Pédales douces

Madame Vacances a tout juste le temps de pointer le bout de son nez que déjà le monde entier à les yeux rivés sur l’Europe. Entre les dégénérés du ballon monochrome et les tri-pédaleux (si, si comptez bien), cette espèce de bandes de fous multicolores. Oui, car tout est là : les pédales. C’est a se demander si les hommes aux (en deux mots) vélos feraient sans elles. Car les pédales sont les plus importants éléments du système mécanique (et politique à Paris). Néanmoins, comme dans tout système mécanique, il faut un élément moteur : l’EPO (Energie Pleine d’Oligo-élements) qui est au vélo ce que le poppers est aux éléments sus-nommés.
« Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A bicyclette
Nous étions quelques bons copains
 »
Et bien il disait pas que des conneries Yves, c’est qu’il avait oublié d’être con celui là (aussi) ! Mais cette bande d’ahuris, tellement pressés qu’ils n’ont jamais eu l’idée de prendre un moyen de locomotion plus rapide que leurs cyniques vélocypèdes, ne pense qu’à une chose : obtenir le fameux maillot jaune, couleur de l’urine de ceux qui peuvent rester sur le route. Et cette célérité dans l’action, la réaction (mais pas la réflexion donc la célérité dépasse aisément celle de la lumière) qui rappelle étrangement celle qu’un footballeur en crise de dribble. Décidément c’est une épidémie.

Tout fout le camp !

Je suis vieux. C’est décidé, ce lundi 26 juin 2006, je suis devenu vieux. C’est incontestable. Dès l’instant où ma vie a basculé dans ce 26e jour du 6e mois de 2006 les choses ont changé du tout au tout. Sans tomber dans le syndrome de Peter Pan, aussi tentant que le côté obscur de ma force, je regrette infiniment ma jeunesse dejà si loin.

Plus le temps passe, plus je me rends compte que malgré tout le rabâchage incessant de notre société consumériste (à laquelle j’adhère évidemment à force de formatage ininterrompu et ce malgré l’absence de récepteur télévisuel à mon domicile), ce n’est pas ni l’argent ou les biens qui sont les choses les plus précieuses ; pas plus que ce que défendent les films moralisateurs prosélytes hollywoodiens comme l’amour, la liberté ou je ne sais encore trop quelle connerie : c’est le temps !

Déjà parce qu’avec le temps tout s’en va ! Ça c’est une preuve déjà, et c’est pas moi qui le dit, c’est Léo (le grand, pas Legrand). Ensuite comme dit Georges, le temps ne fait rien aux affaires, l’argent c’est là où pas, ça n’arrive pas seul ! Quand à l’amour, tout le monde sait que le temps de l’amour c’est long et c’est court, en gros on en sait rien et quand on sait pas, on ferme sa gueule et on réfléchit. Bref : tout fout le camp, sans concentration !

Je me dois de l’avouer, je regrette ma jeunesse. On dit qu’il ne faut rien regretter, et c’est vrai, sinon on passerait tout le reste de sa vie à blafarder ce que l’on a déjà brûlé, à commencer par mes doigts en faisant cuire le bifteak ce midi. Je découvre avec amertume, déception mais surtout ironie toute la sagesse de l’enseignement de mes parents, qu’à l’instar de n’importe quel enfant je taxais de radotage ou de je ne sais quel mal de la sénilité que j’ai désormais moi même malencontreusement atteint. Pourtant ils avaient raison : se coucher après le film sur soir, insister pour payer l’addition sur restaurant, apporter des fleurs et une bouteille de vin quand on est invité quelque part, se lever le matin pour travailler et surtout apprendre. Je regrette le lycée, je regrette le collège, la pitite école primaire de Saint-Menges.

