La jungle et le marais

Au cœur de son rire
J’écris les récits de nos folles histoires
Dans la jungle des émotions
Pendues aux lianes distendues
Par les mensonges-fougères d’acier
Qui coupent, coupent les veines vertes
Au cœur du marais
Je vole dans ses bras
Serrés au carrefour de mes yeux
Amoureux et ébahis
Au cœur de l’amer
Sombre héros de l’amour
Patrimoine héréditaire de la chair
Où la voix craque sous le poids
Des pas francs et acides

Souvenir d’un orgasme

Maitriser le temps requiert une habileté dans la gestion de l’espace
Sculptant le faciès de l’outrage des aiguilles
Aiguisées qui façonnent l’apparence humaine des guides
Stratège du passé, intégriste de présent
Il dévie dans son sommeil intellectuel
L’héritage de la défaillance des nostalgies déifiées

Vertiges maladifs

De cette maladie aux relents euphoriques
Je renais dans cette peau sidérale et éclatante
Remuant le poignant de verre dans ma blesse ouverte.
Ne t’enlise pas en moi corps étranger
Garde la distance distillée par la peur
Dans mon sommeil forcé
J’admire les vertiges de la peur qui se meut en moi
Refusant tout contact avec mes membres livides.

La nuit

Nuit en plein sommeil
Eveil au gout vermeil
Fuitant vers le ciel
Dans un regard de miel
Les ombres diaphanes
S’emparent du méthane
S’échappent dans le cuir qui crâne
Indicibles lèvres qui fanent
Trompe l’ennui de la vie
Ebahi et ébloui
Dans un avis de midi
Qui détruit l’appétit
Je mange ta main astrale
Contrainte à l’idéal
Par le pouvoir partiel
Annoncé par l’aurore boréale

J’aime l’amour

J’aime l’amour
J’aime le vent
J’aime le sang
J’aime ces grandes tours
Brandies sur la colline du vallon
Où s’exprime le ciel blessé
Par les nuages fougueux

J’aime le vent
J’aime le rouge
J’aime le sang
Qui coule sur to torse
Luisant à la sueur
Gourmant sur tes tétons

J’aime la mort
J’aime la vie
J’aime le sang
Perlant sur tes lèvres humides
Dans l’immense vide céleste
Délesté par les instants impairs
Contenus dans le trajet immense

Clichy

Dans cette banlieue grise de Paris
Git l’odeur des accordéons
Du samedi
Où la justice sous les néons
Court sur la misère moisie
J’ai fait le con
J’ai fait la vie
Dans les rues des patelins féconds
Mais c’est ici que je guéris
Dans le fond
De cette banlieue fleurie