Rencontre attendue

Signal sonore. Les portes se referment sur l’arrivée rapide du jeune homme. Comme tous les jours il est en retard. Apercevant une place dans le carré assis, il s’y rend, plongé dans la lecture des feuilles entre ses mains. Des chiffres. Des lettres. Il n’y voit rien de plus.

Mairie de Clichy
La va et vient des passagers continuent comme à chaque arrête de train dans une station. Arthur tente de rester concentré malgré le vacarme des quelques jeunes embarqués lors du dernier arrêt. Aujourd’hui il sait qu’il ne peut pas se manquer.

Porte de Clichy
La vieille dame assise devant lui est remplacée par une jolie femme d’une vingtaine d’années comme lui. Cette lecture l’ennuie, et son regarde est détournée par la belle blonde que l’on a placé devant lui. Il sait pourtant que c’est cette réunion qui va déterminer son avenir dans cette entreprise. C’est peut-être ça le problème.

Brochant
Obligée de retirer son sac pour céder la place qu’elle jouxte à un vieillard, la belle inconnue en profite pour lancer un « Ah pardon, désolée, allez-y » bruyant, et dont l’objectif à peine caché laisse apparaitre un sourire sur les lèvres sur vieil homme. Le stratagème n’y fait rien.

Le Fourche
Malgré des regards insistants, le jeune homme n’entend pas les yeux sa mystérieuse admiratrice dont le regarde s’assombrit. Sans le lâcher des yeux, elle fait tomber un sac sur ses pieds. Cette fois, le vieillard comprend et reste de marbre à la banalité de sa réaction. « Oh pardon ». « Pas grave » répond il avec indifférence.

Place de Clichy
Le vieillard sort en souriant à la mystérieuse blonde qui lui rend amicalement. Elle compose un numéro qu’elle récite à haute voix. Ses voisins de voyage la regarde, sauf un, plongé dans quelque lecture. Répondeur. Elle abandonne.

Liège
Le jeune homme se lève et sort. la jeune femme fait de même par l’autre porte et croise violemment le jeune homme.
-Lily ?
-Oui, bonjour
-On était dans le même…
-Métro et j’étais en face de toi

Ils marchent vers la sortie

-Tu y vas aussi ?
-C’est aussi ma mère

Les deux marchent vers le cimetière de Montmartre.

Real TV : jusqu’où peut-on aller ?

Le 24 avril 2001, le phénomène Loft Story débarque sur M6. L’émission, dont la licence appartient à la société néerlandaise Endemol –dont la filiale française pourrait prochainement être dirigée par Dominique Farrugia-, est une adaptation de lu jeu anglais, Big Brother. Le principe est clair et novateur : 13 candidats enfermés dans un loft de 225m² filmés 24h/24. Les audiences flambent, la France entière, toutes classes confondues, accroche à l’émission dont tous les petits frères suivront rapidement. Les concepts musicaux ne se font guère attendre et à la fin de l’année 2001 arrivent Pop Stars et Star Academy qui seront rapidement rejoints par A la recherche de nouvelle star.
Le voyeurisme simple ne suffit plus, les audiences des Big Brother chutent : c’est le début de la trash TV dont les débuts ne se feront pas sans bruits. Opération séduction, L’ile de la tentation, Greg le millionnaire et autres Occupation double feront parler d’eux à chacune de leur diffusion. Encore une fois les audiences chutent rapidement. La tentation érotique ne suffit plus, il faut du sexe et ce ne sont pas les pauvres ébats de piscine loftiens qui contenteront les téléspectateurs (a)mateurs.
Début 2004, la première émission sexuelle arrive avec un nom pour le moins équivoque : la Porno Academy, un programme de sept heures diffusé en VOD puis en DVD. Le principe ? Vingt-huit femmes sélectionnées arrivent quatre à quatre dans une maison hollywoodienne pour subir séances photos, entretiens et surprises avant d’être « choisies » par les téléspectateurs. La récompense n’est que peu inattendue au vue du titre puisqu’il s’agit d’un cotnrat d’un an avec une production de films porno et –quand même- un chèque de 100.000 $ -quand même bis-.
Vous pensiez avoir tout vu ? Détrompez-vous ! Le concept allemand d’Endemol, Sperm Race (comprenez « course de spermatozoïdes ») pourrait arriver en France d’ici peu ! La célèbre société, bien connue pour ses émissions de real tv à succès comme Loft Story, Star Academy, La Ferme…, prépare une véritable course aux spermatozoïdes. Plusieurs inconnus et deux vedettes vont ainsi faire une compétition pour démontrer lequel d’entre eux possède la « sève » la plus rapide.
L’émission présentera toutes les étapes jusqu’aux plus intimes. Cela commence par le don de spermatozoïdes des participants qui sera congelé puis envoyé dans un studio de Cologne. Les spermatozoïdes seront ensuite relachés dans un tube avec une substance chimique imitant un récepteur féminin, une sorte d’appât qui les encouragera à franchir la ligne d’arrivée.
Au final, un groupe de médecins et spécialistes couronnera l’Allemand le plus viril de son pays. Véritable Grand Prix des spermatozoïdes, la production a cependant tenu a affirmé que le programme ne ferait que « tester » et qu’il n’était pas question de conception.
À la tête d’Endemol Allemagne, Borris Brandt, rejette toutes les critiques. Celui-ci a d’ailleurs déclaré : « Le grand prix est une Porsche, pas un bébé. En fait, il s’agit d’abord d’un programme scientifique » tout en soulignant que « la fertilité est un sujet important maintenant en Allemagne où environ 1,8 million d’hommes sont incapables d’avoir des enfants à cause de la piètre qualité de leurs spermatozoïdes ».
Une course télévisée de spermatozoïdes n’est pas une première en télévision. En Grande-Bretagne, les docteurs Mike Leahy et Zeron Gibson avaient déjà réalisé une expérience similaire sur la BBC mais dans un cadre beaucoup plus scientifique. Comme quoi les créatifs d’Endemol n’en « branle » pas une. Enfin…

