vêtus de leurs tee-shirts « La France présidente » qu’ils n’ont pas jugé utile de renouveler depuis 2007. Pas plus que leur carte du PS.

Séoglène Royal au Zénith

Dans une ambiance de campagne présidentielle –comme dirait Cabrel « Il faudra leur dire »-, trompettes sonnantes et drapeaux levés, la –seule- star de la soirée arrive sur la grande scène du Zénith devant une salle à peine remplie –dont une partie a été cachée par des rideaux pour ne pas montrer les vides-. Dans une robe bleue (sic) qui recouvre un jean –bleu aussi (resic)-, Ségolène Royal arrive parée d’une touffe de caniche sur la tête sur une scène toute bleue (sursic). Devant elle deux prompteurs –sans lesquelles elle aurait fait encore plus de fautes de français-, autour d’elle une mise en scène dépouille de Dominique Besnehard.

Ségolène Royal au Zénith

« Je suis là, ne l’oubliez » clame l’égérie de la branchitude devant une foule en délire. Le woodstock de la politique ! Elle commence alors un show tragico-mélo-dramatiso-shakespearien mêlant citations et récitations, la candidate à la tête du PS peine pourtant à convaincre un public déjà convaincu. Anyway. Elle se contentera de balancer sur la droite, sur ses anciens potes de la gauche (« la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles ») jusqu’à ce qu’une foule d’inconnus la rejoigne sur scène. Désespérément seule, entourée des habituelk Bianco, Assouline et Taubira, une vingtaines d’enfants montent sur scène. C’est beau, ça meuble. Heureusement, Hervé Vilard est venu chanter.

Séogène Royal au Zénith

Maya file le bourdon

Maya Barsony à La Boule Noire

Maya Barsony… Son nom est sur toutes les lèvres parisiennes depuis quelques mois. Et pour cause. Elle est le symbole égérique d’une génération boboïfiée et seizièmisée prêt à aduler n’importe quelle musique mi électro, mi chansonnette, mi theuse.

La Boule Noire s’éteint, j’arrive tout juste d’un autre concert (bien). A peine le temps de me placer devant la scène, une sorte d’elfe désaturée vêtue d’un imperméable blanc comme le Yin arrive lentement avec une démarche aussi élégante qu’une girafe dans la savane jaune. Quelques applaudissements de vestes/slims/chaussures de ville noires plus tard, l’étrange animale se met à bourdonner une chanson sur Maya l’Abeille. L’introduction est violente mais, finalement, présente plutôt bien l’interprète de La Beuglante. Voilà l’espèce de hobbit blanc en train de vrombir quelque horreur audiovisuelle époque post giscardienne, une peluche d’insecte volant à la main…
La suite n’est guère mieux. Maya Barsony enchaine les titres niaiseux et plats sur une chorégraphie digne de métronautes aux heures de pointes. Soudain –n’y voyez pas la moindre trace de soudaineté, il s’agit d’une méthode presque malhonnête afin de vous sortir de la soporifique situation que je tente pitoyablement de vous décrire-, une petite mélodie connue arrive : son « tube » « dis mois dis moi », une sorte d’hymne à la dépravation sexuelle aussi percutante qu’un titre de milieu d’album d’une Mylène Farmer de supermarché… Fureur dans les soixante personnes du public, on chante, on danse, on bouge ses fesses, on en profite pour caresser sa copine, c’est la fureur du jeudi soir à La Boule Noire. Le titre terminé, le concert retombe dans la monotone morosité des longs débats parlementaires de l’Assemblée Nationale. Maya est une députée, et son public les vieux de France 3 qui ne s’éveillent que quand Maxime Gremetz se met à insulter Frédéric Lefebvre. En mettant en valeur son postérieur à l’aide d’un shorty blanc moulant, elle met en exergue son seul atout, son physique. Je n’aime pas dire du mal des gens –enfin…-, mais effectivement, elle est jolie…

Je suis une star

Benjamin Lemaire - Vu à la télé
Crédit photo : Rod | Le-HibOO.com

Hier fut ma journée de gloire. Espérons pour Warhol qu’il n’en sache rien, que je puisse récupérer un quart d’heure un peu plus tard. Tout comme lorsqu’une connaissance m’informe par email « y’a bellak qu’à collé ta tronche sur purepeople ». Grande nouvelle effectivement, alors que je tentais aléatoirement au péril de ma vie de prendre une photo d’un coach sportif cathodique et d’une star télévisuelle presque aussi connue que le nom scientifique des huitres de Bretagne du sud, sur un tricycle atomique à mi chemin entre une trottinette Blédichef et un 103 SP de 89. Me voici donc au sommet de ma gloire, non pas en fond d’une photo d’une quelconque camarade du parisien, non pas derrière un vulgaire ministre lors d’une conférence de presse, mieux : au côté de deux inconnus notoirement célèbre au milieu d’une soirée où le champagne s’est arrêté à 23H.
« Mass medias, Mass medias » chantait France Gall parée de Cristal dans la comédie musicale révolutionnaire et de plus en plus actuelle qu’était Starmania. Eh bien, en plein centre du star system, me voici élevé au sommet de la célébrité tel un brailleur endemolien, quand, à 19H55, je reçois un SMS dont je me permets d’étaler ici la teneur : « Fé cor 1 peu de sport et tu pourras te faire joel pdt les fotocall ». Que peut bien vouloir dire cet étranger SOS lancé par SMS à mon égard ? Un coup de fil plus tard, j’apprends, tenez vous bien (tenez vous mieux) : je suis passé à la télé. En plus d’être invité parmi la jet-set populaire de l’infortune, de subir la connerie –ou la violence- de quelque photographe (ou qui se définit comme tel), me voici récompensé pour la sueur qui a coulé de mon front : on m’a vu à la télé. Parceque passer dans le poste c’est une chose, mais être vu, c’est carrément mieux qu’un premier rôle dans un film de Godard !