Ingrid est en vie !

C’est dans la nuit que les autorités colombiennes ont diffusé un document vidéo prouvant, après 2106 jours de détention par les FARC pour Ingrid Betancourt et Clara Rojas, que l’ex-candidate à la présidentielle colombienne est en vue. Selon cette même source, les documents seraient datés du 24 octobre et auraient été saisis lors de l’arrestation d’un commando FARC. Selon une source colombienne, les guérilleros avaient pour objectif de remettre ces preuves à la sénatrice vénézuelienne Piedad Cordob, facilitrice des négociations dont le travail a été récemment compliqué par la décision soudaine du président colombien Uribe de stopper la mission de médiation de son homologue vénézulien, Hugo Chavez. Cela faisait quatre ans qu’aucune preuve de vie n’avait été fournie par les FARC, mais malgré un certain soulagement de la famille, Ingrid apparaît tête baissé, enchaînée et très maigre.

Mise à jour : on apprend ce soir qu’une lettre de douze pages signée par Ingrid et destinée à sa mère était dans les documents saisis : « C’est une lettre d’une mère aussi qui nous adore, qui pense à nous. C’est une lettre d’une femme qui n’en peut plus » a déclaré ce soir Lorenzo Delloye, le fils d’Ingrid (photo)


Lorenzo Delloye-Betancourt en octobre dernier
Liens : Article du FICIB
Video sur YouTube

Quand Sarko fait du Van Damme…

Le Président de la République a encore une fois réprouvé les incidents de Villiers-le-Bel. « On est passé à deux doigts d’un drame » a martelé le chef de l’Etat à deux reprises avant d’affirmer que « On aurait pu avoir un drame ». Estimant que ces violences n’avait rien à voir avec le malaise sociale, Nicolas Sarkozy a achevé son discours en affirmant : « Quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable ».

Le MEDEF recrute dans les banlieues

C’est dans un contexte de crise que la présidente du MEDEF, Laurence Parisot (au centre de la photo) a appelé une fois encore les chefs d’entreprise à « parrainer » des jeunes diplômés issus de l’immigration dite visible. La ministre du logement Christine Boutin (à gauche sur la photo) est également venue car elle estimait « devoir venir dans un contexte comme celui-ci » pour soutenir cette action. Une dizaine de jeunes diplômés sont venus témoigner de leurs expériences au sein des entreprises marraines.

Hier à la Grande Arche de la Défense

Villiers-Le-Bel : vers une accalmie ?

Après deux nuits d’extrêmes violences, Villiers-Le-Bel est une ville partagée entre colère et désespoir. En errant dans les rues ont entends de tout. « Tu sais, nous on veut juste savoir » me lance Hakim, un jeune du quartier. En marchant à ses côtés dans la cité embrasée les deux nuits précédents, il lance en pointant une pharmacie : « Ca c’est l’objectif de ce soir. Cet enculé il a parlé à la télé. En plus c’est un enfoiré de raciste. Ce soir on le nique c’est sur ». Plus bas, près de la gare, les violences urbaines sont dans toutes les conversations. Entre les gens du quartier, la tension monte. « On est chez nous ici » lance un commerçant à une bande de jeunes. « Nous aussi, on est français ». Un autre commerçant intervient pour calmer les esprits : « C’est ensemble qu’on doit résoudre cette histoire, pas les uns contre les autres. C’est au quartier que vous vous en prenez ! ». Et pour cause, ce sont des dizaines de magasins du quartier qui ont été saccagés ainsi que plusieurs dizaines de véhicules, une école et une bibliothèque, entièrement brûlée.

A 16h30, un rassemblement est prévu sur la place de la gare. La présence journalistique n’est pas souhaitée. « Vous avez vu ce qu’ils racontent comme conneries sur TF1 ? C’est pour ça qu’on veut pas de vous ». Un journaliste de BBC News se fait repousser alors qu’il tentait d’interviewer un manifestant. Les organisateurs tentent de trouver un compromis avec le cortège. Il pourra finalement être filmé et photographié mais en discrétion et uniquement devant. Pendant une heure, la marche silencieuse parcoure les rues de Villiers-Le-Bel en mémoire des deux adolescents décédé dimanche dernier lors de al collision avec une voiture de police. Une minute de silence est organisée à proximité du lieu du drame. Tout comme la veille, les familles des victimes appellent à l’accalmie. Fillon également. Il appellera également dans la soirée un millier de policiers sur place qu’il devrait venir saluer avec Michèle Alliot-Marie, le ministre de l’intérieur.

Mobilisations !

Alors que les syndicats de RATP et la SNCF continuent leur grève, c’est au tour des fonctionnaires de défiler dans les rues, rejoints par deux syndicats étudiants. En milieu de journée, FSU annonce que 65% des enseignants du primaire et 58% des enseignants des collèges sont en grève.
François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT a été longuement hué et chahuté par la foule scandant « Chérèque, trahison ! », « Chèque, Parisot, même combat ! » ou encore « Chérèque avec la patron ! ». Le leader syndicaliste, excédé a quitté le cortège en courrant sous les sifflets du public, escorté par quatre personnes pour rejoindre une voiture qui est partie en trombe. Le chef de la CFDT avait déclaré dès mercredi dernier avoir les éléments pour « suspendre la grève à la SNCF ». Les négociations entre le gouvernement et les syndicats de cheminot débuteront début.
Cet après midi, Nicolas Sarkozy est sorti de sont silence devant l’Association des Maires de France, déclarant que le gouvernement ne reculerait pas.