Les flics, les rebeus et le Robert

Depuis une semaine c’est le scandale national du moment. N’y cherchez pas le moindre intérêt, seuls les personnes concernées semblent s’y intéresser. Au coeur du problème, la phrase illustrant le terme « rebeu » (verlan de « beur », diminutif de « beura », lui même verlan de « arabe »), citation de Jean-Claude Izzo : « T’es un pauvre petit rebeu qu’un connard de flic fait chier. C’est ça ! ». Alliance et Unsa-Police les deux principaux syndicats de « flics » considèrent cette définition comme un « outrage » à la police. « Scandaleux » déplore Joaquin Masanet, secrétaire général de l’Unsa-police. Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance parle lui de « discrédit ». Le tout est -presque- soutenue par Michèle Alliot-Marie qui déclare dans une lettre adressée à la directrice général du Petit Robert : « Sans m’immiscer dans (vos) choix éditoriaux, je ne peux que déplorer la sélection de cette phrase » et « je pense qu’une autre citation aurait pu être retenue ». Quelle vaillance… D’ailleurs, les syndicats renchérissent : « Déplorer n’est pas assez », constate l’Unsa qui souhaite la suppression de la citation. De l’autre côté, les associations défendant les « rebeus » ne mouftent pas. Mouloud Aounit, président du Mrap explique ce silence à LCI : « A l’époque, c’est la définition en elle-même qui posait problème. Là, c’est l’illustration du mot, une citation de surcroît extraite d’un polar… Alors il faut relativiser ». Heureusement que les mots « rebeu » et « flics » n »ont pas été inversé sinon il aurait parler de stigmatisation et de ségrégation. Tout ça pour dire que finalement, la France s’en fout…

Nightshade, le strip-tease chorégraphié

Le collectif belge Victoria a invité sept chorégraphes reconnus à monter un numéro de strip-tease non pas avec leurs danseurs ou acteurs attitrés, mais avec des strip-teaseurs (euses) professionnel(le)s. Ces deux univers se rejoignent ainsi, le temps d’une soirée, dans un face-à-face étonnant. Nightshade se situe donc au confluent des arts de la scène et du strip-tease.

Alain Platel, Wim Vandekeybus, Vera Mantero, Eric De Volder, Claudia Triozzi, Caterina Sagna et Johanne Saunier ont accepté de relever ce défi en revisitant à leur manière un numéro de strip-tease.

Le but de ce projet est de présenter le strip-tease dans un contexte artistique clairement défini, d’explorer ce genre de danse particulier dans le cadre conventionnel des arts de la scène actuels. Dans ce sens, Nightshade fait écho au souci prioritaire de Victoria qui est de sortir les artistes de leur spécificité, de leur poser des questions atypiques et de les inciter à aborder des sujets inédits dans un contexte artistique.

En demandant à des artistes réputés de se pencher sur le phénomène du strip-tease, Victoria a souhaité donner une dimension résolument artistique à ce genre de danse. L’art de l’effeuillage peut-il se faire art? Le nu commercial peut-il se muer en nu artistique?

Nightshade

Du 18 septembre au 13 octobre 2007
Du mardi au samedi à 20h30
Grande Halle de la Villette, Porte de Pantin
Tarifs : 18€/14,50€ [groupe de 5 personnes ou plus] – Carte Villette 9 €
Réservations: www.villette.com [sauf pour le tarif de 14,50€] et 01 40 03 75 75
http://www.myspace.com/nightshadevictoria