Mon ami Jean De La Bruyère (que j’ai bien connu au vu de ma sénilité bien acquise) disait : « regretter ce que l’on aime est un bien, en comparaison de vivre avec ce que l’on hait ». En voilà un qui avait oublié d’être con. Seulement moi je n’oublie pas. Comme certains regrette la terreur et la guillotine, comme d’autres regrette l’Edit de Nantes, je regrette ma jeunesse, celle qui est partie et qui ne reviendra pas. Le pire, c’est que cette regrettissance néo-post-adolescente me prends tout mon temps. Je n’ai plus simplement le temps de vivre, si tant est que j’y ai jamais réussi. Même quand je me repose, cette pensée lancinante du travail à faire me taraude ! C’est du harcèlement. Mais la je ne peux pas porter plainte, vu que c’est voulu. La volonté de s’intégrer à la société relève quelque part d’une certaine forme de masochisme. Condamnés à souffrir pour s’intégrer à un monde que l’on méprise et on n’aime point et qui vous prédestine à souffrir. C’est donner le bâton pour se faire frapper. C’est, pour paraphraser Lénine, vendre la corde qui servira à nous pendre. C’est là toute l’ironie et le pathétique des sociétés humaines.

Je crois que si on lançait un loto du temps, je serais le premier à m’y inscrire. Je parie sur la case « si ».

One more time…

Pour échapper à la horde mugissante des fervants amateurs fous de balle, je décide ce matin de prendre mon petit métro parisien afin de faire ma petite promenade matinale dans les jardins parisiens et prendre quelques clichés dont moi seul comprends l’intérêt. Je descends donc me petit escaltor gris mochâtre qui me guide tout droit vers les galeries anales parisiennes. Après quelques temps d’attente, aglutiné à d’autres personnes qui comme moi semblent vouloir fuir l’extrême agitation actuelle ainsi qu’à un étranger lisant L’Equipe, l’évènement arrive. Je monte d’un pas totalement quelconque dans l’engin et m’assied sur un des jolies strapontins en cuir marrons. Ceux qui faut faire attention à pas ce coincer les doigts dedans. C’est alors que le plaisir m’envahit. Mise à part une page de Minute, le monde entier semble démuni du moindre intérêt footballiste et même sportif ! Quel moment de détente suprême… Mais rapidement ce moment orgasmique s’arrête à la vision d’une publicité, disons le, de merde, annonçant : TOUS SUR LE TOUR DE FRANCE 2006. Et là, c’est le drame. Bien loin des efforts balloniques, me voici confronté au future drame. A peine la coupe dite du monde m’aura t’elle achevée que je vais encore devoir subir à grands coups médiatiques les hordes vulgaires d’omnivores feintant la sodomie avec un vélocipède multicoloré, soutenu par les foules hurlantes et hysteriques risquant leurs vies pour écrire un « Allez l’Heupého » ou « Vive Créatine » sur les routes flambant neuves, tout juste renové par les conseils régionaux fiers, à l’approche des élections, de se montrer à la télévision en compagnie d’anciens débris cyclopédiques. Vivement les jeuzolimpik.

Nous n’avons pas les même valeurs…

Jay-Z, rappeur bien connu des fans de rap, mais également par la population acerbe et vile uniquement mise en vibration par les concerts de la Star Academy et les hurlements d’Amel Bent, voire même pour certains (certaines?) par les beuglement sauvages de Johnny Hallyday. Bref, Jay-Z (prononcez Djézi, c’est un nom de fourbe ça encore) le célèbre mari de la chanteuse tout aussi célèbre Beyonce (la même qui avait massacré la BO des Choristes pendant les Oscar), vient de décréter (sur ordre de sa majesté « Lui Même ») que le sublime champagne Roederer ne serait plus servis dans ses clubs (après épuisement des stocks bien entendus, on en va quand même pas jetter ce que l’on a acheter à la sueur de postillons). Frédéric Rouzaud, directeur général de Roederer, qui, même s’il n’aime pas le dire de la sorte, rétorque poliment à son homologue (enfin presque) rappeur qu’il s’en bat les steaks (NB : manière osée de dire « s’en moquer »).
A défaut de parler un français correct, Jay-Z a déclaré dans un anglais tout aussi lamentable de fautes synthaxiques que le terme «attention malvenue» utilisée par l’ami Rouzaud était un propos selon lui raciste. A noté bien entendu que Djézi n’a probablement jamais été assez loin dans ses études pour analyser la simple définition de ce mot. Lui qui défends sur scène les jeunes du bronx en criant « fuck the government », juste avant de s’arroser de Roederer Cristal à 300$ la bouteille, risque en effet de faire basculer le marché de Roederer, puisqu’il incite les jeunes et les rappeurs à boycotter le champagne de cette maison. Bien entendu, Djézi ne s’est probablement jamais assez approché de la fosse présente devant sa scène pour se rendre compte que ses fans du Bronx n’avaient peut être pas les même moyens que lui en matière de boisson gazeuse.

