De la cellule à la mairie

Emile Vernaudon, mis en examen pour « détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, faux et usages de faux et vol » et placé en détention provisoire depuis le 5 décembre dernier, sera candidat à la mairie de Mahina (Polynésie française). Sa femme a affirmé que c’était « un choix du peuple ». Son avocat de son côté argue qu’il est toujours présumé innocent. Maire de cette commune de 15.000 habitants, dont 10.570 électeurs inscrits, sans discontinuer depuis 1977, cet ancien député (1988-1993 et 1997-2002) peut légalement être candidat depuis sa cellule.
Jean Tibéri a encore de beaux jours devant lui.

Vous ferez de la politique mes fils !

Quelles questions peuvent déstabiliser un homme politique aussi expérimenté soit il ? Un journaliste de Vanity Fair ? Un chroniquer de Direct 8 ? Pire ! Des enfants !
Habitué aux conférences de presse auxquelles il se libre trois à quatre fois par personnes, Michael Bloomberg, maire de New-York, ne s’attendait par à être torturé par un groupe d’enfants de 8 ans d’Harlem. Après un « joyeux anniversaire » en chanson, le premier enfant lance les hostilités : « Êtes vous riche ? ». Embarrassé, le milliardaire républicaine fait répéter la question avant de répondre qu’il travaillait seulement pour « un dollar par an ». Un autre enfant lance une question… sur son âge cette fois. Impossible de se tromper sur cette question ! Sur de lui, l’ex-candidat aux primeurs lancent les enfants au défi de trouver : « 107 ans » lance une petite fille qui lui demande également s’il vit à la maison blanche. « Je n’y vis pas. J’ ‘habite une maison de l’East Side de Manhattan depuis vingt ans. Mais je vis à New York depuis 1966. ». L’année étonne le groupe. C’est vieux ! Après une question sur « à quoi servait » un maire, un élève lui demande si il a « un million de dollars ». Embarrassé une fois de plus, le maire réplique aussitôt que « non » mais qu’il a « une magnifique carte d’anniversaire » en désignant celle que les enfants viennent de lui offrir. « C’est vraiment gentil » conclue t’il, « bon eh bien je ferais bien d’y aller ».

Dans le même temps le chef de l’Etat français se rendait à Périgueux dans une école primaire avec son ministre de l’éducation nationale –pour parler un peu de sa victimisation Shoahsie). Après s’être fait offrir un magnifique palmier en pâte à sel qu’il mettre « sur [son] bureau », Nicolas Sarkozy s’est prêté à un question de Proust auquel certaines réponses ne lui paraissait pas évident. On apprends, en vrac, que son ministre préféré, « A Périgueux c’est Xavier Darcos », qu’il est de droite parce que qu’il « pense qu’il faut créer des richesses avant de les partager », que la principale qualité pour être élu est « la ténacité », qu’il est plus tôt couche-tard / lève-tôt, que ce qu’il déteste par dessus tout c’est « le mensonge », que son loisir préféré est « le sport », que sa matière préférée à l’école est « l’histoire » et le plus important, que son repas préféré est, après hésitation, « la fondue ».
A la sortie, le petit Medhi –l’artiste au palmier- a déclaré « j’ai trop de chance » en brandissant son cahier d’exercices sur lequel le Président de la République avait fait une rature en déclarant : « Tu leur diras que c’est le vrai, que c’est pas Darcos qui a signé ». Allez rigole !

Qui veut gagner une mairie ?

Résumé des épisodes précédents :
La nouvelle émission nationale à décrochages régionaux bat tous les records d’audiences depuis que plusieurs candidats, censés travailler en équipe, se lancent seul dans le jeu. Qu’importe, seul l’audience compte et le public tranchera.
Le premier prime s’est tenu le week-end dernier à Neuilly. Alors que l’épisode Paris passe presque inaperçu, UMProductions pert le contrôle de la situation suite à des comportements hasardeux de plusieurs candidats. La France ne parle plus que de ça : Martinon est prié de quitter l’aventure. Dans le même temps, Production Socialiste peine à clamer les ardeurs à Montreuil-sous-Bois où les candidats roses, rouges et verts ont bien du mal à se mettre d’accord. Sur les deux épisodes, le problème est le même : chacun veut gagner le gros lot –5 ans de vacances dans un magnifique bureau, avec assistante- pour lui tout seul. L’enjeu est de taille. Et quand il s’agit du plus gros centre de vacances français, le centre capitale, la bataille est d’autant plus acharnée.
Surfant sur la vague Neuilly-sur-Seine, François Lebel remets en question l’épreuve du parachute de Pierre Lellouche alors qu’ils s’étaient mis d’accords le 16 novembre dernier. Haute trahison clame ses amis ! C’était sans compter le soutien de quelques personnalités comme Christine Boutin, connue pour son rôle dans « Enfermé dehors ». Dans le même temps, le vainqueur de la dernière saison à Paris manigance avec le candidat Lyonnais, Gérard Collomb (lui aussi vainqueur de la dernière saison)., pour l’installation de voiture en libre service. Non en reste, François Bayrou, candidat de ModeMedia, propose d’installer des trottinettes électriques à Pau pour « pas faire comme les autres ».

