JM Barrie était il pédophile ?

Deux ans après le Peter Pan, de PJ Hogan, c’est au tour de Marc Forster de mettre en scène Peter Pan, mais cette fois de l’autre côté du rideau, en imageant la vie de JM Barrie. L’occasion de remettre sur le tapis une rumeur selon laquelle le célèbre dramaturge serait pédophile.

Si l’on s’arrête aux faits surs, Barrie n’a jamais été condamné, et aucune des personnes qu’il a côtoyé (notamment les 5 enfants Llewelyn Davis) ne l’a mis en cause. Les enfants pour qui Peter Pan a été écrit l’ont même défendu, encore après sa mort. Andrew Birkin détaille dans son livre extrêmement documenté J.M. Barrie & the Lost Boys les relations entre la famille Llewelyn Davis et l’auteur.

JM-Barrie[1]

Barrie n’a pas eu une enfance particulièrement heureuse et son temps libre combiné a ton talent d’écriture a fait qu’il a passé toute sa jeunesse à tenter de faire de sa plume son métier. D’abord en tant que journaliste, puis romancier pour finalement acquérir ses lettres de noblesses (et ce n’est pas une expression) en tant que dramatuge. Fasciné par les jeunes et belles comédiennes, il se marrie avec l’une d’elle en 1894, Mary Ansell. Mariage qu’il n’a jamais consommé, au damne de sa femme qui finira dans les bras d’un ex associé de Barrie, Gilbert Cannan. C’est elle qui lui fait acheté le Black Lake Cottage où elle passera des longues semaines avec son amant et où Barrie amènera souvent les Llewelyn Davis pour les vacances…

Bien que la rumeur disant que Jim était important, il semblerait surtout qu’il était totalement asexué. Il divorcera de Mary (pour l’honneur?) en 1908 après que la presse fit état des infidélités de sa femme. Mais c’est en sa compagnie qu’il rencontra les enfants de Arthur et Sylvia Llewelyn Davies dans les jardins de Kensington, à côté de leur maison. Sylvia tombe sous le charme de Jim et ils deviennent rapidement proche, au point que Barrie passe souvent ses journées au domicile des Llewelyn Davies ce qui aura le dont d’énerver Arthur.

Barrie voit alors les Llewelyn Davies comme une seconde famille, ou la famille dont il rêve sans doute, et invente tous les jours de nouvelles histoires de pirates pour les 4 enfants George, Jack, Peter et Michael le petit dernier qui le fascine. C’est lui qui lui inspirera le personnage de Peter Pan qui fera le succès de sa carrière. Quand Arthur meurt d’un cancer, Jim devient le tuteur des enfants à sa demande. Sylvia meurt peu après en 1910, laissant l’entière garde des enfants à Barrie. Jack ne vivra pas très bien sa relation avec celui qu’il voyait comme prenant la place de son père. Quand George meurt des suites d’une blessure de guerre en 1915, Michael a 15 ans. Barrie se rapproche de lui, admettant enfin que même si on ne grandit pas, rien n’est éternel.

Aucune correspondance ne l’atteste, mais il y a fort à parier que uncle Jim était l’un des seuls à qui Michael avait avoué son homosexualité. Quand il rentre à la Christ Church d’Oxford, il rencontre Rupert Buxton que Barrie voit rapidement d’un mauvais œil et qu’il finit miraculeusement par accepté dans des correspondances plusieurs mois après. Buxton fut sans doute le compagnon de Michael, jusqu’à leur mort étrange au milieu d’un lac.

Jamais Barrie ne s’est remis de sa mort et il ne lui est pas connu de relation ultérieur. Ni Jack ni Peter, morts une quinzaine d’années après l’auteur de Peter Pan n’ont évoqué de faits ou gestes déplacés. A la fin des années 70’s, Nico, dernier survivant et la fratrie confiait en guise de conclusion sur la sexualité de Barrie :

I don’t think Uncle Jim ever experienced what one might call a stirring in the undergrowth for anyone – man, woman, or child. He was an innocent – which is why he could write Peter Pan