Fous de balle (à toi P.D.)

Même pas une semaine et j’en ai déjà marre. Depuis l’ouverture de la coupe sottement dite « du monde » même nos amis Poivre et Pernaud semblent à la hauteur de leurs sujets. Fichtre rien à secouer du passage à tribord de l’ami Devos, rien a gratter des amis politiciens qui partent avec notre argent, rien a faire de Washington qui consulte la Corée pour savoir si oui ou non ils méritent une guerre atomique. Et bien non ! Même la messe du dimanche matin est consacrée aux fous de balles.
Ne voulant pas ma fondre avec les masses beuglantes et frénétiques des supporteurs (uniquement en cas de victoire, sinon on n’est pas bourré, c’est moins drôle…) avachis entre une canette à moitié pleine et un verre a moitié vide, j’ai décidé d’éteindre mon recepteur télévisuel dont je n’ai pas encore fait l’acquisition, mais aussi ma radio dont les ondes subissent elles aussi les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur le gazon (P.D. si tu nous regarde…). Bref, je décide d’ouvrir le dernier bastion de ma vie privée : internet. A peine mon renard de feu ouvert (oui j’utilise Firefox, et je vous emmerde, mon attirance pour les animaux très chaud ne regarde que moi), je m’extasie devant la matracage commercial de ma page d’accueil, finalement très proche de celui de TF1. Et là, que ne vois-je donc pas : TOGO 0 – 2 SUISSE ! Mon dieu non ! Jusque dans les plus profondes entrailles de mon personal computer Thierry Rolland me poursuit, ébahit devant la laideur de son sport favori (favori étant synonime de monosensoriel dans le cas présent).
Oui le football est laid ! Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints, insultant un vingt-troisième, lui même handicapé raté ou trop âgé pour courir après le ballon !

Dans ces temps parisiens très chauds, tout me pousse finalement à rechercher la compagnie des femmes qui sont bien les seules a sembler hors de tout combat. Femmes, comprenant bien entendu les vôtres, bande de sportifs endimanchés, que je ne rechignerais pas à culbuter pendant vous vibrez aux stades.

Sachons parler français…

En cette période de bac, les acerbes (ou les croates) et vils maniganceurs de livres, dits éditeurs, vont nous sortir les « perles du bac ». D’une part, notons le caractère ridicule de la formule. Ensuite, notons (encore) le caractère (toujours) ridicule de la redondance.
Quant à moi je vous propose les perles du web… sans citer les gens, c’est plus drôle (pour les gens concernés). Allez, voyage à travers l’écriture webique !

– « Il faut s’avoir que la défense augmentée »
Effectivement, mieux vaut l’avoir soi même…
– « Moi j’ai fait une année sympathique de réorientation !! »
Sympa !
– « c’est vrai que le Shit code, c’est quand même moins tout pourri que Marco »
Entre orthographe et grammaire, la route est rude…
– « AvIs A tOuTs les lycéens de chalon!!! venez manifestez contre le projet fillon mardi prochain…rdv à 14h sur la place de l’obélix »
Au lieu de manifester avec des héros des bédés, certains feraient mieux d’aller à l’école !
– « L’Association intervient sur des postes de secours pour les manifestassions organisées par les communes »
Effectivement, il est temps d’intervenir…

Cependant, notons que certaines fois, certains font des efforts. Prenons le cas de ce jeune homme :
« Question pour les faute d’ortographe :
Bonjour, présentement j’utilise microsoft office 2003 et pour écrire mes texte, microsoft word, j’ai remarquer qu’il ne corige pas toute les éreures et j’aimerais savoir si sa existe un logiciel qui corrige nos faut a notre place a parte celui qui va avec office. merci »
Effectivement, il va falloir y réfléchir…

Bon, à moi, je me replonge dans la correction orthographique, synthaxique et grammaticale de mon site… Et puis non… Il sera fondu dans la masse comme ça !