François Chérèque, cet après midi.

Une journée pour Ingrid Betancourt

A deux jours de la visite d’Hugo Chavez, le président de la République Bolivienne du Venezuela, les comités de soutien à Ingrid Betancourt se sont mobilisés hier. Après une marche au départ de la place des libertés du Trocadéro, un concert a été organisé en seulement douze jours- au Zénith de Paris. Contrairement à ce qui avait été annoncé, Piedad Cordoba, la sénatrice facilitatrice des négociations avec les FARC n’était pas présente. Le président Vénézuélien lui a en effet demandé de ne pas venir en France avant lui.


Hier soir au Zénith : Yolanda Pulecio -la mère d’Ingrid Betancourt- accompagnée de Mélanie et Lorenzo -les enfants d’Ingrid-

Plus d’une vingtaine d’artistes étaient donc réunis hier soir grâce au fidèle soutien de Renaud, parmis lesquels Michel Delpech, La Grande Sophie, Salvadore Adamo ou encore Renan Luce. Les ambassadeurs colombien et venezueliens avaient également fait le déplacement ainsi qu’une dizaine d’autres personnalités telles que l’ancienne otage Florence Aubenas, l’actrice Marisa Berenson ou la président de la Ligue Internationale des Droits de l’Homme, Souhayr Belhassen.

Renaud
Renaud hier soir à la conférence de presse

Michel Delpech
Michel Delpech interprétant « White is white »

Manifestation contre les grèves


« Sarko, tiens bon », « Privatisez la CGT », « Cheminot au boulot », tels étaient les slogans des quelques 15.000 manifestants (plus que pour la manifestation du 13 novembre dernier) qui ont défilés de République à Nation cet après midi. A l’initiative de Liberté Chérie, rejointe par l’UNI, ECB, Consommateurs Associés et bien d’autres- un grand nombre de parisiens ont donc décidé de défiler pour dénoncer les blocages de universités mais également les blocages de transports par la SNCF et la RATP.

La grève continue

Pendant les déclarations de Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF, qui indiquait qu’il avait rencontré trois syndicats (CDFT, CGE-CGC, et CFTC) et que « ça a bougé et ça va bouger dans les heures qui viennent », le service clientèle annonçait que le traffic resterait très pertubée aujourd’hui. C’est chose confirmée. Malgré les différentes annonces de reprises du travail comme celle de la CFDT RATP, six syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, UNSA et Sud) ont confirmé hier soir la reconduction du mouvement. Dans un communiqué, les syndicats réclament « des engagements se concrétisant par la pérennité de (leur) régime spécial et de ses droits ». Ils estiment n’avoir obtenir « aucune réponse concrète » de la part du gouvernement. Sud-Rail n’a pas signé le communiqué mais a confirmé la poursuite du mouvement.

Les gares seront une nouvelle fois vides ce jeudi.

Nouvelle journée noire dans les transports

Aujourd’hui encore, les principaux syndicats de la SNCF et de la RAPT ont appelés à la grève. Depuis hier soir, les deux sociétés de transport ont fait débuter leurs plans de substitutions faits principalement de mises en place de bus. De leurs côtés, les usagers font avec. Au programme : taxis et Velib’ pour les plus chanceux et pieds, voiture, scooter et co-voiturage pour les autres. Le responsable du site CarStops.org, Paul-Gérard Leclerc déclare à ce propos à 01net que les internautes ont été plus prévoyants qu’au mois d’octobre. « On a un pic d’affluence. C’est depuis jeudi [8 novembre, NDLR] que les gens ont commencé à poster leurs annonces. On en a eu 380 hier avec souvent la mention que c’est à l’occasion de la grève. » Le nombre de visiteurs a augmenté lui de 30 à 40 %. Les responsables de LaRouteVerte.com confirment ces données tout comme 123Voiture. A 14H30, les quelques 10.000 grévistes parisiens sont partis de Montparnasse pour se rendre à la gare d’Austerlitz en présence de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT (ci-dessous), Didier Le Reste, secrétaire générale de la CGT-Cheminots, Marie-Georges Buffet, Arlette Laguiller ou encore Olivier Besancenot. Sur le chemin, les syndiqués ont rencontré bon nombre d’usagers contraints à la marche à l’image de Nicolas, 33 ans, cadre commercial : « Ca m’ennerve vraiment de les voire gueuler ici alors que j’ai fait Rivoli-Porte de Choisy à pieds à cause de leurs revendications ». A ce propos, une association d’usagers a fait part de sa volonté d’organiser un rassemblement contre les grèves ce samedi après midi, place du Châtelet à Paris.

Bernard Thibault dans le cortège