Free (Iliad) : le cul entre deux chaises

Pour plaire à Denis Olivennes, président de la FNAC, Free vient de se soumettre aux fortes pressions exercées par l’ALPA (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle) pendant que s’installe la commission contre le téléchargement illégal. PC Impact a en effet annoncé hier que le premier opérateur français vient de ferme l’accès aux « newsgroups binaires ». L’information, relayée dans les minutes suivantes, a aussi fait le tour du web. En réalité, Iliad a été contrait de fermé 14 newgroups parmi les milliers accessibles, celles dont les news étaient les plus explicites (cartoons.french ; documentaries.french ; dvd.french ; hdtv.french ; movies.divx.french ; series.tv.divx.french ; series.tv.french ; spectacles.divx.french…). L’ironie de l’histoire est de voir le groupe FNAC brandir les pancartes de manifestation alors qu’il vends lui-même dans ses surfaces des baladeurs MP3, des graveurs et des supports vierges. Ces mêmes produits sont, par ailleurs, depuis peu taxés (taxes sur le DRM depuis 2006) afin de palier au téléchargement. Comment peut-on accepter de taxer un produit sur le simple fait de « prévention de l’illégalité » ? On ne peut alors s’empêcher de repenser à la DADVSI et à la licence globale, qui, rappellons le, est fortement mal vue par l’industrie culturelle puisqu’elle rémunérerait les artistes et non les majors.

Le renouveau de la Villette

Après plus de deux ans de travaux, la Grande Halle du Parc de la Villette a été réouverte aujourd’hui pour la présentation de l’exposition « Bêtes et Hommes ». Christine Albanel, ministre de la culture, et Jean-Paul Huchon, président de la région Ile de France (en photo ci-dessous) ont fait le déplacement pour cet évènement qui ouvrira ses portes au public le mercredi 12 septembre jusqu’au 20 janvier.
Christine Albanel et Jean-Paul Huchon
Plus d’une centaine de journalistes ont fait la déplacement pour cette grande manifestation culturelle de la rentrée qui, comme l’a précisé la vice-présidente de la région, est bien différente d’une simple exposition puisqu’elle « n’apporte pas de réponses mais nous inspire encore plus de questionnements quand on en sort ».

Jacques Martial (ci-dessus), président du Parc de la Villette

Britney Spears : un retour sans appel

A grands coups de unes, la chanteuse aux nombreux déboitres judiciaires et affectifs tenait à marquer son retour sur scène ce soir en ouverture des MTV Music Awards. C’est chose faite. Britney Spears a étonné par la nonchalance presque jemenfoutiste de sa prestation : sourire aussi absent que sa conviction, danse approximative, ce matin la presse internationale est unanime sur l’information du jour : le nouvel album de Britney ne sortira pas sans raffut médiatique. La chanteuse aux 76 millions d’albums vendus avait mis en 2004 sa carrière entre parenthèses pour vivre son idylle avec Kevin Ferdeline –depuis remis avec sa mère-, un danseur qui lui a donné deux fils. Finalement cet étrange comportement n’aura surpris que peu de monde tellement le comportement de la princesse de la pop est singulier depuis 2006. L’information du jour je vous dit…

Rama Yada l’insolente

Plus rien n’effraie la secrétaire d’Etat aux affaires étranges et aux droits de l’Homme depuis son récent petit tour du monde en 8 jours. Juste avant être passée à Asnières féliciter le maire UMP, Manuel Aeschlimann, pour avoir « admirablement » géré le dossier des squatteurs expulsé –restés sans abris pendant trois semaines– la toute jeune Rama Yade symbole de l’ouverture du gouvernement Sarkozy s’est rendue à Aubervilliers. « Choquée » par le spectacle, elle assure être venue pour « comprendre » et ajoute quelle n’est « pas venue en tant que ministre, plutôt en tant que secrétaire nationale de l’UMP ». En effet. Elle ajoutera quelques minutes plus tard en parlant de la municipalité PCF, et des communistes en général qu’ils sont « très mal placés pour nous faire la morale et nous donner des leçons sur le logement ». Peu sensible à l’humour la mairie d’Aubervilliers a déclaré qu’elle avait pris cette intervention comme un « soutien affirmé aux squatters ». L’association Droit au Logement (DAL) parle, d’une « tournée démagogique et politicienne, pour tenter d’amadouer les expulsés ». François Fillon n’aurait pas, lui non plus, adhéré à cette « initiative personnelle ».

Tim récompensé à Venise

Habillé proprement et dignité, ce qui n’est pas une mince affaire pour le mari de Helena Bonham Carter, Tim Burton était aujourd’hui à l’honneur à la 64e Mostra de Venise où il a reçut un Lion d’Or pour l’ensemble de sa carrière. Auteur, réalisateur, directeur artistique, producteur, Tim Burton a à son actif une quinzaine de participations cinématographiques dont près de la moitié fait avec son acteur fétiche, le burlesque et décalé Johnny Depp qui lui a remis ce soir son prix. Après un court discours de remerciement, le film d’Henry Selick qu’il a dirigé, le dérangeant Étrange Noël de Monsieur Jack a été projeté suivi par les premiers extraits de Sweeney Todd, l’adaptation de la comédie musicale de Stephen Sondheim qu’il a adapté l’année dernière. Le directeur du festival a estimé que Tim Burton était « un génie, le plus imaginatif des enfants du cinéma contemporain ». La compétition se poursuit jusqu’au 8 septembre. On y attends encore la venue de Quentin Tarentino et de Bernardo Bertolucci qui recevra lui aussi un le Lion d’Or des 75 ans du festival, ainsi que la française Fanny Ardant.