Finissons sur ce site de voyage portugais :
« Entre la découverte de vieilles localités et de monuments funéraires, faites le circuit arquéologique et voyagez en quelques heures de l’époque néolithique ».

Faites l’amour, ne fumez pas !

Fumer tue ! Certes, mais ne pas fumer tue aussi retorquerons nos chers petits vendeurs de clopes trivialement appelés « buralistes ». Pour éviter la fermeture des « bars tabac », l’état propose des « bars à sexe »… En effet, nos amis haut placés (plus haut que leurs culs respectifs comme pourrait admirablement lancer notre ami Brassens, qui lui avait le sens du verbe, mais me fait m’égarer) ont décidés de reconvertirs les buralistes en vendeurs de préservatifs.
Le changement sera radicale, a commencer par l’abandon de la carotte comme symbole, bien trop vulgaire. Il en sera de même pour la vocabulaire afin d’éviter quelqes cocasses anecdotes :
– Bonjour, un paquet de vingt.
– Avec ou sans filtre ?
– Si vous consommez beaucoup, achetez plutôt une cartouche.
Il faudra aussi compter avec le consommateur obstiné :
– Donnez-moi en prime une cigarette, une seule !
– Impossible. Vous savez bien qu’on ne vend plus que des préservatifs…
– Je le sais, mais je fume toujours après l’amour…

Nos Jours Heureux

Sortie : 28 juin 2006
De Eric Toledano et Olivier Nakache
Avec Jean-Paul Rouve, Marilou Berry, Omar Sy, Lannick Gautry, Guillaume Cyr, Julie Fournier, Joséphine de Meaux, Arthur Mazet, Jérémy Denisty, Martin Jobert…

A la fois drôle, tendre et juste de bout en bout, Nos Jours Heureux rappellera aux souvenirs tous les animateurs et les anciens colons. Et si la justesse est l’un des atouts majeurs du film c’est simplement car les deux réalisateurs sont d’anciens professionnels de l’animation. Loin des comédies estivales franchouillards classiques, le film des réalisateurs de Je préfère qu’on reste amis (déjà avec Jean-Paul Rouve), jouit d’une distribution impressionant tant au niveau des adultes que des enfants. Sans aucun cas le must de l’été.

Nos Jours Heureux

Najoua Belyzel : Entre Deux Mondes

Sortie le 29 mai 2006

Le nouvel album de Najoua Belyzel, dont certains évoquent abusivement qu’elle serait la nouvelle Mylène Farmer, est disponible quelques semaines après la sortie de son premier signel, Gabriel, qui s’est déjà vendu à 300.000 exemplaires. Dans un style qui oscille entre le rock et la dance Najoua Belyzel aborde des thèmes peu communs tel que la schyzophrénie, la guerre, l’apocalypse ou encore… son déménagement de Nancy, d’où elle est originaire, à Paris. Volontairement polémique, comme l’est le choix du premier titre qui évoque la sexualité des prêtres, l’album marque par ses mélodies souvent originales. La chanteuse paraît tantôt une femme comblée dans Celui qu’il me faut, L’écho du bonheur ou Je ferme les yeux tantôt dans des relations difficiles dans Comme toi ou encore Deux maux mal soignées. Mais au delà de l’amour, véritable essence de albums de variétés françaises, l’auteur nous livre des chansons beaucoup plus intimes tel que Docteur gel une émouvante chanson abordant le thème de la pédophile. L’album se termine sur Stella, un voyage dans la monde de la folie légère. A travers ses douze titres, on sent une chanteuse épanouie qui vit ses chansons comme ses émotions, un moment rare dans l’écervelement actuel de la variété.