Ce qu’il s’est passé aujourd’hui :
On savait qu’Anne-Marie Comparini était une « salope », on apprends hier que Bertrand Delanoë est un « tocard ». Françoise de Panafieu, dites Panaf’ par les fans, s’est aujourd’hui justifiée en affirmant qui tocard était un mot « sympathique ». Salope c’est méchant. Tocard c’est gentil. « Il ne faut pas aller dans la grossièreté » tempère la candidate bleue.
Le second rebondissement de la journée est dans l’épisode « Paris – 5 » : Jean Tibéri –sa femme Xavière et neuf autres personnes- a été renvoyé en correctionnelle pour l’affaire des électeurs fictifs. Bon joueur, l’arbitre a décider de ne pas poursuivre une prévenue, décédée depuis. La candidate rose, adversaire de Tibéri, Lyne Cohen-Solal -à l’origine de la plainte- s’est déclarée satisfaite. Voilà qui devrait faire pencher la balance des votes dans son escarcelle, elle qu’on voyait déjà gagnante.
On est toujours sans nouvelles d’Arnaud Teullé dont on a appris ce matin qu’il était à « disposition » de l’Elysée. Personne n’a compris ce que ça signifiais. Pas même lui. Certains craignent qu’UMProductions sanctionnent certains candidats qui ne respecent plus les règles établis. C’est dans cette esprit que la candidate parisienne bleue a réunit ses co-chefs et leur a fait signer une charte de bonne conduite pour le mois de jeu qui reste.

A suivre dès la semaine prochaine :
– Le déplacement du grand co-chef de l’équipe bleue, François Fillon
– L’hypothétique soutien du Dieu bleu, Nicolas Sarkozy
– Les pathétiques réactions de l’équipe rose, aussi discordante que possible.

Le lion est mort ce matin, la savane s’agite

Henri Salvador est mort ce matin d’une rupture d’anévrisme à l’âge de 90 ans. Et c’est pas une connerie puisque c’est sa maison de disque, Polydor, qui l’a annoncé après la réunion artistique destinée à déterminer quand le best-of posthume du chanteur devrait sortir. Une étude est déjà en cours pour déterminer les titres préférés des français. Pour Syracuse, tapez 1, pour Jardin d’hiver, tapez 2 etc. Pascal Nègre s’est également dit intéressé par l’énorme appartement de Salvador, place Vendôme. On ne connaît pas encore la guest-list ni le traiteur de l’enterrement.

Neuilly et le garçon formidable

Les scénaristes hollywoodiens ont repris la plume et ça se ressent jusqu’en France où la deuxième saison des « Bandes du 9–2 » vient de recommencer. On pensait l’histoire finie après le retrait de la candidature de David Martinon et l’annonce par l’UMP d’un nouveau candidat. Mais à peine l’annonce faite par Patrick Devedjian de soutenir le candidat divers-droite Jean-Christophe Fromentin –prétextant l’ouverture-, le roquet Arnaud Teullé annonce qu’il va également créer sa liste alors qu’il était jusqu’ici candidat aux élections cantonales, jouant les troubles fêtes dans un climat tendu que François Fillon taxe de « retour au calme ». Charismatique tel un chamallow au dessus d’un feu de camp, le quadragénaire conseiller spécial à la présidence de la République pour les Hauts-de-Seine avait été écarté le 30 septembre dernier quand Nicolas Sarkozy avait intronisé son porte parole pour lui succéder Sur sa liste devrait néanmoins figurer Jean Sarkozy qu’il tente de rallier à sa cause depuis plusieurs semaines mais se fera sans Marie-Cécile Ménard, nommée numéro deux sur la liste officielle de l’UMP. Officielle veut dire, celle de Fromentin. Parce que Teullé est également le tôlier de l’UMP local. Aujourd’hui la question est dans tous les esprits : est-ce le candidat officiel et légitime du royaume ou le vassal local et fils illégitime qui doit devenir roi ? Les hauts dignitaires semblent oublier que seuls les électeurs le décident.

Neuilly : l’histoire sans fin[

Neuilly ne sait plus ou donner de la tête. Après un week-end riche en rebondissement, ce ne sont finalement pas les 150 ans de l’apparition de la vierge à Bernadette Soubirous qui aideront David Martinon qui a finalement annoncé qu’il retirait sa candidature à la mairie de Neuilly laissant ainsi place à l’alliance entre ses ex-colistiers et le candidat « divers droite » Jean-Christophe Fromentin. Dans une conférence de presse, le porte parole de l’Elysée annonce également qu’il a présenté au chef de l’Etat sa démission qui a été « refusée ». Une réunion de crise devrait se tenir ce soir à Neuilly afin de déterminer qui sera la future tête de liste UMP et si l’alliance avec Jean-Christophe Fromentin se concrétise.

Neuilly, ton univers impitoyaaaable

La cacophonie d’hier ne semble en être qu’à son début à Neuilly. Cet après-midi, David Martinon a été lâché par deux de ses co-listiers, Marie-Cécile Bénard –le successeur de Nicolas Sarkozy au Conseil Général des Hauts-de-Seine- et Jean Sarkozy –le fils cadet du chef de l’Etat-, soutenus par Arnaud Teullé –évincé de la liste municipale par… Martinon himself-. Le trio a également évoqué une possible alliance avec la principal rival de Martinon, Jean-Christophe Fromentin crédité selon un sondage paru vendredi de 45% des voix (contre 40% pour Martinon). Cette révélation devrait sonner la fin de la campagne pour David Martinon et Marie-Cécile Bénard ou Jean-Christophe Fromentin devraient logiquement prendre la tête de la nouvelle liste. De son côté, Martinon n’a pas encore annoncé le retrait de sa candidature.

68 euros la photo

Quand Xavier* est passé à côté du radar automatique situé entre Bussang et Remiremont (Vosges) le 11 janvier dernier, il ne se doutait pas que quelques semaines plus tard, il serait accusé d’avoir roulé à 324km/h dans son petit utilitaire de marque américaine qui selon le constructeur ne peut pas dépasser les 170km/h.
Contactée par l’AFP, l’administration chargée des contrôles automatiques certifié que la photo avait été prise à « 78km/h ramenée à 73 et non à 324 », ce qui expliquerait l’amande de 68 euros qui lui sont demandés qui corresponds à un dépassement de moins de 20km/h de la vitesse autorisée (70 sur cette portion).
Une belle occasion pour les anti-radars de démontrer encore une fois l’inefficacité des engins, d’autant que c’est l’Est Républicain qui publie l’interview du conducteur et qui avait déjà à plusieurs reprises publié des enquêtes sur les radars. Seulement voilà, le radar n’a jamais flashé à 324km/h, et cette vitesse n’existe nul part… Il devra donc payer son amende puisque depuis mai 2007 les contestations contre les radars automatiques ne sont plus recevables.
Enfin, qu’il ne se plaigne pas, pour lui c’est 68 euros la photo, pour Carla c’est 500.000.
* Le prénom n’a pas été changé, tant pis pour lui.

A pas de Guéant

L’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy maintenant secrétaire général de l’Elysée, surnommé « Le Cardinal » est de plus en plus tenu responsable de la chute vertigineuse des chiffres de « Speedy Sarkozy ». Celui qui jusqu’ici paternait François Fillon au dépit des ministres n’a qu’à bien se tenir s’il veut garder sa place. Ses nombreuses remarques sur les membres du gouvernement lui valent les foudres de ses semblables. La dernière en date sur l’annonce à la presse de la revalorisation du minimum vieillesse, une des promesses phares de Nicolas Sarkozy, avant que François Fillon ne l’annonce lui même. Une partie de la majorité présidentielle a vivement critiqué cette démarche, mettant à mal le groupe parlementaire mené par Jean-François Copé.
« J’ai dit que je ne trouvais pas normal que ce genre d’annonces soient faites par M. Guéant, quelles que soient ses qualités intrinsèques. Il y a un glissement institutionnel auquel il faut prendre garde (…) Je n’ai fait qu’exprimer ce que le groupe pense et les ministres présents étaient très contents de mon intervention » a lancé la députée de Meurthe-et-Moselle Valérie Rosso-Debord. Le villepiniste Hervé Mariton confirme : « La difficulté des temps nous stimule plus qu’elle ne nous déprime. La parole se libère. Le fait de s’interroger sur la relation au président de la République est de plus en plus explicite au groupe. Ce n’est pas un signe de défiance mais un message d’exigence ». Mais Guéant ne se contente plus de faire bouillir les bancs parlementaires puisque Bernard Kouchner lancé fermement: « Il ne faut pas jouer le jeu que les miens ont joué en allant à Damas. Avec eux, c’est toujours pareil. C’est un problème d’expérience ». Il a d’ailleurs merveilleusement conclu en affirmant : « Ceux qui sont au courant le savent ».